• Qui est le clown?

    chauzac_mélenchon

    Il a été présenté comme l’un des poids lourds du gouvernement Ayrault. Lorsque l’on dit  Ayrault, on devrait dire Hollande. Des épisodes ont déjà démontré qu’Ayrault n’est pas maître du jeu car il se serait déjà débarrassé de Montebourg avec qui il a des divergences importantes. La presse a rapporté les propos peu amènes du ministre du redressement productif envers le Chef du gouvernement dont l’autorité est souvent contestée car contestable. 

    On connaît les liens qu’il peut y avoir entre des politiciens et les milieux financiers. Il y en a d’autres et notamment ceux avec l’industrie pharmaceutique. L’affaire Cahuzac semble en être un nouvel exemple. Une information judiciaire contre X visant l'ancien ministre a été ouverte pour blanchiment de fraude fiscale, mais aussi perception par un membre d'une profession médicale d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la sécurité sociale, blanchiment et recel de ce délit. Deux magistrats du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, Roger Le Loire, doyen du pôle financier, et Renaud Van Ruymbeke, ont été désignés le 20 mars pour enquêter sur cette affaire.

    Le Ministre Cahuzac a d’abord nié l’existence de ses comptes. Il a finalement démissionné le 19 mars dernier après que la presse ait révélé que l’enregistrement de sa voix fournis par Médiapart est authentique. Il a d’abord continué à nier et gardé le soutien des membres de gouvernement et, encore dernièrement, du Président de la République. Deux jours après l’entretien de François Hollande avec David Pujadas sur la deuxième chaîne, Cahuzac a été entendu par l’un des juges saisis, à sa demande et, selon le Canard enchaîné, pour passer aux aveux. Il serait toujours titulaire dans une banque à Singapour d'un compte affichant un solde de plus de 500 000 euros, ouvert dans une succursale de l'établissement suisse Reyl et Cie, après avoir fermé un premier compte chez UBS en Suisse à la fin des années 2000.

    C’est ce que disait la presse avant sa sortie d’audition. Sur son blog, l’ancien ministre, mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, vient d’écrire ses aveux :

    "Par lettre du 26 mars 2013, j'ai demandé à Messieurs les juges d'instruction Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke de bien vouloir me recevoir afin que, délivré des obligations de ma fonction, je puisse enfin donner les explications qui s'imposent au regard de la détention à l'étranger d'un compte bancaire dont je suis le bénéficiaire depuis une vingtaine d'années",écrit-il. "J'ai rencontré les deux juges aujourd'hui. Je leur ai confirmé l'existence de ce compte et je les ai informés de ce que j'avais d'ores et déjà donné les instructions nécessaires pour que l'intégralité des actifs déposés sur ce compte, qui n'a pas été abondé depuis une douzaine d'années, soit environ 600 000 €, soient rapatriés sur mon compte bancaire à Paris", poursuit l'ancien ministre.

    Il s’est excusé auprès de tout le monde, y compris le Président de la république, pour avoir menti. Il a fait plus que cela puisqu’il avait déposé une plainte contre Médiapart. En l’état de ses déclarations à la presse, on peut penser qu’il pourrait s’en sortir sur le plan pénal si les faits de blanchiment de fraude fiscale sont prescrits. Toutefois, sur le plan politique, comment pardonner une fraude fiscale à un ministre qui a été chargé de lutter contre elle ?

    Voilà qui ne va pas arranger le gouvernement et le président de la République qui avait promis une moralisation de la politique française. On peut se demander ce qui aurait motivé la volte-face du mis en cause. A-t-il déjà eu connaissance des résultats des commissions rogatoires ? En attendant, comme d’autres avant lui, il a  nié de mauvaise foi comme un délinquant d’habitude. Il aura voulu éviter ce que les policiers et les magistrats appellent le procès verbal de chique. Il dit avoir voulu sortir de la spirale du mensonge dans laquelle il s’était mis.

    Cette affaire intervient après celle du Médiator dans laquelle le laboratoire Servier est mis en cause. On connaît les liens entre son vieux dirigeant et la droite. Nicolas Sarkozy l’a hissé au plus haut rang de la légion d’honneur. On se souvient de l’affaire du sang contaminé qui avait valu des ennuis judiciaires à Laurent Fabius apparenté au milieu médical. On s’est étonné de l’importance des commandes de vaccins faites par la ministre de la Santé Bachelot , elle-même liée à l’industrie pharmaceutique.

    Une fois encore, si la justice démontre que la fraude fiscale portée sur des fonds versés par l’industrie pharmaceutique, la déontologie médicale et politique serait mise à mal. Aucune action n’a été engagée pour mettre fin à aux pratiques des lobbies pharmaceutiques envers les médecins et les politiciens chargés des problèmes de santé.

    Que nos politiciens ne s’étonnent pas si le « tous pourris » progresse au fur et à mesure que les scandales sont médiatisés. Les politiciens seraient-ils tous malades de la peste financière ? Qui accuse-t-on des crises qu’elle provoque ? Dans la fable écrite par de la Fontaine, c’est l’âne qui est condamné parce qu’il reconnaît avoir mangé un carré d’herbe large comme sa langue. Le Ministre du budget démissionnaire voulait condamner les petits salaires à l’austérité alors qu’il avait fait des provisions en Suisse et à Singapour. Il a sans doute cru profiter d’être parmi les lions, les renards, les ours et les tigres. « Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins, Au dire de chacun, étaient de petits saints ».   

    Toutefois, l’incertitude demeure sur les suites juridiques de son affaire comme sur celles de tous les scandales impliquant des politiciens car « selon que vous serez puissant ou misérable,  Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». La peste financière n’a, jusqu’à présent,  pas de vaccin judiciaire assez fort. Il ne faut pas compter sur l’industrie pharmaceutique pour le chercher.

    Battone

    Article précédent sur le sujet: Quel cirque, Monsieur Cahuzac ! 

    Google Bookmarks

    Tags Tags : , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :