• Quimper : A tràppula

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    Samedi 2 novembre 2013, tous les regards se sont tournés vers Quimper, en Bretagne. Il faut dire que tous les media y ont mis le paquet. Là, s’est déroulée une manifestation organisée par  la Fnsea, le Medef, des artisans, des pêcheurs, des commerçants et le syndicat Fo. On notait également la présence du Npa ! Sans oublier des représentants de la droite bretonne et du Front national. Une sorte « d’union sacrée ». Elle a ressemblée entre 15 et 30.000 personnes, venues des quatre coins de la région. Avec un mot d’ordre central : La suppression de la fameuse écotaxe, dont la paternité – il faut le rappeler – en revient à Sarkozy. Une première question se pose. Comment est-il possible de réunir dans une même manifestation des intérêts totalement contradictoires ? Comment mettre côte à côte des patrons licencieurs et des ouvriers victimes de ces mêmes patrons ou en passe de l’être ? Il suffit de citer le cas du groupe Gad ou de celui de Tilly Sabco. On peut avancer l’idée que cette manifestation a été une tromperie et un formidable acte de manipulation. Una tràppula pour des centaines,  voire des milliers de salariés qui se sont retrouvés avec des gens peu soucieux de préserver l’emploi. Comment expliquer que ces mêmes patrons virent sans état d’âme leurs salariés bretons, font venir des ouvriers roumains sous-payés ou encore font abattre leurs porcs en Allemagne où se pratique un inadmissible dumping social ? Doit-on blâmer ces salariés qui étaient là pour crier leur détresse ? Certes non, mais dans le même temps il est indispensable de leur dire sans complaisance, tout en étant conscient de leur état de désespérance,  qu’ils se sont faits gruger par leurs patrons, la Fnsea, le Medef, l’Ump et le Front national, réunis pour la circonstance comme larrons en foire, dans cette manifestation de Quimper. Il eut été préférable que la place de ces ouvriers fût à Carhaix où se déroulait au même moment une autre manifestation à l’initiative de la Cgt, de la Fsu, de Solidaires et du Front de gauche. Le but de cette manifestation était beaucoup plus clair. Il s’agissait d’expliquer les causes de la situation en Bretagne, comme dans d’autres régions de France, de dénoncer la politique d’austérité du gouvernement qui loin de résoudre le problème l’aggrave encore plus. Enfin aussi de crier la nécessité d’un changement de cap radical dans les choix économiques et sociaux, dans l’intérêt de la grande majorité des Français. Cette manifestation a tout de même rassemblée près de 3.000 personnes, malgré le silence quasi-total des media.

    L’événement de Quimper doit nous interroger.  Ce n’est pas un épiphénomène. A la crise économique et sociale s’ajoute une crise morale. Il y a danger. Il semblerait que le pouvoir actuel n’en mesure ni l’ampleur, ni les conséquences. Il est en pleine dérive. Il appartient au Front de gauche d’expliquer sans relâche qu’il n’y a pas d’autre alternative qu’un véritable changement de politique.

    Angelo Leonetti

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