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    ELECTIONS EUROPEENNES 2019

    POSITION

     D’INSEME À MANCA ENSEMBLE À GAUCHE

     

    Réunis en conseil d’administration le 14 juin 2018, les membres d’Inseme à manca, Ensemble à gauche ont adopté la position suivante sur les élections européennes de 2019 :

    Refusant toute hégémonie, ils prônent le rassemblement de toutes les forces se réclamant de la « gauche de la gauche », Ensemble, FI, PCF, NPA, voire Génération S et les verts sur un programme clairement anti-libéral.

    Seule cette alternative, soutenue par le mouvement social, syndical et associatif est porteuse d’espoir.

     

    Ajaccio le 14 juin 2018

     

     

     

     

     

     

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    Retraite, le basculement ?

     

    Depuis des décennies, les réformes, ou plutôt les contre-réformes, des retraites s’enchaînent, la première datant de 1993 avec Edouard Balladur à la manœuvre. L’objectif réel, non affiché évidemment, est de faire baisser le niveau des pensions. Face à l’augmentation du nombre de retraités et au déficit prévu des caisses de retraites, et alors que l’emploi et l’activité économique étaient en berne, il s’agissait ainsi d’éviter toute augmentation de cotisations sociales qui aurait pu remettre en cause le partage de la richesse produite entre salaires et profits. Pour cela, les gouvernements successifs ont agi sur les différents paramètres du système : allongement de la durée de cotisation, report de l’âge légal de départ en retraite à 62 ans, modification du mode de calcul de la pension, etc. On parle à ce propos de « réformes paramétriques ». Malgré des mouvements sociaux très importants, elles se sont appliquées. Le déficit des caisses de retraites a été contenu au prix d’une baisse inéluctable du niveau des pensions, baisse qui touchera les générations futures de façon d’autant plus importante.

    Emmanuel Macron veut aller beaucoup loin. Finies les réformes paramétriques, il s’agit ni plus ni moins de mettre à bas le système actuel pour le remplacer par un système par points. Un système de ce type est déjà en vigueur dans les régimes complémentaires des salarié·es du privé, l’Arrco et l’Agirc. Il s’agirait de le généraliser et d’uniformiser les régimes actuels pour créer un seul système de retraite. Les salarié·es accumulent, en cotisant pendant leur vie active, des points dont le prix d’achat est fixé chaque année à un niveau permettant que la caisse de retraite soit équilibrée, les prestations versées devant correspondre aux cotisations reçues. Comme le nombre de retraité·es augmente année après année plus rapidement que celui des actifs, et que les recettes ne suivent pas, car le patronat refuse toute augmentation de cotisation, les pensions versées baissent. Peut s’y ajouter, en cas de ralentissement économique voire de récession, une moindre rentrée de cotisations sociales qui aggrave encore le problème. Il suffit alors que la caisse de retraite décide de baisser la valeur des points accumulés par les salariés qui sert au calcul de la pension (dite valeur de service).

    Le bilan de l’Arcco et de l’Agirc est d’ailleurs éloquent : en 19 ans, de 1990 à 2009, le taux de remplacement des pensions complémentaires, c’est-à-dire le rapport entre la pension et le salaire, a baissé de plus de 30 % dans chacun des régimes, c'est-à-dire une baisse encore plus sévère que dans le régime général. Il s’agit donc d’un système dit à « cotisations définies » : la cotisation est connue, mais pas le montant de la future pension puisque cette dernière dépendra essentiellement de la valeur de service du point au moment du départ en retraite.

    Dans une interview donnée au Parisien le 30 mai 2018, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, chargé par le gouvernement de piloter le projet, confirme cette analyse. Il indique ainsi que « la réforme se fera en enveloppe constante ». Si on comprend bien ce qu’il nous dit, l’objectif dans l’avenir ne serait même pas de maintenir la part actuelle des retraites dans le PIB (14 %) mais en fait de la faire baisser : le PIB augmentant, vouloir maintenir simplement constant le volume des retraites revient à faire baisser sa part dans le PIB. Il s’agirait d’un recul social considérable. Au-delà, dans un système par points, l’enjeu politique majeur, celui de la répartition de la richesse produite entre personnels actifs et retraités, et derrière ce dernier, celui du partage de la valeur ajoutée entre masse salariale (salaires directs et cotisations sociales) et profit, disparait. Il est remplacé par un simple ajustement soi-disant technique, notamment la fixation de la valeur du point d’achat et de service.

    Dans un tel système, l’âge légal de départ à la retraite devient secondaire même s’il demeure. Comme l’explique Jean-Paul Delevoye : « Dans un système à points, la notion de durée disparaît. C’est votre nombre de points qui vous permet un arbitrage personnel : j’ai assez de points, ma retraite me paraît suffisante, donc je pars. A l’inverse, je n’ai pas assez de points, je reste ». Ce qu’il ne dit pas c’est que ce choix sera profondément inégalitaire. En effet, les personnes bien payées et qui auront eu un emploi stable tout le long de leur vie active, auront les moyens de partir plus tôt. Ceux ou celles (car ce sont le plus souvent des femmes) qui auront été à temps partiel dans des emplois sous-payés devront continuer à travailler, s’ils le peuvent, pour avoir une retraite un tant soit peu décente.

    Cela n’empêche pas Jean-Paul Delevoye de justifier ce projet par la recherche de plus d’égalité. Ainsi nous dit-il « Aujourd’hui, si vous avez un parcours dans la fonction publique ou dans le privé, vous n’avez pas la même retraite. Cela concourt à un sentiment d’inégalités profondes dans la société française ». La comparaison entre le secteur privé et public est mise en avant. Or, comme l’a montré le Conseil d’orientation des retraites, si les règles sont différentes entre le public et le privé, les taux de remplacement sont voisins. Le montant différent entre la retraite moyenne d’un salarié du public et du privé s’explique surtout par le fait que les fonctionnaires ont en moyenne une qualification, et donc une rémunération, supérieure aux personnels du secteur privé. Le calcul de la pension du régime général du privé prend en compte les 25 meilleures années de salaire, or les carrières du privé ne sont pas linéairement ascendantes comme celles des fonctionnaires. Les personnels les moins qualifiés, victimes de la précarité, ont des carrières hachées, avec des périodes à temps partiel et des années à très bas salaires, ce qui a évidemment des conséquences sur le montant de leur pension. Passer à un régime par points ne résoudra pas ce problème.

    De plus, si Jean-Paul Delevoye affirme vouloir consolider les prestations de solidarité existantes actuellement, qui représentent 20 % du volume des retraites (60 milliards d’euros), comme par exemple les droits familiaux, la majoration pour enfants, les périodes d’invalidité, les séquences de chômage, les minima de pension ou la pension de réversion, il envisage de les sortir du futur régime de retraite pour les faire financer par l’impôt. Quand on se souvient que dans le même temps, des ministres envisagent sérieusement de baisser les aides sociales, on comprend assez vite qu’une fois financées par le budget de l’Etat, elles risquent fort d’être remises en cause…

    Enfin, le gouvernement veut favoriser la capitalisation pour les hauts revenus (120 000 euros annuels). Si la forme précise que cela prendrait n’est, semble-t-il, pas encore tranchée, l’insistance mise sur ce point entre en résonnance avec une illusion que porte le système par points, celle que la retraite serait une épargne pendant la vie active que l’on retrouverait au moment du départ en retraite. Or, les retraites versées à l’instant t sont toujours, et quel que soit le système, répartition ou capitalisation, une part de la richesse créée à l’instant t. On ne finance jamais sa propre retraite, mais celle de la génération qui part en retraite. Si, pour une raison ou une autre, par exemple une crise financière, la richesse créée n’est pas au rendez-vous, tout système de retraite aura des difficultés.

    La supériorité de la répartition sur la capitalisation tient à deux aspects. Le premier tient aux crises financières qui, sous le capitalisme néolibéral, tendent à se multiplier, pouvant ruiner d’un seul coup les épargnants. Jouer sa retraite en Bourse est un pari aléatoire. Le second renvoie au caractère politique de la répartition. L’avenir d’un système de répartition fait l’objet d’un débat politique sur la question de l’augmentation de la part de la richesse produite consacrée aux retraité·es : faut-il augmenter les cotisations ou l’âge de départ, faut-il garantir la parité de niveau de vie entre la retraite et la vie active ou au contraire s’accommoder d’une baisse lors de la retraite, etc. ? A chaque fois, il s’agit d’un débat politique qui doit être, en théorie, tranché démocratiquement. Or un système par points, qui reste formellement un système par répartition, évacue ce débat politique par une gestion quasi automatique en jouant simplement sur la valeur des points. En ce sens, il introduit dans la répartition la logique de la capitalisation. Une raison de plus de le combattre.

    Pierre Khalfa

     

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    SNCF : derrière le statut, des enjeux économiques, sociaux et environnementaux

     

    Le 15 février 2018, Jean-Cyril Spinetta  a remis un rapport au Premier ministre intitulé « l’avenir du transport ferroviaire ». Ce rapport préconise de « recentrer le transport ferroviaire dans son domaine de compétence », de « créer les conditions d’un retour à l’équilibre économique » et de «  préparer l’ouverture à la concurrence ». Cette ouverture s’inscrit dans la grande vague de libéralisation des industries de réseaux, comme l’électricité, le gaz, les télécommunications, le transport aérien ou encore La Poste. Ces industries s’appuient sur des infrastructures dont le coût est élevé, si bien que leurs opérateurs en situation monopolistique de fait étaient traditionnellement publics.

    Lire la suite.

    http://atterres.org/article/sncf-derri%C3%A8re-le-statut-des-enjeux-%C3%A9conomiques-sociaux-et-environnementaux

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    Non au retour vers le passé !

     

    L'exigence d'un vaste mouvement populaire

    Beaucoup de monde dans les rues de nombreuses villes de France, malgré le beau temps et les multiples tentations, comme celles d'aller respirer le bon air à la campagne, à la mer ou encore monter au village. Des centaines de milliers de personnes sont venues exprimer leur opposition à la politique d'austérité et de régression sociale menée par le pouvoir macronien. Un pouvoir qui ne cache même plus d'être au service des riches. Un pouvoir qui s'attaque brutalement aux acquis sociaux obtenus - on ne dira jamais assez - par des décennies de dures et parfois tragiques luttes politiques et syndicales. La contre-réforme est désormais en oeuvre partout. Le retour vers le passé est en marche : casse du code du travail, attaques contre les services publics, les retraites,  la Sncf, la fonction publique. Demain ce sera le tour de notre système de retraites et de la Sécurité sociale. Il est grand de temps réagir. La résignation, l'indifférence sont les pires attitudes dans la situation actuelle. Fort heureusement, il y a beaucoup de gens qui luttent au quotidien contre les prétentions du pouvoir politique. Exemple des cheminots. Cette journée du 26 mai en est une des expressions. Certes, elle n'est pas encore à la hauteur suffisante. Mais il faut continuer à lutter, à rassembler toujours davantage, afin de créer un vaste mouvement populaire qui obligera Macron et son gouvernement à reculer.

    L'exigence d'un vaste mouvement populaire

    A Ajaccio plusieurs centaines de personnes ont répondu à l'appel de diverses organisations politiques et syndicales dont Inseme à manca. La manifestation s'est terminée par une merendella sur le cours Napoleon, devant la préfecture de région.

    L'exigence d'un vaste mouvement populaire

    L'exigence d'un vaste mouvement populaire

    L'exigence d'un vaste mouvement populaire

    L'exigence d'un vaste mouvement populaire

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    Vous avez dit économie

     

    Il y a urgence à refonder la gauche

    Le monde va mal et c’est « l'économie » nous dit-on qui serait la cause de toutes nos difficultés. Mais ne serait-il pas plus juste, de dire que c'est l'argent, la spéculation qui régente de plus en plus et pas forcément en bien, notre vie à tous...

    La culture, la santé, l'éducation, la recherche, l'énergie, les transports... sont assujettis aux profits et pour ce qui nous concerne à une législation européenne ultra libérale, capitaliste, le mot serait plus juste.

    Un jour, les dérèglementations touchent la santé, un autre l’énergie, un autre encore l’éducation  et ainsi de suite, mais au final, partout l’austérité, partout la diminution des droits, partout les reculs et surtout partout le mal vivre. Les salariés se sentent compressés au travail, le stress gagne et ceux qui n’ont pas la chance de travailler peuvent rapidement se trouver en marge de la société, exclus, le mot n’est pas trop fort.

    Ce n’est donc pas « l’économie » qui pose problème, mais plutôt les choix économiques qui induisent et impulsent les reculs de civilisation, les dérèglementations, et autres privatisations. Ce qui se trame et se passe actuellement avec les cheminots (SNCF), est le résultat de tout cela.

    Tous ces reculs ne sont pas tombés du ciel « européen » comme par miracle. Ils sont le résultat de choix politiques capitalistes opérés par les différents pouvoirs des États membres, dont la France de Sarkozy, celle de Hollande, et aujourd'hui celle de Macron.

    Ils se disent de droite, du centre ou de gauche, mais au résultat, ils imposent y compris par la force s'il le faut et toujours, les mêmes politiques régressives et répressives pour le plus grand nombre... Quelle différence politique aujourd’hui entre un Sarkozy, un Hollande ou encore un Macron ?

    En réalité, mais toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, ils sont au service des nantis et suivent à la lettre les injonctions du G20 et de ses satellites, la banque mondiale, le Fond Monétaire International, l’Organisation Mondiale du Commerce, sans oublier l’OTAN au niveau militaire… Ce sont ces organismes, enfants du libéralisme le plus réactionnaire et débridé qui donnent le tempo et l’agenda politique. Ils sont les instruments au service d’une politique et celle-ci n’est pas sociale, elle est inégalitaire. Elle est capitaliste.  Pour s’en convaincre il suffit de regarder la redistribution des dividendes aux actionnaires, dont une étude récente révèle que ceux-ci ont augmentés de manière scandaleuse. Il n’y a pas de crise pour les plus riches et l’économie est à leur service. 

     

    Comment changer les choses, quand toutes les protestations, même les plus déterminées et massives  ne trouvent aucun débouché politique. C’est ce qui se passe dans notre pays aujourd’hui et la loi récente sur le « code du travail » n’est pas le seul exemple.

    Le pouvoir, les pouvoirs sont sourds, face à des revendications légitimes et à terme, cette situation peut nous amener au désastre, car ce que nous vivons en France est aussi ce qui se passe ailleurs et en pire en certains endroits de la planète. L'inégalité sociale explose, elle peut mettre gravement en danger l'avenir de l'humanité. Les populismes sont aux aguets.

    A cette situation pas très reluisante d’un point de vue social, il faut y rajouter d’autres dangers tout aussi importants :

    le réchauffement climatique généré par l'activité humaine, qui peut à terme s'avérer irréversible pour la planète et pour les humains. 

    Le terrorisme, la multiplication des conflits et des guerres, le surarmement, qui sont des facteurs pouvant conduire à une catastrophe. Ce qui ce passe actuellement en Palestine et plus généralement au Moyen et Proche Orient est lourd de dangers potentiels.

    Sur toutes ces questions, le mouvement social peine aujourd’hui à se faire entendre et les rapports de forces politiques ne permettent pas d’inverser le cours des choses.

    Serons-nous libres demain de nous faire une opinion, de savoir, de choisir en connaissance de cause et en toute liberté. Le droit de savoir existera-t-il encore, quand on voit comment le pouvoir médiatique exerce sa pression sur les citoyens.

    L’absence de pluralisme est aujourd’hui une réalité, les grands moyens d’informations sont entre les mains des plus riches, de grands groupes financiers et la ligne éditoriale est à leur service. 

    La solidarité et la justice auront du mal à trouver leur chemin si l'argent continue à régenter nos vies... Si une minorité continue à imposer les efforts et reculs pour le plus grand nombre. Si le monde continue à être insécurité, confrontations, conflits et guerres. 
    On nous parle de liberté, de libre échange, mais on devrait plutôt parler d'enfermement...
    On nous enferme.

    Il y a urgence à ouvrir un vaste chantier civique et citoyen pour la justice et le Paix et face aux populismes de toutes sortes, il y a urgence à refonder une gauche qui soit véritablement une gauche de transformation sociale, citoyenne et écologiste.

    Jacques Casamarta mai 2018

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    Pour l'égalité, la justice sociale et la solidarité

     

     


    Un constat s’impose, Emmanuel Macron, son gouvernement et le  Medef sont décidés à imposer coûte que coûte une restructuration en profondeur de la société française : politique d’austérité, destruction des droits des salarié.es, introduction de la sélection à l’entrée de l’université, casse des services publics, aggravation du sort des sans emplois, réorganisation aggravant les inégalités en matière d’accès à la justice, réforme fiscale favorable aux plus riches, loi répressive contre les migrant.es, priorité donnée au secret des affaires contre le droit à l’information, introduction de l’état d’urgence dans le droit commun, répression des mouvements sociaux et des jeunes des quartiers populaires, utilisation de l'égalité femmes-hommes comme simple outil de communication, sans moyens financiers, alors que les femmes sont les premières concernées par les régressions sociales… sans oublier une politique militariste au niveau international. La multiplication des mesures prises avec brutalité sur tous les fronts a un objectif, celui de créer un effet de sidération et espérer ainsi empêcher toute riposte. Le patronat profite de la situation pour multiplier les restructurations et rester sourd aux revendications du monde du travail. En s’en prenant aux personnels à statut, en particulier aux cheminot.es, Emmanuel Macron espère, s’il l’emporte, casser tout esprit de résistance.

    Ce coup de force peut échouer, car les mobilisations se multiplient dans le pays, chacune avec sa spécificité : journée nationale d’action, grèves, occupation d’universités, manifestations… Il appartient évidemment aux organisations syndicales de décider, avec les personnels concernés, de leurs formes d’action. Chacune d’entre elles a, a priori, des ressorts différents, mais au-delà de tel ou tel aspect, ce dont il est question concerne la nature même de la société dans laquelle nous voulons vivre. Voulons-nous vivre dans une société où les droits sociaux seraient réduits à néant, où les services publics et la sécurité sociale auraient disparu, où l’inégalité de traitement des territoires serait la règle, où l’accès à l’université serait de plus en plus réduit, où les lanceuses et lanceurs d’alerte et journalistes seraient bâillonnés, où les défis écologiques seraient soumis aux intérêts de la finance, où le logement, les HLM et les locataires seraient marchandises, où la lutte contre les discriminations se réduit à des discours ? Ou, au contraire, voulons-nous une société plus juste, plus solidaire, plus démocratique, plus égalitaire avec un meilleur partage des richesses ? Tel est l’enjeu.

    Le gouvernement espère que ces mobilisations sectorielles restent isolées et qu’il pourra les défaire les unes après les autres en tenant bon, en les laissant s’épuiser ou en les réprimant. Affichant sa détermination, il espère ainsi nous décourager. Il se trompe, comme le montre la multiplication des collectifs citoyens en lien avec les salarié.es, les retraité.es et les étudiant.es ainsi que le succès de la solidarité aux grévistes, notamment à ceux de la SNCF. Il s’agit maintenant d’aller plus loin et, toutes et tous ensemble, d’affirmer dans la rue que des alternatives existent, que nous ne nous résignons pas au sort que nous promet ce gouvernement. Il fait la sourde oreille, il faut le forcer à nous entendre et à retirer ses projets.

    Dans le respect de nos champs d’interventions respectifs, nous voulons aller au-delà de toutes les mobilisations positives qui existent déjà et rassembler toutes les forces sociales, syndicales, associatives, politiques pour construire et réussir ensemble un grand rendez-vous citoyen.

    Partout en France organisons le samedi 26 mai une marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.  

    Signataires :

    Alternative et autogestion
    Alternative Libertaire
    APEIS
    ATTAC
    Climat social
    Collectif des Associations Citoyennes
    Collectif National pour les Droits des Femmes
    Collectif La Fête à Macron
    Confédération Générale du Travail
    Coordination nationale de défense des hôpitaux et maternités de proximité
    Convergence nationale de défense des services publics
    DIDF
    DIEM25
    Droit au Logement
    Ecologie sociale
    Europe Ecologie Les Verts
    Les Effronté.es
    Ensemble !
    Femmes Egalité
    Fondation Copernic
    France Insoumise
    Gauche Démocratique et Sociale
    Génération.s
    MJCF
    Mouvement Ecolo
    Mouvement National des Chômeurs et Précaires
    Nouvelle Donne
    Nouveau Parti Anticapitaliste
    Parti Communiste Français
    Parti de Gauche
    Parti Ouvrier Indépendant Démocratique
    PCOF
    PCRF
    République et Socialisme
    Résistance Sociale
    Snesup-FSU
    Solidaires
    Syndicat des Avocats de France
    Syndicat de la Magistrature
    UEC
    UNEF
    Union Nationale Lycéenne

     

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  • Populisme ou refondation de la gauche

     

    Une seule alternative : refonder la gauche

     

     

    Deuxième séquence du séminaire organisée par Inseme à manca. Elle s’est déroulée au Ccas/Edf, à Porticcio, dimanche 13 mai 2018. Le thème abordé : Populisme ou refondation de la gauche. Le débat a été introduit par Philippe Sittel de la direction nationale d’Ensemble. Débat passionnant, passionné, sur un thème particulièrement complexe et controversé. Nous en donnons une courte synthèse.

    La définition du mot populisme est difficile à cerner. Ce mot prend différentes significations selon les époques et les lieux. Populisme fait référence au peuple. Mais qu’est-ce que le peuple ? Peuple au sens politique, social, ethnique ? Toujours est-il que le populisme a pris, dans le langage courant, une connotation négative. Il a souvent été assimilé à l’extrême droite. Ce populisme s’appuie sur le repli sur soi, le racisme et la xénophobie. Il exploite à outrance la désespérance et la misère. C’est la faute à l’étranger. Refrain connu. En aucun cas le populisme de droite ne remet en question le système capitaliste. On peut même avancer l’idée qu’il peut être selon les circonstances un recours pour la sauvegarde de ce système. Avec des conséquences désastreuses, dramatiques, comme ce fut le cas avec le fascisme et le nazisme.

    Ce populisme surgit dans un contexte donné. La démocratie est fragilisée dans de nombreux pays. On assiste à une crise de la représentation politique, à un rejet inquiétant de la politique, à une abstention massive.

    Un mouvement basé sur la verticalité

    A côté de ce populisme on voit apparaître un populisme dit de gauche. Il a été théorisé par Laclau et Chantal Mouche. La France insoumise et Podemos s’en inspirent ou s’en réclament. Il s’agit, à partir de la crise de la représentation politique et d’une prétendue obsolescence du clivage gauche-droite de faire appel directement au peuple, sans passer par les structures politiques traditionnelles, considérées comme faillies. Donc, il s’agit de construire un mouvement innovant afin de réunir le peuple sur la base d’un programme, comme c’est le cas avec l’Avenir en commun de la France insoumise. L’objectif étant de prendre le pouvoir. La démarche pourrait être séduisante. Elle a pu fonctionner pendant la campagne des élections présidentielles, avec un résultat intéressant. Mais dans la réalité cette démarche a déjà atteint ses propres limites. La France insoumise et Podemos n’arrivent pas à agréger de nouvelles forces populaires, ni d’ailleurs de préserver les acquis. Les raisons ? En France par exemple, le mouvement des insoumis s’appuie sur la notion de verticalité. Une notion de type monarchique. C’est le leader, le chef, entouré d’une garde rapprochée, qui décide de tout. Ici, en Corse, on a pu en faire les frais lors des territoriales au cours desquelles Jean-Luc Mélenchon a condamné, avec violence, la démarche unitaire de la Corse insoumise, de Manca alternativa, du Parti communiste et de militants syndicaux, associatifs, culturels et autres. Avec le résultat que l’on connaît. Le mouvement des insoumis n’accepte pas de structures intermédiaires de coordination, par exemple au niveau local ou régional ! Seuls les groupes d’action – limités à une quinzaine de personnes – sont admises. Leur rôle : relayer les décisions du « centre », au demeurant non élu. Ce qui pose le problème de sa légitimité. Une telle conception aboutit à l’isolement de la France insoumise par rapport aux autres forces politiques de gauche et des syndicats. Dans ces conditions l’avenir de la France insoumise risque de ne pas être radieux.

    La réhabilitation des valeurs de gauche et la reconquête par le bas

     

    Une seule alternative : refonder la gauche

    Alors quelle perspective de transformation sociale, politique et écologique pour le pays ? Avec qui et comment ? Refonder la gauche ?

    Il ne s’agit pas de répéter les expériences du passé avec l’Union de la gauche, la gauche plurielle, etc. Ca a été un échec. Il faut en finir avec les accords de sommet et réhabiliter les vraies valeurs de la gauche, quelque peu discréditées par la sociale démocratie qui a tourné le dos à ces valeurs, pour sombrer dans la collaboration de classes. Il faut remettre au centre du débat la citoyenneté, la solidarité et l’égalité. Il faut combattre sans compromission le capitalisme, comme il faut s’appuyer sur les multiples luttes qui se développent dans le pays. Mieux les susciter. Au plus près des citoyens, des salariés, des chômeurs, etc.

    Le séminaire s’est conclu par l’élection du conseil d’administration de la nouvelle association Inseme à manca/Ensemble à gauche. Jacques Casamarta a été élu président.

     

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