• Transports urbains gratuits à Ajaccio 

    c’est possible

     

     

    Inseme à manca ne présentera pas de liste aux prochaines élections municipales à Ajaccio, ni ne soutiendra de liste. Nous aurons l'occasion d'y revenir très prochainement pour nous en expliquer plus longuement. Le motif est simple. Nous ne sommes pas parvenus à un accord avec nos partenaires qui se réclament de la gauche authentique. Nous le regrettons profondément. 

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    Transports urbains gratuits à Ajaccio 

    c’est possible

    Inseme à manca ne présentera pas de liste aux prochaines élections municipales à Ajaccio, ni ne soutiendra de liste. Nous aurons l'occasion d'y revenir très prochainement pour nous en expliquer plus longuement. Le motif est simple. Nous ne sommes pas parvenus à un accord avec nos partenaires qui se réclament de la gauche authentique. Nous le regrettons profondément. D'aucuns ont préféré reproduire les vieilles pratiques du passé qui ont conduit à discréditer la gauche, entre autres, nouer des alliances avec des forces politiques ou des individus qui ont peu ou prou cautionné toutes les politiques d'austérité que nous avons connues dans le passé et que nous subissons encore aujourd'hui. Néanmoins, Inseme à manca entend participer au débat électoral et porter à la connaissance des électeurs toute une série de propositions, en particulier dans le domaine des transports urbains. Propositions qui ont été exposées lors d'une rencontre avec la presse, jeudi 27 février 2020, au Locu teatrale, à Ajaccio. Nous en donnons ci-dessous une synthèse.

    L’urbanisme ajaccien et les transports publics

    Cela fera près de 10 ans que notre mouvement s’est prononcé pour la gratuité des transports publics et en régie à Ajaccio. Considérant que cette mesure serait « positive d’un point de vue social, intéressante écologiquement et porteuse de liberté ». Durant l’avant dernier mandat, nous avons interpellé à ce sujet monsieur Simon Renucci alors maire à l’époque. C’est par la suite il y a plus de 5 ans que nous interpellions le nouveau maire Laurent Marcangeli à ce sujetQue de temps perdu !

     

    L’agglomération ajaccienne constitue un bon exemple de carence en matière de planification urbaine, carence qui produit des dysfonctionnements graves, notamment en matière de mobilité et de déplacements. On peut dire pour résumer que depuis une cinquantaine d’année, l’aménagement urbain à Ajaccio relève de ce que l’on qualifie habituellement « d’urbanisme de promoteur ». Cela signifie – et malheureusement se vérifie – que la puissance publique ne planifie pas le développement urbain de la ville et plus largement de l’agglomération, mais au contraire subit les initiatives des promoteurs en se contentant d’autoriser – et éventuellement de refuser de temps à autre – les projets que ceux-ci lui soumettent. L’absence de planification fait que les investisseurs cherchent avant tout à s’assurer la maîtrise du foncier constructible et ensuite à obtenir les autorisations du droit des sols.

    Ainsi depuis une cinquantaine d’années, les extensions urbaines de la ville se résument à des collections d’immeubles – qu’il s’agisse de bureaux, de logements ou de locaux commerciaux – implantés au gré des autorisations, sans logique d’ensemble. En particulier, l’absence d’alignement des constructions fait que l’on ne sait plus ce que c’est qu’une rue.

    Un cas emblématique est par exemple le quartier du Stiletto, où ont été construits en quelques années une salle polyvalente (le Palatinu), un collège et un hôpital, sans compter quelques centaines de logements, tout cela sans dessiner au préalable une trame viaire cohérente. Le résultat est que l’on se gratte la tête aujourd’hui pour savoir comment desservir ce nouveau quartier.

    La ville tend ainsi de plus en plus vers un agglomérat de quartiers à la forme urbaine médiocre et qui surtout, ne communiquent pas, ou difficilement entre eux. Nous vivons ainsi aujourd’hui dans ce que l’on peut qualifier de ville-archipel. Certes, la municipalité actuelle n’est pas seule responsable de cette situation, qui est le résultat consolidé de cinquante années d’absence de planification.

    Néanmoins, il est regrettable que les errements du passé se poursuivent sans évolution notable. On comprend bien que les déplacements, qu’ils se fassent en voiture, en bus, à vélo ou à pied, se révèlent laborieux et consomment du temps. Les mauvaises liaisons entre les différents quartiers font par exemple qu’en cas de souci sur un axe, il soit très difficile de recourir à un itinéraire alternatif, qui dans la plupart des cas n’existe pas.

    De ce fait, on conçoit que l’amélioration des déplacements à Ajaccio et le développement de modes alternatifs à la voiture relève de solutions à moyen et long terme. Néanmoins des solutions doivent pouvoir être proposées et mises en œuvre à court terme, surtout lorsqu’elles ne nécessitent pas la construction d’infrastructures nouvelles. Parmi celles-ci, une mesure pourrait être facilement décidée, qui serait la gratuité des transports publics.

    Cependant, malgré les difficultés actuelles résultat de l’action ou plutôt l’inaction des équipes municipales pendant de longues décennies, il est nécessaire d’agir au plus vite et mettre en œuvre des actions de nature à apporter des améliorations rapides.

    Et ceci dans une approche « d’Ajaccio ville solidaire » »

    Ainsi « L’Observatoire des villes du transport gratuit » nous rappelle que plus de 35 villes ont mis en œuvre une politique de transports urbains gratuits. Ces villes vont de quelques milliers d’habitants à plus de 100 000 habitants.

    Trois exemples :

    Châteauroux : ville qui a instauré la gratuité en 2002

    Résultats :

    En 2001 : 1,5 million de voyages /an – 1 million de Kms/an – 21 voyages / habitant.

    La recette de billetterie s’élevait à 400 000 euros.

    En 2017 : 5 millions de voyages /an (x3,3) – 73 voyages / habitant (x3,5).

    Malgré l’absence de recette de billetterie, pas de charge supplémentaire grâce à une légère augmentation du « versement transport » que payent les entreprises.

    Aubagne : ville qui a adopté la gratuité en 2009

    Résultats :

    Une année après la mise en œuvre de la gratuité, la hausse des voyageurs transportés en plus était de

    70 %.

    La réduction de la circulation automobile a été plus longue à venir mais on constate que la fréquentation des parkings en centre -ville avait déjà baissé de 20 % cinq ans après.

    Dunkerque : ville où la gratuité existe seulement depuis 2018

    Aujourd’hui la fréquentation du réseau a augmenté de 65% en semaine et de 125 % le week-end.

    50 % des voyageurs sont de nouveaux usagers, dont 48 % ont abandonné la voiture (notamment des cadres et des retraités).

    Certains parkings du centre-ville sont désormais vides pour un tiers et la ville projette de récupérer une partie des surfaces pour construire des logements ou aménager des espaces collectifs (jardins et parcs en particulier).

    Gratuité dans un projet politique :

    Au-delà de ces chiffres éloquents, il convient d’inscrire ce projet de gratuité dans un projet politique global plus large.

    Un projet à la fois social, écologique et économique, c’est-à-dire un projet politique de développement durable.

    C’est pour cette raison que « Inseme à manca-Ensemble à gauche » a fait sien l’intitulé du projet de la ville d’Aubagne : « Transports urbains : Liberté, Égalité, Gratuité ».

    Projet social : qui permette des économies sur leur budget pour les plus démunis, les précaires, les travailleurs pauvres, les retraités et les jeunes.

    Projet écologique : avec une diminution attendue de la pollution de l’air et du rejet de dioxyde de carbone.

    Projet économique : avec l’objectif de reconquête et redynamisation du centre-ville.

    Une approche systémique :

    Cette proposition de transports urbains gratuits s’inscrit dans une approche systémique du problème de la mobilité sur le territoire de la commune.

    L’amélioration des conditions de mobilité nécessite une action sur plusieurs entrées complémentaires et en synergie avec :

    Un plan Vélo pour développer ce mode de déplacement (location de vélos électriques, pistes cyclables …).

    Des parcours pédestres pour se rendre à l’école à partir de lieux de regroupement où se garer n’est pas un gène pour la circulation aux heures de pointe.

    Une politique raisonnée de mise à disposition de places de parking.

    Une restructuration de la flotte de bus et du schéma de fonctionnement de celle-ci (remplacement progressif des gros bus à essence ou diesel par des unités plus petites, électriques, comme la navette

    Blubus gratuite actuelle-aménagement des nouvelles unités adaptées aux personnes handicapées-petites unités, type navettes actuelles pour le transport à la demande, le TAD- fréquence de rotation augmentée pour réduire le temps d’attente- circuits allant jusqu’aux abords des entreprises...).

    Cet ensemble de mesures ne peut sans doute être mis en œuvre d’un coup de baguette magique.

    Mais ces mesures doivent être anticipées pour pouvoir être mises en application progressivement dans un calendrier à tenir

    En effet ce projet global « Liberté, Égalité, Gratuité » dans toutes ses composantes devra être réalisé d’ici la fin de cette nouvelle mandature.

    Enfin, un plan d’ensemble, ne doit pas faire oublier en matière de transport public, les perspectives importantes que la voie de chemin de fer peut offrir,  notamment avec la périphérie d’Ajaccio.

    C’est ce que propose « Inseme à manca - Ensemble à gauche » qui s’adresse aux citoyens, mais aussi aux listes en présence aux élections de mars 2020, puis particulièrement à celle qui en sortira vainqueur.

    Nous ne manquerons pas de demander un entretien à l’équipe municipale élue, en particulier du maire et du président de la CAPA, pour faire avancer ce projet.

     

    Inseme à manca – Ensemble à gauche 

    Ajaccio le 27 février 2020

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  • Une mécanique bien huilée

    Par Jacques Casamarta

    Depuis plusieurs années, nous vivons sous l’emprise d’une mécanique bien huilée, un passage de témoin, une politique qui quels que soient les hommes ou les partis au pouvoir, reste similaire, conduisant systématiquement à une alternance qui étouffe les droits sociaux.

    Dans cette situation, toutes les caractéristiques d’un séisme politique de haute intensité sont devant nous et peuvent conduire à l’abîme.

    Le point de vue exprimé ici, est le résultat d’une observation sur le terrain, d’une analyse concrète de situations concrètes. C’est aussi un retour sur les gauches et l’évolution de celles-ci ces trente dernières années.

    Parce que face à la déroute de ces gauches, nous avons besoin de faire le point, de faire le tri, de se situer dans ce paysage idéologique bouleversé. De comprendre les mécanismes politiques et institutionnels qui ont conduit et qui conduisent encore aujourd’hui à ce résultat. 

    Pour cela, nous avons besoin d’un retour critique. 

     Lire la suite : http://www.mancalternativa.com/actualites-c27962796

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     une mécanique politique bien huilée

     

     

    Par Jacques Casamarta

     

     

    Depuis plusieurs années, nous vivons sous l’emprise d’une mécanique bien huilée, un passage de témoin, une politique qui quels que soient les hommes ou les partis au pouvoir, reste similaire, conduisant systématiquement à une alternance qui étouffe les droits sociaux.

    Dans cette situation, toutes les caractéristiques d’un séisme politique de haute intensité sont devant nous et peuvent conduire à l’abîme.

    Le point de vue exprimé ici, est le résultat d’une observation sur le terrain, d’une analyse concrète de situations concrètes. C’est aussi un retour sur les gauches et l’évolution de celles-ci ces trente dernières années.

    Parce que face à la déroute de ces gauches, nous avons besoin de faire le point, de faire le tri, de se situer dans ce paysage idéologique bouleversé. De comprendre les mécanismes politiques et institutionnels qui ont conduit et qui conduisent encore aujourd’hui à ce résultat. 

    Pour cela, nous avons besoin d’un retour critique. 

     

    Lors des élections présidentielles de 2012, à la fin de son premier mandat, les électeurs ont chassé Nicolas SARKOZY, ancien secrétaire général de l’UMP, (LR aujourd’hui), l’homme de droite, celui qui avait fêté sa victoire sans complexe, dans le célèbre restaurant bourgeois « le FOUQUET’S » à Paris en 2007.  

    Nicolas SARKOZY a été battu, c’est son arrogance et son mépris affiché pour les gens qui ont été sanctionné, mais c’est aussi sa politique d’austérité qui en tournant le dos aux aspirations et à l’intérêt général a été rejetée. Une politique de classe, essentiellement tournée vers les intérêts des plus riches. Un va-t’en guerre qui porte de lourdes responsabilités dans la situation de la Méditerranée orientale plongée aujourd’hui encore, dans le chaos.  

     

    HOLLANDE, Un espoir déçu

     

    François HOLLANDE, l’ancien secrétaire général du Parti Socialiste est arrivé sur cette base. Celui-ci, pour se faire élire, s’est déclaré « l’ennemi de la finance », celui qui avait annoncé ne pas céder face aux injonctions néolibérales, néocoloniales, des dirigeants européens. Celui qui devait renégocier les traités.  

    Se présentant comme un homme de « gauche » les électeurs étaient en droit d’attendre un changement de politique, une meilleure prise en compte des aspirations à plus de justice sociale et d’égalité. C’était le sens de leur vote, même si l’expérience de la cohabitation CHIRAC/MITTERRAND dans un passé pas si lointain avait déjà montré la continuité des politiques économiques et sociales de ces différentes forces politiques. 

    Comme il était à prévoir, le résultat malheureusement ne s’est pas fait attendre et très rapidement les promesses ont été reléguées au second plan, ou mises au placard.  

    Et c’est ainsi qu’on a pu avoir le sentiment que le nouveau Président de la République, François HOLLANDE en 2012 prenait le relais, (ou le témoin pour reprendre une image sportive), là où son prédécesseur Nicolas SARKOZY l’avait  laissé. Ce revirement n’était pas sans rappeler une célèbre phrase de Jean Claude JUNKER alors Président de la commission européenneà propos des élections en Grèce, « les choix démocratiques ne peuvent remettre en cause les traités européens ». ` 

    Les politiques d’austérité, chères aux responsables européens, ont donc repris de plus belle, avec François HOLLANDE, tout comme le démantèlement des acquis sociaux et services publics, à commencer par la destruction du code du travail avec la loi EL KHOMRY qui mettra aussi en évidence de nouvelles pratiques policières, pour casser les mouvements sociaux. Une violence d’état se mettait en place. 

    Cette situation amènera François HOLLANDE à devenir tellement impopulaire,  qu’il lui sera impossible de se représenter à l’élection présidentielle qui suivra.  

    Quant à son premier ministre, Manuel VALLS, celui-ci s’affirmera peu de temps après, comme un réactionnaire, un homme de droite prêt à s’allier à l’extrême droite à l’occasion des élections municipales de Barcelone en Espagne.  

    Quel désastre dans les têtes quand ceux, se prétendant à gauche épousent les politiques néolibérales, celles défendues théoriquement par la droite, des politiques injustes socialement et pour une grande part, imposées par une Europe réactionnaire.  

     

    MACRON, en homme providentiel

     

    C’est ainsi que pour l’élection présidentielle de 2017 et loin de tirer les enseignements des dix ans écoulés, est arrivé Emmanuel MACRON ancien ministre de HOLLANDE, celui qui soit-disant par sa jeunesse, allait rénover, révolutionner la politique. 

    Recevant le soutien de personnalités politiques dites « de gauche » comme de droite, celui-ci sera élu Président de la République, au deuxième tour face à Marine LE PEN, avec seulement 43,6% des électeurs inscrits.  

    L’abstention, les votes blancs et nuls avec 34 % représentaient le taux le plus fort enregistré pour ce type d’élection depuis plus de quarante-cinq ans. Ces chiffres alarmants traduisent  la crise de la représentation politique, la défiance des électeurs, surtout des électeurs de gauche.  

     

    Alternance, mais pas alternative

     

    Pur produit des banquiers et des hommes d’affaires, probablement le premier Président de la République Française, aussi influencé par le monde de la grande finance, Emmanuel MACRON, ancien ministre d’un gouvernement soit-disant « de gauche », reprendra à son tour le néfaste relais de son prédécesseur François HOLLANDE pour faire reculer les droits sociaux. 

    Un passage de témoin, parfaitement bien huilé, une nouvelle alternance, avec pour chacun, sa partition vers une trajectoire identique. L’objectif, démanteler les acquis sociaux au nom d’une soit disant « réalité économique », quand on ne l’habille pas de             « démocratie ».

    La contre-réforme engagée sur les retraites symbolise les aspects les plus réactionnaires de la politique MACRON/PHILIPPE. 

    Ce n’est pas seulement un recul de plusieurs décennies qui se prépare avec ces hommes, c’est aussi un énorme recul de civilisation par un appauvrissement du plus grand nombre, une remise en cause frontale des droits élémentaires, le droit à la santé, le droit à l’éducation...

    C’est le sentiment qu’avec la « République en Marche » la république n’est plus la république, que l’autoritarisme et les violences policières deviennent la règle et prennent le pas sur le dialogue. Une violence d’état institutionnalisée, instrumentalisée. 

    En moins de trois années de pouvoir, le taux de popularité d’Emmanuel MACRON est au plus bas, laissant entrevoir comme pour son prédécesseur, une impossibilité de se représenter en 2022. 

    Malgré une répression féroce, la rébellion s’installe dans le pays. La persistance des mouvements sociaux sur les retraites, l’importance des manifestations syndicales et gilets jaunes, démontrent le rejet massif d’une politique, qui crée de l’inégalité et approfondit la fracture sociale. Les électeurs et notamment les électeurs de gauche, ne voient plus la différence entre les politiques de SARKOZY, HOLLANDE ou MACRON.  

     

    Mais cela, malheureusement reste au niveau du constat, ce n’est pas pour autant qu’une perspective émancipatrice, une politique sociale et démocratique vont s’imposer dans le pays. Il y aurait pourtant besoin de faire cesser ce passage de relais politiquement destructeur. 

     

    L’espoir a horreur du vide 

     

    La situation actuelle est grave, elle traduit un énorme affaiblissement idéologique de la gauche, une sorte de bérézina suicidaire et elle vient de loin.  

    Depuis près d’une quarantaine d’années nous avons assisté au spectacle d’un parti socialiste pratiquant tous les renoncements pour ne garder que ce qu’il considérait comme essentiel, « la culture de gouvernement ». Par l’exercice du pouvoir et le libéralisme économique qu’il a épousé, il porte ainsi, une grande responsabilité dans la désespérance sociale et l’absence de perspective crédible a gauche. 

    Le parti communiste s’est avéré quant à lui, dans l’incapacité de surmonter le séisme politique du à l’effondrement  « du socialisme étatique dans le bloc soviétique », un socialisme toujours et intimement lié à l’histoire du Stalinisme. Sa lente marginalisation électorale vient pour une grande part de cet état de fait et de l’insuffisance d’autocritique.

    Il aurait été nécessaire de s’interroger plus que cela n’a été le cas, d’ouvrir en grand les portes à l’autocritique, de comprendre pourquoi la gauche se trouve dans cette impasse ? Pourquoi le parti socialiste a effectué un tel revirement ?

    Pourquoi à l’est, « Staline, Li Ping et Ceausescu ont été possibles[i] ? » 

    L’arrivée au pouvoir de GORBATCHEV et sa PÉRESTROÏKA en URSS, n’a pas été en mesure d’inverser le cours des choses et de réconcilier socialisme et démocratie.

    Pourtant la voie a été ouverte et la disparition du socialisme bureaucratique et autoritaire aurait du permettre de créer les conditions d’une mise en perspective d’un socialisme démocratique. Pourquoi cela ne s’est-il pas réalisé ?

     

    Les décennies 80 et 90 resteront comme celles « de la déroute intellectuelle et morale de la gauche » ou chacun à des degrés divers, PC et PS, ont tenu leur partition. L’union de la gauche n’étant devenue qu’une caricature, un simple outil de préservation électoral des appareils. 

    L’absence d’autocritique réelle à gauche a produit pour une part la situation désespérante d’aujourd’hui, les dérives et la perte de confiance. Les mutations nombreuses de la société ont fait le reste.  

    Il y a une vingtaine d’années face au capitalisme néolibéral, néocolonial, populiste, on espérait construire le socialisme, mais aujourd’hui la thèse du passage « historiquement nécessaire » est rendue floue par l’échec du prétendu « socialisme réel » dans les pays de l’Est. Cet échec historique, ce séisme politique a peu à peu amené les interrogations sur le concept même de socialisme au point que y compris les forces de gauche n’utilisent plus ou peu ce concept. C’est ainsi que nous vivons dans un monde unipolaire, sans perspectives politiques réelles pour changer ce système.

    Qu’avons-nous à gauche comme système à opposer au capitalisme néolibéral si le socialisme n’est plus de mise ? 

    Cette question dépasse de loin le cadre de la seule France ou Europe. C’est une question essentielle pour les gauches dans le monde, car les problèmes actuels pour une bonne part se jouent à l’échelle planétaire.

    Sur tous les continents du monde, des révolutions et insurrections populaires se déroulent, mais ce n’est pas pour autant qu’une perspective émancipatrice s’affirme. A chaque fois elles butent sur des régimes autoritaires, sur la force du capitalisme et ses outils. (Banque Mondiale, Fonds Monétaire International, Organisation Mondiale du Commerce), sans oublier d’un point de vue militaire l’OTAN.  

    N’y a-t-il pas urgence à développer les coopérations internationales solidaires et à mondialiser une vision sociale commune pour s’opposer au système en place et tenter d’ouvrir de nouvelles perspectives ?  

     

    Les limites de la démocratie représentative

     

    Il n’est pas inutile de rappeler l’importance absolue du suffrage universel, « le bloc de l’Est est mort d’avoir méprisé la démocratie représentative, d’avoir prétendu faire le bonheur des peuples sans eux et malgré eux ». Mais nous connaissons aussi les limites de la démocratie représentative : la délégation de pouvoir. 

    D’où l’importance aujourd’hui d’ouvrir des pistes nouvelles, ou reprendre des idées déjà développées par le passé, comme « la stratégie autogestionnaire[ii], conçue comme une nouvelle citoyenneté, ou les individus et les collectifs de travail ou d’intérêt pourraient jouer un rôle direct dans les processus de la gestion sociale et économique. »

    Nous ne partons pas de rien, en son temps des intellectuels de gauche, à l’image de Félix Damette, et d’autres, ont largement traité le sujet et ouvert les pistes de réflexions. 

     

    Sortir de la confusion politique

     

    Il suffit de regarder pour ces élections municipales, l’extrême confusion politique, la multitude de listes dans des grandes villes, se présentant apolitiques, ou encore le nombre de  regroupements hétéroclites, (droite, gauche, centre, nationalistes), dont l’absence de clarté, de lisibilité reste la principale indication. 

    Tout cela fonctionne d’une volonté de déstabilisation des valeurs et clivages qui pourtant existent, comme la lutte de classe, entre la droite et la gauche. 

    Il est temps à gauche de se ressaisir, de clarifier les enjeux, être porteur d’un projet autour duquel peuvent s’identifier les citoyens qui rêvent d’une autre vie.  

    Il est temps de laisser la « fausse gauche » celle du « renoncement social » et de la confusion, faire la route qu’elle souhaite. La confusion politique, est une impasse démocratique et pire encore, elle est en train d’installer durablement dans le pays les idées d’exclusion, d’ouvrir la porte aux extrêmes droites nationalistes et racistes. 

    Macron a été élu par défaut, en rejet de Le Pen, mais pour combien de temps encore ?

    L’urgence aujourd’hui est à l’action, à l’image des manifestations pour sauver notre régime des retraites, mais il est aussi à la clarté politique.  

     

    Il est grand temps de se préoccuper du futur, d’ouvrir grand la porte à l’autocritique à gauche, de travailler à regrouper, à rassembler juste et clairà refonder une espérance avec une gauche sociale et écologiste. Une gauche ou l’intérêt général deviendra la règle, une gauche forte de ses convictions et en opposition au capitalisme néolibéral. Une gauche dont la solidarité internationale sera le socle de son engagement contre les guerres et autres misères.  

    Si nous travaillons à modifier les rapports de forces politiques, alors l’espoir sera demain au rendez-vous.  

    Il y a urgence à clarifier les débats politiques, car le temps nous est compté. 

    Il y a urgence pour le présent et le futur. 

     

    Jacques Casamarta

     



    [i] Avec le peuple Roumain, motion votée par le bureau de la fédération de la Corse du sud du Parti communiste  le 26 décembre 1989.

    [ii] Une force politique nouvelle, pour faire du neuf à gauche. Plaquette éditée en mars 1992 par ADS (Alternative Démocratie Socialisme.

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    Jeudi 20 février 2020

    Journée nationale de grève,d'actions et de manifestations à travers tout le pays

    A Ajaccio

    Rassemblement devant la préfecture de région

    Cours Napoléon

    à 17 heures

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    Retraites et rapport de forces

    Nous un article de Pierre Zarka, membre d'Ensemble. Article paru dans le journal l'Humanité.

      

     "Obtenir le retrait du projet Macron n’est pas défendre le statut quo mais d’en proposer un à la mesure des besoins. On dit parfois que le rapport de forces serait en défaveur des forces de progrès. On mesure trop souvent ce dernier aux résultats des partis politiques ou au nombre de manifestant-e-s.  Ces éléments comptent mais cette analyse, trop limitée conduit souvent à se faire une raison. Le rapport de force n’est pas une donnée figée mais une réalité mouvante. Il n’évolue pas seulement de victoires en victoires : prendre l’initiative de viser des objectifs hors du cadre du capitalisme ou ne pas oser le faire, en fait partie intégrante.

    L’action n’a pas la même portée si on se limite au refus ou si l’on dit qu’il y a largement de quoi mettre tout le monde au niveau des meilleurs régimes en allant chercher l’argent dans les 59 Milliards de dividendes versés aux gros actionnaires, dans le rétablissement de l’ISF, dans la suppression des exonérations diverses dont bénéficie le capital (25 Milliards). Puisqu’il est question de conférence sur le financement, c’est le moment de montrer que les actionnaires sont « les vrais privilégiés » à combattre.

    On n’en est pas là ?

    Dire cela ne relève pas du simple discours mais recèle des potentialités encore inexplorées par le mouvement populaire.

      Commençons par aller derrière le décor. Qu’y a-t-il derrière l’intransigeance du pouvoir et son goût pour la répression ? Signe de force ou peur de tout perdre ? En octobre 18, on pouvait lire dans le Nouveau Magazine Littéraire qui ne s’est jamais illustré par son gauchisme, (n°10) : p 29« L’enrichissement frénétique des plus riches au détriment des salariés creuse un fossé qui pourrait être sa tombe ; p31 : La financiarisation est en cause ; c’est elle qui fait voler en éclats le compromis social de l’après-guerre. L’existence du bloc soviétique apparemment florissant contribuait à donner du pouvoir aux salariés : Vous n’avez pas envie d’un système de soviets ? Alors faites que l’on se tienne tranquilles, augmentez nos salaires ». P 33 : Un soulèvement est-il possible, qui balayerait ce capitalisme suicidaire ? « (sic). L’Humanité du 30 Aout, rend compte d’une réunion du Medef à Paris-Longchamp. Elle se déroulait sous le signe de l’inquiétude : « nous sommes face à une mise en cause violente du système… l’idée libérale est remise en cause partout ». Que manque-t-il alors pour nous sentir plus forts ? A cette réunion, Sarkozy avait la réponse : en face, aucune force ne propose un système alternatif. Bien vu Sarko, là est le verrou.

     Si celles et ceux qui luttent sont porteurs de solutions, ils deviennent porteurs d’espoir. La présence d’un objectif dans les esprits fait déjà évoluer le rapport des forces avant même de l’atteindre. Cela permet de mettre les forces du capital sur la défensive.

    Mettre les actionnaires sur la sellette contribuerait à accroitre leur vulnérabilité et commencerait à modifier le rapport de forces. Le camp qui définit les termes de l’affrontement prend toujours l’avantage. D’autant que dans de nombreux autres pays, des mouvements sociaux porteurs d’exigences de justice et de démocratie secoue la planète. On a vu que ce qui pousse dans un pays résonne et influe sur ce qui se passe dans d’autres :  l’influence des printemps arabes et des Indignés-des places occupées- sur les Nuits Debout ou l’impact des Gilets Jaunes sur d’autres mouvements dans le monde- jusqu’aux USA. La mondialisation peut ne pas être que capitaliste."

    Pierre Zarka

     

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    On ne lâche rien

     

      

    N'en déplaise à toute la macronie et à ses affidés, le mouvement social contre le pseudo projet de réforme du système de retraite - il faudrait plutôt parler de contre-réforme - n'est pas mort. Malgré les multiples tentatives des media aux ordres pour en minimiser et en discréditer son ampleur . La preuve du 29 janvier. Des centaines de milliers de personnes ont encore manifesté dans plus de 200 villes. Des grèves et des opérations coups de poing se sont multipliées dans un tas d'entreprises publiques et privées.Certes, on constate un certain essoufflement. Quoi de plus normal après 50 jours de grèves et de manifestations. Les salariés ne disposent pas de dizaines de milliards d'euros, comme un certain Bernard Arnaud, une des plus grandes fortunes mondiales.

    Le mouvement social que nous connaissons aujourd'hui est exceptionnel et il a le soutien de la majorité des Français. Du jamais vu depuis des décennies. Le pouvoir macronien, avec à peine deux ans d'existence, subit de nouveau une rude épreuve, après le mouvement des gilets jaunes. Une performance tout à fait remarquable et inédite pourrait-on dire. Jamais un pouvoir politique n'a été autant contesté et malmené, en si peu de temps. Un jour où l'autre, quelle que soit l'issue du mouvement social actuel, il va le payer chèrement.

    A Ajaccio, près de 500 manifestants ont répondu à l'appel des syndicats qui exigent le retrait de la contre-réforme. Et beaucoup l'ont dit haut et fort : "On ne lâchera pas".

    Un élément extrêmement fort émerge de toutes ces journées d'actions, de grèves et de manifestations qui touchent de nombreux secteurs d'activités du pays : électriciens, gaziers, éboueurs, marins, dockers, enseignants, pompiers, intermittents du spectacles, artistes, danseurs, avocats, cheminots, traminots et bien d'autres. Celui d'une grande détermination.

    Désormais se pose le problème de savoir comment on va continuer la lutte. Il s'agira de trouver de nouvelles formes d'actions - on peut parler de guérilla - pour ne pas laisser de répit à un pouvoir qui n'a qu'une seule obsession : dépouiller encore plus les fauchés pour enrichir un peu plus les très riches.

    Assez de mensonges, de manipulations, d'enfumage. La lutte continue. 

     

     

     

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