• Réponse à Jean-Luc Mélechon

     



    De l’espoir à la désillusion

     

    Réponse à Jean-Luc Mélechon

    Alors que la nécessité du rassemblement populaire se dessinait en Corse, l’espoir renaissait et la volonté de chacun devenait une volonté commune pour créer l’avenir insulaire sur des valeurs d’humanisme et de partage.

    Le rêve d’une Sixième République ne s’est pas envolé, Jean-Luc Mélenchon nous promettait la démocratie de la base, la révocation des élus... Fort de son image bien soignée après les présidentielles et sa députation, il s’oppose farouchement à notre liste de rassemblement l’Avvene, a Corsica in cumunu, cette dernière étant le fruit de l’œuvre démocratique de la base Insoumise en Corse. Le grand dirigeant qu’il prétend incarner, s’avère incapable de respecter ses propres militants, il ira jusqu’à nous infliger un véritable coup de poignard dans le dos avec ses tweets et ses commentaires assassins nous qualifiant de tambouille.
    En privé, il confiera à ses camarades qu’il a bien l’intention de faire ce qu’il veut en Corse et que nous allions « nous prendre une taule ». C’est ce qu’il espérait au profond de lui : enfin une victoire pour lui, celle de voir l’échec de la gauche en Corse.

    En Corse justement, il pourra compter sur une poignée de groupies insoumises, souhaitant la division et l’hégémonie du mouvement. Ces insoumis crieront à l’usurpation, comprenez-vous, ce sont des vrais insoumis EUX ! Certains le sont tellement qu’ils sont même insoumis à la démocratie interne, on passe de l’insoumission au coup d’état.

    Bouquet final au soir des élections, la seule liste de gauche obtient 5,68% des suffrages exprimés, après une campagne parsemée d’embûches, d’insultes et d’invectives venant pour la plupart de son propre camp. Exaltation pour Mélenchon, la gauche avait perdu, aussitôt il s’en ira féliciter ses nouveaux amis d’un soir : les nationalistes. Les mêmes qui se sont abstenus sur les ordonnances et sur le projet de loi sur la sécurité sociale. Ces derniers incarnent selon lui le « dégagisme ». Nous vous le disons, Jean-Luc Mélenchon, vous serez la prochaine victime du dégagisme, le programme l’Avenir en Commun est le meilleur que la gauche n’ait jamais connu, mais pas avec un despote à sa tête.
    La gauche n’est pas morte, elle se relèvera en se débarrassant de vous car finalement votre place n’existe que dans cette 5ème république aussi archaïque soit-elle.


    Dylan Champeau

    Ex-candidat de la Corse insoumise, dans la deuxième circonscription de la Corse du Sud

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  • Commentaires

    1
    Cours-Salies Pierre
    Mercredi 6 Décembre à 17:30

    Le plus grand nombre des gens de la moyenne  se méfient. Mais les capacités de changer la société sont grandes. Il nous faut une force militante pour connaître et consolider les dynamiques. Celui qui veut dominer finira dans un échec. Qui veut d'un Mitterrand n°3 pour préparer 2022   ?

    Courage, dans ce moment pénible et prenons le temps et les moyens pour regrouper  toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas du pouvoir de Macron et de son monde  :  Il est porteur d’une vision de la société qui propose la concurrence et la violence entre «ceux qui réussissent» et «ceux qui ne sont rien». 

    Nous voulons un monde où personne n'est de trop et où la démocratie au quotidien sera possible.   Comme disent les femmes et les hommes du mouvement ouvrier : "Ni dieu, ni César, ni tribun". Ils voulaient dire qu'on réfléchit bien quand on respecte l'égalité. 

     

    2
    Tim Pesta
    Jeudi 7 Décembre à 00:24

    Patienza....

    3
    Jean-René PENDARIES
    Jeudi 7 Décembre à 00:50

    Je m'informe aussi régulièrement que possible de la situation insulaire et je suis comme vous profondément choqué par la façon catastrophique dont la traite la FI et JLM.
    Cela dit, il y a deux manières d'aborder la question. Soit on le fait sur le mode de l'affrontement de deux "lignes" dont la contradiction est antagonique et n'est donc soluble que par l'élimination d'une des deux (et de ses représentants, comme le suggère Dylan concernant JLM .... attitude que j'ai pratiquée dans ma vie politique antérieure  ...). Soit on l'aborde comme comme une contradiction non antagonique, comme une "tension" (cf. l'article de Corcuff dans Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/philippe-corcuff/blog/301117/melenchon-conscience-historique-lucide-mais) sur laquelle il est possible et nécessaire de peser par le débat et l'action en faisant le pari militant qu'elle est  "positivement" dépassable.
    Je comprends le désarroi et la colère des copains Corses. J'avoue même que n'étant pas "sur le terrain" et étant largement étranger à son histoire singulière, je ne peux garantir ce qu'auraient été ma position vis-à-vis des élections et ma réaction suite à leurs résultats.
    Mais tout "continental" et "pinzu" que je sois, je m'autorise néanmoins  à penser que les camarades de Manca Alternativa feraient fausse route en abandonnant le combat au sein de la FI, et en imaginant que c'est ailleurs que dans la FI que se joue l'avenir d'une vraie alternative pour la Corse.
    Nous sommes nombreux à ne pas nous satisfaire du fonctionnement et de la stratégie du groupe dirigeant de la FI (comme de certains aspects de son programme d'ailleurs). Mais je pense et j'espère, et en tout cas, je fais le pari militant que notre nombre ira grandissant, suffisamment jusqu'à faire évoluer les choses.
    Cela suppose, certes, une certaine dose d'optimisme politique et engagé sur l'avenir de l'"ovni" politique que constitue la FI. Mais je ne vois franchement pas d'autre perspective un tant soit peu crédible et mobilisatrice que celle-là, dans le contexte de décomposition des formes traditionnelles et partisanes d'expression de l'alternative  (décomposition dont atteste une fois de plus, qu'on le veuille ou non, le score que vient de faire la liste soutenue par nos camarades Corses).
    En disant cela, je ne suggère donc pas aux camarades corses d'en rabattre sur leur colère et leurs critiques : je leur suggère au contraire de les porter au sein de la FI, et au profit de son développement. Non seulement concernant les problèmes de démocratie interne à la FI. Mais aussi, sur les questions de son orientation politique et stratégique, et tout particulièrement sur un des angles morts de toute la pensée "de gauche" : celle des rapports entre la République "une et indivisible" et de ses "territoires". Question qui mérite mieux et beaucoup plus qu'une déclaration ex-cathedra de JLM annonçant dans un billet de blog qu'il allait "prendre contact" avec les nationalistes. Camarades corses, nous avons besoin de vous pour avancer sur cette question !
     
    Amitiés
    Jean-René

      • Peredhel
        Dimanche 10 Décembre à 10:06

        Mais comment faire advenir la démocratie interne à la FI ? Les adhérents viennent de voter contre : division des groupes d'appuis dès qu'ils atteignent 15 membres et interdiction de se rassembler régulièrement à l'échelon départemental. Impossible de faire porter une voix dans ces conditions. Dès que la base prendra des décisions qui ne vont pas dans le sens du national elle se retrouvera avec un procès en illégitimité jusqu'à ce que ne restent que les "fidèles" (au chef pas au programme).

    4
    Ugo Pandolfi
    Jeudi 7 Décembre à 10:42
    Ugo Pandolfi

    Tout à fait d’accord avec Jean René Pendaries. C’est la seule voie possible et la plus complexe. Elle ne peut faire l’impasse ni sur les passifs de l’histoire des uns, ni sur les faiblesses de l’avenir des autres. Sur la question des peuples et de la République, seule une constituante digne du XXI eme siècle est à même de répondre aux exigences trop longtemps méprisées.

      • Cours-Salies Pierre
        Jeudi 7 Décembre à 14:30

        Une constituante, certes. Cela vaut à l'échelle européenne. Il faut cesser de jouer sur "les affects" et créer des oppositions formelles pour "faire des coups" politiciens comme le pratique JLM. OUI à un nouveau Traité pour une autre Europe. Pour le proposer avec force, rassemblons toutes les organisations et groupes de citoyens  qui veulent ce socle social et démocratique, contre tous les souverainistes plus ou moins racistes. La question traitée par Jean-René n'est cependant pas celle-là. Je reprends donc ma réponse à son appel à se soumettre à la direction de FI pour pratique rune sorte d'"entrisme" bizarre : le débat est posé, et bien par le texte de Dylan; à condition d ene pas répondre à côté.

         Cher camarade,

        J’ai diffusé, en le soutenant, le point de vue de Dylan Champeau. Et je pense que tu confonds les situations pour en faire une philosophie politique générale dont le seul effet, visible au point qu’il t’inquiète toi-même, est de donner un blanc seing au « Tribun ». J’emploie ce terme, très consciemment dans le sens qu’il a dans l’expression « ni dieu, ni César, ni tribun ».

        Dylan a 20 ans. Je trouve ses propos fort pondérés. Nous n’avons pas su écarter de ces activités un Jean-Luc Mélenchon qui a empêché la stabilisation d’un Front de gauche en septembre 2012. Je le sais et j’ai assisté aux réunions où il a tout fait pour dire « je veux être le Président du Fdg et on verra après ». Nous nous sommes tus, par souci de ne pas « casser », et nous avons eu tort. Je sais qu’il arrive que l’on s’habitue à des erreurs en chaine ; est-ce une raison pour poursuivre ?

         

        Le plus grand nombre des délégués du personnel, des délégués CHSCT, des militants qui font vivre et soutiennent les scops, les circuits courts de l’agriculture, la plus grande masse des syndicalistes actifs des entreprises petites et grandes, l’ensemble; des réseaux citoyens de solidarité avec les migrants (1000 groupes locaux !), les militants de la campagne pour rejeter l’arme nucléaire,  les militants solidaires de la cause syrienne (contre Poutine, et Mélenchon…), tous ont plus de richesses historiques et chacun.e a autant de valeur que sa majesté.

        Tu as bien compris que j’écris afin de te faire sentir  que les forces pour l’émancipation et la mobilisation qui déstabilise la domination de Macron et son monde existent. Mais elles ne sont pas dans la soumission aux institutions de la 5e République. Je te vois mal en soutien du futur Mitterrand n°3 candidat pour 2022.

        Je suis d’accord avec toi sur un point, sans doute décisif : pour ceux qui y sont (et c’est le cas des camarades corses) il vaut mieux ne pas laisser le terrain libre à JLM et son staff, dont certains, -cela se voit et se sait -, joue « placé » dans l’espoir d’une « victoire » pour eux.  Mais  je crois que Dylan, Pascale, Jacques, Guy, Francis, Jean-Pierre et tous les autres s’occupent cette semaine de justifier le « vote nul » pour dimanche prochain ; et ils s’exprimeront de nouveau ensuite sur leurs projets.

        Pour toi comme pour moi et les membres d’Ensemble !, il y a moyen de faire autre chose : ailleurs que la FI existe.

        Je suis tout prêt à en discuter avec toi.

        Amicalement Pierre CS   

    5
    juin
    Samedi 9 Décembre à 10:32

    D'accord avec Pandaries , lire la contribution de MARTINE BILLARD? JE PARTAGE BEAUCOUP de son point de vue, en résumé in ne suffit pas de dire que JLM porte l'entiereté  du grave echec en Corse

      • Pierre Cours-Salies
        Samedi 9 Décembre à 10:41

        Comme je signe de mon nom, il serait préférable de faire de même. Sauf à s'appeler Johnny, ou Barbara, les prénoms ont leurs limites.

        C'est pareil pour "la contribution de Martine Billard". Laquelle, et pourquoi "partages-tu beaucoup de son point de vue". Cela suppose, en langage non sacré, que tu as ton propre point de vue. Lequel ? 

    6
    Stephane MARIE
    Dimanche 10 Décembre à 21:48

    Chers amis, je vous invite à lire la charte de Génération.s.  
    Vous verrez, je pense, qu'au travers de vos échanges vous vous en trouvez étrangement proches !

    Generation.s.Corse... Vous êtes plus que bienvenus.

     

    7
    Stephane MARIE
    Dimanche 10 Décembre à 21:50

    https://www.generation-s.fr/comite/mouvement/article/charte-de-fondation-generation-s

    Préambule

    Nous sommes de gauche. Nous sommes écologistes. 

    Nou

    s sommes les héritiers et les héritières d’un long combat. Nous ne sommes pas les enfants du hasard mais d'un idéal : le droit absolu et irréductible des êtres humains à vivre libres et égaux et à mourir dans la dignité. Il n'est pas d'ordre établi qui ne puisse s’inverser, d'injustices et de misères qu'on ne puisse éradiquer.

    Cet idéal est celui des Lumières et de la Révolution française. Plus de deux siècles plus tard, notre résolution demeure intacte et nécessaire. 

    Les yeux bien ouverts et le cœur vigilant, nous savons que des injustices criantes demeurent, que des formes nouvelles de domination émergent. L’espèce humaine est menacée par une course absurde et destructrice au profit, dans une atteinte toujours plus irréversible à la nature. Le principe même d’égalité entre les êtres est contesté. 

    Nous sommes portés par le devoir de réduire les fractures incessantes entre l’idéal et le réel. Face aux tensions d’une époque, face aux mutations d’un monde troublé, face à la menace climatique, face aux peurs et à l’ampleur de la tâche, nous nous rassemblons pour porter haut la perspective du progrès humain – c’est-à-dire l’aspiration simple à une vie meilleure pour les femmes et les hommes d’aujourd’hui et les générations à venir. 

    Voilà la raison même de l’existence de notre mouvement. Nous sommes les filles et les fils des mouvements ouvriers dont les sacrifices, le sang, les chants et la force ont arraché l’individu à la misère où l’avait placé le système capitaliste. Nous sommes les filles et les fils de la Commune, des suffragettes, du Front Populaire, de la décolonisation et du programme du Conseil national de la Résistance qui proclamèrent, en des « jours heureux », l’inviolabilité de nos droits fondamentaux politiques, écologiques et sociaux. 

    Nous sommes les descendants et descendantes de tous les combats humanistes, féministes, écologistes et progressistes, de l’abolition de l’esclavage à celle de la peine de mort, du refus de toutes les oppressions et de la quête constante de l’émancipation individuelle. Nous croyons à la tempérance et à la nécessité de dépasser un système capitaliste qui réduit le vivant à une donnée économique et dévaste les forêts, les océans et la biodiversité. 

    Nous faisons nôtre la charte des Verts mondiaux qui fait de la préservation de notre Terre et des générations futures la ligne centrale de toute politique éthique. Nous nous inscrivons dans la tradition des combats ouverts à Porto Alegre en 1994 en faveur d’une mondialisation bienveillante, opposée à la dictature du libre-échange et de la financiarisation de l’économie. Nous croyons farouchement à la force supérieure de la coopération sur la compétition.

    Nous sommes enfin de tous ceux et de toutes celles qui, en France et dans le monde, pensent, imaginent et agissent contre un système néo-libéral qui accroît sans cesse la pauvreté, les inégalités et la violence. A tous ceux et toutes celles qui confisquent le pouvoir, qui refusent obstinément de faire confiance aux citoyens et citoyennes parce que le monde serait devenu trop complexe, qui rêvent d'un monde élitiste et oligarchique, nous rappelons qu'il n'est de souveraineté que dans le peuple et qu'il n'est pas de démocratie sans lui. 

    Au moment où nous vivons une mutation inédite de nos sociétés, où la révolution numérique accélère la métamorphose du travail, supprime des millions d'emplois et permet à de grands consortiums privés de prendre possession de nos vies en s’appropriant nos données personnelles, il est temps d'agir pour concilier innovation technologique, progrès humain et protection de la nature. 

    Nous voulons le bien-être au travail, et plaçons l’être humain au centre des activités de production et de création. Au moment où les grands intérêts privés accaparent la richesse au détriment des biens communs et de l’intérêt général, où les citoyennes et citoyens se sentent dépossédés de leur pouvoir et où l’individu est souvent invisible et méprisé, il est temps d’agir pour qu’ensemble, nous reprenions confiance en notre capacité collective à changer le monde.

    Notre volonté est immense. Nous savons qu'il n'est pas d'ordre établi, d'injustices immuables, de misères que l'on ne peut abolir. Jamais sans doute autant de citoyennes et citoyens n’ont exprimé le besoin de vivre en harmonie avec leur environnement, d’éradiquer la pauvreté, de créer des solidarités nouvelles, de dépasser enfin le consumérisme et le productivisme, d’en finir avec la concurrence pour aller vers la coopération, la réussite de toutes et tous et l’épanouissement de chacun.e.

    Pour toutes les générations présentes et futures, c’est notre responsabilité, notre engagement et la société à laquelle nous aspirons.

    L'Égalité

    Les êtres humains sont égaux. Cette égalité est même le fondement premier de nos valeurs. De celle-ci découlent nos combats pour la démocratie, la justice sociale et l’écologie.

    Les différences ne fondent aucune hiérarchie dans les domaines politique, économique, social et culturel, dans ce qui relève de la « chose publique ». Il n’y a pas de liberté sans égalité et la liberté de chacun.e est conditionnée à celle des autres. Le respect de la loi est impératif tant que sont préservés les principes d’égalité et de liberté. 

    Notre mouvement s’inscrit dans la continuité du combat de Jaurès en affirmant pour objectif principal la suppression des dominations sociales fondées sur la propriété des moyens de production et d’échange ou sur les inégalités sociales, des hiérarchies fondées sur l’identité de genre, sur la classe sociale, sur l’orientation sexuelle, sur l’origine géographique ou culturelle. 

    Nous nous engageons pour l’égalité des territoires, qui doit réparer les fractures entre la ville et la campagne, le centre-ville et la banlieue, la métropole et les Outre-mer. Aucune émancipation n’est possible si elle est fondée sur la compétition et la concurrence en tant que valeurs. Elles ne sont que des masques usés qui cachent l’inégalité réelle au nom d’une chimérique égalité des chances.

    Voilà pourquoi le Mouvement se bat pour une société basée sur le principe de coopération entre égales et égaux, où, pour tout ce qui relève de l’activité collective, l’égalité des droits et des devoirs entre citoyennes et citoyens doit être entière.

    L'Écologie

    La dette écologique ne peut se négocier à la différence de la dette financière. La première ne peut pas être subordonnée au remboursement de la seconde. 

    La course effrénée aux profits et la logique productiviste ne se contentent pas d’exploiter le travail des humains, elles exploitent sans limite les ressources naturelles. Elles mutilent la nature, maltraitent les animaux, et mettent en péril les écosystèmes de la Terre. 

    Nous croyons aux progrès de la science et à la conquête du bien-être universel – dès lors que ces avancées s’effectuent dans la connaissance et le respect de la nature. Nous rejetons le dogme de la croissance matérielle sans fin comme indicateur universel du bien être.  

    Nous lui opposons des indicateurs de développement et d’émancipation qui s’affranchissent de la mesure du PIB pour intégrer l’exigence de la transition écologique, de la bonne santé des humains et du monde vivant, de la biosphère, de l’éducation et de la culture. 

    Nous défendons la reconnaissance par la France, l’Europe et la communauté internationale des biens communs : l’eau, l’air, les sols, la forêt, les océans, la biodiversité – patrimoine qu’il faut protéger, restaurer et gérer collectivement pour permettre à l’humanité de retrouver l’harmonie avec son milieu.  

    Nous savons la valeur de la terre. Nous savons la valeur du vivant et des sols naturels dont la consommation par l'urbanisation spéculative et l'imperméabilisation galopante réduisent notamment le potentiel agricole. 

    Loin d'une agriculture industrialisée et financiarisée dont la rentabilité repose sur l'emploi exponentiel de produits chimiques aux effets délétères sur notre santé et celle des générations à venir, nous soutenons une agriculture paysanne et écologique relocalisée pour assurer une production alimentaire biologique, saine et durable. 

    L’avenir de l’Humanité est menacé par le changement climatique et le consumérisme effréné. Nous voulons lui opposer des échanges économiques sobres en carbone, favorisant les circuits courts, les productions locales et l’économie circulaire. Alors que les crises humanitaires se multiplient, nous défendons  un modèle de développement de transition qui implique la conversion écologique de l’économie, débarrassée du nucléaire. Nous voulons promouvoir l’économie sociale et solidaire et toutes les formes d’entreprises et d’entrepreneuriat qui intègrent des principes démocratiques, limitent la lucrativité et améliorent les conséquences environnementales et sociales de leurs activités.

    La Démocratie

    L’égalité des droits et des devoirs, la fraternité, la liberté personnelle et collective d’opinion et d’expression : voilà ce qui fonde la démocratie comme principe supérieur d’organisation sociale. La liberté de la presse et l’indépendance de la justice en sont notamment les garants. 

    Dans le domaine des institutions, nous promouvons une démocratie représentative et participative, la séparation entre pouvoirs législatif et exécutif et non la prééminence de ce dernier. 

    Nous croyons en une République régie par la devise du gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Nous croyons en l’intelligence collective et refusons toutes les formes de démocratie amoindrie qui subordonnent le destin de notre pays au « génie » d’un ou d’une seul.e. 

    Nous voulons fonder une nouvelle République démocratique et participative, écologique et sociale, laïque et décentralisée. 

    Nous affirmons le droit inaliénable à la sûreté et la sécurité. La puissance publique doit organiser la protection des citoyens et citoyennes tout en garantissant nos droits et nos libertés fondamentales.

    Dans le champ économique et social, nous nous inscrivons dans le combat et la promesse socialistes qui ne concevaient pas d’émancipation possible si la démocratie était interdite de franchir les portes de l’atelier. La démocratie n’est pas une oasis qui se limiterait à l’exercice intermittent du droit de vote pour élire des représentant.e.s. 

    Le peuple n’est pas un lobby parmi d’autres. Notre projet est plus que jamais la démocratie jusqu’au bout, la démocratie continue, et notre souverain exclusif demeure le peuple. Nous refusons le seul pouvoir des grands actionnaires privés et promouvons l’entreprise avec ses déclinaisons plurielles, non comme une propriété mais comme une co-existence d’acteurs, où les salarié.e.s co-élaborent et co-décident. 

    Nous promouvons le changement d’échelle de l’économie sociale et solidaire, modèle d’avenir des relations de production et d’échange. Nous combattons pour l’application des conventions internationales du travail, pour garantir la liberté syndicale et pour la préservation des institutions représentatives du personnel. 

    Le droit de chacun.e d’accéder librement à la culture est reconnu comme un droit démocratique.

    La Justice sociale et les solidarités

    Nos sociétés sont traversées par des rapports de domination et d’exploitation. Les conflits d’intérêt entre classes sociales subsistent et se sont accentués depuis l’essor de la révolution néolibérale des années 1980 et la mondialisation, notamment financière.  

    L’individualisation du travail et la crise de la société salariale ont altéré la conscience de classe mais pas la réalité des processus de soumission du plus grand nombre aux intérêts d’une infime minorité.  

    Loin d’engendrer une prospérité partagée, la financiarisation de l’économie est responsable de l’accroissement des inégalités. Nous voulons donc la justice par la redistribution des richesses à l’échelle nationale, européenne et internationale. Ces transferts s’opéreront par l’impôt à travers les services publics, l’éducation, les politiques de santé, l’augmentation des salaires, la réduction du temps de travail, le Revenu Universel d’Existence, les péréquations entre territoires et la solidarité internationale.  

    Vouloir la justice sociale ne se réduit pas à une meilleure redistribution des richesses. Il ne peut y avoir de République réalisée sans la certitude pour chacun.e d’échapper à toutes les formes de domination. En premier lieu, nous combattons pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans le droit et dans les faits. Nous reprenons à notre compte l’engagement d’Aimé Césaire qui rappelait que le combat commun des travailleurs n’effaçait pas la persistance des discriminations fondées sur la couleur de peau. Cela est tout aussi vrai pour toutes les discriminations fondées sur la culture, la croyance, l’orientation sexuelle ou le handicap. 

    Notre combat pour la justice embrasse la lutte contre tous les processus de domination culturelle qui, à force de stéréotypes dégradants, refusent aux personnes discriminées la jouissance d'une citoyenneté pleine et entière.

    Voilà pourquoi nous prônons la laïcité telle qu’elle fut introduite en 1905 en séparant le religieux du politique et en assurant à chacun et chacune la liberté de ne pas croire ou de pratiquer le culte de son choix. 

    L’éducation, contre l’ignorance et tous les obscurantismes est la clé de l’émancipation et de l’épanouissement des individus. Nous voulons une éducation humaniste, capable d’ouvrir pour chaque personne des perspectives pour se réaliser comme individu tout au long de la vie et pas seulement de préparer l’insertion professionnelle immédiate. Nous défendons le vieux rêve de Victor Hugo de l’éradication de la pauvreté : un impératif moral, social et économique. Chaque citoyenne et citoyen doit voir ses droits fondamentaux – se loger, se nourrir, travailler, se cultiver, se soigner, s’éduquer et vivre en sécurité – assurés tout au long de sa vie.  

    Nous militons pour démarchandiser les rapports sociaux. Cette ambition implique de repenser notre rapport au travail. Le Revenu Universel d’Existence, nouveau pilier de la Sécurité sociale, doit être créé pour garantir des revenus décents. Il assurera dignité et autonomie à chacune et chacun, permettant la création d’un rapport de force plus favorable entre travailleurs et employeurs. Nous reprendrons sous des formes variées la marche vers la réduction du temps de travail. 

    Une Europe démocratique, écologique et sociale

    Nous sommes Européens et Européennes. Nous voulons poursuivre le processus de rapprochement des peuples et la réalisation d'une Europe fédérale.  

    Le projet européen, pensé comme un antidote à la guerre doit se transformer en un projet émancipateur pour les citoyens et citoyennes. Cette perspective s’est évanouie dans les politiques néolibérales austéritaires et dérégulatrices mises en œuvre par l’Union européenne. Bafouant régulièrement la démocratie, le néolibéralisme a enfermé l’Europe dans une impasse qui alimente les nationalismes et menace sa propre existence. 

    Le rebond n’est pas dans le repli souverainiste. Nous défendons un agenda progressiste, démocratique et transnational comme alternative à l’impasse néolibérale et nationaliste. 

    Parce que l'Europe est l’échelle pertinente pour affronter les défis du siècle, l’Union européenne doit porter la transition écologique, le juste échange en matière commerciale, l’accueil solidaire des réfugiés, la lutte contre le dumping fiscal et social. Ces objectifs ne seront atteints que par l’alliance des gauches européennes.

    L'Internationalisme

    Nous voulons retrouver la ferveur des engagements internationalistes des femmes et des hommes qui ont fondé la gauche.

    Le premier des défis, c'est l'écologie car c'est la survie de l'humanité qui est en jeu. Mais les défis sont nombreux : celui de la paix dans un monde de plus en plus ravagé par les crises humanitaires, celui de la solidarité pour celles et ceux qui en sont victimes, celui de la défense des droits humains et de la démocratie, celui de la répartition des richesses pour des sociétés plus égalitaires. Dans un monde qui se complexifie, d'autres enjeux apparaissent, comme ceux de la privatisation des données individuelles et de la neutralité du Net, ou encore de l'évasion fiscale.

    Nous œuvrerons pour une gouvernance mondiale qui fera du multilatéralisme un outil incontournable dans la résolution des crises en agissant tant sur leurs causes que sur leurs effets.

    Nous construirons des convergences avec tous les collectifs qui partagent nos valeurs : mouvements, partis, syndicats, associations, sociétés civiles en mouvement, réseaux aux échelles locale, nationale, européenne et mondiale. Avec eux, nous mènerons des combats communs pour promouvoir la démocratie, la justice sociale, l’écologie et la solidarité internationale. 

    Parce que nous estimons que ce qui nous rassemble en tant qu'êtres humains est plus important que ce qui nous divise, et que nous sommes toutes et tous engagés dans un avenir commun,  l'internationalisme est au cœur de nos valeurs.

    Ce combat nécessite des alliés à travers le monde. Nous bâtirons donc une alliance internationale des progressistes, en nous affranchissant du tropisme occidentaliste,  pour reconstruire les liens entre les peuples autour de la promotion et la défense des biens communs.

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