• Réveillez-vous braves gens !

    Un article de Causeur débute par ce paragraphe : « L’Europe est aux abois. Réduite à une simple expression géographique, l’Union européenne n’a plus rien de l’utopie en marche que nous vendaient jadis ses promoteurs enthousiastes. Chez les Fédéralistes, le fond de l’air est noir, comme ne manque de nous le rappeler Elisabeth Lévy : « Vu d’en bas, l’Europe évoque une sorte d’adjudant-chef tatillon, qui se mêle de tout, vous impose des règles absurdes pour vous nourrir ou vous habiller et vous oblige à garder l’arme au pied face au danger. »

    C’est une vision noire d’une Europe qui se construit contre les peuples et n’a fait qu’exacerber un nationalisme nourri par le chômage et la précarité. L’histoire nous montre que les puissants n’ont jamais tenu compte des réalités historiques des peuples. L’union européenne devait être une construction de la paix universelle. Elle s’est installée dans le jeu d’une géopolitique basée sur les intérêts économiques et stratégiques. On se souvient de Manuel Vallls qui, pour justifier la légion d’honneur offerte par François Hollande à un dignitaire saoudien, a sorti la phrase « il faut assumer nos relations stratégiques ».

    C’est au nom de ces relations stratégiques que le dictateur turc Erdogan  a mis nos gouvernements européens quasiment à genoux en s’imposant comme gardien de nos frontières contre de l’argent (on doit en être à 6 milliards) et en faisant rouvrir les négociations sur son adhésion. Voir la Turquie s’installer à la table de négociation pour adhérer à l’UE, un pays dit « islamo-conservateur » qui a inscrit le négationnisme dans sa loi (génocide arménien),  qui occupe militairement la moitié d’un pays européen au mépris des résolutions de l’ONU (Chypre), qui aide Daesh (désormais Syriens et Russes ont mis la main sur les documents prouvant ce secret de Polichinelle), qui bombardent les Kurdes et tirent à coups de canon sur ses journalistes. Monsieur Erdogan ne pouvait pas rêver plus grande humiliation de l’Europe Occidentale.

    C’est le même Erdogan qui pousse l’autre dictateur azerbaïdjanais Alyev à attaquer le Haut-Karabagh  avec le silence complice de cette Europe qui n’en finit plus de se compromettre et l’omerta des médias. Le Groupe de Minsk de l’OSCE (auquel participe la France), chargé de trouver une solution depuis vingt-deux ans, n’a pas dénoncé l’agresseur azerbaïdjanais, alors qu’Erdogan et son premier ministre n’arrêtent pas de jeter de l’huile sur le feu. Le premier ministre turc, qui a négocié les migrants contre six milliards d’euros, a même affirmé que la Turquie soutiendrait ses frères azerbaidjanais dans la guerre du Haut-Karabagh « jusqu’à l’apocalypse ». Le Karabagh ayant été comme l’Arménie, contrôlé par les Russes puis les Soviétiques et jamais par les Turcs, il échappa, heureusement, au génocide. Est-ce l’annonce d’un nouveau génocide alors que la Turquie n’a toujours pas reconnu celui de 1915 ?

    Aujourd’hui la Turquie occupe l’Arménie historique qui, après le génocide arménien de 1915, a été en partie repeuplée par des Kurdes, à leur tour persécutés par l’Etat turc et l’AKP, parti islamiste ultranationaliste d’Erdogan. L’Arménie orientale est restée d’abord dans le giron de l’URSS avant de devenir une république. C’est Staline qui a mis sous la tutelle azerbaïdjanaise le Haut-Karabagh arménien. Lorsque les Arméniens se battent pour le Karabagh, ils se battent pour défendre des Arméniens qui ont souffert du joug azerbaidjanais, comme d’autres Arméniens avaient souffert sous l’empire ottoman. Les Azeris sont à l’origine des Turcs. Ils ne font que perpétuer la haine des Arméniens. Dans le Haut-Karabagh, les Arméniens ont toujours résisté au métissage des peuples voulu par Staline.

    Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 avril, l’Azerbaïdjan a lancé une offensive de grande ampleur pour envahir la République Arménienne du Karabagh.

    Le Kergoat (rédéric MALMARTEL) explique la position stratégique du Haut-Karabagh sur son site Agoravox : « L’Arménie est un pays montagneux. Plus de 90% se son territoire est en zone montagneuse. A l’Est de l’Arménie, toujours en zone montagneuse et toujours peuplé d’Arméniens se trouve la Karabagh. A l’Est du Karabagh vous avez une grande plaine qui se prolonge jusqu’à la Mer Caspienne et sa capitale Bakou, c’est l’Azerbaïdjan. La géographie est claire : celui qui contrôle les hauteurs du Karabagh contrôle la route de Bakou. Cela donne à cette république du Karabagh une importance stratégique qui s’ajoute à l’importance émotionnelle qu’elle peut avoir pour les Arméniens. Aujourd’hui, l’Arménie contrôle le Karabagh. Comme elle n’a aucun intérêt à envahir l’Azerbaïdjan pour en faire un territoire occupé vivier de terroristes islamistes( !), nous comprenons déjà qu’elle n’est pas à l’initiative de cette guerre ».

    Dans le journal Orient, Anthony Samrani résume la situation : « Le Haut-Karabagh est rattaché à la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan à la suite d'une décision du bureau caucasien du comité central du Parti communiste du 5 juin 1921. Après l'éclatement de l'URSS, les habitants du Haut-Karabagh se prononcent, par le biais d'un référendum, en faveur de l'autodétermination. L'indépendance de la région est proclamée le 6 janvier 1992. S'ensuit une guerre entre les forces arméniennes et les forces azerbaïdjanaises qui fera près de 30 000 morts et des centaines de milliers de déplacés. Celle-ci prend fin avec la signature d'un cessez-le feu en 1994. Mais en l'absence d'un véritable traité de paix entre les différents protagonistes, la situation demeure extrêmement fragile et de nombreuses violations du cessez-le-feu sont signalées de part et d'autres chaque année ».

    Des parlementaires français ont lancé un appel à l’OCDE et proposent que la République du Haut-Karabagh, qui donne depuis plus de vingt ans la preuve de sa viabilité et de sa crédibilité, soit maintenant préalablement reconnue afin que Bakou cesse d’utiliser ce prétexte d’absence de reconnaissance pour agresser des populations civiles. Il est navrant que cette proposition ne vienne pas de la France et plus largement de la communauté européenne.

    L’Europe des Etats, avec son prix Nobel de la paix délivré à l’institution en 2012, a failli à sa mission et elle est un échec. Elle s’est construite sur l’économie libérale en faisant payer aux peuples les crises financières. Sur ses cendres, une autre Europe est à construire dans la solidarité des peuples en lutte. Après 60 ans d’Europe sous l’emprise des lobbies, le constat est un échec. La paix, bien qu’entretenue au sein de l’Union, est mise en danger aux portes de l’Europe, dans le Caucase, en Ukraine et en Syrie notamment. Les dirigeants européens sont incapables de penser le monde de demain. Ils ne font qu’imposer des politiques cyniques en niant les droits des peuples. Les technocrates et les politiciens ultralibéraux construisent la pierre tombale de l’Europe dans des alliances avec des despotes et l’indifférence envers les faibles et les minorités.  Cette politique ne fait qu’exacerber les nationalismes et apporter du fiel au moulin de l’extrême-droite.

    La France a failli à son image du pays des Lumières. Elle vend des armes à des dictatures belliqueuses comme l’Azerbaïdjan ou l’Arabie Saoudite pour exemples. Elle participe à une géopolitique dictée par Merkel et les USA qui ont conduit à un retour à la guerre froide avec la Russie.  Il serait temps de revenir à une politique humaniste qui tient compte de l’Humain, non pas des contrats commerciaux et des ressources énergétiques ou d’autres calculs financiers.

    Doit-on faire une distinction entre les bons et les mauvais dictateurs ? Quels sont les critères pour séparer le bon grain fasciste de l’ivraie ? François Hollande peut-il nous l'expliquer?

    François Hollande, qui avait promis de ne pas recevoir de dictateur en grandes pompes, a reçu les despotes Erdogan et  Alyev en octobre 2014. Il est honteux que, dans la communauté internationale, la France ne fasse pas entendre sa voix dans la défense des Arméniens du Haut-Karabagh et des Kurdes de Turquie. Il est honteux que la France ne dénonce pas la politique fascisante des dirigeants turcs et azerbaidjanais alors qu’elle a montré subitement du doigt Assad le Syrien, Kadhafi le Libyen et Saddam  l’Irakien. Il est honteux que la France n’ait pas dénoncé les bombardements de civils par les Saoudiens au Yémen. Il est honteux que la France ne prenne pas davantage partie contre la politique israélienne envers les Palestiniens.  La liste est longue des manquements à l’honneur d’une France qui perd de plus en plus son âme, en même temps que le sens de la démocratie. La lutte contre le terrorisme internationale ne pourra éternellement cacher toutes les bassesses politiques  commises sous les présidences de Sarkozy et de Hollande. Ils n’entreront pas au Panthéon des grands hommes de l’Histoire mondiale, en ayant choisi de leur vivant les écuries d’Augias, le jour où aura lieu le grand nettoyage.

    Il serait temps que les citoyens se réveillent et sortent de leur indifférence. « Je hais les indifférents ! » a écrit Antonio Gramsci le 11 février 1917 : « L’indifférence œuvre puissamment dans l’histoire. Elle œuvre passivement, mais elle œuvre. Elle est la fatalité; elle est ce sur quoi on ne peut pas compter; elle est ce qui bouleverse les programmes, ce qui renverse les plans les mieux établis; elle est la matière brute, rebelle à l’intelligence qu’elle étouffe. Ce qui se produit, le mal qui s’abat sur tous, le possible bien qu’un acte héroïque (de valeur universelle) peut faire naître, n’est pas tant dû à l’initiative de quelques uns qui œuvrent, qu’à l’indifférence, l’absentéisme de beaucoup. Ce qui se produit, ne se produit pas tant parce que quelques uns veulent que cela se produise, mais parce que la masse des hommes abdique devant sa volonté, laisse faire, laisse s’accumuler les nœuds que seule l’épée pourra trancher, laisse promulguer des lois que seule la révolte fera abroger, laisse accéder au pouvoir des hommes que seule une mutinerie pourra renverser… »  Ce long texte est un appel pour nous sortir de l’indifférence qui, comme le silence, est complice de toutes les inhumanités de notre siècle.

    Les despotes construisent leur pouvoir sur l’indifférence du plus grand nombre, avant que surviennent les guerres et les génocides. La communauté internationale s’est toujours montrée indifférente et complice des despotes dans les périodes noires de l’Histoire. Elle n’a réagi qu’après les tragédies et a recomposé un monde qui préparait à de nouveaux drames.

    L’Europe glisse vers l’extrême-droite et le fascisme. Nous sommes au bord d’une guerre mondiale ! Les mèches sont allumées au Proche-Orient et dans la Caucase.

    Réveillez-vous braves gens !

    Cette Europe n’est pas la nôtre. Elle ne respecte ni les peuples ni la personne humaine. Elle n’éclaire pas le Monde et concourt à nouveau partout à la progression de  l’obscurantisme.

    U barbutu

     

     

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