• Sarkoscop SEAFRANCE

    Les salariés de SEAFRANCE ne sont pas tombés dans le piège et ont refusé ne proposition de reprise qui apparaît plus comme une combine que comme une aide… A quatre mois de la présidentielle, Pecresse et Mariani (ce dernier faisant volte-face après avoir critiqué le projet de Scop) ont annoncé un montage dans lequel les indemnités de chômage qu'auraient perçues les salariés en cas d'arrêt de la compagnie SEAFRANCE seraient réinvesties pour créer une Scop. Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, la SNCF devait verser 50 à 60.000 euros par salarié. De quoi être stupéfait ! Pour contourner les directives européennes, la SNCF devait verser des primes calculées pour créer une Scop repreneuse de la société SEAFRANCE en déconfiture.  Avec un cynisme incroyable un membre du gouvernement (dont le nom n’est pas cité) aurait lâché au journal La Tribune :"Chiche ! Quand chaque famille aura le chèque entre les mains, on verra si elle le placera dans la Scop". Ce projet portée par la CFDT puis  voulu maintenant  par Sarkozy apparaît comme une machination électorale mais aussi un piège pour les syndicats et les salariés qui demandent une participation directe de l’Etat sous forme d’une avance. Bruxelles a interdit la recapitalisation de SEAFRANCE par sa maison-mère, la SNCF. Comment pouvait-on penser que ce veto puisse être contourné par des artifices financiers impliquant la SNCF et les salariés? "Trop compliqué" ont répondu ces derniers dans leur grande sagesse.

    Nathalie Kosciusko-Morizet avait commenté ces indemnités exceptionnelles :"La SNCF, je pense, sera heureuse que les indemnités chômage, fussent-elles majorées, participent de la création ou du maintien d'emplois plutôt que d'être de simples indemnités chômage." Elle ajoutait quez les salarié avaient « leur destin entre leurs mains… Libre à eux de créer ou pas la Scop" "À priori,  il y a de quoi lancer cette Scop, reprendre les 4 bateaux et les 825 salariés", estime la ministre, sans aucune garantie.

    Cette affaire apparaît comme un coup politique pour le chef de l'État. SEAFRANCE, filiale de la SNCF, représenterait 1.000 emplois à sauver. Sous la bonne raison de sauver ces emplois, l’Etat se désengageait et voulait faire peser la poursuite d’activité sur les épaules des salariés. Si la Scop ne se crée pas, ce sera de la faute des salariés. Le gouvernement  rappellera qu'il s'agissait du choix de la CFDT, laquelle a refusé une offre qu'il soutenait, celle de l'armateur DFDS associé à Louis Dreyfus Armateurs, (moins disante sur le plan social).

    Au-delà des supputations, il reste que le montage proposé ressemble à une magouille sans doute dénoncée rapidement par Bruxelles si les salariés avaient accepté. C’est en se retranchant derrière les directives européennes que la SNCF ne recapitalisera pas  SEAFRANCE dont le sort sera examiné lundi prochain par le Tribunal de commerce. Les salariés demandent un financement direct déjà refusé par Mariani. Rappelons que SEAFRANCE est une filiale à 100%  publique de la SNCF qui a fait des bénéfices qualifiés de « records » en 2011. En 2011, cette dernière devrait dégager un résultat net d'environ 700 millions d'euros. Un chiffre qui devrait lui permettre de verser cette année à l'Etat des dividendes de 230 millions d'euros (contre 65 millions en 2010). On nous explique que ces dividendes ne compensent pas les subventions versées par l’Etat et que la SNCF coûte, in fine, aux contribuables 10 milliards d’euros en dette publique. Une nouvelle augmentation des billets (3,2 %) vient d’intervenir le 3 janvier dernier et s'explique en partie par une nouvelle hausse des péages (100 millions supplémentaires, selon Le Figaro), et par le relèvement du taux réduit de la TVA de 5,5 à 7 % décidé par le gouvernement. Le reste relève de la majoration voulue par la SNCF elle-même, de 1,7 %, qui correspond aux prévisions d'inflation pour 2012. Malgré son coût annuel pour le contribuable, la SNCF allait payer des primes exceptionnelles aux salariés de SEAFRANCE pour la création de la Scop. Sous le regard de Bruxelles, elle ne peut pas recapitaliser sa filiale. Quelle sera la solution retenue ? La création de la Scop ? Par quel financement ? La reprise avec son lot de licenciements ? Il n’y a plus de repreneur. La cessation d’activité  et la vente des actifs ? On le saura la semaine prochaine.

    Mille emplois sont menacés dans une société à capitaux publics. Les salariés ont déjà montré leur détermination. Ils ont toutefois refusé un cadeau empoisonné et ont résisté à la manipulation. Nous verrons si Sarkozy fera tout pour sauver des emplois comme il s’y est engagé lors de ses vœux. On peut penser qu’il essaiera de les préserver jusqu’aux élections, bien que la proposition faite ait été présentée comme étant l’ultime, faute de repreneur. Il peut aussi se contenter de rejeter la responsabilité sur les salariés et les syndicats après avoir botté en touche et réussi son tour de passe-passe.

    Malgré un bilan catastrophique, le programme, présenté par l’UMP et qui sera repris par Sarkozy lors de sa prochaine campagne, évoque "la nécessité pour notre pays de réagir avec énergie pour sauver nos industries, indispensables au maintien de notre niveau de vie et de nos emploi »s. Du déjà entendu lors de sa précédente campagne. Malheureusement, ce ne serait pas la première fois qu’il ne tient pas parole. Entre autres,  les salariés d’ArcelorMittal s’en souviennent.

    Son quinquennat est jalonné d’échecs et de pertes d’emplois  comme le relate un article paru dans Le Monde en octobre dernier. Cliquer ICI.

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