• Serons-nous toujours d'éternels cocus ?

    Les illusions du vote utile

    Dans le débat politique actuel sur les Municipales et les élections en général, il vient ou il revient très fort la question du vote utile (voir par ailleurs sur notre site). Ce débat est loin d’être épuisé. Ainsi par exemple, un de nos amis écrit : « Je préfère une liste commune avec un rose (très pâle) plutôt que de favoriser un « bleu ». Après une longue réflexion ajoute-t-il. C’est son choix et nous le respectons. Mais qu’il nous soit permis de ne pas être d’accord. Pour plusieurs raisons. Le vote utile, à notre avis, contribue à choisir le moins « mauvais ». Il est pratiqué depuis longtemps et on en connaît, hélas, le résultat. Deux exemples. Le moins « mauvais » fut François Hollande lors des dernières présidentielles. De même l’élection d’une majorité absolue de députés socialistes à l’Assemblée nationale. Le Front de gauche s’est retrouvé une main devant et une main derrière, pour parler crument, sans poids significatif. Qu’ont fait les nouveaux élus ? Une politique de gauche ? On peut toujours rêver. Ils continuent allègrement à mener une politique d’austérité et de récession, inspirée par la Troïka et les marchés financiers. D’ailleurs le Medef ne cache même plus sa satisfaction, tout en réclament davantage d’allègement de charges patronales, moins d’impôts sur les sociétés et d’autres cadeaux fiscaux.

    Le vote utile contribue également à réduire l’influence des autres forces de gauche et à obscurcir leurs propositions pour une vraie alternative de gauche. Il contribue enfin à éloigner une frange importante de l’électorat et à grossir le rang des abstentionnistes. Le risque est grand de se retrouver dans une configuration semblable à celle des Etats Unis d’Amérique où 50% des gens ne vont plus voter. Les deux partis dominants se partageant le reste de l’électorat. Leur différence ? Tout à fait marginale. Ce qui pose au passage le problème de la légitimité des élus.

    Le vote utile tend à éliminer les voix qui proposent d’autres choix politiques et à pérenniser le changement dans la continuité. Serions- nous condamnés à être d’éternels cocus. ?

    Donc, il n’est plus question pour nous de cautionner ce vote sous prétexte de faire le jeu de la droite et de faire élire un « bleu ». Nous n’irons plus à Canossa, pour quelques strapontins. Nous n’élirons plus des gens qui une fois au pouvoir se moquent des électeurs de gauche comme de leur première chemise. C’est pour toutes ces raisons que Manca alternativa avance l’idée d’une liste du Front de gauche à Ajaccio et à Bastia, pour les Municipales, dès le premier tour. Pour créer de nouveaux rapports de force. Tout sera fait pour parvenir à la constitution de ces listes sur des bases claires, avec des propositions concrètes sur le logement social, l’emploi, les transports, l’environnement, la lutte contre la violence et la spéculation immobilière et foncière, senza cumbinazione, rejetant le clientélisme qui fait tant de mal aux Corses et à la Corse.

    Jean Antoine Mariani

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