• SNCM: fluctuat nec mergitur?

    Alors que la perspective d’un dépôt de bilan et de l’ouverture d’une procédure collective se rapproche, l’intersyndicale (à laquelle seul le STC ne participe pas) « refuse catégoriquement de s’en remettre au tribunal de commerce de Marseille » pour régler son avenir qui pourrait être, après une période de redressement judiciaire, la liquidation. Selon Frédéric Alpozzo, au nom de la CGT Marins d’autres solutions existent et un plan de redressement avait déjà été signé par toutes les parties, avant que Transdev et l’Etat ne fassent marche arrière. 

    Depuis lors,  un "relevé de position", signé par l'Etat, les actionnaires et les syndicats, prévoit que "toutes les pistes et les moyens de parvenir à un projet industriel d'avenir" soient étudiés durant ce processus de conciliation "sans en exclure aucun". Lors de la dernière grève, l'accord de sortie de crise a prévu plusieurs points : la définition d'"un plan industriel d'affaires de restructuration", un "travail visant à clarifier les enjeux et le traitement des contentieux européens", un "travail sur la recherche de repreneurs", et un autre sur "les mesures sociales d'accompagnement".

    La direction "a travaillé depuis trois mois" sur un projet d'entreprise avec pour objectif de "définir un futur périmètre", a expliqué récemment le représentant syndical de la CGT Marins, en ajoutant : "Nous ferons acter les positions et les éléments de nature favorables à poursuivre l'activité de la SNCM avec le maximum d'emplois et d'activité… L'option du redressement judiciaire, qui a la faveur de l'actionnaire majoritaire Transdev et de l'Etat, n'est en tout cas "pas concevable, pas acceptable", a-t-il annoncé. Le recours devant le tribunal de commerce a été suspendu jusqu’à fin octobre, le temps de la conciliation.

    L'Etat et Transdev estiment cependant toujours que la seule solution est le Tribunal de commerce pour s'affranchir des centaines millions d’euros que la commission et la juridiction européennes ont jugé indument perçues par la SNCM condamnée à les rembourser. C’est donc la commission européenne qui a mis le SNCM en cessation de paiement en décourageant tout nouvel investissement. La compagnie Corsica ferries est à l’origine des recours européens intentés."L'Etat ne défend pas la SNCM et ses salariés, et en plus ils défendent Corsica Ferries", s'insurge Fréderic Alpozzo qui, lors d’une table ronde à la fête de l'Humanité 2014, a interpellé les députés "socialistes frondeurs"…


    Un marin de la SNCM interpelle les députés... par Journal_La_Marseillaise

    Une réunion s’est tenue mardi dernier à la préfecture des bouches du Rhône. Tous les responsables d'organisations syndicales ont vertement critiqué les propos du pdg de Véolia (holding de Transdev), qui réclame encore la mise en redressement judiciaire. Le remboursement des aides à la privatisation a été confirmé comme une nouvelle pression de la commission européenne. L’Etat discuterait avec Bruxelles sans que l’on sache qui discute, ce qui est demandé et les véritables intentions de l’Etat dont l’attitude dans ce dossier n’a jamais été franche et claire. Toutefois les participants se reverront les 7 et 28 octobre.

    L’intersyndicale devra ferrailler dur pour éviter un dépôt de bilan préconisé par les dirigeants de Veolia/Transdev, par Paul Giacobbi, président du conseil exécutif, et, on le sait maintenant, l’Etat. « Pour nous ce n'est pas sérieux, plaide à la sortie de la réunion, vers 20 h 15, Maurice Perrin, responsable CGC. On ne peut pas appeler ça une solution ! Choisir l'option de redressement judiciaire dans ces conditions, revient à prendre un risque considérable d'envoyer une des plus grosses compagnies de navigation française au tapis ».

    Frédéric Alpozzo ne décolère pas: une colère froide et déterminée, une saine colère. "Il n'y a rien qui légitime le redressement judiciaire", a déclaré le représentant de la CGT marins affirmant qu'il était "erroné" de dire que la compagnie était condamnée à payer immédiatement les 440 millions réclamés par Bruxelles. "L'Etat n'est pas sérieux sur ce dossier et cherche auprès de la Commission européenne à sortir du capital (de la SNCM) et à légitimer le modèle de Corsica Ferries", a-t-il déclaré. "Nous allons mettre en œuvre tous les moyens à notre disposition, juridiques, politiques et, si nécessaire, le rapport de force pour que le gouvernement revienne à la raison", a-t-il prévenu.  

    Matelone

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