• Taillard de Worms soutient Sarkozy

    Brice Hortefeux, vieil ami et lieutenant fidèle, appelle Sarkozy à la tête de l’UMP et à une troisième candidature  à la présidence. On pouvait s’y attendre comme c’est le cas pour les autres membres du Sarkoland politique. Par contre, la presse s’étonne que Dominique de Villepin se soit joint à cet appel alors qu’il était l’invité de l’émission « Questions d’info » sur la chaîne LCP.

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    Celui que Sarkozy voulait pendre à un « croc de boucher » n’est pas rancunier. Il a déclaré : «  Il faut un chef à l'UMP... Nicolas Sarkozy  fait partie des très rares qui ont aujourd'hui les capacités a rassembler la droite » avant d’ajouter« Ceux qui ont cette qualité, cette capacité, ne sont pas nombreux. Je vois Nicolas Sarkozy et Alain Juppé et en plus je pense qu'ils ont la capacité de s'entendre. C'est pour moi la clé. » Exit l’affaire Clearstream ! Coquins, copains, ce politicien qui s'est toujours présenté comme un grand républicain animé du seul souci de l'intérêt général se recycle, comme tous les déchus de la droite, même les plus médiocres, dans ce métier qui manifestement ne demande pas d'autre compétences que de monnayer son carnet d'adresse après une inscription au Barreau de Paris. Cela en dit long sur les valeurs et les vraies préoccupations de ces gens-là.

    « Je le pendrai à un croc de boucher », disait alors Nicolas Sarkozy à propos de Dominique de Villepin qui aujourd’hui dit de son ami Sarko : « J’ai été parfois injuste avec lui». Le hussard chiraquien balaie d’un revers de main toutes les casseroles de son ennemi d’hier, allant jusqu’à dire : « on va dans les poubelles car il n'y a rien sur la table ! ». Sans doute Dominique de Villepin n’aimerait pas qu’on aille fouiller dans les siennes. On y trouverait par exemple les conditions de la privatisation de la SNCM, c’est-à-dire l’origine du naufrage de la compagnie nationale maritime.  « A nous, de Villepin, deux mots ! », pourraient lui lancer les personnels de la SNCM….

    Deux mots sur sa gestion de la privatisation de la SNCM dont l’histoire n’aura été qu’un grand gâchis depuis sa privatisation débutée avec un fonds d’investissement amené par de Villepin, puis l’entrée forcée de Véolia dirigé par son ancien PDG, Henri Proglio, proche de la droite et enfin le désengagement voulu de Véolia sous l’impulsion d’un nouveau PDG Antoine Frérot qui  refuse toujours de payer pour une société que son prédécesseur aurait reprise sous la pression de l’Etat, c’est-à-dire de Chirac et de Villepin. Le journaliste Enrico Porsia avait écrit à ce sujet dans un article sur son site Bakshish : « La tentative de liquider purement et simplement la compagnie nationale arriva, ensuite, avec le gouvernement De Villepin. Ce dernier avait imaginé  de privatiser la SNCM en la confiant à Butler Capital Partners un fond d'investissement très proche de l'ancien premier ministre, qui envisageait purement et simplement de revendre par étages l'entreprise en récupérant une confortable plus-value en passant. Face à la mobilisation des salariés et face au risque de voir Marseille et la Corse s'embraser, le gouvernement avait changé son programme : Veolia devint l'actionnaire principal de la compagnie, désormais privatisée dans des conditions plus qu'opaques. Face aux pressions amicales exercées par de Villepin et même par le président Chirac, Henri Proglio, à l'époque patron de Veolia, avait accepté », mais «  ni Transdev ni Veolia ne sont solidaires des engagements de Proglio » reste le leitmotiv d’Alain Frérot. Le journaliste Alain Verdi a consacré son site « péricoloso sporgersi » à l’histoire d’un véritable complot dont le but est de démanteler la SNCM. Il mentionne le rapport d’une commission d’enquête sur la privatisation initiée par Dominique de Villepin et dans lequel on relève que : « Au regard du comportement et des déclarations de membres du gouvernement  qui pourtant devaient parler au nom des intérêts de l’État-actionnaire, la situation de la SNCM était présentée comme fort mauvaise ». Autrement dit, alors que l’on vend une entreprise, on la dénigre en sachant que l’effet sera de faire fuir des repreneurs sérieux. C’est grave, mais la commission parlementaire n’y voit pas de délit.  En tout cas, on peut dire que la barque SNCM a été chargée. Extrait : « Dés la fin 2004, les ministres concernés ont lourdement dramatisé la situation de la SNCM ». Les faits sont là, il n’y aura que cinq réponses. Parmi les intéressés (c’est le cas de le dire) aucun armateur. La SNCM était pourtant une bonne affaire. Pourquoi a-t-on voulu laisser croire le contraire ? Une bonne affaire, on la relance. Une mauvaise affaire, on la brade. La présentation « désastreuse » de l’état de la compagnie par les autorités politiques a, de fait, empêché ou dissuadé l’arrivé d’un armateur professionnel, porteur d’un projet.  On aura un fond d’investissement (BCP) proche de Villepin dont parle Enrico Porsia. Le renfort d’un opérateur industriel (Veolia), en complément du tour de table, ne changera rien à l’affaire. Le mal était fait. Une compagnie maritime, c’est un véritable armateur qui l’achète. A-t-on jamais  voulu qu’il en soit ainsi ? demande Alain Verdi. A l’époque la présentation « erronée » de la situation financière de la SNCM a été le premier élément du gâchis. Dominique de Villepin n’est jamais revenu sur son action. La première version proposée par le gouvernement de Dominique de Villepin vend la compagnie à deux fonds d’investissement. Butler Capital Partner’ S  (BCP)  et le fond Caravelle.   Ce scénario déclenchera une réaction syndicale violente, qui mettra la SNCM au bord du dépôt de bilan. D’entrée, la question est posée : n’était-ce pas le but recherché ? Ces investisseurs n’ont pas perdu de l’argent mais en ont gagné en se retirant. Que venaient faire deux fonds d’investissement dans cette histoire. Le rapport de la commission parlementaire répond entre les lignes: « La perspective d’obtenir pour quelques millions d’euros le contrôle d’une entreprise recapitalisée et offrant une garantie de passif leur ouvrait, à court terme, une possibilité de plus-value, assez peu sensible à l’élaboration d’un véritable projet d’entreprise ».

    Détenteur d’aucun mandat électif, l’émule de Jacques Chirac est entré en politique par les coulisses et s’est retiré depuis qu'il a dû admettre, en 2011, son incapacitè à séduire les français. Ce passage en politique lui aura permis de se recycler dans les affaires juteuses et la spéculation financière. Le premier ministre du Chirac, condisciple de François Hollande et de Ségolène Royal à l’ENA, s’est mué en avocat d’affaires  Il claironne qu’il n’a pas de nouvelles ambitions politiques mais vient donner son avis considérant même que la France compte « 65 millions de Français, 65 millions de mécontents ! » et que « Si ça continue, ce sera l'aventure, Marine Le Pen ou n'importe qui d'autre. »

    Emboîtant le pas à Hortefeux, de Villepin dit «  Sarkozy, me voilà ! » et lui recommande la prise rapide de l'UMP qui vaut à ses yeux toutes les primaires. Mais voilà, pour cela, Nicolas Sarkozy a besoin de nouveaux soutiens car il a perdu les Fillonistes, les Juppéistes, les Copéistes…etc. Il lui reste sa garde prétorienne avec une nouvelle recrue : Dominique de Villepin. A l’ouvrir, ce dernier se décide à mourir sans vengeance et vivre dans la honte. Qui l’eut cru ? Qui l’eut dit ? De Villepin ayant les yeux de Chimène pour Sarkozy…

    Sa langue, qui tant de fois a sauvé le pire,
    Tant de fois affermi le trône de Sarko,
    Trahit donc sa querelle, et soutient son bourreau ?
    Ô cruel souvenir de sa gloire passée !
    Œuvre de tant de jours en un jour effacée !
    Nouvelle indignité, fatale à son honneur !

    Nous avons relevé une anecdote relatée sur le Net. Le 13 novembre2013, Bruno Le Maire réunissait, dans une salle de l’Assemblée, des parlementaires et des jeunes qui le soutiennent. Soudain, la porte s’ouvrit, et arriva… Dominique de Villepin. L’ancien Premier ministre, dont Bruno Le Maire fut le directeur de cabinet à Matignon, sortaitd’une auditionfaitepar la commission d’enquête sur les conditions de privatisation de la Société nationale Corse Méditerranée. Après avoir salué les participants, il s’invitaitdans la conversation sans même s’asseoir. Et de se lancer dans une envolée verbale dont il a le secret : « La situation est dramatique. Il faut vous battre. La seule solution, c’est un putsch ! ». « Du grand Taillard de Worms », s’amuse un participant encore hilare, faisant référence au personnage fantasque inspiré de Villepin dans la BD Quai d’Orsay, récemment portée à l’écran.

    Au moment au la SNCM connaît une crise sans précédant dont les prémices remontent à ses fonctions de premier ministre de Chirac, nous trouvons indécent que « Taillard de Worms » vienne lancer cet appel au retour de Sarkozy, avec qui il partage le goût et le lucre des affaires financières. Ils en ont fait tous les deux leur métier en marge de leurs ambitions politiques dans une république qu’ils veulent livrer à la spéculation.

     

    Pidone

     

    Dominique de Villepin, alias Taillard de Worms en BD et au cinéma:

     

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