• Un papillon dans la fumée blanche...

    fumée_papeLa pluie céleste lave la place St Pierre. C’est un jour à parapluie. Alors que nos papilles attendaient le diner, un papillon de fumée blanche s’est élevé au dessus de la chapelle Sixtine. Toutes les brebis sont venues bellement fêter leur berger en chef.  Habemus Papam à l’heure de l’apéritif. Habemus pappus novus ! Le conclave de gérontologie catholique a accouché d’un bébé de soixante-seize ans. Il vient du pays du tango. Il était déjà papable au précédent conclave. L’émotion est palpable. Les fidèles papistes ne demandent qu’à être épatés lorsque le pape viendra papoter devant eux. Ils peuvent se faire des papouilles de joie, sortir des papillotes et boire du Châteauneuf du pape.  Les journalistes pourront écrire leurs papelards et faire preuve de papelardise. Les cardinaux empâtés auront leur repas à l’heure. Ils pourront enlever leurs habits de scène et mettre leurs pyjamas pas trop tard, avant que leurs yeux ne papillotent. A cet âge là, on a besoin de repos.  Trop longtemps assis,  ils attraperaient des papules.

    L'Argentin Jorge Mario Bergoglio s’est baptisé Francisco Primo, François Premier comme un de nos rois de France. Toutefois  la référence n’est pas ce roi de France et pas davantage nos deux présidents de la république socialistes. Il s’agit de Saint François d’assise. Ce saint a créé l’ordre franciscain caractérisé par la prière, la joie, la pauvreté, l'évangélisation et le respect de la création. Il est canonisé dès 1228 par le pape Grégoire IX et fêté le 4 octobre dans le calendrier liturgique catholique. Il se fait pauvre, se soucie d'annoncer les messages de joie, d'espoir et d'amour contenus dans la Bible, et de porter la paix aux gens et à toute la Création. Il s'habille d'un vêtement gris et se ceint la taille d'un cordon. Il porte ainsi le vêtement du pauvre de son époque. Quel contraste avec les fastes du Vatican ! Le pape François Premier va-t-il suivre son exemple et distribuer les richesses de l’église catholique aux pauvres ?

    Lorge Mario Bergoglio était, avant d’accéder à la papauté, évêque de Buenos Airés où il est né le 17 décembre 1936. L’année du Front populaire en France. Ses parents étaient des Italiens émigrés du Piémont. C’est donc un Sud-Américain de fraîche date et un Italien de souche.

    On le dit progressiste mais cet ancien Jésuite ne s’est jamais démarqué des propos de Benoît XVI, dont il partagerait la rigueur doctrinale. En Argentine, il a affiché les positions traditionnelles de l'Église sur le mariage des prêtres, l'avortement, et a mené, en vain, la guerre contre le mariage homosexuel. Depuis, il est en conflit ouvert avec la présidente Cristina Kirchner.

    Ses adversaires argentins ne manquent pas d'évoquer son rôle trouble durant la dernière dictature militaire (1976-1983). À l'époque, il était le supérieur provincial des jésuites de Buenos Aires. On l'accuse de ne pas s'être assez opposé à la répression et même d'avoir livré à la junte deux curés qui ont survécu et témoigné. Le cardinal a toujours réfuté ces accusations. Benoît XVI avait fait partie des jeunesses hitlériennes. Que va-t-on apprendre sur son successeur qui est passé par le Chili  où il a fait ses humanités avant de revenir en Argentine en 1963 pour gravir les échelons de la hiérarchie ecclésiastique dans son pays de naissance. A cette date Pinochet dirige l'école militaire de Santiago, où il enseigne notamment la géographie politique. Le Chili n’est pas encore dans ses années noires et le clergé s’y montre près du peuple.

    Les origines et le C.V de François Premier n’en font pas un Argentin pur sucre. Membre depuis la fin des années 1960 de l'organisation péroniste Organización Única del Trasvasamiento Generacional (OUTG), il octroie, fin 1974, le contrôle de l'Université del Salvador à d'ex-membres de cette organisation, dissoute à la mort de Juan Perón. Il est ensuite nommé recteur du grand collège et curé de paroisse (1980-1986). En 1986, il se rend en Allemagne pour terminer une thèse. C’est Jean-Paul II qui en a fait un cardinal. Il s’est taillé une réputation d’homme simple utilisant les transports en commun plutôt qu’un véhicule avec chauffeur. Que va faire le Vatican avec la papamobile ?

    Avec tout cela, on en oublierait que le monde va mal et que l’intégrisme n’arrange rien. Dieu sait pourquoi ? Vivement que la presse nous rende à la vie laïque après nous avoir dévidé son chapelet sur les premiers pas du pape.

    U paparone

     

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