• Une émission politique de téléréalité...

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    David Pujadas et son trio de journaleux nous ont joué un mauvais feuilleton en deux saisons dont le héros devait être Nicolas Sarkozy. Pour passer les candidats au ban d’essai, selon la formule utilisée par l’animateur dans son émission bien huilée mais qui, à chaque édition, démontre un peu plus le côté justement trop huilée qui fait que ce sont les journalistes qui glissent dans la médiocrité… Les questions sont d’une banalité affligeante et tout le monde s’en est globalement bien tiré malgré des attaques plus insidieuses pour certains  mais  prévisibles.

    La première saison en cinq saynettes n’apportait rien de nouveau si ce n’est que Philippe Poutou, candidat du MPA, s’avérait le plus sympathique et recueillait même des applaudissements, fait exceptionnel dans une émission dominée par l’air souffreteux de David Poujadas et de ses deux compères Fabien Namias ( fils de son papa Robert journaliste et de sa maman Anne Barrère, productrice à la télévision)  et François Lenglet (qui a reduit ses études de philo et de littérature à des graphiques économiques trompeurs).  

    Comme dans les mauvaises pièces de théâtre, on pouvait imaginer la deuxième saison et l’entrée en scène de la vedette Nicolas Sarkozy. Pas de coup de théâtre ! Bien sûr, on ne lui a posé aucune question qui fâche si ce n’est celle sur les accusations d’Eva Joly. En fait, on lui a offert un droit de réponse et sa réponse a été le « mépris le plus cinglant ». What else ? Nothing !... 

    La surpise était pour la fin lorsque Franc-Olivier Giesbert est venu faire son numéro préparé à l’avance et qui vient de loin. Cet ami de Sarkozy avait sorti un livre sur le Président qui lui a ouvert toutes les média pour sa promotion. Il s’agissait soit disant d’un livre « choc et explosif » sur Sarkozy avec qui il entretenait des rapports tendus. Nous avons relevé dans la presse de l’époque ce commentaire : « C'est un livre un peu étonnant, dans le genre "un coup de pied dans le cul, une paire de baffes et un bisou", comme si Giesbert, qui avait autrement assassiné Chirac dans La Tragédie du Président (400 000 exemplaires vendus... ça rapporte de dire des horreurs !), restait quand même "admiratif", à sa façon, du bonhomme. Oui, son livre est méchant, mais il explique dans VSD : "Je reconnais que c'est un livre vache, sévère - mais, je le répète, pas uniquement." Giesbert a-t-il autant d'importance qu'il veut bien s'en donner aux yeux du président Sarkozy ?... » Tout est dans le « pas uniquement ». Aujourd’hui on voit que c’était surtout une supercherie qui a rapporté de l’argent à son auteur et qui voulait démontrer que Nicolas avait changé, qu’il n’était plus celui tant décrié de 2007. Hier soir, il a apporté la touche finale à la supercherie en démolissant tous les candidats à la présidence, le seul ayant grâce à ses yeux est bien évidemment le nouveau Nicolas Sarkozy. Lui a-t-il pour autant fait une virginité?

    Giesbert, comme Sarkozy, avance en zigzag et son surnom Fog va bien avec le brouillard crépusculaire de son discours merdeux. Il est temps de dénoncer cet arriviste gourmand qui fréquente les salons parisiens et descend s’encanailler à Marseille pour écrire des romans dans lesquels il glorifie des truands. De Marseille, il ne sait rien en dehors des clichés et s’en amuse. Sa présence sur toutes les chaînes de télévision lui est sans aucun doute montée à la tête pour qu’il se permette le numéro de mégalo qu’il a fait hier soir en clôturant cette comédie journalistique dont il est friand. Il  a déversé sa logorrhée haineuse et  pleine d’une mauvaise foi en disant qu’il allait se faire démolir sur l’Internet. Il s’est mis dans le rôle de l’incendiaire qui annonce l’arrivée des pompiers : un rôle qu’il affectionne en n'allumant toutefois que des feux de Bengale. Le directeur du mensuel de droite Le Point ( dont le propriétaire est François Pinault, ami de Sarkozy) fait des jets de lumière et de fumée sans explosion. L’essentiel est de s’illuminer au passage. Hier, il était là pour faire parler de lui et servir son ami Sarkozy, sous le sourire hilare de David Pujadas. Celui-ci, avec le grand courage qui le caractérise, a martelé plusieurs fois que FOG était responsable de ses dires qui n’engageaient ni son émission ni la deuxième chaîne. 

    Hier  Giesbert et Hélène Jouan ont joué les jurés d’une mauvaise émission de téléréalité et leur analyse était à ce niveau-là. Hélène Jouan déclarait Philippe Poutou et surtout François Lenglet comme étant les deux personnalités ayant marqué les deux émissions. Comme cela, elle ne s’est pas mouillée et a laissé Giesbert faire le show. Il y a quelque chose de pourri dans le PAF. David Pujadas peut être satisfait de la médiocrité de son équipe journalistique qui est à son image. Nous n’avons pas eu un vrai débat politique dans cette campagne de premier tour qui restera marquée par le discours clair de Jean-Luc Mélenchon et la nécessité d’un Front de gauche face à une droite qui a pris tous les pouvoirs y compris celui des média.

    En marge, on aura pu constater l’absence d’information sur le meeting du candidat du Front de Gauche prévu demain à Marseille sur les plages du Prado. Venez nombreux!

    Signé: Battone

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