• Une journée ordinaire...

    journéeordiL’union européenne a dévoilé hier son projet de taxe sur les transactions financières (TTF) à mettre en œuvre dans onze pays membres de l'UE et qui devrait générer des recettes de l'ordre de 30 à 35 milliards d'euros par an. Le projet de la Commission européenne prévoit de taxer à partir de 2014 les actions et les obligations à hauteur de 0,1%, et celles sur les produits dérivés à 0,01%. D'après Bruxelles, la taxe toucherait pour 85% des transactions concerneront des opérations entre établissements financiers alors que l’effort des particuliers serait moindre. "Tout citoyen achetant, par exemple, 10.000 euros d'actions paiera seulement une taxe de 10 euros sur la transaction", explique Bruxelles. Les fonds de pension seront également concernés par la TTF mais là aussi, pour un coût "extrêmement limité si le volume de leurs transactions en actions reste faible".

    Selon Algirdas Semeta, commissaire à la fiscalité cité par l’agence Reuters "La proposition sur la table est sans conteste équitable et techniquement solide; la taxe permettra de renforcer notre marché unique et de modérer les comportements irresponsables de certains opérateurs de marché".

    Comme on nous l’avait laissé entendre en France, les activités de refinancement, la politique monétaire et la gestion de la dette publique sont également exclues de la proposition. "Par conséquent, les transactions avec les banques centrales et la BCE, avec le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité, ainsi qu'avec l'Union européenne, seront exonérées de la taxe".

    Rien n’est fait et d’autres modifications sont prévisibles car les onze pays concernés voteront et l'unanimité est exigée pour que le plan soit mis en œuvre. Les Pays-Bas et la Suède y sont opposés et la Grande-Bretagne veut garder sa première place financière européenne que la taxe pourrait compromettre.

    Alors une fois de plus, de tergiversation en tergiversation on peut s’attendre à ce que rien ne soit fait pour taxer la spéculation au moins sur le plan européen sous prétexte qu’une telle mesure doit être mondiale ou ne pas être. Seules les mesures d’austérité seront planifiées. Le changement n'est ni pour maintenant ni pour demain.

    On nous le martèle. Seule la croissance peut améliorer la situation économique et pour qu’il y ait croissance, il faut la flexibilité. Ceux qui doivent payer la crise, ce ne sont pas les spéculateurs mais les salariés poussés vers la précarité.

    Hier nous avons aussi assisté à la mascarade qu’a été la conférence de presse du patron de Renault-Nissan. Carlos Ghosn est un habitué de la provocation. Il a proposé "le report de 30% de sa part variable de l'année 2012 au 31 décembre 2016" si un accord de compétitivité est signé en France. Le paiement de ce simple report sera conditionné "à l'exécution, par Renault, de l'ensemble de ses engagements dans le cadre de l'accord", c'est-à-dire de ne pas fermer d'usine en France, de leur assurer un certain volume de fabrication et de ne pas faire de plan social. En 2011, la part variable de son salaire était de 1,59 million d'euros et la part fixe 1,23 million. Le conseil d'administration de Renault a accepté cette proposition. Il faut y ajouter son salaire de PDG de NISSAN et on arrive à 36.000 € par jour. Le report le fait passer à 26.000 €. Il propose de repousser une partie de la part variable de son salaire en 2016 contre la signature de l’accord de compétitivité qui prévoit de faire travailler plus les salariés en bloquant les salaires, ce qui correspondrait donc à une baisse des salaires à laquelle s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat puisqu’il n’y aura pas de rattrapage de l’inflation. Il ne s’agit donc là pas d’un report d’une part variable du salaire s’ajoutant à des émoluments pharaonique mais d’une perte sèche pour le salarié. C’est ce que le patron de Renault appelle du « donnant/donnant ». Il n’a pas osé dire du « Gagnant/gagnant » car le seul gagnant, ce sera lui. « Travailler plus pour gagner moins », voilà le contrat de compétitivité proposé par des patrons qui gagnent des milliers d’euros par jour.

    Capitalisme sauvage, indécence patronale… Décidemment les jours se suivent et se ressemblent dans cette Europe de la finance et des patrons qui prennent leurs employés pour des esclaves.

    Que faisait le président Hollande hier ? Il était aux Indes pour faciliter la vente de rafales et de centrales nucléaires. Il y avait aussi avec lui un dirigeant de Veolia en quête d’or bleue. Et oui, sans pierre philosophale, on fait de l’or avec de l’eau dans un silence de plomb. Peut-être, Hollande a-t-il parlé de la gamme Renault aux dirigeants indiens ? Voilà un pays où on travaille beaucoup pour des clopinettes et sans eau potable. Carlos Ghosn y est un patron heureux. Pour conquérir ce marché, Renault s’est doté d’un outil industriel, l’usine Renault-Nissan de Chennai, de son propre réseau commercial, d’un centre de logistique, d'un centre d’ingénierie commun à l’Alliance et d’un centre de design basé à Mumbai. Ce n’est certes pas cela qui préservera les sites français et leurs emplois.

    Une journée ordinaire sauf pour les amoureux car c'était la Saint Valentin!

    Ainsi va le monde mais on peut le changer !

    Battone

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