• L'argent dope-t-il Sarkozy ?

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    L’Emir du Qatar est à la tête d’un petit pays qui compte parmi  les plus riches de la planète. Il cherche en permanence des vitrines dans le monde et investit dans divers secteurs dont le sport. Une polémique existe à ce sujet non pas uniquement sur l’achat du club de foot parisien mais sur l’organisation de la coupe du Monde prévue en 2022. Le Qatar  a obtenu cette organisation. A-t-il acheté le vote de Michel Platini ? Le journal  France Football a révélé qu’une réunion s’est déroulée en novembre 2010 à l’Elysée entre Nicolas Sarkozy, Tamin bin Hamad al-Thani,  prince du Qatar, et le représentant de Colony Capital, propriétaire du PSG à l’époque. Nicolas Sarkozy aurait assuré que Michel Platini, président de l’UEFA, était favorable au Qatar pour la Coupe du monde 2022 et voterait donc dans ce sens en contrepartie de la création de la future chaîne de télévision « Be In Sport », du rachat du PSG et de l’évolution de l’actionnariat qatari au sein du groupe Lagardère. Six semaines plus tard, surprise !  Le Qatar obtenait l’organisation de la compétition. Sarkozy a pu commencer son discours par l’autosatisfaction qui lui est coutumière : « Vous savez, Majesté, combien j’ai applaudi à l’organisation de la Coupe du monde 2022 au Qatar. J’ai applaudi ce choix, j’ai soutenu ce choix, j’ai voulu, avec d’autres, ce choix. Pourquoi ? Parce qu'il a donc fallu attendre le XXIe siècle pour qu’un pays musulman organise pour la première fois un événement de cette importance. » Un ange a dû passer ! Peut-être envoyé par son ancien ministre de l’Intérieur Guéant.

    Entre deux coupes de champagne avec leurs bulles pour l’aspect people de son déplacement, Nicolas Sarkozy a parlé de sport pendant vingt minutes (contre rémunération?) avec quelques envolées éculées comme le "sport comme moyen d'action et de réflexion pour nos sociétés". Il a glissé quelques phrases que les commentateurs ont disséquées pour y voir un retour à la politique, notamment sur l’identité nationale. Certains ont relevé une pique contre Hollande lorsqu’il a dit : "Nous sommes dans un monde de compétition, c'est un fait et personne ne peut refuser cette compétition. Mon pays, la France, comme les autres. L'enjeu du XXIe siècle n'est pas de combattre une compétition mais de l'organiser. Ceux qui refusent ne comprennent pas le XXIe siècle, ils se nient eux-mêmes". A vous d’en juger !

    Et puis il y a eu les moments people avec Cécilia et le mari de cette dernière. Sarkozy est plus cool avec son successeur auprès de Cécilia qu’avec celui qui l’a chassé de l’Elysée. L'homme d'affaires était l'organisateur et l'animateur de ce Forum mondial du sport et sa femme devait intervenir pour évoquer la place des femmes dans le monde sportif. L’occasion idéale pour des retrouvailles apaisées par l’esprit sportif. Sur ce plan, Hollande a encore des efforts à faire avec son ex-femme.

    Il faut tout de même rappeler que le Qatar est une petite pétromonarchie islamiste qui fait du prosélytisme religieux. Il ne financerait pas que des clubs de foot mais aussi les terroristes islamistes. Il serait intéressant de connaître leur rôle dans ce que l’on a nommé le « Printemps arabe » et qui, aujourd’hui, se traduit par la main mise des Islamistes sur des pays délivrés de quelques dictateurs, jadis amis de l’Occident et de Sarkozy. Le Qatar joue, semble-t-il, un double jeu qui lui permet d’être dans les deux camps, celui des Etats-Unis et de leurs alliés mais aussi celui de l’Islamisme radical et de ses terroristes.

    En 2008, Sarkozy est le fervent partisan du fonds stratégique (ou souverain) d’investissement à Abou Dabi[1]. Aujourd’hui il a pris son bâton de pèlerin de futur grand argentier pour créer un fonds privé, selon la presse spécialisée. Il prospecte pour emmener dans l’aventure des grandes fortunes qui lui sont proches ainsi que des gigantesques institutions financières, dont des fonds souverains du Moyen-Orient et d’Asie. Ses conférences sont le prétexte pour nouer des contacts confidentiels et démarcher de potentiels investisseurs.

    Comme il l’aurait laissé entendre à son entourage et donc par indiscrétion à la presse, il fait tout ce qu’il faut pour devenir richissime. On peut penser qu’il est prêt à vendre son âme au diable. Pour son anniversaire, notre Ali Baba des temps modernes n’a même pas d’âne. Toutefois, il a encore reçu comme cadeau un vélo de course. A l’instar de Lance Amstrong, l’ancien Président de la République pourrait être un jour rattrapé par la Justice pour dopage financier des élections.

    Pidone



    [1] La France disposait déjà d'organismes pouvant être assimilés à des fonds souverains :

    - la Caisse des dépôts et consignations gère environ 120 milliards $ (80 Mds€) ;

    - le Fonds de réserve pour les retraites gère environ 50 milliards $ (33,8 Mds€).

    La création d'un fonds stratégique (ou souverain) d'investissement a été décidée par le président de la République française, le 30 octobre 2008, pour aider les entreprises françaises qui ont besoin de trouver des investisseurs stables pour financer leurs projets de développement. Les modalités de fonctionnement du fonds ont été précisées le 20 novembre suivant.

    Lors de sa création, le Fonds a été doté de 6 Md d'euros par l'État. Sa dotation a ensuite augmenté, jusqu'à être portée à 20 milliards d’euros en 2011, dont :

    - 14 Md€ apportés sous forme de participations détenues par la Caisse des dépôts et consignations et par l'État dans des entreprises considérées comme stratégiques (Air France, Renault, Chantiers de l’Atlantique...) ;

    - 6 Md€ de fonds disponibles apportés par la Caisse des dépôts et l'État.

    Le FSI a conclu un accord avec un fonds souverain d’Abou Dabi, Mubadala Development Company PJSC, en vue d’investissements conjoints dans des entreprises françaises. Le « Memorandum of Understanding » (protocole d’entente) qui établit un cadre de coopération en vue de réaliser des investissements conjoints dans des entreprises françaises, a été signé le 26 mai 2009, à l’occasion de la visite du président français Nicolas Sarkozy à Abou Dabi.

    Au 31 décembre 2010, le montant total des actifs du FSI se monte à 21,8 milliards d'euros. Le fonds se situe, par sa taille, à la 21e place mondiale des fonds souverains. Pour accomplir ses missions et se développer, le fonds peut emprunter sur les marchés financiers.

     

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