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    UN CONFINEMENT … AU GOUT AMER

     

    C’est en novembre dernier que l’on commençait à évoquer l’apparition d’un nouveau virus, localisé en Chine, le Covid 19. Mi-janvier, la localité de Wuhan comptait sa première victime. Fin janvier le pays commençait sa quarantaine. Au même moment en France apparaissaient les premiers patients atteints du Coronavirus. Depuis l’épidémie s’est transformée en pandémie, elle est devenue planétaire.

    Notre président et son état-major, ainsi peut-on l’appeler puisqu’il décidait que nous étions en guerre, annonçait notre confinement le 17 mars dernier.

    Depuis le gouvernement français ne cesse de révéler son inaptitude voire incompétence à faire face à une crise sans précédent qui met au grand jour, si on ne la savait pas encore, la triste réalité sanitaire de notre pays.

    Tous les acteurs de la santé, du public au privé, témoignent, épuisés, d’un cruel manque de matériel de protection qui les expose au virus, pourtant qualifié dès le début par les experts comme étant très contagieux. Comme eux, bon nombre de salarié-e-s, d’autres secteurs d’activité, exposés au public, doivent batailler pour obtenir un masque, du gel, tout moyen leur permettant de se protéger.  

    Mais pourquoi ? la réponse serait risible si elle n’était pas si dramatique.

    La France s’est appauvrie et se révèle misérable, sacrifiée sur l’autel des profits et dividendes depuis des décennies.

    La France manque de tout, des hôpitaux saturés, sous-équipés et en sous-effectifs, manque de lits, manque de respirateurs, manque de protections de base, manque de tests, …, manque de tout… Une réalité dénoncée, il y a peu de temps encore, dans la rue, par les personnels de santé, sur fond de violente répression, on s’en souviendra.

    Nous vanterons nous encore d’être la 6ème puissance économique du monde, la 2ème en Europe. Trop d’arrogance affichée depuis plusieurs années par nos gouvernements successifs.

    L’humain, on balance, la santé, on balance, le social, on balance, l’environnement, on balance… les hommes, on les mate.

    Un seul mot, confinement, annoncé des trémolos dans la voix par un président ignorant des gens. Ignorant de la vie, la vraie vie, celle qui ne se joue pas sur les planches. Oui monsieur Macron, le confinement a un goût amer, quand vous jouez vos partitions sur le dos du peuple qui n’a qu’à bien se tenir.

    Non monsieur Macron, ce n’est plus vous qui gérez la crise, ce sont tous les soignants, au péril de leur vie, ce sont les femmes et les hommes qui travaillent encore pour assurer un minimum de vie sociale, ce sont tous les confiné-e-s qui s’appliquent à respecter les règles, ce sont toutes ces personnes qui pallient vos manquements.

    Oui monsieur Macron, le confinement a un gout amer quand aucune perspective l’accompagne. Une dramaturgie que les médias se complaisent à relayer d’une chaîne à l’autre.

    Dans d’autres pays les choix ont été différents et sembleraient pour certains plus efficaces.

    Aujourd’hui l’on parle d’une campagne de dépistage, qui peine à se mettre en place (faute de tests, peut-être), de l’usage de la chloroquine, mise en avant par une équipe d’éminents professeurs de l’IHU de Marseille, pouvant se révéler efficace dans le traitement de la maladie et que vous agréez du bout des lèvres... Trop de tergiversations, trop d’hésitations, à quelles fins ? Toujours ce décalage, trop de calculs sans doute.

    Quoi qu’il en soit monsieur Macron, cette crise aura des conséquences sociétales indéniables jusqu’au-delà des frontières.

    Vous vous trompez certainement d’urgence enfermé dans vos certitudes et votre arrogance. Le confinement s’il est indispensable n’est pas anodin, il est une épreuve. Mal accompagné il provoquera d’autres souffrances. Des décisions doivent être prises rapidement, dans l’intérêt commun, et non pas détournées au profit de quelques-uns. Personne ne devra être oublié.

    Il faut espérer alors que chacune, chacun puisse se retrouver dignement dans sa vie.

    Pascale Larenaudie

     

     

     

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  • La Mafia du médicament

     

    Dans cette période de grave crise sanitaire le confinement n’est pas totalement contraignant. Il permet de réfléchir aux problèmes qui se posent à notre société et aux solutions préconisées de ci de là. Pour ceux qui ne succombent aux joies procurées par une télévision aux ordres de la pensée unique.

    Nous avons débusqué dans une bibliothèque un livre au titre particulièrement évocateur : La Mafia du médicament. Livre paru aux Editions sociales en 1977 et rédigé par Jean-Pierre Lazio.

    A priori on pourrait se dire que cet ouvrage est obsolète. A sa lecture, on s’aperçoit rapidement qu’il est d’une remarquable actualité.

    Que montre-il ? Que les multinationales de l’époque – déjà – se sont emparées de ce marché captif que représente le « marché » du médicament, financé pour une bonne part par la Sécurité sociale. Marché sur lequel des grands requins y font de juteux bénéfices, en utilisant sans vergogne toute une série de techniques sophistiquées qui consistent à surévaluer les coûts réels de production, en particulier des matières premières et des substances actives.

    Le livre montre également que ces mêmes multinationales se concentrent de plus en plus, en absorbant ou en liquidant les petits et moyens laboratoires et en vassalisant des laboratoires de recherche publics.

    De nos jours rien n’a changé, si ce n’est que le phénomène s’est mondialisé, avec une délocalisation massive des médicaments dits génériques vers la Chine et l’Inde, pour l’essentiel. En cas de crise sanitaire grave, et c’est le cas aujourd’hui, on peut mesurer les conséquences dans un pays comme le nôtre.

    La Mafia du médicament se termine par toute une série de propositions qu’on peut partager plus que jamais, à savoir entre autres, la création d’un pôle public.

    Nous livrons ci-dessous des extraits de l’introduction du livre. A lire avec intérêt. 

    Comment dégonfler tout en gonflant ?

    Curieuse question. S’agirait-il d’une nouvelle quadrature du cercle ? Qu’on se rassure. Cette proposition en apparence pleine de contradictions n’est ni impossible ni farfelue. Elle s’applique fort bien à l’industrie pharmaceutique. En théorie cette industrie a pour vocation à produire des médicaments et répondre ainsi à un besoin fondamental : la santé. Travailler pour l’humanité souffrante, n’est-ce point admirable ?

    Combien de déclarations débordantes de satisfaction et d’orgueil à ce propos par les dirigeants des groupes qui dominent l’industrie pharmaceutique ? Une multitude, sans doute.

    Mais derrière ces déclarations se cachent des intentions moins vertueuses, plus prosaïques. Intentions qui s’inscrivent dans la logique du système des copains et des coquins pour reprendre une formule désormais historique. Faire des profits avec des médicament, telles sont d’abord ces intentions. Faire le plus de profits, mais en s’efforçant d’en avouer le moins possible. Nous y voilà. La proposition « dégonfler tout en gonflant » commence à prendre une signification.

    Dégonfler la part des bénéfices soumis à l’imposition. C’est la première partie de la proposition. Comment y parvenir ? 

    On gonfle avec frénésie les coûts des matières premières et des principes actifs. 

    Comment gonfler les coûts alors qu’il existe des contrôles fiscaux et douaniers ? La loi est faite sur mesure pour le capital, il suffit de l’interpréter. Les groupes vont donc exceller dans l’art de l’interprétation. L’exemple le plus significatif est celui de la technique dite du transfert international. On fait circuler la matière première ou plus simplement la facture à travers l’Europe grâce à un réseau de filiales plus ou moins bidons, du genre la Sodotex de l’affaire de Broglie. De retour sur le sol national, le prix de la marchandise peut être multiplié artificiellement par 2, 3, 10 et même 140 fois !

    Certains s’émerveillent peut-être de cette technique au rapport appréciable, que ne désavoueraient pas quelques gros bras de la pègre internationale. Mais associée à bien d’autres combines, elle coûte cher, très cher à la Sécurité sociale, à  la collectivité. C’est tout simplement du racket.

    Et le pouvoir politique dans cette affaire ? Il connaît parfaitement l’existence d’une telle escroquerie. Il la facilite par un ensemble de  dispositions légales. Quand une affaire éclate au grand jour – Dassault, Jean de Broglie, Sarbach, Merck – il s’efforce de l’étouffer au nom de la libre entreprise.

    Nationalisation de l’industrie pharmaceutique

    On entend déjà s’élever des protestations véhémentes, celles des dirigeants des groupes capitalistes. La main sur le cœur, ils nient ce « magouillage » d’un haut niveau. Ils proclament la pureté de leur mission. Et de réclamer dans leur élan de sincérité le relèvement des prix des médicaments. C’est pour le moins un comble.

    Le scandale des médicaments doit cesser, dans l’intérêt du pays, des malades, de l’industrie pharmaceutique elle-même et de la recherche. Seule une véritable nationalisation y mettra un terme.

     

     

     

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    Le coronavirus précipite la crise,

    il ne la cause pas !

     

     

    Les tenants de la pensée néolibérale et autres laudateurs du capitalisme financier tentent de démontrer que la crise économique qui menace la planète serait due à un virus : le coronavirus !

    Un "économiste atterré", Frédéric Boccara nous livre une autre explication dans un article que nous publions ci-dessous. 

     

    Le Covid-19 va-t-il engendrer une crise économique mondiale ? C'est ce que prétendent certains commentateurs économiques. Il est fort possible qu’il accélère l’arrivée d’une récession et même qu’éclate une crise financière. Mais il faut distinguer facteur accélérant ou précipitant (le virus) et cause (la suraccumulation financière). Car le ralentissement dans l’OCDE était déjà engagé depuis au moins début 2019. Et pourtant nos dominants, les représentants de l’oligarchie financière, se pressent déjà pour dire : « la cause de nos difficultés est  exogène, c’est un virus imprévu. La finance, et ce que nous faisons avec, n’est pas en cause ». C’est à voir…

    Par Frédéric Boccara

    Lire la suite : http://atterres.org/article/le-coronavirus-pr%C3%A9cipite-la-crise-il-ne-la-cause-pas?fbclid=IwAR3rlLpBPV3oCrEdJbN9sS0evCfp7sSjCcf_s5RzQMzWSprYGUtB8xa435M

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    RÉFLEXIONS

    POUR RECONSTRUIRE À GAUCHE. 

     

    Dimanche 15 mars avait lieu le premier tour des élections municipales dans un contexte inédit de grave crise sanitaire. Au regard de la situation et de l’importance de la propagation du Covid 19, les élections auraient dû être reportées.  

     

    L’image des masques de protection et gels garnissant les tables dans les bureaux de vote, rappelait qu’il n’en était pas de même dans les hôpitaux où le personnel soignant, travaillant dans des conditions sanitaires catastrophiques, est à bout de souffle. Masques, gels, gants, draps à usage unique, etc. manquent à l’appel. 

    Chercher l’erreur ! 

    Depuis des années les politiques appliquées dans le domaine de la santé n’ont eu de cesse de la dégrader. Pourtant elles ont été dénoncées inlassablement par les hospitaliers, les urgentistes, les infirmières, les citoyens....les syndicats. 

     

    C’est dans un tel contexte marqué par un taux d’abstention très élevé, plus de 50% à Ajaccio, qu’a eu lieu le premier tour des élections municipales.  

    Inseme à Manca rappelle que le mouvement aurait souhaité la présence d’une liste intitulée «Ajaccio ville solidaire,» largement ouverte dans une co-construction avec le monde associatif, syndical et culturel, une liste claire dans ses positionnements politiques et alliances à gauche. Malheureusement cela ne s’est pas fait, ce qui nous a amené à prendre de la distance et ne pas participer en tant que candidats à cette élection.  

    Avec la confusion politique qui a prédominé lors de cette campagne, force est de constater que la gauche ou ce qu’il en reste est atomisée. 

    Aujourd’hui il est urgent de reconstruire dans la clarté.  

     

    Inseme à Manca qui se veut un mouvement ouvert, ancré sur les valeurs d’une gauche sociale, démocratique et environnementale interpelle tous ceux qui considèrent que face à l’urgence il est impératif de clarifier les valeurs, les projets, les engagements, afin de trouver des voies communes, pour fédérer le peuple face au fractionnement et à la marginalisation des gauches. Il est impératif pour chacun d’ouvrir en grand les portes à l’autocritique et la réflexion pour reconstruire dans le temps et avec clarté une gauche de combat, un projet, une perspective contre le capitalisme destructeur.  

    Le mouvement Inseme à Manca, pour ce qui le concerne, prendra des initiatives politiques dans ce sens.  

     

    Inseme à manca                                                                                                       

    Ajaccio le 17 mars 2020.  

     

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    « Si personne ne bouge,

    rien ne se passe »

     

    151 féminicides en 2019 en France, 15 féminicides au 2 mars 2020[1]. Ces annonces funestes des violences faites aux femmes qui s’égrènent mois après mois permettent-elles d’interpeller les consciences et de changer les mentalités. 

    De véritables combats que la femme mène au quotidien et dans son quotidien. Pugnacité et détermination constituent sa force quand la société a peine à se débarrasser du modèle du patriarcat, archaïque et dépassé aujourd’hui, modèle qui fait pourtant encore le jeu d’un système néolibéral faisant son lot quotidien de victimes.

    L’action des « colleuses », comme celle des femmes de « Collage Féminicides Ajaccio » déterminées à ce que cela cesse, s’engage sur cette voie incontournable de l’émancipation, de la liberté et de la dignité retrouvée. Parcourant les rues, elles délivrent des messages chocs pour informer car « Si personne ne bouge, rien ne se passe » et parce que « le silence tue ».

    A la veille du 8 mars 2020, journée internationale des femmes, la situation des femmes dans le monde reste toujours une actualité brulante. La défense des droits humains est une cause internationaliste, quand aujourd’hui au Brésil avec Jair Bolsonaro, aux États-Unis avec Donald Trump et dans bien d’autres pays les femmes voient leurs droits à disposer d’elles-mêmes mis en en cause et pire criminalisés. Des exemples, il en existe pléthore et force est de constater malheureusement que la balance penche vers un recul des droits des femmes dans le monde.

    L’histoire le prouve, les femmes ont appris à ne pas baisser la garde. Certaines ont donné leur vie, d’autres ont pratiqué la désobéissance civile, on prendra pour exemple récent la résistance des femmes kurdes luttant en première ligne contre l’État islamique, on se révoltera cependant du sort fait aux kurdes (enfants, femmes et hommes) qui aujourd’hui sont abandonnés et jetés sur les routes de l’exode…. Les femmes sont aussi les premières exposées aux violences terribles et meurtrières engendrées par les conflits, guerres etc. comme en témoigne le docteur congolais Denis Mukwege, prix Nobel de la paix en 2018.

    N’oublions pas que le 8 mars, c’est toute l’année.  Mais cette journée, à elle seule, reste un hommage marquant à toutes ces femmes anonymes ou non, silencieuses ou pas dans le monde qui résistent aux oppressions, violences, agressions, harcèlements en tous genres, discriminations.

    En France, même si les droits des femmes ont évolué depuis les dernières décennies, au fil de luttes âprement disputées et bien que nous soyons au 21ème siècle, ces derniers restent toujours fragiles et subissent régulièrement des attaques.

    Pour exemple et à l’échelle du temps, il y a seulement un peu moins de 80 ans que les femmes obtenaient, en France, le droit de vote et d’éligibilité. C’était en 1944.

    Olympe de Gouges, considérée comme une des pionnières du féminisme français, rédigeait en 1791 la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ». La femme n’a depuis eu de cesse de défendre sa liberté et son indépendance pour assoir ses droits dans la constitution : Éducation, contraception, avortement, IVG, droit de vote, travail, égalité salariale, mesures contre les violences faites aux femmes, harcèlement etc.  

    En pleine actualité, la nouvelle réforme des retraites, le gouvernement et les « analystes d’État », annoncent les femmes « grandes gagnantes ». Ne soyons pas dupes, il faut lire entre les lignes pour s’apercevoir qu’à nouveau elles seront les « grandes perdantes ». 

    Salaire et durée de carrière sont les deux composantes principales du calcul de la pension. Or le travail des femmes est encore aujourd’hui très précarisé. L’allongement de la durée de cotisation pour accéder à une pension à taux plein, on le sait, est largement défavorable aux carrières courtes qui concernent en majorité les femmes du fait d’interruptions dans la vie professionnelle (maternité…), des emplois à mi-temps (80% des salarié-e-s à temps partiel sont des femmes) … Les écarts trop élevés de salaires comparés à ceux des hommes subsistent toujours, de ce fait les retraites sont moins élevées, sans parler des pensions de réversion remises en cause.

    Le chemin vers l’égalité est encore long et sinueux. Les femmes le savent. De leurs capacités elles n’ont rien à prouver car elles sont de tous les combats. Elles construisent l’histoire et ce n’est pas fini.

    Pour Toutes, cette chanson écrite et chantée par Jean Ferrat, à lire et à écouter ou réécouter.

    Le poète a toujours raison

    Qui voit plus haut que l'horizon

    Et le futur est son royaume.

    Face à notre génération,

    Je déclare avec Aragon :

    La femme est l'avenir de l'homme.

     

    Entre l'ancien et le nouveau,

    Votre lutte, à tous les niveaux,

    De la nôtre est indivisible.

    Dans les hommes qui font les lois,

    Si les uns chantent par ma voix,

    D'autres décrètent par la bible.

     

    Le poète a toujours raison

    Qui détruit l'ancienne oraison

    L'image d’Ève et de la pomme.

    Face aux vieilles malédictions,

    Je déclare avec Aragon :

    La femme est l'avenir de l’homme !

     

    Pour accoucher sans la souffrance,

    Pour le contrôle des naissances,

    Il a fallu des millénaires.

    Si nous sortons du moyen âge,

    Vos siècles d'infini servage

    Pèsent encore lourd sur la terre.

     

    Le poète a toujours raison

    Qui annonce la floraison

    D'autres amours en son royaume.

    Remets à l'endroit la chanson

    Et déclare avec Aragon :

    La femme est l'avenir de l'homme !

     

    Il faudra réapprendre à vivre,

    Ensemble écrire un nouveau livre,

    Redécouvrir tous les possibles.

    Chaque chose enfin partagée,

    Tout dans le couple va changer

    D'une manière irréversible.

     

    Le poète a toujours raison

    Qui voit plus haut que l'horizon

    Et le futur est son royaume.

    Face aux autres générations,

    Je déclare avec Aragon :

    La femme est l'avenir de l'homme

     



    [1] Facebook : https://www.facebook.com/noustoutesorg

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     En plein crise sanitaire le pouvoir macronien passe en force

    Notre premier ministre Edouard Philippe s'est pointé à l'Assemblée nationale, samedi 29 février 2019, à 19 heures, pour y annoncer la nouvelle du siècle, devant un parterre de parlementaires pour le moins clairsemé. Le gouvernement, en accord avec le président de la République, est dans l'obligation d'utiliser le fameux 49-3 prévu par la Constitution. La raison ? Faire face à l'obstruction de vilains députés de l'opposition de gauche qui ont eu l'outrecuidance de déposer plus de 60.000 amendements ! C'est l'Hôpital qui se fout de la Charité. Bien évidemment, la contre-réforme de la retraite du pouvoir macronien ne pouvait plus attendre, même à un moment où le coronavirus provoque de vives inquiétudes partout sur la planète. Alors on a été dans l'obligation de passer en force. A noter que la plupart des députés de la majorité n'étaient pas au courant de la venue du premier ministre, ni même les secrétaires d'Etat qui n'étaient pas invités au conseil des ministres du matin ! C'est dire le haut degré d'estime que Macron et ses obligés portent à leurs serviteurs zélés. Que pensent tous ces godillots de l'attitude de leurs chefs? La question méritent d'être posée. Il est vrai que nous vivons dans une démocratie exemplaire.

    Donc, le pouvoir va légiférer par ordonnances et au pas de charge sur un projet dont la nocivité et la dangerosité ne sont plus à démontrer. 

    Rappelons que ce projet de contre-réforme de la retraite est rejeté par la majorité des Français et a fait l'objet, depuis le 5 décembre 2019, de nombreuses et puissantes manifestations à travers le pays, y compris en Corse, de grèves et d'actions multiples. Ce projet liquiderait tout notre système de protection sociale, basé sur la solidarité, s'il était adopté. Avec un seul objectif : puiser dans les caisses de retraite au profit des fonds de pension et des compagnies d'assurances, tant il est vrai qu'une manne de plus de 300 milliards peut faire saliver beaucoup de gens et susciter beaucoup de convoitise. 

    Dans cette affaire d'autoritarisme sans précédent - d'aucuns parlent même de coup d'Etat - il est évident qu'il faille, et plus que jamais, continuer la lutte pour le retrait pur et simple du projet de contre-réforme de la  retraite. Lâcher prise, c'est aller à des lendemains qui déchantent.

    Jean-Antoine Mariani

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    Le 49-3 est arrivé

     

    Le gouvernement MACRON/PHILIPPE déclenche le 49.3.

    Un pouvoir autoritaire se met en place, la démocratie est en danger.

    Le premier ministre vient d'annoncer qu'il allait utiliser le 49.3 pour faire passer son projet de loi sur les retraites sans aucun vote des député.e.s. Le gouvernement a peur de sa propre majorité. 

    Cette décision intervient après plusieurs mois de grèves, rassemblements, manifestations et mobilisations massives. Elle intervient aussi après une bataille parlementaire où des député.e.s de la majorité ont multiplié les provocations, les insultes pour seuls arguments.

    Ce passage en force a été décidé dans un Conseil des ministres réuni en urgence pour discuter de la crise sanitaire actuelle en France. Le gouvernement  s’apprêterait-t-il, dans la foulée, à interdire les rassemblements pour s’opposer à ce qui ressemble à un coup d’Etat? 

    Cela démontre une nouvelle fois que ce gouvernement est capable de tout pour imposer sa régression sociale.

    Inseme a Manca/Ensemble ! appelle à la mobilisation !

    Déjà partout dans le pays des rassemblements spontanés se sont déroulés.  Ces premières réactions doivent être le point de départ de nouvelles mobilisations unitaires.

    Nous appelons à amplifier le mouvement de révolte.

    INSEME A MANCA                       

    Dimanche 1 mars 2020 

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    Municipales à Ajaccio

    LA CONFUSION

     


    Triste constat : un peu partout en Corse, la campagne des Municipales offre une image affligeante. Fruit d'une hypocrisie aussi lâche qu'électoraliste, la plupart des listes se prétendent en effet "apolitiques". Alors que le capitalisme, relayé avec zèle par Macron, n'a jamais été aussi destructeur,chacun rivalise de roublardise pour dissimuler son opinion et refuser les"étiquettes". Ainsi se confondent, dans un lamentable marigot, la gauche, la droite, le libéralisme et le nationalisme. Pour les besoins de la cause et par pur opportunisme, on change de casquette selon les circonstances. On se renie sans vergogne, on dissimule et on se mélange. Tout se brouille et s'embrouille. C'est comme si le prétexte d'un enjeu "local" autorisait toutes les compromissions.

    Oubliées, les idées. Bafouées, les valeurs. Tous les coups sont permis.
    Ajaccio n'échappe pas à la règle.Dans un ahurissant embrouillamini, la lutte des places est de rigueur. Sur huit listes en présence, six sont donc sans couleurs, sans odeurs.Tout est dans tout. Les opinions les plus neutres ou les plus contradictoires s'entremêlent pour la circonstance. Priorité aux slogans, aux jolis locaux de campagne et aux parkings ; le reste on s'en fout . La liste d'Etienne Bastelica, pour sa part, se veut de "gauche" tout en alignant dans ses rangs divers libéraux ou socio-libéraux macron-compatibles : une stratégie rassise et mortifère (idem à Bastia), à laquelle INSEME À MANCA a évidemment refusé de se rallier. La liste de Patricia Curcio enfin, qui se veut jusqu'à ce jour "sans appartenance politique" (d'où notre exclusion de fait) se réclame ponctuellement, à présent,de la "gauche radicale", avec une dimension sociale affirmée. Bonne nouvelle, et un espoir pour l'avenir ?
    Pour nous, en tout cas, la clarté politique, le respect des valeurs et le combat anti-capitaliste seront toujours de rigueur, ici et ailleurs.


    Bernard Bouquet

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    Transports urbains gratuits à Ajaccio 

    c’est possible

    Inseme à manca ne présentera pas de liste aux prochaines élections municipales à Ajaccio, ni ne soutiendra de liste. Nous aurons l'occasion d'y revenir très prochainement pour nous en expliquer plus longuement. Le motif est simple. Nous ne sommes pas parvenus à un accord avec nos partenaires qui se réclament de la gauche authentique. Nous le regrettons profondément. D'aucuns ont préféré reproduire les vieilles pratiques du passé qui ont conduit à discréditer la gauche, entre autres, nouer des alliances avec des forces politiques ou des individus qui ont peu ou prou cautionné toutes les politiques d'austérité que nous avons connues dans le passé et que nous subissons encore aujourd'hui. Néanmoins, Inseme à manca entend participer au débat électoral et porter à la connaissance des électeurs toute une série de propositions, en particulier dans le domaine des transports urbains. Propositions qui ont été exposées lors d'une rencontre avec la presse, jeudi 27 février 2020, au Locu teatrale, à Ajaccio. Nous en donnons ci-dessous une synthèse.

    L’urbanisme ajaccien et les transports publics

    Cela fera près de 10 ans que notre mouvement s’est prononcé pour la gratuité des transports publics et en régie à Ajaccio. Considérant que cette mesure serait « positive d’un point de vue social, intéressante écologiquement et porteuse de liberté ». Durant l’avant dernier mandat, nous avons interpellé à ce sujet monsieur Simon Renucci alors maire à l’époque. C’est par la suite il y a plus de 5 ans que nous interpellions le nouveau maire Laurent Marcangeli à ce sujetQue de temps perdu !

     

    L’agglomération ajaccienne constitue un bon exemple de carence en matière de planification urbaine, carence qui produit des dysfonctionnements graves, notamment en matière de mobilité et de déplacements. On peut dire pour résumer que depuis une cinquantaine d’année, l’aménagement urbain à Ajaccio relève de ce que l’on qualifie habituellement « d’urbanisme de promoteur ». Cela signifie – et malheureusement se vérifie – que la puissance publique ne planifie pas le développement urbain de la ville et plus largement de l’agglomération, mais au contraire subit les initiatives des promoteurs en se contentant d’autoriser – et éventuellement de refuser de temps à autre – les projets que ceux-ci lui soumettent. L’absence de planification fait que les investisseurs cherchent avant tout à s’assurer la maîtrise du foncier constructible et ensuite à obtenir les autorisations du droit des sols.

    Ainsi depuis une cinquantaine d’années, les extensions urbaines de la ville se résument à des collections d’immeubles – qu’il s’agisse de bureaux, de logements ou de locaux commerciaux – implantés au gré des autorisations, sans logique d’ensemble. En particulier, l’absence d’alignement des constructions fait que l’on ne sait plus ce que c’est qu’une rue.

    Un cas emblématique est par exemple le quartier du Stiletto, où ont été construits en quelques années une salle polyvalente (le Palatinu), un collège et un hôpital, sans compter quelques centaines de logements, tout cela sans dessiner au préalable une trame viaire cohérente. Le résultat est que l’on se gratte la tête aujourd’hui pour savoir comment desservir ce nouveau quartier.

    La ville tend ainsi de plus en plus vers un agglomérat de quartiers à la forme urbaine médiocre et qui surtout, ne communiquent pas, ou difficilement entre eux. Nous vivons ainsi aujourd’hui dans ce que l’on peut qualifier de ville-archipel. Certes, la municipalité actuelle n’est pas seule responsable de cette situation, qui est le résultat consolidé de cinquante années d’absence de planification.

    Néanmoins, il est regrettable que les errements du passé se poursuivent sans évolution notable. On comprend bien que les déplacements, qu’ils se fassent en voiture, en bus, à vélo ou à pied, se révèlent laborieux et consomment du temps. Les mauvaises liaisons entre les différents quartiers font par exemple qu’en cas de souci sur un axe, il soit très difficile de recourir à un itinéraire alternatif, qui dans la plupart des cas n’existe pas.

    De ce fait, on conçoit que l’amélioration des déplacements à Ajaccio et le développement de modes alternatifs à la voiture relève de solutions à moyen et long terme. Néanmoins des solutions doivent pouvoir être proposées et mises en œuvre à court terme, surtout lorsqu’elles ne nécessitent pas la construction d’infrastructures nouvelles. Parmi celles-ci, une mesure pourrait être facilement décidée, qui serait la gratuité des transports publics.

    Cependant, malgré les difficultés actuelles résultat de l’action ou plutôt l’inaction des équipes municipales pendant de longues décennies, il est nécessaire d’agir au plus vite et mettre en œuvre des actions de nature à apporter des améliorations rapides.

    Et ceci dans une approche « d’Ajaccio ville solidaire » »

    Ainsi « L’Observatoire des villes du transport gratuit » nous rappelle que plus de 35 villes ont mis en œuvre une politique de transports urbains gratuits. Ces villes vont de quelques milliers d’habitants à plus de 100 000 habitants.

    Trois exemples :

    Châteauroux : ville qui a instauré la gratuité en 2002

    Résultats :

    En 2001 : 1,5 million de voyages /an – 1 million de Kms/an – 21 voyages / habitant.

    La recette de billetterie s’élevait à 400 000 euros.

    En 2017 : 5 millions de voyages /an (x3,3) – 73 voyages / habitant (x3,5).

    Malgré l’absence de recette de billetterie, pas de charge supplémentaire grâce à une légère augmentation du « versement transport » que payent les entreprises.

    Aubagne : ville qui a adopté la gratuité en 2009

    Résultats :

    Une année après la mise en œuvre de la gratuité, la hausse des voyageurs transportés en plus était de

    70 %.

    La réduction de la circulation automobile a été plus longue à venir mais on constate que la fréquentation des parkings en centre -ville avait déjà baissé de 20 % cinq ans après.

    Dunkerque : ville où la gratuité existe seulement depuis 2018

    Aujourd’hui la fréquentation du réseau a augmenté de 65% en semaine et de 125 % le week-end.

    50 % des voyageurs sont de nouveaux usagers, dont 48 % ont abandonné la voiture (notamment des cadres et des retraités).

    Certains parkings du centre-ville sont désormais vides pour un tiers et la ville projette de récupérer une partie des surfaces pour construire des logements ou aménager des espaces collectifs (jardins et parcs en particulier).

    Gratuité dans un projet politique :

    Au-delà de ces chiffres éloquents, il convient d’inscrire ce projet de gratuité dans un projet politique global plus large.

    Un projet à la fois social, écologique et économique, c’est-à-dire un projet politique de développement durable.

    C’est pour cette raison que « Inseme à manca-Ensemble à gauche » a fait sien l’intitulé du projet de la ville d’Aubagne : « Transports urbains : Liberté, Égalité, Gratuité ».

    Projet social : qui permette des économies sur leur budget pour les plus démunis, les précaires, les travailleurs pauvres, les retraités et les jeunes.

    Projet écologique : avec une diminution attendue de la pollution de l’air et du rejet de dioxyde de carbone.

    Projet économique : avec l’objectif de reconquête et redynamisation du centre-ville.

    Une approche systémique :

    Cette proposition de transports urbains gratuits s’inscrit dans une approche systémique du problème de la mobilité sur le territoire de la commune.

    L’amélioration des conditions de mobilité nécessite une action sur plusieurs entrées complémentaires et en synergie avec :

    Un plan Vélo pour développer ce mode de déplacement (location de vélos électriques, pistes cyclables …).

    Des parcours pédestres pour se rendre à l’école à partir de lieux de regroupement où se garer n’est pas un gène pour la circulation aux heures de pointe.

    Une politique raisonnée de mise à disposition de places de parking.

    Une restructuration de la flotte de bus et du schéma de fonctionnement de celle-ci (remplacement progressif des gros bus à essence ou diesel par des unités plus petites, électriques, comme la navette

    Blubus gratuite actuelle-aménagement des nouvelles unités adaptées aux personnes handicapées-petites unités, type navettes actuelles pour le transport à la demande, le TAD- fréquence de rotation augmentée pour réduire le temps d’attente- circuits allant jusqu’aux abords des entreprises...).

    Cet ensemble de mesures ne peut sans doute être mis en œuvre d’un coup de baguette magique.

    Mais ces mesures doivent être anticipées pour pouvoir être mises en application progressivement dans un calendrier à tenir

    En effet ce projet global « Liberté, Égalité, Gratuité » dans toutes ses composantes devra être réalisé d’ici la fin de cette nouvelle mandature.

    Enfin, un plan d’ensemble, ne doit pas faire oublier en matière de transport public, les perspectives importantes que la voie de chemin de fer peut offrir,  notamment avec la périphérie d’Ajaccio.

    C’est ce que propose « Inseme à manca - Ensemble à gauche » qui s’adresse aux citoyens, mais aussi aux listes en présence aux élections de mars 2020, puis particulièrement à celle qui en sortira vainqueur.

    Nous ne manquerons pas de demander un entretien à l’équipe municipale élue, en particulier du maire et du président de la CAPA, pour faire avancer ce projet.

     

    Inseme à manca – Ensemble à gauche 

    Ajaccio le 27 février 2020

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     une mécanique politique bien huilée

     

     

    Par Jacques Casamarta

     

     

    Depuis plusieurs années, nous vivons sous l’emprise d’une mécanique bien huilée, un passage de témoin, une politique qui quels que soient les hommes ou les partis au pouvoir, reste similaire, conduisant systématiquement à une alternance qui étouffe les droits sociaux.

    Dans cette situation, toutes les caractéristiques d’un séisme politique de haute intensité sont devant nous et peuvent conduire à l’abîme.

    Le point de vue exprimé ici, est le résultat d’une observation sur le terrain, d’une analyse concrète de situations concrètes. C’est aussi un retour sur les gauches et l’évolution de celles-ci ces trente dernières années.

    Parce que face à la déroute de ces gauches, nous avons besoin de faire le point, de faire le tri, de se situer dans ce paysage idéologique bouleversé. De comprendre les mécanismes politiques et institutionnels qui ont conduit et qui conduisent encore aujourd’hui à ce résultat. 

    Pour cela, nous avons besoin d’un retour critique. 

     

    Lors des élections présidentielles de 2012, à la fin de son premier mandat, les électeurs ont chassé Nicolas SARKOZY, ancien secrétaire général de l’UMP, (LR aujourd’hui), l’homme de droite, celui qui avait fêté sa victoire sans complexe, dans le célèbre restaurant bourgeois « le FOUQUET’S » à Paris en 2007.  

    Nicolas SARKOZY a été battu, c’est son arrogance et son mépris affiché pour les gens qui ont été sanctionné, mais c’est aussi sa politique d’austérité qui en tournant le dos aux aspirations et à l’intérêt général a été rejetée. Une politique de classe, essentiellement tournée vers les intérêts des plus riches. Un va-t’en guerre qui porte de lourdes responsabilités dans la situation de la Méditerranée orientale plongée aujourd’hui encore, dans le chaos.  

     

    HOLLANDE, Un espoir déçu

     

    François HOLLANDE, l’ancien secrétaire général du Parti Socialiste est arrivé sur cette base. Celui-ci, pour se faire élire, s’est déclaré « l’ennemi de la finance », celui qui avait annoncé ne pas céder face aux injonctions néolibérales, néocoloniales, des dirigeants européens. Celui qui devait renégocier les traités.  

    Se présentant comme un homme de « gauche » les électeurs étaient en droit d’attendre un changement de politique, une meilleure prise en compte des aspirations à plus de justice sociale et d’égalité. C’était le sens de leur vote, même si l’expérience de la cohabitation CHIRAC/MITTERRAND dans un passé pas si lointain avait déjà montré la continuité des politiques économiques et sociales de ces différentes forces politiques. 

    Comme il était à prévoir, le résultat malheureusement ne s’est pas fait attendre et très rapidement les promesses ont été reléguées au second plan, ou mises au placard.  

    Et c’est ainsi qu’on a pu avoir le sentiment que le nouveau Président de la République, François HOLLANDE en 2012 prenait le relais, (ou le témoin pour reprendre une image sportive), là où son prédécesseur Nicolas SARKOZY l’avait  laissé. Ce revirement n’était pas sans rappeler une célèbre phrase de Jean Claude JUNKER alors Président de la commission européenneà propos des élections en Grèce, « les choix démocratiques ne peuvent remettre en cause les traités européens ». ` 

    Les politiques d’austérité, chères aux responsables européens, ont donc repris de plus belle, avec François HOLLANDE, tout comme le démantèlement des acquis sociaux et services publics, à commencer par la destruction du code du travail avec la loi EL KHOMRY qui mettra aussi en évidence de nouvelles pratiques policières, pour casser les mouvements sociaux. Une violence d’état se mettait en place. 

    Cette situation amènera François HOLLANDE à devenir tellement impopulaire,  qu’il lui sera impossible de se représenter à l’élection présidentielle qui suivra.  

    Quant à son premier ministre, Manuel VALLS, celui-ci s’affirmera peu de temps après, comme un réactionnaire, un homme de droite prêt à s’allier à l’extrême droite à l’occasion des élections municipales de Barcelone en Espagne.  

    Quel désastre dans les têtes quand ceux, se prétendant à gauche épousent les politiques néolibérales, celles défendues théoriquement par la droite, des politiques injustes socialement et pour une grande part, imposées par une Europe réactionnaire.  

     

    MACRON, en homme providentiel

     

    C’est ainsi que pour l’élection présidentielle de 2017 et loin de tirer les enseignements des dix ans écoulés, est arrivé Emmanuel MACRON ancien ministre de HOLLANDE, celui qui soit-disant par sa jeunesse, allait rénover, révolutionner la politique. 

    Recevant le soutien de personnalités politiques dites « de gauche » comme de droite, celui-ci sera élu Président de la République, au deuxième tour face à Marine LE PEN, avec seulement 43,6% des électeurs inscrits.  

    L’abstention, les votes blancs et nuls avec 34 % représentaient le taux le plus fort enregistré pour ce type d’élection depuis plus de quarante-cinq ans. Ces chiffres alarmants traduisent  la crise de la représentation politique, la défiance des électeurs, surtout des électeurs de gauche.  

     

    Alternance, mais pas alternative

     

    Pur produit des banquiers et des hommes d’affaires, probablement le premier Président de la République Française, aussi influencé par le monde de la grande finance, Emmanuel MACRON, ancien ministre d’un gouvernement soit-disant « de gauche », reprendra à son tour le néfaste relais de son prédécesseur François HOLLANDE pour faire reculer les droits sociaux. 

    Un passage de témoin, parfaitement bien huilé, une nouvelle alternance, avec pour chacun, sa partition vers une trajectoire identique. L’objectif, démanteler les acquis sociaux au nom d’une soit disant « réalité économique », quand on ne l’habille pas de             « démocratie ».

    La contre-réforme engagée sur les retraites symbolise les aspects les plus réactionnaires de la politique MACRON/PHILIPPE. 

    Ce n’est pas seulement un recul de plusieurs décennies qui se prépare avec ces hommes, c’est aussi un énorme recul de civilisation par un appauvrissement du plus grand nombre, une remise en cause frontale des droits élémentaires, le droit à la santé, le droit à l’éducation...

    C’est le sentiment qu’avec la « République en Marche » la république n’est plus la république, que l’autoritarisme et les violences policières deviennent la règle et prennent le pas sur le dialogue. Une violence d’état institutionnalisée, instrumentalisée. 

    En moins de trois années de pouvoir, le taux de popularité d’Emmanuel MACRON est au plus bas, laissant entrevoir comme pour son prédécesseur, une impossibilité de se représenter en 2022. 

    Malgré une répression féroce, la rébellion s’installe dans le pays. La persistance des mouvements sociaux sur les retraites, l’importance des manifestations syndicales et gilets jaunes, démontrent le rejet massif d’une politique, qui crée de l’inégalité et approfondit la fracture sociale. Les électeurs et notamment les électeurs de gauche, ne voient plus la différence entre les politiques de SARKOZY, HOLLANDE ou MACRON.  

     

    Mais cela, malheureusement reste au niveau du constat, ce n’est pas pour autant qu’une perspective émancipatrice, une politique sociale et démocratique vont s’imposer dans le pays. Il y aurait pourtant besoin de faire cesser ce passage de relais politiquement destructeur. 

     

    L’espoir a horreur du vide 

     

    La situation actuelle est grave, elle traduit un énorme affaiblissement idéologique de la gauche, une sorte de bérézina suicidaire et elle vient de loin.  

    Depuis près d’une quarantaine d’années nous avons assisté au spectacle d’un parti socialiste pratiquant tous les renoncements pour ne garder que ce qu’il considérait comme essentiel, « la culture de gouvernement ». Par l’exercice du pouvoir et le libéralisme économique qu’il a épousé, il porte ainsi, une grande responsabilité dans la désespérance sociale et l’absence de perspective crédible a gauche. 

    Le parti communiste s’est avéré quant à lui, dans l’incapacité de surmonter le séisme politique du à l’effondrement  « du socialisme étatique dans le bloc soviétique », un socialisme toujours et intimement lié à l’histoire du Stalinisme. Sa lente marginalisation électorale vient pour une grande part de cet état de fait et de l’insuffisance d’autocritique.

    Il aurait été nécessaire de s’interroger plus que cela n’a été le cas, d’ouvrir en grand les portes à l’autocritique, de comprendre pourquoi la gauche se trouve dans cette impasse ? Pourquoi le parti socialiste a effectué un tel revirement ?

    Pourquoi à l’est, « Staline, Li Ping et Ceausescu ont été possibles[i] ? » 

    L’arrivée au pouvoir de GORBATCHEV et sa PÉRESTROÏKA en URSS, n’a pas été en mesure d’inverser le cours des choses et de réconcilier socialisme et démocratie.

    Pourtant la voie a été ouverte et la disparition du socialisme bureaucratique et autoritaire aurait du permettre de créer les conditions d’une mise en perspective d’un socialisme démocratique. Pourquoi cela ne s’est-il pas réalisé ?

     

    Les décennies 80 et 90 resteront comme celles « de la déroute intellectuelle et morale de la gauche » ou chacun à des degrés divers, PC et PS, ont tenu leur partition. L’union de la gauche n’étant devenue qu’une caricature, un simple outil de préservation électoral des appareils. 

    L’absence d’autocritique réelle à gauche a produit pour une part la situation désespérante d’aujourd’hui, les dérives et la perte de confiance. Les mutations nombreuses de la société ont fait le reste.  

    Il y a une vingtaine d’années face au capitalisme néolibéral, néocolonial, populiste, on espérait construire le socialisme, mais aujourd’hui la thèse du passage « historiquement nécessaire » est rendue floue par l’échec du prétendu « socialisme réel » dans les pays de l’Est. Cet échec historique, ce séisme politique a peu à peu amené les interrogations sur le concept même de socialisme au point que y compris les forces de gauche n’utilisent plus ou peu ce concept. C’est ainsi que nous vivons dans un monde unipolaire, sans perspectives politiques réelles pour changer ce système.

    Qu’avons-nous à gauche comme système à opposer au capitalisme néolibéral si le socialisme n’est plus de mise ? 

    Cette question dépasse de loin le cadre de la seule France ou Europe. C’est une question essentielle pour les gauches dans le monde, car les problèmes actuels pour une bonne part se jouent à l’échelle planétaire.

    Sur tous les continents du monde, des révolutions et insurrections populaires se déroulent, mais ce n’est pas pour autant qu’une perspective émancipatrice s’affirme. A chaque fois elles butent sur des régimes autoritaires, sur la force du capitalisme et ses outils. (Banque Mondiale, Fonds Monétaire International, Organisation Mondiale du Commerce), sans oublier d’un point de vue militaire l’OTAN.  

    N’y a-t-il pas urgence à développer les coopérations internationales solidaires et à mondialiser une vision sociale commune pour s’opposer au système en place et tenter d’ouvrir de nouvelles perspectives ?  

     

    Les limites de la démocratie représentative

     

    Il n’est pas inutile de rappeler l’importance absolue du suffrage universel, « le bloc de l’Est est mort d’avoir méprisé la démocratie représentative, d’avoir prétendu faire le bonheur des peuples sans eux et malgré eux ». Mais nous connaissons aussi les limites de la démocratie représentative : la délégation de pouvoir. 

    D’où l’importance aujourd’hui d’ouvrir des pistes nouvelles, ou reprendre des idées déjà développées par le passé, comme « la stratégie autogestionnaire[ii], conçue comme une nouvelle citoyenneté, ou les individus et les collectifs de travail ou d’intérêt pourraient jouer un rôle direct dans les processus de la gestion sociale et économique. »

    Nous ne partons pas de rien, en son temps des intellectuels de gauche, à l’image de Félix Damette, et d’autres, ont largement traité le sujet et ouvert les pistes de réflexions. 

     

    Sortir de la confusion politique

     

    Il suffit de regarder pour ces élections municipales, l’extrême confusion politique, la multitude de listes dans des grandes villes, se présentant apolitiques, ou encore le nombre de  regroupements hétéroclites, (droite, gauche, centre, nationalistes), dont l’absence de clarté, de lisibilité reste la principale indication. 

    Tout cela fonctionne d’une volonté de déstabilisation des valeurs et clivages qui pourtant existent, comme la lutte de classe, entre la droite et la gauche. 

    Il est temps à gauche de se ressaisir, de clarifier les enjeux, être porteur d’un projet autour duquel peuvent s’identifier les citoyens qui rêvent d’une autre vie.  

    Il est temps de laisser la « fausse gauche » celle du « renoncement social » et de la confusion, faire la route qu’elle souhaite. La confusion politique, est une impasse démocratique et pire encore, elle est en train d’installer durablement dans le pays les idées d’exclusion, d’ouvrir la porte aux extrêmes droites nationalistes et racistes. 

    Macron a été élu par défaut, en rejet de Le Pen, mais pour combien de temps encore ?

    L’urgence aujourd’hui est à l’action, à l’image des manifestations pour sauver notre régime des retraites, mais il est aussi à la clarté politique.  

     

    Il est grand temps de se préoccuper du futur, d’ouvrir grand la porte à l’autocritique à gauche, de travailler à regrouper, à rassembler juste et clairà refonder une espérance avec une gauche sociale et écologiste. Une gauche ou l’intérêt général deviendra la règle, une gauche forte de ses convictions et en opposition au capitalisme néolibéral. Une gauche dont la solidarité internationale sera le socle de son engagement contre les guerres et autres misères.  

    Si nous travaillons à modifier les rapports de forces politiques, alors l’espoir sera demain au rendez-vous.  

    Il y a urgence à clarifier les débats politiques, car le temps nous est compté. 

    Il y a urgence pour le présent et le futur. 

     

    Jacques Casamarta

     



    [i] Avec le peuple Roumain, motion votée par le bureau de la fédération de la Corse du sud du Parti communiste  le 26 décembre 1989.

    [ii] Une force politique nouvelle, pour faire du neuf à gauche. Plaquette éditée en mars 1992 par ADS (Alternative Démocratie Socialisme.

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