• La chantilly MacronDes bons sondages d'Emmanuel Macron sont relayés par L'Express et BFM/TV, puis repris par d'autres média viennent de l'institut de sondages Odoxa. La chantilly Macron monte, monte, monte… mais elle est sans réelle consistance. D’abord, il est placé en tête des candidats de la Gauche, alors qu’il s’affiche ni de gauche ni de droite. Maintenant il serait perçu comme un meilleur président que François Fillon par un panel de 1000 sondés. Avec 55% d’avis favorables, cela suffit pour titrer de gros articles sur « Emmanuel Macron le meilleur président ». On le met directement en concurrence avec un Fillon qui décline dans les sondages au fur et à mesure que les électeurs découvrent son programme. C’est bien sûr L’Express et BFM/TV qui lancent ces sondages un peu trop favorables lorsque l’on sait que ces média appartiennent à Patrick Drahi.

    Rappelons que l'Express, BFM TV sont la propriété de monsieur Drahi. "Bernard Mourad, l'un des proches compagnons de route du fondateur d'Altice, la maison-mère de SFR, a démissionné, pour rallier l'équipe de Macron ... Après avoir racheté SFR en 2014, Drahi a racheté NextRadio, propriétaire de… BFM TV, en 2015. L’ensemble, appelé Altice Media, est fusionné par Mourad avec SFR en 2016. Il comporte d’autres titres bien connus comme l’Express qui, lui non plus, ne ménage ni son temps ni sa peine pour donner une bonne image de Macron. SI VOUS VOULEZ EN SAVOIR PLUS, dans google, tapez : drahi, puis "drahi macron"… Vous serez édifiés!

    La chantilly MacronQui sont les deux co-fondateurs de cet institut Odoxa chargé des sondages ? D’abord, il s’agit d’un sondeur privé créé par deux anciens d’un autre sondeur  BVA Opinion mais pas que de BVA Opinion. Les co-fondateurs d'Odoxa sont Gaël Sliman et Céline Bracq. Gael Sliman vient de l'institut BVA. Celine Bracq est passée par BFM, par Itéle et Canal + et BVA Opinion. Un article leur a été consacré par le site Extimités qui décrit Gaël Sliman et Cécile Bracq, après leur sondage sur François Hollande et Manuel Valls, comme « deux profils tendance pro-business, partisans de la «conversion des Français aux idées sociales-libérales», plutôt à droite car les opinions sont connues. Lorsqu’on regarde de près ce sondage, on remarque deux choses: 1. Il a été réalisé en ligne (sondage web, OneClic), après de 1006 personnes, nous ne dirons pas «seulement», 2. C’est un sondage choix unique (à gauche) qui oppose frontalement Manuel Valls et F. Hollande. Lorsqu’on sait le penchant «droite» de Manuel Valls, le résultat était attendu, recherché?… »

    Donc il ne faut pas s’attendre à la simple objectivité avec des sondages fabriqués sur des panels de 1000 personnes à qui l’on demande une réponse sur une question qui oppose deux personnalités de droite, en considérant que Macron est de gauche. Tout cela pour faire d’Emmanuel Macron le candidat du Parti socialiste et éliminer Manuel Valls. Vous pouvez être certains que la manœuvre peut fonctionner auprès de partisans de l’ancien premier ministre de Hollande, prêts à se faire fourrer à la chantilly Macron.

    Macron a besoin des voix socialistes mais aussi d’une partie des voix de Fillon pour réussir son coup avec l’aide de Patrick Drahi, patron de presse et l’argent de la City. Donc les grandes manœuvres médiatiques battent leur plein pour faire d’Emmanuel Macron l’homme politique de l’année dans les urnes après l’avoir fait dans la presse. La chantilly Macron monte, monte, monte… pour fourrer les électeurs comme des choux. Il s’agit bien d’un coup fourré. Il ne reste plus qu’à en faire le seul rempart contre le Front national au deuxième tour des élections. Cela va venir ! Odoxa va nous sortir un autre sondage que L’Express et BFM/TV répandront dans tous les autres média.

    U Barbutu

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  • « Des charrettes chargées de pierre, de bois ou de tonneaux, conduites par des charretiers brutaux à qui les embarras faisaient renier Dieu avec une énergie endiablée ». Cette phrase est tirée du Capitaine Fracasse, œuvre de  Théophile Gautier. Chartier est le nom du porte-parole de François Fillon en tandem avec la députée marseillaise Valerie Boyer. Puisqu’il est porte-parole et donc porteur du sens des mots, Jérôme Chartier doit assumer son nom de famille.  On estime généralement que son patronyme est 'une contraction de "charretier". Cependant, deux remarques s'imposent : d'une part, dans la région parisienne au moins, le mot "chartier" apparaît souvent dans les actes comme synonyme de "laboureur" (celui qui a une charrue tirée par des bêtes. Cela expliquerait la métaphore du « sillon » souvent utilisée par Fillon. Fillon trace son sillon. Quel slogan !). D'autre part, dans la Vienne et le Berry, Chartier est un nom de personne, popularisé par saint Chartier (latin Carterius), prêtre au VIe siècle dans un bourg proche de La Châtre qui s'appelle aujourd'hui Saint-Chartier. Lorsqu'il est porté dans cette région, le nom Cartier a sans doute le même sens (même s'il peut aussi désigner une mesure agraire)." Pas de Cartier ! Il nous plaît de rester sur la contraction de « charretier »  tant la charrette électorale de François Fillon est lourde à faire avancer, sans quelques reculs stratégiques : privatisation masquée de la Sécurité sociale, abandon des 35 heures, TVA relevée de 2 points, autorisation du cumul des mandats, suppression massive de fonctionnaires nationaux et territoriaux... Usage des ordonnances et de l'article 49.3.  Son porte-parole, malgré son nom, n’est pas dans le genre de celui qui « hurle et jure comme un charretier ». Tout son travail consiste à laisser penser que la charrette avance même si elle est immobile car Fillon n’a aucunement l’intention de l’alléger en ce qui concerne ses projets les plus antisociaux. Il compte sur une majorité de mules citoyennes et d’ânes républicains pour tirer le fardeau. Jérôme Chartier explique tout à la façon un bonimenteur. Il distribue du son. Le projet santé n’est pas débarqué. Il est remis à plat et discuté. "Une bonne réforme, c'est une réforme qui arrive à être comprise par chacun. Cette réforme de la santé n'a pas été comprise, ça veut dire qu'elle n'était pas suffisamment aboutie", assure-t-il. On croirait entendre Myriam El Kohmri et Manuel Valls sur la loi travail. Le projet de Fillon n’a pas été compris parce qu’il n’est pas suffisamment abouti. Donc, c’est à chacun de le comprendre et, pour cela, il va être présenté différemment jusqu’à ce qu’il soit compris, c'est-à-dire admis quitte à user des ordonnances et de l'article 49.3. Toutefois la seule chose qu’explique le charretier du programme Fillon est que « Depuis une vingtaine d'années, la Sécu n'assure plus. Elle ne remplit plus l'objectif de 1945 ». C’est bien de la casse de la Sécurité sociale qu’il s’agit mais, dit comme cela, c’est de l’enterrement d’une comateuse qu’il s’agirait. Il faudrait la débrancher. Une fois cela admis, il ne reste plus qu’à dire « ma solution est la seule crédible » parce qu’elle est douloureuse, toutes les autres sont des soins palliatifs. Comme le dit le dicton : « Si tu veux tuer ton chien, tu l’accuses de la rage ».

    Fillon, c’est le capitaine qui fracasse tous les acquis sociaux. Il n’a rien à voir cependant avec un personnage de la Commedia dell’arte si ce n’est que le personnage du Capitaine Fracasse correspond à l’âge politique du candidat sorti des primaires de la Droite.  Le roman de Théophile Gauthier est paru en 1863 mais cette aventure de cap et d’épée se déroule entre 1637 et 1643. Son Capitaine est fin bretteur et ne refuse pas un duel, qu'il remporte toujours. Son roman est aussi un bel hommage au théâtre et à ses serviteurs, les comédiens. Et puis le capitaine Fracasse est le baron de Sigognac, dernier rejeton d'une famille noble mais ruinée. Le seul lien du roman avec Fillon est le verbe « fracasser » et la citation sur les charretiers. Fillon a dit qu’il voulait « casser la baraque et la reconstruire autrement ». Avec sa charrette électorale dans laquelle il veut conduire 500.000 fonctionnaire à l’échafaud budgétaire, il  risque de se fracasser sur le non sens populaire malgré les efforts de son charretier. 

    On pourrait dire des porte-paroles, ce que Gauthier a écrit des comédiens dans son roman : « L'art du comédien est de se ménager et de ne présenter que les apparences des choses. Il doit être froid en brûlant les planches et rester tranquille au milieu des plus grandes furies ». Jérôme Chartier semble avoir assimilé l’art du comédien. Il est devenu le traducteur de François Fillon dan la comédie du langage. Il faut dire que, au sein de l’UMP, il avait été chargé de la « pédagogie des réformes » qui peut se traduire, avec Fillon, par « comment faire avaler des couleuvres antisociales ? ». Quelles fables vont-ils inventer ? Nous connaissons celle du chartier embourbé, écrite encore par jean de la Fontaine. A l’époque Charretier s’écrivait chartier. Fillon et Chartier, ce Phaéton, ont déjà mal dirigé leur charrette antisociale, elle sera foudroyée par l’électorat populaire.

    Il faut maintenant plus sérieusement rappeler que Jérôme Chartier a rejoint, à partir de 1997, un groupe de restructuration d'entreprises et travaillé successivement pour des fonds d'investissements, des groupes industriels et des sociétés de gestion de participations majoritaires. En 2001, il fonde avec des partenaires une holding de participations, qu'il cédera après son élection à l'Assemblée nationale en 2002 pour se consacrer entièrement à son activité politique. Il est député du Val d’Oise et maire de Domont. Il a écrit deux ouvrages dont l’un est intitulé « Le  lifting de Marianne » et l’autre « L’éloge du travail ». Lorsque l’on connaît le programme de Fillon, on peut imaginer sous quel angle ces essais ont été écrits. En 2003, Il est nommé Young Leader de la French-American Foundation. Parmi les généreux donateurs de la FAF, on trouve la banque Lazard,  Franck Carluccii du groupe Carlyle, et David Rockfeller , ancien président de CFR et créateur de la Trilmatérale. La French-American Foundation - France est la principale organisation  qui se consacre à « renforcer les liens entre la France et les États-Unis »[2]. Des membres du PS y ont été reçus : Montebourg (en 2000) et Najat-Belkacem notamment (2006) mais également Macron, young leader de la FAF promotion 2012, qui s’y est exprimé le 7 septembre dernier. Peut-être y a-t-il trouvé de nouveaux parrains ? Cette fondation chasse celles et ceux qui sont appelés à accéder à de hautes fonctions. « Young leaders » est le programme-phare. Chaque année, vingt français et américains âgés de 30 à 40 ans et appelés à jouer un rôle important dans les relations franco-américaines, sont sélectionnés par un jury en France et aux Etats-Unis. Les candidats retenus participent à deux séminaires de cinq jours chacun, sur deux années consécutives – alternativement en France et aux États-Unis – afin d’échanger sur sujets d’intérêts communs aux deux pays et tisser des liens d’amitié durable. Une visite sur la revue de presse du site de la fondation montre que ses membres sont très préoccupés par le traité de libre-échange entre l’Europe et les USA. Un article explique que la faute du rejet est imputable aux dirigeants européens qui l’ont mal expliqué. Une fois encore, c’est donc la pédagogie qui devrait prendre le relai et il faut trouver de jeunes leaders, des charretiers pour faire avancer la charrette TAFTA, TTIP and co.«Il faut arrêter de dire que c'est un lapin et expliquer pourquoi nous avons besoin d'un ours!» déclarait, lors d’un conférence, Pascal Lamy, ancien directeur de l’OMC, qui nous invente une fable pour dire que le partenariat Europe/USA est avant tout une affaire de confiance. On se demande en définitive s’il fait allusion à une fable méconnue de Jean de la Fontaine . L’ours américain voudrait-il se torcher avec le lapin européen[1] ? Vont-ils vouloir nous faire croire à une fin heureuse. Le lapin se prend pour un ours et l’ours voudrait bien devenir un lapin, et sans s’en rendre compte tous deux marchent main dans la main sur le chemin de la vérité.

    La compagne du Young leader promotion 2003, Jérôme Chartier, est une chef d’entreprise également femme politique, Virginie Calmels qui n’est autre que la première adjointe d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux. Ancienne dirigeante des groupes de médias-canal+ et Endemol, elle est actuellement vice-présidente de Bordeaux Métropole. Elle est également présidente de l'EPA Bordeaux-Euratlantique et présidente du conseil de surveillance d'Eurodysney. Cette politicienne était la porte-parole d’Alain Juppé lors de la Primaire de la Droite. Elle est déjà adoubée pour succéder à Juppé, lorsqu’il quittera son fauteuil de maire. On peut dire que ce couple sait se distribuer les rôles et pratique le dicton : «  On ne met pas tous ces œufs dans le même panier », d’autant plus que Fillon et Juppé, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Ils ont donc joué gagnant et placé. Si Fillon entre à l’Elysée, c’est le jackpot pour ce couple ambitieux. Si cela avait pu être Juppé, tirage aussi gagnant pour eux au loto de l'élection présidentielle.

    Battone

     

    [1] Maître l’Ours et Maître Lapin
    Assis sur un coin de verdure
    Au coeur d’une forêt de pins
    Font leur offrande à la nature.
    Chacun a l’esprit à sa tâche
    Pour alléger son estomac
    Lors tous deux forcent sans relâche
    Et Maître l’Ours tient ce débat :
    « Dites-moi, Monsieur du Lapin,
    Ne trouvez-vous point que parfois
    Il reste sur votre arrière-train
    Les reliefs d’anciens repas
    Cela ne vous gène-t-il pas
    Qu’une partie de votre fourrure
    Après avoir posé ce plat
    Attire les mouches et soit dure ? »
    « Cela jamais ne m’incommode :
    Pour vagabonder dans les prés
    La fourrure brune est à la mode
    Et l’odeur en est fort prisée. »
    Maître l’Ours, à ces mots, se lève,
    S’empare de Maître Lapin
    Et en poussant un soupir d’aise
    Le passe sur son arrière train
    Puis il se dandine et repart
    Laissant Maître Lapin penaud
    D’avoir réalisé trop tard
    L’inconséquence de ses mots.
    Fort dépité Maître Lapin
    Eut la pensée que je vous dis :
    « C’est au fondement du besoin
    Que l’on reconnaît ses amis »
    ( Jean de la Fontaine )

    [2] L’annonce officielle de sa création  a été faite en 1976 lors d’un dîner d’État à Washington réunissant les présidents Gerald Ford et Valéry Giscard d’Estaing à l’occasion des célébrations du bicentenaire de la Déclaration d’indépendance. Cinq ans plus tard, en 1981, le programme des Young Leaders voit le jour. Il s’agit de la première grande initiative pour bâtir des relations durables entre de jeunes personnalités françaises et américaines appelées à de hautes fonctions. D’autres programmes d’échanges et rencontres seront ensuite créés au fil des années pour permettre à la French-American Foundation d’accomplir sa mission et d’être aujourd’hui l’un des acteurs majeurs de la relation entre la France et les États-Unis.

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  • François Hardy passe sur toutes les chaînes pour vendre sa « survie » et sa « grave maladie » qu’elle raconte, sans rien épargner aux lectrices et lecteurs, dans son livre « Un cadeau du ciel ». Elle ne se contente pas de parler de ses diarrhées et autres symptômes mais aime parler politique. Même lorsqu’on ne la questionne pas sur Jean-Luc Mélenchon, elle tient à attirer l’attention sur sa dangerosité. La chanteuse le compare à un « fou furieux» aussi dangereux que la candidate du Front National, Marine Le Pen.

    Si sa guérison est un cadeau du ciel pour elle, le cadeau ne comprenait pas de lui donner plus d’intelligence qu’elle en avait avant sa maladie. Pas de miracle de ce côté-là. On note plutôt une aggravation de son hystérie réactionnaire lorsque, descendants d’Harpagon, elle pense qu’un politique pourrait s’attaquer à sa cassette non pas audio mais contenant ses économies. On se souvient encore qu’elle se disait ruinée si Hollande était élu en 2012. Elle avait suscité la polémique pendant la campagne présidentielle. Un plein débat sur la volonté de François Hollande de taxer à 75 % les hauts revenus et de réformer de l'ISF, Françoise Hardy s'était montrée très inquiète quant à son avenir. "Je vais être obligée de déménager, de quitter Paris à cause de l'ISF", avait déclaré l'interprète de "Message Personnel" dans une interview à Paris Match. "Je suis forcée, à pas loin de 70 ans et malade, de vendre mon appartement et de déménager. Si Hollande passe, je ne suis pas certaine que mon revenu suffira à payer mes impôts". Françoise Hardy avait joué la transparence sur sa feuille d'imposition indiquant avoir 150.000 euros des revenus : "Je paie 40.000 euros d'ISF par an. Si Hollande le multiplie par trois, qu'est-ce que je fais ? Je suis à la rue". Elle avait même dit qu’elle devrait quitter son appartement de 8 pièces (pour elle toute seule) et emménager dans un F3. La pauvre !  Son fils, gêné sans doute, lui avait lancé pudiquement : « Mais non maman, ne t'inquiète pas, je t'inviterais chez moi ». Mais non maman, ne t'inquiète pas, je t'inviterais chez moi" Lors d'un passage sur France 2 le candidat Hollande avait également tenté de rétablir des vérités : "Si les personnes qui sont à la rue payaient 40 000 euros d'ISF, elles seraient heureuses. Il y a des gens qui couchent dehors, dans les tentes, les roulottes, les caravanes. Je veux rassurer Françoise Hardy, l'ISF ne sera pas multiplié par trois puisque je vais revenir exactement au barème qui existait l'année dernière avant qu'il soit baissé par Nicolas Sarkozy. De ce point de vue-là, elle ne sera donc pas à la rue" avait-il expliqué.

    La presse n'a pas oublié cette épisode grotesque et nous ressort la chanteuse pour fare le buzz. Depuis qu’elle s’affiche comme de droite et juppéïste, François Hardy est, à chacune de ses passages à la radio et à la télé, sollicité pour donner son avis sur les élections présidentielles. On peut évaluer l’intérêt d’un tel avis en regardant son passage au Grand oral des Grandes gueules sur RMC repris par BFM/TV que l’on peut rebaptiser  Télé Macron. On comprend que Jacques Dutronc n’ait pas tenu à vieillir avec une Françoise Hardy loin du romantisme de ses chansons et qui cherche dans les astres les signes d’une vérité terrestre. Le problème est qu’elle ne s’en tient pas à la chanson et à l’astrologie.  Que connaît-elle de la vie des gens non soumis à l’ISF ? Que connaît-elle des SDF ? Quelle conscience politique peut-elle montrer en dehors de la conscience d’être riche et de vouloir le rester ? L’indécence semble être le mode de fonctionnement intellectuelle de cette chanteuse de variétés sortie du petit conservatoire de la chanson, une émission télévisée animée par Mireille sur la première chaîne de la RTF et de l’ORTF. C’était les années « âge tendre et tête de bois ». Il ne reste que la tête de bois dans la vieillesse.  La chanteuse est passée du romantisme de la jeunesse à une retraite dorée. En cinquante ans, l’argent fait dans l’intelligence plus de dégâts que la maladie dont nous lui souhaitons d’être guérie. Pour le reste, peu d'espoir que cela s'améliore.

    Battone

     

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  • La comédie du langage électoralLe 13 décembre dernier France-Culture consacrait une émission sur le thème : "Petites gens", "France d'en bas"... Comment les responsables politiques désignent les classes populaires.

    Comment oublier les « sans-dents » de François Hollande, terme méprisant  employé en privé et sorti des 320 pages écrites par son ex-compagne. Toutefois, dans le discours public de nos politiciens, on trouve un florilège d’expressions entortillées, euphémismes maladroits, périphrases risibles, quand la sémantique trahit un problème politique.

    Jean-Pierre Raffarin avait choisi « La France d’en bas ». Manuel Valls a fait un autre choix. Lors de sa déclaration de candidature, il y a une semaine, il a parlé des "petites gens", on pourrait presque se croire dans une chanson de Pierre Bachelet qui dit « les petites gens, ça connaît la chanson ». Dans le discours de Marine Le Pen, les classes populaires sont souvent englobées dans des adjectifs : "les invisibles" ou "les oubliés". On en est encore à une vision romaine de la république avec sa noblesse, ses patriciens et la plèbe, c’est-à-dire celles et ceux que l’on nomme les « gens du peuple ». Nous nous sommes éloignés du rôle de chaque citoyen dans la démocratie athénienne.

    Les employés et les ouvriers représentent 55% de la population active, auxquels il faut ajouter les retraités modestes. L'enjeu électoral est important car il est impossible de gagner sans l'apport des classes populaires. Les politiques doivent faire oublier leur arrogance et se montrer connectés à la vie réelle. Nous l’avons vu avec Jean-François Copé et son pain au chocolat à dix centimes... Nous avons pu noter les efforts souvent brocardés d’Alain Juppé pour gagner de la popularité. Les politiciens sont conseillés et choisissent des mots qui ne doivent pas être blessants ou incompris. Emmanuel Macron, pas encore roué à cet exercice, avait évoqué les "pauvres qui prendront le bus". Le mot « pauvre » n’a pas la même résonnance dans la bouche d’un énarque né le cul dans le gâteau et dans celle d’un syndicaliste. Macron  a accumulé  les « gaffes » envers une classe populaire que, à l’évidence, il ne connaît pas si ce n’est par ce que l’on peut en dire dans la grande bourgeoisie provinciale et les arcanes du pouvoir, parmi les conseillers énarques. Le mépris fait toujours surface lorsque le langage n’est pas maîtrisé. Chassez le naturel, il revient au galop !

    Dans l’incapacité à trouver des mots simples et directs, le discours public préfère les longues périphrases. De qui parle-t-on avec ces "classes populaires" ? Le sociologue François Dubet note que ce bloc "classes populaires" n'est pas homogène, et l'est même de moins en moins. Le chômage et la précarisation du travail créent une palette de situations sociales fort diverses.

    Pour éviter ces inconforts linguistiques, certains ont trouvé des astuces. Par exemple, celle de définir le public dont vous parlez... par l’heure de son réveil. « La France qui se lève tôt », dit Nicolas Sarkozy : une formule qui a l’avantage de rassembler tous ceux qui souffrent un peu quand la sonnerie retentit. Cela fait du monde, mais ce n’est pas très précis.

    Si les politiques avaient lu les bandes-dessinées de Jul, invité de France-Culture, ils auraient pu emprunter le concept astucieux de "prolo-sapiens" (l'une des classes sociales dans "Silex and the city"). Et puis il y a la solution ultime, celle de Laurent Wauquiez, l’ex-patron par intérim du parti Les Républicains et actuel Président autocrate de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a résolu le problème sémantique : ne pas citer les catégories populaires, la méthode ultime pour ne pas commettre d'impair, surtout, si, comme lui, on sort une ânerie réactionnaire par discours contre les acquis sociaux.

    Comment des politiciens qui  ont un problème sémantique avec les « petites gens », (la « France d’en bas », les « sans-dents », les « invisibles », les « oubliés », les « gens qui se lèvent tôt » ou qui les met tous dans le générique « Classe moyenne », celle donc qui n’est pas riche), peuvent-ils obtenir les voix de celles et ceux qu’ils méprisent ? Ces derniers devraient mieux les écouter et mieux analyser leurs discours, surtout lorsqu’ils se présentent comme les candidats du travail, alors qu’ils sont issus de la rente de la bourgeoisie de province et du métier de la politique comme François Fillon, ou professionnels de la rente et de la spéculation financière comme Emmanuel Macron. Quant à Marine Le Pen, elle fait fructifier l’héritage politique de son père puisqu’elle est à la tête de  l’entreprise familiale qu’est, depuis son origine, le Front national. La suite est déjà assurée avec la nièce, Marion Maréchal Le Pen.

    Dans une librairie, j’avais feuilleté un petit opus intitulé « Dictionnaire des mots qui manquent ». C’est bientôt Noël et voilà un cadeau à offrir à ces politiciens à qui il manque les mots justes. Peut-être faut-il en inventer comme « paluchard » qui désignerait une personnalité politique dont l’activité essentielle consiste à serrer des mains.

    Ils ont besoins des classes populaires au moment des élections. Leurs efforts pour convaincre ne s’arrêtent pas aux choix des mots mais touchent le fond même de leurs promesses. On avait entendu François Fillon affirmait avec fermeté qu’il allait privatiser la sécurité sociale. L’impopularité de cette menace, sous forme de promesse, lui a fait la supprimer de son site de candidat. Cela ne veut pas dire qu’il y a renoncé. Il s’attache simplement à modifier son kit de présentation en s’interdisant le mot « privatisation ». « Si jamais, quand vous tombez malade, cela n'a aucun impact sur votre indemnité et votre salaire, ce n'est pas très responsabilisant. Du coup, on a un peu l'impression que la sécurité sociale est quelque chose sur lequel on peut tirer sans qu'il y ait un impact », avait lancé Laurent Wauquier sur BFM TV-RMC. Quel mépris pour les assurés sociaux lorsqu’ils sont malades ! Le commentateur Guy Carlier a répondu à l’outrance par une outrance en souhaitant à Wauquier un cancer du pancréas. Il ne faut pas abuser de la maladie et des médicaments, selon ce réac viscéral. Un malade devrait donc avoir un impact sur ses indemnités et son salaire et non pas que sur sa santé physique et mentale. La double peine responsabilise-t-elle au point de n’être plus malade ou plus soigné ? Le fond de la pensée des Ultralibéraux est dans cette déclaration révoltante. Ses intentions sur la sécurité sociale, Fillon les a annoncées dans la campagne des primaires de la Droite. Seul son discours va s’édulcorer dans la campagne présidentielle, pour tromper celles et ceux que Laurent Wauquier appelle la classe moyenne. Avec ces réactionnaires, les acquis sociaux vont fondre comme neige au soleil.

    Du côté de Manuel Valls, sa dernière grande annonce est que, si les portes de l’Elysée s’ouvrent à lui, il supprimera l’article 49.3 sauf pour les lois budgétaires. C’est comme si les six usages de cet article qu’il a faits étaient la faute de la constitution et du Président de la république qui l’a laissé faire. Il ne veut plus succomber à la tentation et se délivre du mal. Amen ! Celles et ceux qu’il nomme les « petites gens » étaient dan la rue contre la loi El Kohmri et n’ont pas la mémoire courte. Les lois Macron et El Kohmri, c’est lui qui les a faites passer en force parce qu’il n’avait pas la majorité parlementaire requise. C’est lui qui a usé de cette arme législative qu’il énonce aujourd’hui encore comme anti-démocratique. Il propose donc une lessive constitutionnelle qui le laverait de son passé de Premier Ministre.  Ce n’est qu’une stratégie. François Hollande et lui-même ont eu cinq ans pour supprimer cet article contesté par eux-mêmes à l’époque où ils étaient dans l’opposition. La question qui se pose est : « Manuel Valls aurait-il usé de l’article 49.3 pour supprimer l’article 49.3 ? » Avec lui, nous ne sommes pas à un « comble » prés.

    La comédie du langage électoralOn parle beaucoup de la politique "post vérité" depuis l'élection de Trump aux USA. C'est l'art d'asséner des mensonges avec assurance à une clientèle qui fonctionne plus à l'émotion qu'en faisant appel à la logique, à la vérité des faits. La jeune clientèle française de la politique "post vérité" se cherche un homme providentiel et croit le trouver chez celui qui, sur un slogan "en marche", la fait courir sans s'intéresser à ce qu'il dit et à ce qu'il est vraiment. Ces jeunes cherchent une idole, un mythe vivant. Un Rastignac comme Macron peut facilement les mystifier par des slogans vides et des idées faussement lumineuses ou modernes comme la suppression des allocations salariales de chômage et de maladie. Il ouvre des boîtes de pandore qui génèrent plus de problèmes que de solutions. Il fait du racolage électoral et a trouvé pour promouvoir sa candidature un patron de presse: Patrick Drahi, homme d’affaires sulfureux, surendetté et très influent pèse de tout son poids dans sa campagne. Ce dernier lui a même délégué l’un de ses meilleurs colonels: Bernard Mourad. Cela explique pourquoi Macron est soutenu par BFM/TV. Après avoir racheté SFR en 2014, Drahi a racheté NextRadio, propriétaire de BFM TV, en 2015. L’ensemble, appelé Altice Media, est fusionné par Mourad avec SFR en 2016. Il comporte d’autres titres bien connus comme l’Express qui, lui non plus, ne ménage ni son temps ni sa peine pour donner une bonne image de Macron. Vous trouverez sur le blog d’Eric Verhaeghe quelques éléments troublants sur les rapport entre Drahi et Macron en cliquant ICI. Lycéen de 15 ans, Macron jouait l’épouvantail dans la pièce de Jean Tardieu « La comédie du langage ». Il a fait profession de crier et de gesticuler sur une estrade pour faire courir celles et ceux qui se sont mis « en marche », alors qu’il devrait les épouvanter.

    Nous sommes entrés dans la comédie du langage électoral. Avec des mots, ils nous tricotent des mensonges. Il nous faudrait des parapluies de mots pour nous protéger des mots piégeurs, des mots auxquels ils font dire ce qu’ils veulent.  D’aucuns, avec des petits mots loquaces, nous préparent de grandes peines. Si les mots expriment des idées, exprimez vos idées avec vos mots. Ne vous les laissez pas volés par les politiciens  de la doxa libérale qui manipulent les esprits pour installer un pouvoir réactionnaire et autoritaire rendu possible par la constitution de la 5ème République qui fait de l’élection présidentielle l’alpha et l’oméga de la vie politique.

    Vivement une 6ème république plus démocratique, plus sociale et plus juste !

    Battone

     

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  • Les banquets de MacronQuel sera le nom du premier bébé de Manuel Macron et Brigitte? Sarkozy va-t-il chanter en duo avec Carla? Hollande va-t-il entamer un tour de Corrèze en scooter avec Julie ? Valls valse-t-il quand Anne est au violon ? Fillon va-t-il se convertir à l’athéisme si Dieu lui refuse l’Elysée ? Montebourg va-t-il renoncer au made in France si La Marinière est rachetée par les Chinois ? Hamon donnera-t-il son aval à Montebourg vainqueur des Primaires?  Ces gros titres fantaisistes pourraient apparaître en Unes des revues laissées à disposition des malades dans les salles d'attentes des cabinets médicaux. Selon une étude sérieuse faite en Nouvelle-Zélande, dans les cabinets médicaux, la probabilité qu'une revue disparaisse un jour donné apparaît de 6,69 fois à 33,32 plus importante si celle-ci colporte des potins que si elle n'en colporte pas. J’ai pu constater que mon dentiste ne mettait pas Voici et Gala à la disposition de ses patients… à moins qu’ils aient déjà été chouravés. Par contre j’ai trouvé au milieu de quelques hebdomadaires périmés, un « ELLE » daté du 25 novembre 2016. Miracle ! La Une annonçait « 12 stars témoignent : « Nous venons toutes d’ailleurs ! » et en plus petit : « Elles font la France d’aujourd’hui et se mobilisent pour les réfugiés »... ça change des titres  de Gala, Voici et Paris-Match qui appâtent les personnes friandes de presse-people. Bien que "ELLE" ne s'adresse pas aux Hommes, j’ai voulu savoir ce que les femmes pouvaient aimer lire d’autant plus que c’était la revue la plus récente trouvée dans la pile. Bien sûr, il y a beaucoup de publicités. Je ne suis pas arrivé au titre de la Une (suffisamment explicite et, ma foi, courageux. Bravo !), car un petit article m’a intrigué : « J’y étais, au dîner d’En Marche » avec la tête d’Emmanuel Macron couronnée par son identité. Alors je n’ai pas résisté et j’ai demandé une photocopie. Chez un dentiste, avec le sourire, on obtient souvent ce que l’on veut sans être obligé de le voler. Cela m’a ramené au tête-à-tête du 8 décembre entre Macron et Boudin. Ce dernier avait posé la question de savoir si le « marcheur sur la tête » ex-ministre de Valls et Hollande est un « candidat papier glacé » en évoquant les articles publiés notamment dans Paris Match et d’autres journaux people sur le couple Emmanuel Macron/ Brigitte Trogneux. Le « candidat papier glacé » a répondu qu’il n’était pas le rédacteur des journaux et qu’on le sollicitait parce qu’il fait vendre. Il a ajouté qu’il survivrait si demain cette presse se détournait de lui. Emmanuel Macron veut peut-être renouveler la politique, mais, tout en faisant sa chochotte et pour occuper l'espace médiatique, il utilise une technique vieille comme le monde : se mettre en scène, dans la presse people, au bras de sa compagne. France Dimanche est allé jusqu’à annoncer son divorce qu’il a démenti. On le voit sur une plage avec sa femme dans une Une de Paris Match dont la spécialité est d’alimenter le storytelling des hommes politiques quand ce ne sont pas celui des têtes couronnées. Apparemment le journal ELLE que j’avais entre les mains n’a a réservé à Macron qu’un petit encart journalistique à côté d’un article illustrée sur la « food loose », c’est-à-dire les émissions culinaires déjantées qui saccagent la bien-pensance foodie et les lubies diététiques, une révolte en quelque sorte contre le Système des grands chefs et des diététiciens. Justement il s’agit d’un article sur les dîners pour des levées de fonds pour V.I .P friqués intéressés par la suppression de l’ISF et la défiscalisation de leurs dons. Certains ont préféré leurs dons à janvier 2017 parce que la déduction fiscale sera plus importante selon l’annonce faite par Macron lui-même. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Donc c’était 15.000 € de suite ou 24.200 € versés en janvier prochain. La cuisine politicienne anti-système de Macron nous la trouvons aigre et indigeste avec ses 0% de crédibilité. Elle à un goût rance même si la présentation se veut « cuisine moderne » , façon grande assiette avec pas grand-chose dedans.

    Voici cet article d’ELLE  signé A.G.A.

    Les banquets de Macron

    15.000 à 24.000 € ! C’est cher payé le prix du dîner mais nous avons appris que celles et ceux qui voudraient contribuer peuvent envoyer 1€. Bien sûr, il n’y aura rien à manger mais il promet que, en cas d’élection, il leur fera avaler des couleuvres. A votre bon cœur ! D’un côté il ramasse des milliers d’euros auprès des riches qui n’investissent jamais pour rien. De l’autre côté, il vous demande l’aumône d’un euro. Il ne sait sans doute pas qu’avec 1€ vous aurez encore une baguette de pain. Ne donnez même pas un centime à un ancien banquier qui sait qu’on ne prête qu’aux riches. Il n’a qu’à faire un prêt à la banque Rothschild.

    Il était déjà allé à Londres pour faire ce que l’on appelle du fund raising auprès de ses soutiens et participer à des banquets londoniens à 7500 € le couvert. Autrefois, des recruteurs se rendaient à l’étranger pour y lever des mercenaires armés, aujourd’hui des politiciens vont, sans sourciller, lever des fonds à l’étranger. C’est considéré comme plus honorable que se faire remettre des valises de billets envoyées par des dictateurs. La question qui se pose : « pourquoi investir tant d’argent sur le canasson Macron dans la course à l’Elysée ?  Quel serait le retour sur investissement si ce dernier parvenait à ses fins ?   

    Les banquets de Macron n’ont rien à voir avec celui de Platon. On n’y parle pas d’amour et de beauté. Il n’est pas question d’Eros mais d’euros. De Platon, nous retenons une phrase dans une autre de ses œuvres : « Quiconque veut devenir un grand homme ne doit pas s’aimer lui-même et ce qui tient à lui ; il ne doit aimer que le bien, soit en lui-même, soit dans les autres. C’est encore par cette illusion que tant de gens prennent leur ignorance pour du savoir : on se persuade qu’on sait tout, quoiqu’on ne sache pour ainsi dire rien ; on refuse de remettre aux soins d’autrui ce qu’on ignore, et on tombe dans sa conduite en mille fautes inévitables. Il est donc du devoir de tout homme d’être en garde contre cet amour désordonné de soi-même, et de ne pas rougir de s’attacher à ceux qui valent mieux que soi. ». (Les Lois - Par Platon - Livre V - L’Athénien – Platon) Ce ne sont pas des qualités que Macron a montrées. Il se donne plus d’importance qu’il n’en a, s’enorgueillit, fait la roue devant les caméras… C’est un enflé qui va se dégonfler au fil de la campagne électorale.

    U barbutu  

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  • C'est son épouse la violoniste et, hier soir, c'est Valls qui nous a joué du violon électoral.

    Valls a sorti le violon de son épouse...Hollande a laissé libre le champ de sa succession, miné par Macron. Hier soir Manuel Valls a mis en scène l’annonce prévue de sa candidature aux Primaires de la Gauche qui ne sont que celles du Parti socialiste. Comédien ! Tragédien ! Anaphore, épiphore, métonymie… Manuel Valls s’essaie au lyrisme « Je ne veux pas de… », « Rien n’est écrit », remettre de la « lumière dans les yeux » de ses concitoyens. Le premier ministre sortant, au langage souvent martial, s’est essayé au lyrisme pendant son discours de candidature à la présidentielle, hier soir à Évry, multipliant les figures de style.

    Nous avions eu le discours du Bourget en 2012, Valls vient de faire hier soir le coup du discours d'Evry. Le problème est que, si en 2012 Hollande n'avait pas de bilan, Valls a un bilan de premier ministre en 2016... Alors est-ce que le lyrisme d'une dissertation et quelques figures de style suffiront à donner du sens à un discours racoleur déclamé au milieu d'un public de partisans de l'ancien maire d'Evry parti à la conquête de l'Elysée ? Est-ce que se proclamer démocrate, rassembleur et exécuteur de décisions collectives suffira à faire oublier l'article 49.3, la loi El Komri, le socialisme archaïque, l'abandon des 35 heures, la suppression de l'ISF... ? Il faudrait relire son livre programmatique 2012, "L'Energie du changement" (Cherche Midi). Aux pages 103 et 104, celui qui est alors candidat à cette primaire écrit : "Je propose (…) aussi et sans tabou de supprimer l'ISF, inutile car peu rentable (seulement 0,15% du PIB), et surtout source d'injustice entre les classes moyennes supérieures salariées et les chefs d'entreprise ou les professions libérales."  On connaît le résultat des Primaires de2012. Il a fait bon dernier avec 5% au premier tour et s’est mis corps et âme au service de François Hollande. C'était le dimanche 7 septembre 2014 et la presse italienne avait appelé ce moment le « pacte des tortellinis ». Réunis à Bologne, pour une fête du parti démocrate italien, Matteo Renzi et Manuel Valls proclamaient devant une assiette de pâtes que « la gauche moderne [était] la bonne réponse pour nos pays » et que cette gauche-là allait partir à l'assaut de l'Europe. Valls annonce sa candidature le jour ou Matteo Renzi a perdu son référendum – plébiscite et doit démissionner. La sauce Renzi du « pacte des tortellinis » n’a pas plu en Italie et elle a peu de chance de plaire en France, surtout cuisinée par Valls.

    Lorsque ce dernier, de son vrai nom Manuel Carlo Valls Galfetti, a ravi Matignon à Jean-Marc Ayrault, le journal rue89 avait publié « Seize choses que vous ignorez peut-être sur Manuel Valls ». A la fac de Tolbiac, Valls s’est lié d’amitié avec Stéphane Fouks, le futur communicant de DSK, et Alain Bauer, le criminologue sarkozyste. Dans cette fac de béton, haut lieu de l’extrême gauche étudiante, les trois comparses, rocardiens, se heurtent – déjà – aux plus radicaux. Il fut l’attaché de presse hautain de Lionel Jospin. Il s’est dit « lié de façon éternel à Israël ». Sa compagne, violoniste, ne veut pas de SDF devant son Franprix et lui aurait demandé de faire sauter des PV. Il aurait laissé les caisses d’Evry vides et la ville surendettée. Sa référence historique est toujours Clémenceau. Il ne se sépare pas d’un portrait accroché dans son bureau.

    Il évoque souvent le débat Jaurès-Clemenceau à la Chambre des députés de juin 1906. Dans ce débat, né de la répression imposée par Clemenceau lors de plusieurs conflits sociaux, la gauche garde l’impression que le « premier flic de France » est passé de l’autre côté de la barrière. Valls, lui, se reconnaît dans ces mots : « Je voudrais faire comprendre aux déshérités de tout ordre qu’il n’y a pas d’émancipation véritable pour eux en dehors de celle qui viendra de leurs propres efforts, dans un milieu que l’œuvre des hommes politiques sera de leur rendre de plus en plus favorable. » Valls, c’est Clémenceau contre Jaurés à la différence qu’il n’a ni le charisme ni la verve de son tribun favori. Valls c’est l’ordre républicain et le libéralisme économique contre la démocratie et le socialisme. C’est une néo-droite et une gauce canada-dry.

    En Corse, nous n’aimons pas Clémenceau qui a toujours été un ennemi des Corses.  En 1870 la guerre éclate entre la France et la Prusse. La famille Bonaparte est rendue responsable des malheurs de la France et certains députés, dont Clemenceau, demandent que la Corse ne fasse plus partie de la République. Celui que Valls idolâtre  a poursuivi les Corses de sa haine pendant la première guerre mondiale.

     

    Clémenceau fut parmi les pires chefs de guerre et de la police. Ce briseur de grève a acquis pour sa férocité le surnom de « Tigre ». Il représente une gauche du 19ème siècle, les balbutiements du Socialisme incarné par Jaurés.

    Pour Valls, le socialisme est archaïque et il est venu tuer le parti socialiste de l’intérieur, comme un cheval de Troie. Il y a trouvé une direction embourgeoisée favorable à son courant libéral et autoritaire pourtant durement désapprouvé lors des primaires de la Gauche en 2012 ( Il en est sorti bon dernier avec 5% des suffrages). Ce sillon libéral a été creusé par François Mitterrand à partir de 1983, puis repris par Jospin qui a subi un cinglant échec que l’on croyait sans appel aux élections présidentielles contre Chirac, laissant le deuxième tour à Jean-Marie Le Pen. Cela n’a pas suffi puisque, après une campagne faussement imprégnée des valeurs de la Gauche, Hollande a repris le cours libéral imposé par la direction du PS qui porte bien son surnom de « Gauche-caviar ». On sait où cela conduit aujourd’hui encore : Hollande n’a même pas le courage de venir défendre son bilan dans les nouvelles primaires de la Gauche. C’est son premier ministre qui vient essayer de refaire le coup du discours du Bourget et a pour adversaire ses anciens ministres.

    Décidément les Primaires organisées en 2017 par Cambadélis apparaissent de plus en plus comme une machine à perdre dont le parti socialiste ne sortira pas uni mais éclaté. Le secrétaire de ce parti en perdition a alterné les interdictions de vote et les appels à rejoindre ses Primaires en ajoutant de la confusion à la confusion.

    Si Manuel Valls sort vainqueur des Primaires, nous aurons un candidat de droite supplémentaire à ajouter à Fillon et Macron. Jean-Luc Mélenchon apparaîtra donc comme le seul candidat de gauche éligible et c’est sur lui que doivent porter tous les espoirs d’échapper à un deuxième tour qui va se refermer sur l’extrême-droite ou la droite extrême. Le candidat des Insoumis ne fait pas partie de la longue liste des candidats de gauche comptables, de près ou de loin, du désastreux bilan que François Hollande a lui-même renoncé à défendre.

    Valls a sorti le violon de son épouse...Valls était-il bourré, hier soir à Evry ? Après avoir pris un large virage à droite, il contre-braque et fait une embardée à gauche sur la route de l'Elysée. Va-t-il mettre à la cave son tableau de Clémenceau pour mettre dans son bureau celui de Jaurés? Comment va-t-il faire oublier qu'il a choisi l'ordre républicain libéral contre la démocratie socialiste ? Quelle politique étrangère va-t-il proposer pour ne pas couper ses « liens éternels » avec Israël ?

    Valls a donc démissionné. Bernard Cazeneuve le remplace à Matignon et Bruno Le Roux passe à l'Intérieur. C’est une fin très hollandaise du quinquennat ! En voilà encore deux qui ont atteint chacun le niveau d'incompétence, selon une loi empirique relative aux organisations hiérarchiques proposée par Laurence J. Peter et Raymond Hull dans l'ouvrage Le Principe de Peter (1970). Ces promotions ne dureront heureusement que cinq mois...

    Jean-Luc Mélenchon a combattu la dérive néolibérale et n’est pas un résistant de la dernière heure. Il n’a pas accepté un poste ministériel pour achat de son ralliement comme l’ont fait des écologistes dépossédés de l’écologie.

    Votez pour la justice sociale, c’est voter Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour des élections.

    Votez pour un candidat qui n’est pas impliqué par les politiques désastreuses menées depuis dix ans, c’est voter Jean-Luc Mélenchon.

    Votez pour une 6ème République plus démocratique et donc plus juste, c’est voter pour Jean-Luc Mélenchon…

    Le vote Jean-Luc Mélenchon est le seul vote d’espoir, la seule vraie proposition d’obtenir un changement qui va vers plus d’égalité contre des candidats qui creusent les inégalités et divisent la société française.

     

    U Barbutu 

     

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  • L'odyssée antisocial de François Fillon en 2020Sarkozy est l'Achille d'une lente décomposition des valeurs et des codes héroïques et chevaleresques, pour basculer dans la sauvagerie politique et le chaos social. Fillon a vaincu Achille Sarkozy parce qu’il était son tendon. Achille s’est retiré après trente ans de cirque politique. Peut-être signera-t-il un ouvrage sur ses décennies de cirque. Vainqueur de la guerre des trois, Fillon, tendon d’Achille se prenant pour Ulysse, veut maintenant ramener la toison d’or à sa Pénélope et l’installer dans l’Elysée. Il propose un voyage réactionnaire mouvementé et rempli d'aventures syndicales : une odyssée antisociale. Pour ramener la toison d’or, on sait qui seront les tondus. 


    2020, l’odyssée antisociale de François Fillon ! 

    En reprenant les points clés du programme de François Fillon candidat de la droite et du centre, Cédric Moulard, photographe, a voulu le traduire en réalités en anticipant la vie qui pourrait être la sienne en 2020 si ce programme était appliqué. À Buzzfeed, il dit avoir pondu le texte « d’une traite, en cinq minutes». Les mesures prônées par Fillon apparaissent dans leurs effets sur la vie quotidienne : hausse du temps de travail, dégressivité des allocations chômage, suppression de l’impôt sur la fortune (ISF). D’autres mesures sont hautement probables comme la non-augmentation du SMIC, le candidat critiquant le fait qu’il augmente “mécaniquement chaque année”. Enfin, sur la réforme du système de santé et la suppression de 500 000 fonctionnaires, Cédric Moulard pousse à l’extrême des réformes pas encore tout à fait définies (par exemple, dans quel domaine seront supprimés ces postes de fonctionnaires ?) mais qui, une fois appliquées, pourraient tout à fait déboucher sur le genre de situation anticipée. 

    En 2020, voici la lettre de l’Odyssée qui nous attend avec Fillon comme héros élyséen… 

    La lettre : 

    “2020, tu te lèves pour aller travailler et mener tes enfants à l’école. Ta femme est déjà partie, avec la suppression des 35 heures et les nouveaux accords d’entreprise elle travaille 42 heures par semaine. Elle a bien voulu protester mais les procédures de licenciement ont été facilitées et vous avez besoin de ce travail.
    Toi, tu fais 39 heures maintenant. Tu les faisais déjà avant mais tu perds toutes les heures supplémentaires. Ça vous arrange pas parce qu’avant tu pouvais aller chercher les enfants à la sortie de l’école mais maintenant il faut payer une garde. Et jusqu’à 19 heures. À la maison c’est l’enfer.

    Ben oui, vous n’avez pas vraiment eu le choix. Tu t’es retrouvé au chômage et avec la dégressivité des allocations tu as été obligé d’accepter un travail à 50 kilomètres de chez toi. C’est pas dans ta branche, ça fait des frais énormes mais c’était ça ou le RSA.
    La semaine prochaine, vous êtes emmerdés parce que la maîtresse de votre dernier est en formation. Avec la suppression des 500 000 fonctionnaires il n’y a personne pour la remplacer. D’habitude tu l’aurais laissé à ta mère mais elle est trop fatiguée. Ca fait 6 mois qu’elle traîne un sale truc mais qu’elle ne peut pas être hospitalisée parce qu’il n’y a pas de lit disponible à l’hôpital. Et puis ça coûterait trop cher avec la réforme de l’assurance-maladie.

    L’année prochaine, ton aîné va faire des études secondaires. Enfin, aimerais faire des études secondaires. Avec la quasi-suppression des budgets et la pleine autonomie des universités les frais d’inscription ont explosé. Vous ne savez pas trop comment ça va se passer. Dans le pire des cas il trouvera un job au SMIC. Il n’a pas été augmenté depuis 2 ans mais c’est mieux que rien. 

    Ta sœur qui est à l’étranger t’as envoyé un colis. Ca fait 15 jours qu’il est à la poste. Depuis qu’elle a été déplacée dans le village voisin et qu’elle n’est ouverte que le matin en semaine tu ne peux plus y aller. Tant pis, le colis va repartir.
    À la télé hier soir il y avait un reportage sur les patrons du CAC 40. 50 % d’augmentation en 2 ans et aucune création d’emploi. Ils n’ont aucune contrepartie pour les aides de l’État alors pourquoi ils le feraient ? Et puis ça les a bien aidé la suppression de l’ISF.

    Tu repenses à 2017, l’élection de Fillon. Tu as savouré la claque donnée à Sarkozy lors de primaire, c’était jubilatoire. Tu t’es dis que Fillon n’était pas bien méchant. Tu as quand même été surpris quand il a appliqué son programme et que tout est passé par ordonnance et 49-3. Il l’avait dit mais tu n’y croyais pas vraiment. 

    PS : Rien n’a été inventé, tout figure dans le programme de Fillon. Personne ne sait s’il est applicable, s’il sera appliqué mais ça laisse songeur 

     

    PS 2 : Ne me demandez pas quelle est l’alternative, j’en sais rien”

    Comme François Fillon, le père Noël va-t-il faire son coming-out et annoncer que, à partir de 2017, il confirmera que ce ne sont pas les enfants sages qui ont les plus beaux  cadeaux mais ce sont les enfants riches qui en auront de plus en plus beaux. 

    Battone

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  • Les ténors de la Droite et les organisateurs des débats de la Primaire qui vient de se jouer n’ont pas tari d’éloges sur la tenue de ces débats et sur la « belle victoire » de François Fillon. Pourtant à se les remémorer, François Fillon a bénéficié de la médiocrité des autres outsiders, des mauvaises prestations d’Alain Juppé trop crispé par l’enjeu et du rejet de Sarkozy.

    Au royaume des aveugles, le borgne est roi.Comme le relève un journal en ligne : « Le seul  tour de force de F. Fillon aura été de rendre explicite ce dilemme avec une formule lumineuse : "voter Juppé pour ne pas avoir Sarkozy ; voter Sarkozy pour ne pas avoir Bayrou". Du coup, il pouvait se présenter comme la solution dudit dilemme : voter Fillon, n’était-ce pas éviter à la fois Sarkozy et Bayrou ? D’une pierre, deux coups ».

    Parmi les outsiders, Bruno Le Maire s’est montré particulièrement médiocre et bien en dessous de ses ambitions qu’il a revues à la baisse depuis sa débâcle en participant activement au jeu « Voulez-vous gagner des Fillons ? ». Aux côtés du gagnant, Le Maire est omniprésent, espérant suivre l’exemple de Manuel Valls et se retrouver Premier Ministre si Fillon est élu. Rappelons que Manuel Valls était sorti bon dernier de la Primaire de la Gauche en 2012 avec 5% des voix. Le Maire n’a fait que 2,4%.

    Finalement, ramenons cette Primaire à ses justes proportions. Ce ne sont que 9% du corps électoral qui se sont déplacés et dont François Fillon a recueilli 66,5% de 9% du corps électoral. Par ailleurs, une partie des électeurs seraient des gens de Gauche, des centristes et des gens de Droite, juppéistes et sarkozystes qui ne veulent pas de Fillon. Pourtant les sondages, qui se sont trompés sur le résultat du premier tour de ces Primaires, font déjà de François Fillon le futur Président de la République. Fillon a déclaré qu’il ne tenait pas compte des sondages lorsqu’ils lui sont défavorables, aujourd’hui il se comporte comme si les Primaires de la Droite faisaient de lui le Président de la République et bénéficie d’un revirement de nombreux commentateurs politiques libéraux qui le présente comme un homme bien de sa personne, père et grand-père, catholique pratiquant… etc. C’est comme si l’on disait aux électeurs, cela va vous changer du bling bling de Sarkozy et de la normalité ridicule d’un Hollande.  Il s’agit de faire oublier  la gestion des reformes sociales par  François Fillon, Premier ministre collaborateur de Sarkozy et ancien ministre du gouvernement Balladur et de faire oublier le bilan du quinquennat de Sarkozy dont il partage la responsabilité : le bouclier fiscal des plus riches, la réforme des retraites avec la suppression d’une grande partie des pensions de réversion  aux veuves (et vice versa), le gel des salaires, la suppression des postes de fonctionnaires, y compris des enseignants, des soignants et des policiers… etc.

    Non cette Primaire de la Droite n’a pas été une « belle victoire » de François Fillon mais répond au dicton : « Au royaume des aveugles, le borgne est roi », car c’est avant tout une petite victoire de l’idéologie véhiculée par Jean-Marie Le Pen qui a trouvé en François Fillon un successeur mâle puisqu’il a du mal à adouber sa fille trop influencée par celui qu’il désigne comme le « Don Quichotte de la Jaquetta ». A savoir si Jean-Marie Le Pen va appeler à voter pour François Fillon ?  Un choix cornélien pour le César du FN qui a toujours voulu tuer Brutus avant d’être tué par lui. L’histoire ne nous dit rien sur les mœurs de Marcus Junius Brutus en dehors d’avoir donné le dernier coup de poignard à César, son père adoptif. Le fait qu’il passa une grande partie de sa jeunesse en Grèce et qu’il s’y réfugia après l’assassinat de César, ne permet aucune interprétation non historique.

    Au royaume des aveugles, le borgne est roi.François Fillon est le Brutus de Sarkozy avec qui il a partagé les conseils de l’éminence grise Patrick Buisson. Il rêvait dans son manoir sarthois de prendre la place du Calife de Neuilly. Il a bénéficié d’un contexte favorable au sein d’une Droite qui ne pouvait se libérer du Calife qu’en passant par des Primaires. Quant à s’exclamer "un homme d’Etat est né", comme nous avons pu l’entendre, il faudrait constater que la gestation a été longue puisque François Fillon vit confortablement de ses mandats électifs et de ses postes ministériels depuis l’âge de 27 ans. Nous ne savons pas s’il est un homme d’Etat né des Primaires de la Droite mais nous avons pu mesurer son haut degré de nocivité pour la classe moyenne, les chômeurs, les assurés sociaux et les pauvres. Comme orateur, il a le charisme d’un prédicateur d’une secte apocalyptique pour les uns et paradisiaque pour les autres. Il a beau soigner son costume, son idéologie ultralibérale sur le plan économique et autoritaire sur la plan social, sent la naphtaline comme sortie d’un placard où elle est restée confinée depuis deux siècles.

    Alain Deneault a raison. « Il n'y a eu aucune prise de la Bastille, rien de comparable à l'incendie du Reichstag, et l'Aurore n'a encore tiré aucun coup de feu, écrit le philosophe Alain Deneault qui enseigne la pensée critique en science politique à l'Université de Montréal. Pourtant, l'assaut a bel et bien été lancé et couronné de succès : les médiocres ont pris le pouvoir. » L’auteur de l’ouvrage « La médiocratie » va plus loin lorsqu’il dit : « A l'origine de la médiocratie, vous insistez également sur la montée en puissance de la « gouvernance »… C'est le versant politique de la genèse de la médiocratie. D'apparence inoffensive, le terme de gouvernance a été introduit par Margaret Thatcher et ses collaborateurs dans les années 80. Sous couvert de saine gestion des institutions publiques, il s'agissait d'appliquer à l'Etat les méthodes de gestion des entreprises privées supposées plus efficaces. La gouvernance, qui depuis a fait florès, est une forme de gestion néolibérale de l'Etat caractérisée par la déréglementation et la privatisation des services publics et l'adaptation des institutions aux besoins des entreprises. De la politique, nous sommes ainsi passés à la gouvernance que l'on tend à confondre avec la démocratie alors qu'elle en est l'opposé ».

    Après des décennies de médiocratie ayant porté au pouvoir Sarkozy et Hollande, arrive la gouvernance ultralibérale et autoritaire de François Filllon, c’est-à-dire l’aboutissement annoncé de cette médiocratie portée à son summum. Pour contrer la Droite radicalisée, il faut que la Gauche se radicalise. Jean-Luc Mélenchon incarne auourd’hui cette radicalisation diabolisée par la médiocratie qui a gangrené le Parti Socialiste.

    Il est temps que la politique reprenne ses droits avec des valeurs humanistes et non pas à travers le langage des chiffres. Comme si un conseil des ministres était le Conseil d’administration de la société anonyme France avec ses actionnaires. Non ce ne sont pas les « fonds d’actionnaires » que Fillon veut réduire mais bien les postes de fonctionnaires ! Les actionnaires de la médiocratie sont les grands patrons, les énarques, les lobbies… Et le peuple ? On l’invite à voter pour une alternance entre une extrême-droite fascisante, une droite extrême et une droite molle. Et la Gauche ? Hollande et Valls ont fait passer le parti socialiste dans le camp de la droite molle et son centre. Le président normal aura incarné le parfait médiocrate pendant son quinquennat. Comme à droite, on assiste sous sa présidence à une tragédie avec Brutus Macron qui tue César Hollande. Valls ronge son frein car Macron lui a volé le rôle de Brutus et quelques anciens ministres jouent les frondeurs. Arnaud la Fronde a jeté les premières pierres contre Hollande qui a choisi Valls comme Premier ministre, pourtant bon dernier de la Primaire de la Gauche, alors que Montebourg avait fait un meilleur score.

    Pour mettre fin à la médiocratie, Jean-Luc Mélenchon a toujours montré qu’il fait de la politique dans le sens noble du terme. Il s’est toujours opposé à la « gouvernance » des médiocrates. Il est, sans aucun doute, le plus cultivé et le plus instruit des aspects historiques et humains de la société française. Son programme économique est plus novateur et plus écologiste que ceux des autres candidats. Il reste soucieux de la justice sociale.  Allez vous informer sur son site et ne vous laissez pas tromper par les campagnes de diabolisation dont il fait l’objet régulièrement.

    Jean-Luc Mélenchon est ni aveugle ni borgne face aux réalités de la politique d’austérité promise par la Droite et à sa mise en concurrence avec le Front National. Son discours est un discours de vérité contre le formatage ultralibéral des esprits et un autoritarisme qui veut s’installer pour tuer le syndicalisme au profit du patronat.

    La Droite et l’extrême-droite vous promettent plus d’ordre et c’est le chaos qui va advenir. L’austérité et le repli identitaire ne régleront pas tous les problèmes mais causeront une fracture sociale qui conduira à la chienlit et à la dictature. Il faut être aveugle pour ne pas l’anticiper et il faut être borgne pour l’espérer.

    U Barbutu

     

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  • Ne plus voter contre, voter pour !L’élection présidentielle s’annonce comme un combat des ambitieux et non pas un débat d’idées. Nos intellectuels ont du mal a décelé dans les catalogues de mesures et les cortèges de provocations, des idées nouvelles. Les grands partis organisent des primaires dans des processus d’enfermement pour éliminer les petits candidats dans des alliances de second tour. Non ! Ne me citez pas Emmanuel Macron qui recycle du vieux dans un emballage « ni droite ni gauche » qui est le centre disputé à Juppé. Aucun projet pour la France n’émerge en dehors de Jean-Luc Mélenchon, le seul à proposer un changement radical avec une réforme de la constitution et une politique sociale débarrassée du joug ultralibéral qui se fait de plus en plus pesant. Il ne s’agit toutefois pas d’idées neuves puisque ce sont celles du socialisme abandonnées par les Socialistes. Alors qu’elles n’ont jamais été réellement appliquées, Hollande et Valls les trouvent dépassées, rétrogrades. Il serait dépassé et rétrograde de redistribuer les richesses de façon plus équitables entre le travail et le capital. Pendant que les salaires stagnent et que l’on demande aux salariés de travailler plus sans gagner plus, les dividendes flambent et, en quelques années, il faut quatre fois plus d’heures de travail pour rétribuer les actionnaires. En 1981, les dividendes versés aux actionnaires représentaient 10 jours de travail par salarié dans les sociétés non financières. En 2012, ils en représentent 45 jours soit, 4,5 fois de plus. Ces chiffres sont moins dramatiques si on prend les dividendes versés nets de ceux perçus par les entreprises (dividendes nets). Mais là encore, la hausse est impressionnante. On passe de 6,4 jours en 1981 à 16,5 jours en 2012 pour le seul bénéfice des actionnaires qui s’accaparent 60% des bénéfices des entreprises. Voilà le résultat de la politique libérale qui, en plus, s’attaque au droit du travail pour précariser davantage les emplois.

    Le philosophe et historien Marcel Gauchet a raison lorsqu’il dit : « Je ressens une absence terrible d’idées neuves. » On ne les trouve pas à droite ni dans les 1 000 pages du programme de Bruno Le Maire ni  dans les ouvrages à répétition de Sarkozy  et des autres.  Aucune grande vision d’un avenir meilleur et ce n’est pas l’identité heureuse d’Alain Juppé qui fait illusion lorsque l’on examine ses mesures antisociales antérieures et à venir. Du côté de l’actuelle majorité, tout est fait pour imposer la candidature de Hollande ou Valls s’efforce de draguer à droite en promettant 33 nouvelles prisons. C’est le choix entre blanc bonnet et bonnet blanc.

    Ne plus voter contre, voter pour !Lorsque l’on examine la liste des prétendants, si l’on retire tous ceux qui ont déjà exercé des fonctions ministérielles ou présidentielles, il reste un Poisson centriste au milieu du panier à crabes de la Droite et personne au PS. Ils ont tous participé au déclin social de la France et à sa soumission au monde des affaires. A bien y regarder, si les sondeurs ont raison, la majorité des Français n’auront au second tour des élections que le choix de voter contre... contre Sarkozy, contre Hollande, contre Marine Le Pen. Si l’on prend les primaires de la Droite, Juppé est le candidat contre Sarkozy et c’est son seul vrai argument électoral. On sait qu’au second tour de ces primaires, tous les candidats vont se rabibocher et, en fonction de leurs résultats, tracter leurs soutiens contre des postes. Du côté de la Gauche, à part Jean-Luc Mélenchon et les candidats d’extrême-gauche, la Primaire offre le même choix : Montebourg contre Hollande en oubliant que Montebourg a participé aux gouvernements sous deux premiers ministres. Il est parti lorsque son concurrent Valls a été nommé Premier ministre. Deux vers ne peuvent coexister dans la même pomme mais un troisième est venu occuper la place de Montebourg : Emmanuel Macron. Ce dernier, voulant croquer toute la pomme, a été déchu du paradis Hollandais.  Que l’on ne parle pas d’idées neuves avec ce petit marquis nostalgique de la royauté et son libéralisme faussement humaniste. Il est le chouchou de Pierre Gattaz, président du Medef. Il est propulsé par la presse libérale. C’est un produit fabriqué de l’ultralibéralisme, un cheval de Troie introduit dans les arcanes d’un pouvoir socialiste déjà préparé à abandonner le socialisme et cela dès le lendemain de l’élection de Hollande.   

    Les élections présidentielles sont devenues le théâtre d’enjeux personnels où les mégalos se concurrencent. Ce n’est plus l’occasion d’un débat d’idées mais le théâtre d’un concours de promesses aux uns et aux autres, de pseudo-différences et de gros mensonges avec la certitude que la même politique plus ou moins libérale se poursuivra. Pour faire accepter les reculs sociaux et démocratiques, il y a le chômage et le terrorisme.

    Ne plus voter contre, voter pour !A droite si l’on relève quelques phrases de certains candidats, destinées à devenir cultes, on donne le pompon du narcissisme à Le Maire lorsqu’il a déclaré : « Je pense que mon intelligence est un obstacle »… « Mon problème c'est que j'ai les yeux trop bleus pour la télévision »… « Que c'est bon de se lever le matin et de vouloir diriger le pays ». Impossible de ne pas citer Nicolas Sarkozy : « Moi ce qui me désarme vraiment totalement, c'est la gentillesse »… « Ce n’est pas parce que vous voulez renverser la table que vous descendez de la voiture dont vous vous abstenez de choisir le chauffeur »… « Marine Le Pen, c'est son père, sans la culture »… « Passe-moi la salade, je t'envoie la rhubarbe ». Fillon n’est pas mal non plus : « Je ne suis ni comédien ni clown »… « Un Premier Ministre, on le lèche, on le lâche, on le lynche »… « Qu'est-ce que vous faites là? Pourquoi êtes-vous venu soutenir quelqu'un qui a déjà perdu? ». Sans oublier Juppé : « A part les œufs brouillés, je ne sais rien faire » … « En politique, on n’est jamais fini. Regardez-moi ! ». Edifiant ! Non ?

    Si l’on dresse le catalogue (un Internaute parle de « catastrologue ») des mesures annoncées par les candidats aux Primaires de  la Droite, la litanie a été la suivante que nous reprenons en vrac, car, sur le fond, ils sont tous d’accord :

    - privatiser Pôle Emploi

    - supprimer les emplois aidés

    - dégressivité des indemnités de chômage

    - supprimer les 35 heures, passer à 37, 39, 42 ou plus encore

    - baisser les charges sociales et les supprimer pour le Smic

    - mater les syndicats

    - organiser des référendums d'entreprises pour contourner les syndicats

    - augmenter l'âge de la retraite (course à l'échalote : Juppé 65 ans en 2026, Sarko 64 en 2025)

    - supprimer l'ISF : les riches ne doivent pas fuir le pays

    - augmenter la TVA (de 3 points) : de toute façon les pauvres ne partiront pas

    - réduire les dépenses publiques de 100 milliards

    - réduire les impôts sur les sociétés

    - supprimer 300 à 500 000 fonctionnaires

    - supprimer le statut de la fonction publique, même pour les enseignants (le réserver aux secteurs régaliens)

    - aligner les retraites du public et du privé, sans annoncer la moindre négociation, par exemple sur les niveaux de salaires

    - réduire ou supprimer l'Aide Médicale d'État

    - accroître les inégalités en rehaussant le quotient familial (3000 € par enfant déduits pour ceux qui payent beaucoup d'impôts)

    - palabrer sur le taux du déficit budgétaire

    - défiscaliser les heures supplémentaires (mesure démago et coûteuse en emplois non créés et pesant 4 milliards d'euros dans le budget de l'État)

    - augmenter le minimum vieillesse : seule mesure positive du catastrologue...

    Et du côté d’Emmanuel Macron, l’épiphénomène de la politique ?  Il reproche maintenant à François Hollande d’avoir été un « président normal » et veut prendre sa place à l’Elysée pour être un « président jupitérien ».  Son épouse avait dit dans Match que le poulain de Hollande était un chevalier venu d'une autre planète. On sait maintenant de laquelle. C'est Jupiter qui est gazeuse... Il est une sorte d’émanation gazeuse ni de droite ni de gauche. A moins qu'il ne face référence à la mythologie romaine et au roi des dieux... Il veut être Jupiter alias Zeus (chez les Grecs) et d'un froncement de sourcils faire trembler l'univers. Mais le mauvais tonneau de Jupiter, celui qui verse les maux sur les hommes, est plus grand et plus plein que celui qui verse les biens. Emmanuel Macron est le pur produit de ce système fabriquant les élites : Ena, haut fonctionnaire, cabinet présidentiel ou ministériel. Son parcours n’a en réalité rien d’original et ressemble très fortement à celui d’Alain Juppé par exemple, sauf que ce dernier a été plusieurs fois élu.

    Cet arriviste forcené aux allures de petit marquis n'hésite plus à cracher dans la soupe qu'il a trouvée bonne pendant quatre ans. Il reproche à son mentor Hollande d'être un président normal. Macron sera un président jupitérien. Non il ne parle pas de Juppé mais du roi des dieux dans la mythologie romaine. Il avait déjà révélé sa nostalgie pour les rois de France mais c'est en roi des dieux qu'il se voit. Des Romains, il tourne le dos à ce qu'il appelle le cursus honorum qui existait sous la Rome antique, il serait peut-être temps d’arrêter, dit-il, pour justifier son absence de mandats électifs et sa carrière de technocrate. Le cursus honorum (qui en latin signifie « carrière des honneurs » ou, littéralement, « course des honneurs ») est l'ordre d'accès aux magistratures publiques sous la Rome antique. Cet ordre est obligatoire et permet de gagner des compétences et d’avoir pour magistrats suprêmes des hommes mûrs et expérimentés. Donc point besoin d'avoir fait ses preuves par des élections locales, il suffit de passer par les arcanes de la politique en venant d'une grande banque. Il défend tous les préjugés possibles qu’une partie des médias et des politiques relaie depuis des années : la flexibilité comme remède, l’allergie des français aux réformes, la préférence française pour le chômage,  l’Union européenne comme voie de salut, les chômeurs qui préfèrent le loisir. La liste est longue.

    Force est de constater que la 5ème république est à bout de souffle et qu’elle ne produit que des carriéristes de la politique, gardien du conservatisme politique fermé à toutes véritables réformes sociales et constitutionnelles pour plus d’égalité et de fraternité. Pire, nos libertés sont de plus en plus menacées par les nouvelles techniques d’information qui permettent le fichage auquel s’ajoute le pullulement des caméras de surveillance dans les lieux publics. Certes la sécurité doit être assurée mais elle ne doit pas sous-évaluer les autres questions sociales et instaurer un régime para-démocratique qui serait la porte ouverte à une dictature économico-politique telle que l'avait imaginé Aldous Huxley dans son roman "Le meilleur des Mondes" qui fait de nous des consommateurs dans une dictature sans chaînes. L’ultralibéralisme économique produit un chômage endémique et une précarité des emplois qui fait perdre la maîtrise de nos existences face à cette violence économique de plus en plus insupportable.

    Ne plus voter contre, voter pour !Devant des politiques menées envers et contre les peuples, nombreux sont les électeurs qui n’ont même plus le choix de voter « contre »  car c’est contre tous les candidats qu’il leur faudrait voter. Alors il reste à voter pour des idées, même si elles ne sont pas nouvelles et parce qu’elles n’ont jamais été appliquées. Le seul qui défend encore ces idées est Jean-Luc Mélenchon. Le seul qui veut une « révolution constitutionnelle et sociale » pour sortir de l’ornière politicienne de la Vème république, c’est Jean-Luc Mélenchon. Le seul qui représente efficacement les valeurs de la gauche, c’est Jean-Luc Mélenchon. Alors qu’ailleurs les idées ne sont que des recettes et des arrière-pensées ultralibérales qui nous ont amenés là où nous en sommes, il reste à voter pour les idées humanistes et sociales que l’on défend. Il ne faut pas renoncer, se soumettre. Les libéraux font payer la crise aux salariés et cherchent, pour justifier les mesures antisociales, des bouc-émissaires : chômeurs, fonctionnaires, assurés sociaux, syndicalistes… etc. Vous serez peut-être le prochain bouc-émissaire. Vous pouvez encore voter « pour vos idées » au premier tour des  élections et, si ces idées ne sont pas présentes au deuxième tour, leur donner suffisamment de représentativité pour exister après que d’autres aient voulu tuer la gauche. Il ne s’agit plus de voter contre ni au premier ni au second tour. Il ne s’agit plus de choisir entre la peste et le choléra. Seul Jean-Luc Mélenchon offre une réelle alternative et la possibilité à la Gauche d’exister, à la France de faire une révolution citoyenne. Seul il ouvre la perspective de changer de constitution et de ne plus faire des élections présidentielles la mascarade démocratique d’une république monarchique avec son souverain et sa cour. C’est l’occasion de prendre votre destin en mains, de refuser l’anesthésie médiatique, de résister à la fatalité et  d’éviter l’extrême-droitisation de la société française. 

    Le parti socialiste est au bord du gouffre et ses dirigeants veulent entraîner toute la gauche dans un nouveau pas en avant libéral. Hollande n’a plus aucune crédibilité et s’est enfoncé un peu plus dans l’impopularité avec l’ouvrage « Le Président ne devrait pas dire ça… » Qui sont ses fidèles soutiens : Jean - Christophe Cambadélis qui voit la patte du FN partout où le gouvernement est contesté, Jean-Marie Le Guen cité (pas à son avantage) dans un ouvrage qui vient de sortir sur ses relations avec l’ambassade du Qatar, le Président du groupe socialiste au parlement tenu en laisse par Le Guen… Qui sont ses concurrents à la Primaire : Arnaud Montebourg ancien ministre d’un « made in France » d’opérette, Benoît Hamon ministre éphémère de l’Education nationale à la radicalité molle … C’est une évidence : la seule opposition sincère au trio Hollande/Valls/Macron, la seule réelle alternative qui n’a pas trahi la gauche, est portée par  Jean-Luc Mélenchon. Nous savons que ce dernier fait l’objet d’une campagne permanente de dénigrement et que les élus font l’objet de pressions pour ne pas lui donner les 500 signatures. Si cette manœuvre anti-démocratique touche à son but, les commanditaires en paieront les conséquences politiques et sociales.

    Ne laissez pas passer la possibilité de redevenir maîtres de votre destin dès le premier tour des élections ! N’attendez pas d’être placés devant de mauvais choix, au second tour, entre le pire et le moins pire qui mène de toute façon au pire, entre la peste et le choléra ! C’est au premier tour que se joue l’avenir de la France vers plus d’égalité, plus de liberté et plus de fraternité. C’est au premier tour que l’on peut aussi faire le choix de moins de centralisme, moins de monarchisme.

    Jean Frade

     

     

     

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  • Le premier grand prêche de MacronEmmanuel Macron a choisi la mise en scène des prêcheurs américains pour réunir quelques centaines de nouveaux fidèles recrutés par des rabatteurs à la façon des Mormons. Il s’est longuement livré à la prédication libérale qui a dû réjouir Pierre Gattaz, prêcheur du Medef. Son problème, c’est sa voix de fossé plus habitué aux messes basses qu’aux envolées lyriques et qui, chez lui, se terminent dans des couacs aigus. Lorsque la claque était activée, son regard en disait long sur sa mégalomanie d’enfant gâté. On ne harangue pas une foule avec la bouche en cul de poulet et le gosier étroit. Il est un orateur d’alcôve, un chuchoteur de l’économie libérale. Il n’a aucun charisme mais de grandes ambitions pour lui-même. Il se prend pour un gourou d’une secte à laquelle il a donné ses initiales « EM ». Ses ouailles ont reçu un badge avec l’inscription « Je marche ».  Est-ce qu’ils marcheront sur l’eau derrière ce « Jésus » et l’artiste Christo dans le nord de l'Italie: sur le lac d'Iséo ? Ils peuvent toujours courir s’ils pensent que ce parvenu sera élu président de la république en 2017 en promettant de « fonder l’identité nationale ». Rien que ça ! Ce n’est pas le Système qui l’en empêchera car il en fait partie. Il est le candidat de l’oligarchie qui, depuis qu’il est ministre de l’économie, fournit toutes les idées libérales les plus antisociales à Hollande et Valls, tout en s’en démarquant par la suite. Il vient de rédiger des ordonnances dans la loi SAPIN 2 en faveur des magnats du BTP, sous prétexte d’ouvrir les marchés publics aux moyennes et petites entreprises. Cette ordonnance enlève aussi aux artisans le bénéfice de leurs savoir-faire en déclassant leur travail au profit du bricolage inexpérimenté (voir un article de Médiapart).

    Le premier grand prêche de MacronEmmanuel Macron n’a pas créé un mouvement politique. C’est d’une secte qu’il s’agit. Il a choisi la mutualité pour son premier grand prêche et se dit de gauche, dans une démarche  « ni droite ni gauche ». Le centre de son intérêt est son nombril. On pourrait même parler de secte apocalyptique puisque toutes les mesures attachées à sa personne préparent l’apocalypse d’une France sociale engloutie par un monde économique mondialisé.

    Hollande et Valls dans tout cela ? Hollande a vu dans Macron le tueur de Valls. Il n’a pas décelé l’Œdipe. Valls a accepté la nomination de Macron parce qu’il est Premier ministre par la volonté seule de Hollande. Le Chef de l’Etat et le Premier ministre sont les promoteurs d’une taupe de la Finance et du grand capital. Nous l’avons vu avec la gestion de la communauté européenne : les politiques ont perdu leur pourvoir au profit des technocrates. Macron est un technocrate qui n’a jamais reçu le moindre mandat électif et il s’en glorifie. Le seul qui l’intéresse est celui de Président de la république dans un contexte auquel il n’est pas étranger. Il a participé à la trahison de la gauche d’abord à l’Elysée aux côtés de Hollande et ensuite au sein du gouvernement. Il se présente maintenant comme un candidat du changement attentif à ce que souhaitent les Français.

    L’oisillon tombé du nid se prend pour un aigle. Il bat des ailes avant de se les brûler. On ne va pas ressortir toutes ses petites phrases qui ont montré son mépris pour les gens du peuple et les chômeurs. Ce petit marquis du palais de l’Elysée est un bonimenteur en costard qui se prend pour un grand stratège et ne trame que des manigances affligeantes. Il s’invente un destin d’homme providentiel avec un passé court mais déjà désolant.

    Le « chevalier venu d’une autre planète » de son épouse, que l’on nous présente à loisir comme un surdoué, n’est qu’une marionnette avec des ficelles financières dans le dos. A la commission européenne, on nous a imposé des Barroso et des Junker. Il est de la même trempe et a les mêmes marionnettistes. D’inspecteur des finances, il a basculé dans la finance chez les Rothschild pour être ensuite introduit à l’Elysée grâce à ses relations avec Rocard et Attali. Il fut un temps chevènementiste. Aujourd’hui, il s’affiche comme mégalo-macroniste car ce qu’il préfère chez les autres, c’est lui-même.  Macron se présente comme un autre de la politique et de la Gauche. Il a refusé de se présenter aux élections municipales dans sa ville natale Amiens. Il se voit en 2017 calife à la place de son Calife Hollande. Il présente une deuxième gauche libérale, celle que l’on nomme la Gauche caviar, celle des oppresseurs qui comptent sur la naïveté des opprimés qu’ils veulent envoûter avec l’appui d’une presse complaisante et instrumentalisée.

    Alors, je le reconnais : je ne le plains pas lorsqu’il reçoit des œufs et il m’arrive d’en être heureux ou œufreux, si vous le voulez. L’œuf devra rester le symbole de la secte « En marche ». Macron marche déjà sur des œufs  et la chute n’est pas loin maintenant qu’il se met à courir comme un lièvre qui, selon la fable de La Fontaine, n’arrive pas premier même en concourant avec une tortue. Les électeurs vont lui poser un lapin en 2017. Il pourra retourner dans le monde de la Finance qu’il n’a jamais vraiment quitté.

    Jean d'Aïtone

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