• Pour une agriculture écologique et paysanne

    L’agriculture a de l’avenir en Corse

     

    Les comités de soutien JLM2017 de la Corse du Sud et Manca alternativa ont organisé un débat public, mardi 6 décembre au Locu teatrale, quartier Sainte Lucie, à Ajaccio. Au menu : Pour une agriculture biologique et paysanne. Une quarantaine de personnes y ont participé. Cette initiative s’inscrit dans la campagne de la France et de la Corse insoumises menée pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon, à la prochaine présidentielle.

    Pour une agriculture écologique et paysannePour d’aucuns, l’agriculture dans notre île appartiendrait au passé ! C’est ringard ! Place au tourisme, si possible haut de gamme, place à l’économie de la rente pour une minorité, la ceinture pour les autres et place à la spéculation foncière et immobilière. Rien n’est plus faux. Il s’agit d’un choix et d’une volonté politique. C’est ce qui est ressorti du débat. Il vaut mieux vendre ou geler les bonnes terres agricoles, surtout sur le littoral plutôt que de planter des tomates ou d’autres légumes. Il vaut mieux laisser nos forêts à l’abandon, de les laisser brûler plutôt que de les exploiter. Résultat : En Corse on importe 80% de des produits maraîchers et la plupart des bois de construction.Une aberration économique. Il faut inverser la tendance, montrer et démontrer que la réhabilitation de l’agriculture est possible. Une agriculture de qualité, biologique et paysanne, au plus près des consommateurs. Doit-on continuer à manger, par exemple, des tomates sans saveur en provenance du Maroc, d’Espagne ou d’ailleurs ? Une agriculture avec des circuits courts, en supprimant des intermédiaires internationaux, et en privilégiant des formes coopératives de distribution. Cette nouvelle agriculture devrait permettre à des jeunes de se réapproprier nos espaces naturels. Cela suppose des aides à l’implantation des futures exploitations et une formation idoine des nouveaux prétendants. De même cela suppose mener une campagne de conviction tant il est vrai que les métiers de la terre sont souvent dénigrés de nos jours.

    Pour une agriculture écologique et paysanneUne telle relance de l’agriculture en Corse suppose aussi et surtout une volonté politique qui tranche avec la logique dominante, celle du profit pour une minorité. Une lutte sans merci doit être menée contre l’économie de la rente et contre la spéculation foncière et immobilière, véritables plaies pour notre île.

    Comme cela a été dit à plusieurs reprises, il n’est pas sûr, en l’état actuel des choses, que cette volonté soit majoritaire, ou partager par la plupart des forces politiques en Corse. Il appartient aux forces de progrès et de la vraie gauche de relever le défi. C’est en tout cas l’objectif des comités JLM2017 et de Manca alternativa/Ensemble.

    Pour une agriculture écologique et paysanne

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  • Après nous avoir emboucanés pendant des semaines avec la primaire de la droite, les voilà qui récidivent.

    Non

    il ne s'agit pas de la primaire de la gauche

    mais de la primaire du Parti socialiste

    n'en déplaise aux media et autres partisans d'un pouvoir qui a failli

    et tourné le dos

    aux électeurs de gauche

    Dans le même temps silence total ou presque, si ce n'est pour dénigrer, sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

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  • Le virage dangereux à droite ! L’accusation de « populisme » associée à « extrémisme » ne sert qu’à diaboliser toutes celles et ceux qui appellent à plus de justice sociale, au moment où la droite et l’extrême-droite occupent l’espace politique déserté par cinq années de pouvoir dit « social-libéral » ou « social-démocrate ».

    Selon Erwan Sommerer et son ouvrage « l’épochè populiste », le populisme est la rencontre avec une entité fictive héritée de la philosophie politique. C'est un dialogue imaginaire instauré avec un interlocuteur collectif – le peuple – disposant d'un accès privilégié à la connaissance du réel et du vrai. L'essence même de la démarche populiste est cette tentative d'instaurer une relation, d'organiser une rencontre avec une chimère conceptuelle dont on attend la révélation du sens de l'histoire et de la communauté : il faut aller au peuple pour entendre enfin sa parole à l'écart de toute médiation. Chercher le peuple – ce qu’ont fait à leur manière les narodniki russes, les nationalistes argentins des années 30 et les maoïstes français –, c'est alors prendre le risque de ne jamais le trouver et de rendre interminable cette étrange épochè, cette suspension du jugement par laquelle la découverte de la vérité, et donc du meilleur régime, sont différés dans l’attente de la parole du peuple. Ainsi, le populiste prend trop au sérieux la philosophie politique ; il s'invente un peuple et part à sa recherche pour finalement ne tomber que sur lui-même au fond d'une impasse sceptique.

    Le Front populaire a-t-il été l’impasse sceptique d’un populisme de gauche ou bien a-t-il apporté des avancées sociales comme les congés payés ? Le virage dangereux à droite ! Le Conseil de la résistance était-il un foyer de populistes avec l’impasse sceptique de la Sécurité sociale par exemple ? Toutes les avancées sociales sont-elle « ce que les corrompus d’aujourd’hui appellent  nos rêves» ? (Une phrase de Gracchus Babeuf détournée de son contexte et inscrite dans son testament politique le 14 juillet 1796, onze mois avant sa condamnation à mort par le Directoire). Sauf à croire que l’idée d’Egalité peut sans dommage se limiter à n’être qu’un mot d’une devise nationale vide de sens, l’appel à une république sociale est-il une manœuvre démagogique et populiste ?

    Qui  sont les démagogues manipulant les peurs, cherchant la découverte du meilleur régime libéral pour les plus riches et rendant interminable l'épochè, cette suspension du jugement et de la découverte de la vérité économique et sociale, différée de décennie en décennie ? Qui sont les profiteurs de la lutte des classes ? Ils l’entretiennent et l’attisent par l’aggravation des inégalités et l’ultranationalisme. Pensent-ils gagner contre la majorité du peuple plongée dans la précarité et la pauvreté ? Pensent-ils instrumentaliser encore longtemps le chômage et la xénophobie qu’il génère ? Le populisme, ce n’est pas que s’inventer un peuple mais c'est tromper et diviser le peuple pour le soumettre. 

    Le virage dangereux à droite ! Loin de l’analyse philosophique de « L’épochè populiste » qui leur passe au dessus de la tête et contrairement à la réalité des discours et des idéologies, les médiocres chiens de garde de la doxa libérale font ainsi l’amalgame populiste entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, entre les soutiens de ce dernier, démocrates altruistes, et les électeurs du FN, fascistes xénophobes. Quel rapport peut-il y avoir entre, d’un côté, un Mélenchon qui parle de justice sociale, d’égalité, de démocratie et, de l’autre, une Le Pen qui exploite les peurs en attisant les haines ? Qui s’invente un peuple de France comme un parc humain à protéger ? Qui s’invente un peuple de France xénophobe et raciste ? Comment des politiciens et des commentateurs peuvent-ils vouloir tromper les électeurs à ce point ? Lorsque nous demandons « comment ? », il faudrait ajouter « Pourquoi ? » Et la réponse est que cette mauvaise foi, ce cynisme, ce mensonge, cette désinformation font partie de la propagande et du formatage des esprits. Les affinités avec le FN se trouvent ailleurs… Elles sont évidentes, mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Il y a aussi ceux qui regardent le doigt lorsqu’on leur montre la lune. Cela ne nous empêchera pas d’appuyer le doigt où ça fait mal. Ils étaient tous à la manif pour tous contre la loi Taubira...

    Le virage dangereux à droite ! "Nous sommes pour la baisse du coût du travail et la renégociation par branches des 35h", a déclaré Marion Maréchal-Le Pen, sur BFM-TV dimanche soir. Elle est pour la suppression de certains postes de fonctionnaires et, en particulier, de fonctionnaires territoriaux. Toutefois il paraîtrait que cela n’a rien à voir avec  le programme de Fillon. La presse aura du mal à faire croire que c'est prévu dans le programme de Mélenchon, par exemple. Qui pourra encore croire qu'il n'y a aucun lien entre le programme de Fillon et le Front national ? Aucun lien entre Fillon, Valls et Macron ?

    Le virage dangereux à droite ! Non seulement Fillon est un réactionnaire qui a défilé aux côtés de Marion Le Pen Maréchal à la Manifestation pour tous mais leur participation leur a donné l’occasion de recueillir le soutien d’une vieille France intégriste catholique. Il n'y a pas que sa position sur la loi Taubira (Mariage pour tous) qui explique le ralliement d'une partie des catholiques derrière la bannière Fillon. Au-delà des questions de filiation, le député de Paris a su se positionner sur tous les thèmes chers aux catholiques : durcissement des sanctions contre la GPA, rétablissement de l’universalité des allocations familiales, engagement constant en faveur des Chrétiens d'Orient, défense de la liberté religieuse (tout en étant contre le burkini) mais aussi promesse d'un plan de lutte contre la pauvreté… Ses prises de position « cathos-compatibles » et « FN-compatibles » sont nombreuses.    Fillon veut la baisse du coût du travail et la suppression des 35 heures, comme l’a exprimé Marion Maréchal-Le Pen. François Fillon a le même discours que le Front national sur l’immigration et l’Islam. La seule différence avec Marine Le Pen est qu’il n’a pas eu besoin d’une campagne de dédiabolisation et a pu passer un pacte avec le diable pour se retrouver seul candidat de la Droite et du centre. C’est bien une diablerie électorale qui se prépare car il s’agit de laisser,  aux électeurs du second tour des Présidentielles, le seul choix du l’ultralibéralisme, de la casse sociale, de la xénophobie, du puritanisme et de l’autoritarisme.

    Le virage dangereux à droite ! La doxa libérale veut imposer ses jeunes vieux ( Macron et Valls) et ses vieux réactionnaires de la Droite extrême comme Fillon, proche de l’idéologie portée par Jean-Marie Le Pen qui, faute d’héritier mâle, a confié la maison FN à sa fille Marine tout en nous jouant la comédie des Anciens et des modernes dans laquelle il incarnerait le canal historique. En 2012, la république des énarques a succédé à la celle des avocats d’affaires. Les deux font bon ménage.  Le FN a embauché un énarque pour sa campagne de dédiabolisation : Florian Philippot. Le « Système » est défendu par ces énarques, les avocats d’affaires et les professionnels de la politique. La presse en assure la propagande car elle est, en grande partie, entre les mains de grands patrons. La politique se fait à la Corbeille avec le monde de la Finance et c’est le Médef qui dicte ses mesures antisociales aux politiciens de la doxa libérale. Ce n’est pas être populiste et extrémiste que de le dire. Par contre les populistes et extrémistes font partie de ce « système » et entretiennent les peurs pour imposer leur autorité sur le peuple avec son consentement. Pour Fillon, le système c’est vous, c’est nous, gens de gauche, assurés sociaux, syndicalistes, intellectuels, chômeurs… etc. Nous serions les ennemis intérieurs d’une France aux racines chrétiennes. Nous serions parmi celles et ceux qui dénigrent le roman social de la France écrit, depuis 2000 ans, à la gloire de la Nation française… et sans doute avec son apogée au 19ème siècle dans la période de la restauration et de la Monarchie de Juillet.

    Fillon regrette que la France n’ait pas subi de révolution thatchérienne. Qui douterait encore que Fillon rime avec Macron. Le journal « Regards » a pris ce dernier en flagrant délit d’apologie du thatchérisme. L’ex-ministre de l’Économie est intervenu dans une émission de la BBC consacrée à la France. Entre trois éloges des "réformes" et deux aphorismes édifiants, il a confié ses regrets que notre pays n’ait pas pris le train des années Thatcher. Hors de France, comme l’a fait Fillon, il n’a pas pris beaucoup de précautions pour exprimer son admiration envers les politiques menées dans les années 80 par le gouvernement de Mme feue Thatcher : « Quand on compare [la France] avec le Royaume-Uni dans les années 80, la grande différence est que nous n’avons pas assuré [les réformes] à l’époque. Les Français se rendent compte que les autres ont décidé de changer et que nous sommes les seuls à ne pas réformer notre propre système. » C’est dit. Peu importent la brutalité avec laquelle la dame de fer a appliqué sa politique, les ravages sociaux qu’elle a provoqués et ses conséquences politiques.

    Ne suspendez pas votre jugement ? N’attendez rien de bon de la part des Le Pen, Fillon, valls, Macron et Cie ! Le premier tour des Présidentielles sera de la plus haute importante car c’est au premier tour que tout va se jouer. Si Fillon et Le Pen sont seuls au second tour, il ne restera plus qu’à aller à la pêche car, il faut en convenir, Fillon est passé du côté de la force obscure de la droite, celle qui rejoint l’idéologie du FN. Fillon et Le Pen, c’est la casse sociale au bout, c’est une atmosphère de guerre civile, c’est l’état d’urgence sans fin et le recul de la démocratie. Il ne faut pas se tromper de peurs. Le plus grand danger, c’est Fillon et/ou Le Pen. Ce serait un danger accepté dans les urnes. Un danger consenti contre lequel il faudra pourtant lutter sans armes, contrairement aux autres dangers comme la radicalisation islamiste par exemple.

    Il faudra refuser le virage à droite imposé par la doxa libérale qui pousse la France dans l’impasse du libéralisme économique et de l’extrême-droite. Il ne faut pas croire à un nouveau discours du Bourget fait à Evry par un Manuel Valls en campagne pour les Présidentielles. L’ancien « M. 5 % » de la primaire de 2011, qui a théorisé les « deux gauches irréconciliables », joue désormais le grand rassembleur. Valls et Macron mènent le même combat notamment contre le code du travail. Ils sont idéologiquement de droite. Avec Hollande, ils sont coresponsables de la politique menée depuis 2012 et de l’éclatement de la Gauche.

    La Droite sociale n’existe pas. De décomplexée, elle est devenue maintenant arrogante. Pour sortir de l’impasse qui nous mène à un duel Fillon/Le Pen, le seul candidat sincère et éligible à Gauche est Jean-Luc Mélenchon. Tous les autres ont accompagné ou subi passivement la politique menée par Hollande et Valls. Sarkozy et Hollande sont déjà dans les poubelles de l’histoire de la Cinquième république. Pour leur succéder, leurs premiers ministres veulent devenir califes à la place des califes déchus, tout en ayant participé à leurs chutes. Leurs candidatures sont l’aboutissement des hautes ambitions de deux professionnels médiocres de la politique. Ils s’inscrivent dans une même lignée, celle d’un ordre républicain et du libéralisme économique. Ils n’assument pas leurs bilans désastreux. Ils se disent ni responsables ni coupables. Ils ont planté des couteaux dans le dos de ceux qui les ont nommés et aspirent à une victoire à la Brutus pour continuer la casse sociale d’une politique austéritaire et autoritaire.

    Battone

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  • Rendez-vous le 6 décembre !

     

    Rendez-vous le 6 décembre !

     

    Une réunion publique se tiendra mardi 6 décembre, au Locu teatrale, quartier Sainte Lucie, 8, rue Campiglia, à Ajaccio, à 18 heures. Elle est organisée par les comités JLM2017 Corse du Sud et par Manca alternativa/Ensemble. Elle s'inscrit dans le cadre de la campagne de la France insoumise pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la prochaine présidentielle. Le thème traité: Pour une agriculture écologique et paysanne. Ce thème est loin d'être suranné. L'agriculture, au plus près des gens, doit être réhabilitée. Notre île n'est pas condamnée à subir la bétonnisation à outrance de ses côtes et l'abandon de son intérieur, ni la spéculation foncière et immobilière, ni le tout tourisme.

    Quelques questions qui seront débattues lors de la réunion publique: Est-il admissible que de bonnes terres soient gelées dans l'attente d'être constructibles? Dans le même temps est-il normal que la Corse importe, par exemple, des tomates? Peut-on créer une agriculture de qualité, avec des circuits courts? Quelles aides financières et techniques pour encourager de jeunes vocations?

    Pour préparer cette réunion publique, une dizaine de militants des comités de soutien et de Manca alternativa sont allés à la rencontre des Ajacciens, ce samedi matin, sur le marché de la place Foch.

    Au même moment, sur la place Saint Nicolas, à Bastia, des militants du nouveau comité pour la haute Corse, distribuaient des tracts et proposaient aux passants le programme "l'avenir en comnun" de la France insoumise qui servira de support à la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la prochaine présidentielle.

    Rendez-vous le 6 décembre !

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  • C'est son épouse la violoniste et, hier soir, c'est Valls qui nous a joué du violon électoral.

    Valls a sorti le violon de son épouse...Hollande a laissé libre le champ de sa succession, miné par Macron. Hier soir Manuel Valls a mis en scène l’annonce prévue de sa candidature aux Primaires de la Gauche qui ne sont que celles du Parti socialiste. Comédien ! Tragédien ! Anaphore, épiphore, métonymie… Manuel Valls s’essaie au lyrisme « Je ne veux pas de… », « Rien n’est écrit », remettre de la « lumière dans les yeux » de ses concitoyens. Le premier ministre sortant, au langage souvent martial, s’est essayé au lyrisme pendant son discours de candidature à la présidentielle, hier soir à Évry, multipliant les figures de style.

    Nous avions eu le discours du Bourget en 2012, Valls vient de faire hier soir le coup du discours d'Evry. Le problème est que, si en 2012 Hollande n'avait pas de bilan, Valls a un bilan de premier ministre en 2016... Alors est-ce que le lyrisme d'une dissertation et quelques figures de style suffiront à donner du sens à un discours racoleur déclamé au milieu d'un public de partisans de l'ancien maire d'Evry parti à la conquête de l'Elysée ? Est-ce que se proclamer démocrate, rassembleur et exécuteur de décisions collectives suffira à faire oublier l'article 49.3, la loi El Komri, le socialisme archaïque, l'abandon des 35 heures, la suppression de l'ISF... ? Il faudrait relire son livre programmatique 2012, "L'Energie du changement" (Cherche Midi). Aux pages 103 et 104, celui qui est alors candidat à cette primaire écrit : "Je propose (…) aussi et sans tabou de supprimer l'ISF, inutile car peu rentable (seulement 0,15% du PIB), et surtout source d'injustice entre les classes moyennes supérieures salariées et les chefs d'entreprise ou les professions libérales."  On connaît le résultat des Primaires de2012. Il a fait bon dernier avec 5% au premier tour et s’est mis corps et âme au service de François Hollande. C'était le dimanche 7 septembre 2014 et la presse italienne avait appelé ce moment le « pacte des tortellinis ». Réunis à Bologne, pour une fête du parti démocrate italien, Matteo Renzi et Manuel Valls proclamaient devant une assiette de pâtes que « la gauche moderne [était] la bonne réponse pour nos pays » et que cette gauche-là allait partir à l'assaut de l'Europe. Valls annonce sa candidature le jour ou Matteo Renzi a perdu son référendum – plébiscite et doit démissionner. La sauce Renzi du « pacte des tortellinis » n’a pas plu en Italie et elle a peu de chance de plaire en France, surtout cuisinée par Valls.

    Lorsque ce dernier, de son vrai nom Manuel Carlo Valls Galfetti, a ravi Matignon à Jean-Marc Ayrault, le journal rue89 avait publié « Seize choses que vous ignorez peut-être sur Manuel Valls ». A la fac de Tolbiac, Valls s’est lié d’amitié avec Stéphane Fouks, le futur communicant de DSK, et Alain Bauer, le criminologue sarkozyste. Dans cette fac de béton, haut lieu de l’extrême gauche étudiante, les trois comparses, rocardiens, se heurtent – déjà – aux plus radicaux. Il fut l’attaché de presse hautain de Lionel Jospin. Il s’est dit « lié de façon éternel à Israël ». Sa compagne, violoniste, ne veut pas de SDF devant son Franprix et lui aurait demandé de faire sauter des PV. Il aurait laissé les caisses d’Evry vides et la ville surendettée. Sa référence historique est toujours Clémenceau. Il ne se sépare pas d’un portrait accroché dans son bureau.

    Il évoque souvent le débat Jaurès-Clemenceau à la Chambre des députés de juin 1906. Dans ce débat, né de la répression imposée par Clemenceau lors de plusieurs conflits sociaux, la gauche garde l’impression que le « premier flic de France » est passé de l’autre côté de la barrière. Valls, lui, se reconnaît dans ces mots : « Je voudrais faire comprendre aux déshérités de tout ordre qu’il n’y a pas d’émancipation véritable pour eux en dehors de celle qui viendra de leurs propres efforts, dans un milieu que l’œuvre des hommes politiques sera de leur rendre de plus en plus favorable. » Valls, c’est Clémenceau contre Jaurés à la différence qu’il n’a ni le charisme ni la verve de son tribun favori. Valls c’est l’ordre républicain et le libéralisme économique contre la démocratie et le socialisme. C’est une néo-droite et une gauce canada-dry.

    En Corse, nous n’aimons pas Clémenceau qui a toujours été un ennemi des Corses.  En 1870 la guerre éclate entre la France et la Prusse. La famille Bonaparte est rendue responsable des malheurs de la France et certains députés, dont Clemenceau, demandent que la Corse ne fasse plus partie de la République. Celui que Valls idolâtre  a poursuivi les Corses de sa haine pendant la première guerre mondiale.

     

    Clémenceau fut parmi les pires chefs de guerre et de la police. Ce briseur de grève a acquis pour sa férocité le surnom de « Tigre ». Il représente une gauche du 19ème siècle, les balbutiements du Socialisme incarné par Jaurés.

    Pour Valls, le socialisme est archaïque et il est venu tuer le parti socialiste de l’intérieur, comme un cheval de Troie. Il y a trouvé une direction embourgeoisée favorable à son courant libéral et autoritaire pourtant durement désapprouvé lors des primaires de la Gauche en 2012 ( Il en est sorti bon dernier avec 5% des suffrages). Ce sillon libéral a été creusé par François Mitterrand à partir de 1983, puis repris par Jospin qui a subi un cinglant échec que l’on croyait sans appel aux élections présidentielles contre Chirac, laissant le deuxième tour à Jean-Marie Le Pen. Cela n’a pas suffi puisque, après une campagne faussement imprégnée des valeurs de la Gauche, Hollande a repris le cours libéral imposé par la direction du PS qui porte bien son surnom de « Gauche-caviar ». On sait où cela conduit aujourd’hui encore : Hollande n’a même pas le courage de venir défendre son bilan dans les nouvelles primaires de la Gauche. C’est son premier ministre qui vient essayer de refaire le coup du discours du Bourget et a pour adversaire ses anciens ministres.

    Décidément les Primaires organisées en 2017 par Cambadélis apparaissent de plus en plus comme une machine à perdre dont le parti socialiste ne sortira pas uni mais éclaté. Le secrétaire de ce parti en perdition a alterné les interdictions de vote et les appels à rejoindre ses Primaires en ajoutant de la confusion à la confusion.

    Si Manuel Valls sort vainqueur des Primaires, nous aurons un candidat de droite supplémentaire à ajouter à Fillon et Macron. Jean-Luc Mélenchon apparaîtra donc comme le seul candidat de gauche éligible et c’est sur lui que doivent porter tous les espoirs d’échapper à un deuxième tour qui va se refermer sur l’extrême-droite ou la droite extrême. Le candidat des Insoumis ne fait pas partie de la longue liste des candidats de gauche comptables, de près ou de loin, du désastreux bilan que François Hollande a lui-même renoncé à défendre.

    Valls a sorti le violon de son épouse...Valls était-il bourré, hier soir à Evry ? Après avoir pris un large virage à droite, il contre-braque et fait une embardée à gauche sur la route de l'Elysée. Va-t-il mettre à la cave son tableau de Clémenceau pour mettre dans son bureau celui de Jaurés? Comment va-t-il faire oublier qu'il a choisi l'ordre républicain libéral contre la démocratie socialiste ? Quelle politique étrangère va-t-il proposer pour ne pas couper ses « liens éternels » avec Israël ?

    Valls a donc démissionné. Bernard Cazeneuve le remplace à Matignon et Bruno Le Roux passe à l'Intérieur. C’est une fin très hollandaise du quinquennat ! En voilà encore deux qui ont atteint chacun le niveau d'incompétence, selon une loi empirique relative aux organisations hiérarchiques proposée par Laurence J. Peter et Raymond Hull dans l'ouvrage Le Principe de Peter (1970). Ces promotions ne dureront heureusement que cinq mois...

    Jean-Luc Mélenchon a combattu la dérive néolibérale et n’est pas un résistant de la dernière heure. Il n’a pas accepté un poste ministériel pour achat de son ralliement comme l’ont fait des écologistes dépossédés de l’écologie.

    Votez pour la justice sociale, c’est voter Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour des élections.

    Votez pour un candidat qui n’est pas impliqué par les politiques désastreuses menées depuis dix ans, c’est voter Jean-Luc Mélenchon.

    Votez pour une 6ème République plus démocratique et donc plus juste, c’est voter pour Jean-Luc Mélenchon…

    Le vote Jean-Luc Mélenchon est le seul vote d’espoir, la seule vraie proposition d’obtenir un changement qui va vers plus d’égalité contre des candidats qui creusent les inégalités et divisent la société française.

     

    U Barbutu 

     

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