• Le cirque politique

    nezrouge

    François Hollande va accélérer les reforme de sa Gauche molle. Il l’a dit fermement à Martine Aubry qui a demandé une « réorientation » d’une politique qui n’a pas porté ses fruits puisqu’elle n’a pas relancé la croissance, ni inversé la courbe du chômage, ni réduit le déficit budgétaire à 3%. Pour exemple, elle réclame plus de moyens financiers pour les collectivités locales plutôt que pour les entreprises privées. Malgré sa sortie de la réserve solférinienne, si elle apporte son soutien aux frondeurs, elle réfute toute ambition personnelle et assure qu’elle souhaite la réussite du quinquennat de François Hollande. Elle donne l’impression d’être venu faire un tour de piste dans le cirque politique.

    Lorsque nous disons cirque, nous ne pensons pas à la rue parisienne du même nom où le Chef de l’Etat allait rejoindre sa dulcinée en scooter, non pas comme un chevalier sur son destrier mais comme un mari volage, alors qu’il ne s’est jamais marié. Le spectacle que nous offrent les personnalités du monde politique est plus proche du cirque que du débat démocratique. On assiste à des numéros d’équilibristes sur des courbes économiques et sur le fil de l’actualité. Chaque camp a ses clowns qui portent sur le visage un nez rouge virtuel, celui du ridicule qui ne tue pas. L’acteur Sim avait confié : « Quand j’étais jeune, je voulais être ministre ou clown.  J’ai choisi la deuxième option car je suis un garçon sérieux ».  D’autres n’ont pas eu sa sagesse. Et puis il y a les dompteurs des fauves « sans dents et illettrés » que sont les chômeurs, sans oublier les Illusionnistes qui font passer les vessies pour des lanternes.

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    Ricor et Gauffre ont portraituré dans un album 29 ténors de notre vie politique et démontrent, texte et images à l'appui, qu'ils sont chez eux dans l'univers du cirque… On y trouve Piccolo l'illusionniste et sa bunny Carlita, Domino le ventriloque et sa marionnette Anita, Fifi l'équilibriste trapézoïdal, Francesco, l'écuyer volant, Nono Belle-Gueule, lanceur de couteaux, Ricky Persiffleur, le charmeur de serpents, Bébert de Paname, voltigeur et bien d'autres... A l’Elysée, les Monsieur Loyal se succèdent sans justifier leur nom de scène mais ils jouent les maîtres de la piste, chef d’orchestre des numéros, particulièrement des entrées de clowns au gouvernement.

    Sous les chapiteaux de la république, les « ventrepreneurs» de la Finance et les « ventripoteurs» de la politique jonglent avec les milliards d’euros et tirent sur des cibles sociales : allocations diverses, 35 heures, seuils sociaux, CDI…etc.  Le cirque médiatique propose des jeux électoraux. Tout est organisé pour faire retomber l’électeur en enfance politique avec toute la naïveté nécessaire à la propagande.

    Tout le monde connaît l’expression « descendre dans l’arène politique ». Nous sommes loin des gladiateurs romains. Dans les grandes arènes que sont l’Assemblée Nationale et le Sénat, il n’y a pas de vrais combats politiques mais quelques chamailleries entre membres de « familles politiques ». Point de grandes corridas et les taureaux à mettre à mort sont les syndicats, la gauche, l’extrême-gauche, le code du travail, la sécurité sociale…etc. Chacun vient planter sa banderille avant de trancher avec le glaive législatif dans le vif, dans l’humain.

    Le grand barnum électoral, c’est pour 2017 !  Le clou du spectacle sera, sans aucun doute, le numéro des contorsionnistes, les rois du grand écart politique, des pirouettes…Piccolo l’illusionniste et Francesco l’écuyer volant se sont déjà taillé chacun un nom dans ces acrobaties. Ils aiment faire leur cirque.  Ils pourraient nous faire un duo : le clown blanc et l’Auguste.  Nombre d’autres politiciens de leurs entourages méritent le nez rouge. Le spectacle sera sans grande surprise. Ils nous prennent pour des animaux  à dresser. Ils attendent de nous le bon geste devant l’urne électorale. Alors ne nous laissons plus dompter par des mots vides et de fausses promesses.  

    Le cirque politique ne nous fait pas rêver et, lorsqu’il nous fait rire, c’est par dérision. Nous arrêtons là notre billet de mauvaise humeur. Il y aurait tant à dire et le temps manque  pour cabotiner davantage. La France ne doit pas rester ce que dénonça Honoré de Balzac : « un pays qui adore changer de gouvernement à condition que ce soit toujours le même ». La politique, ce n’est pas le spectacle que l’on nous impose pendant que tout se joue en coulisse. Droppy[1] avait raison lorsqu’il a dit : « L'art de la politique, dire des choses et ne pas les faire ou faire des choses et ne pas les dire », nous ajouterons, dans le cirque de l’enrichissement personnel de quelques uns et de l’appauvrissement moral.  Au nom d’un pragmatisme sans idéologie, d’aucuns, de la droite au centre jusqu’au PS,  s’emploient à détourner les citoyens de toutes les valeurs défendues dans l’histoire de la Gauche et du syndicalisme, pendant que d’autres exploitent la crise pour insuffler la haine xénophobe dans les esprits. Le machiavélisme libéral veut faire admettre que toute politique de gauche est inefficace, voire suicidaire. L’engagement politique à gauche doit pousser plus que jamais à lutter contre les vents mauvais d’où qu’ils viennent, au nom des principes créateurs des droits de l’homme et de la république. C’est aussi s’opposer à la fois à la propagande libérale et à la dérive xénophobe. Comment peut-on abandonner les acquis sociaux obtenus par la lutte de nos Anciens au nom d’une crise du capitalisme ? Comment admettre qu’un pouvoir se disant « de gauche » impose des reculs sociaux importants et irréversibles ? Comment accepter un retour de la Droite et la montée orchestrée de l’extrême-droite ?  

    Le vrai débat politique, il doit se faire avec le peuple, sur le terrain. Il n’est pas l’apanage d’une élite politicienne et de la Finance.  La politique a besoin de retrouver sa noblesse qui implique de se mettre au service de l’humain et non pas du profit, de la réussite collective et non pas de l’enrichissement  de quelques uns. 

    Battone

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    [1] Droopy est un chien anthropomorphe de dessin animé créé par Tex Avery.

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  • Commentaires

    1
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