• Une façon de se faire Le Point

    Le trombinoscope des maîtres de la presse parisienne est de plus en plus celui du classement des milliardaires français : Les Echos de M. Bernard Arnault (1re fortune française selon Forbes), Le Point de M. François Pinault (3e), Le Figaro de M. Serge Dassault (4e), Libération de M.Patrick Drahi (6e), Le Monde et Le Nouvel Observateur de M. Xavier Niel (7e), Direct Matin de M. Vincent Bolloré (10e)...

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    Alors il ne faut plus s’étonner de rien et encore moins de la Une du cynique mensuel Le Point (édition du 19 juin) fustigeant, avant la conférence sociale, les « naufrageurs » : « Corporatistes intouchables, tueurs de réformes, lepéno-cégétistes ».

    Le Monde diplomatique qualifie l’éditorialiste Nicolas Baverez de « porte-plume des notables atterrés », Ce dernier journaleux politique explique, comme entrée en matière: « Les grèves des cheminots, des taxis et des intermittents du spectacle, sur fond de contestation endémique dans les universités et de jacquerie fiscale, sont la face sociale du populisme dont le Front national est l’expression politique. » Toutefois, le serviteur de soupe libérale va plus loin contre la France « confite de bêtise et de naïveté », les « derniers intouchables de la CGT », le « chantage permanent » des intermittents et les syndicats qui « saccagent l’éducation ». Il met tout cela dans le même panier  de ce qu’il nomme l’« idéologie lepéno-cégétiste » : le dirigeant de la Confédération générale du travail (CGT) et la patronne du Front national (FN) ont tous deux critiqué dans les mêmes termes le « pacte de responsabilité ». Pour lui, c’est une preuve de communion politique. Il va ainsi dans le sens de la propagande libérale qui veut faire croire que Le Pen, le Front de gauche et la CGT sont les naufrageurs associés d’un capitalisme bienfaiteur. Ben entendu, il ne remet pas en cause la sincérité d’une Marine Le Pen socialisante et sa clique, alors que la présidente du FN multiplie les attaques contre les syndicats. C’est l’ineffable, omniprésent et suffisant Franc-Olivier Giesbert qui écrivait, dans un article du Point sur la grève de la SNCF qui reprend la théorie de naufrageurs : « Face aux syndicalistes antédiluviens de la SNCF, notre pays a plus que jamais besoin d'une classe politique qui sait dire non ». On le surnomme FOG et en anglais le mot signifie « brouillard », à l’image de son travail journalistique.  Le Point reste une fabrique de brouillard dans le paysage audiovisuel français.

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    Les unes de ce mensuel en disent long sur sa ligne éditoriale plutôt lepéniste lorsqu’il s’agit d’immigration : « Burqa, ce qu’on ne dit pas » (21 janvier 2011), « Le spectre islamiste » (3 février 2011), « Cet islam sans gêne » (31 octobre 2012), « Nos ancêtres les Gaulois » (21 février 2013)… Des unes similaires se retrouvent chez Valeurs actuelles, journal de l'ultra-droite qui a utilisé aussi l’expression « naufrageurs de la finance ». Lorsque l’on pense à la genèse d’un dossier, comme celui de la SNCM, on pourrait en utiliser une autre : « naufrageurs des emplois » pour désigner Transdev et l'Etat, mais aussi la presse.

    Le Point dénonce le corporatisme et les dépenses de l’Etat, en écho à l’institut ultralibéral Ifrap. Pourtant, comme Valeurs actuelles,  ce journal fait partie des corporatistes qui plombent les finances publiques puisqu’en 2013, il occupait la 4e position des publications les plus aidées par l’Etat : 4 658 889 euros ont donc été offerts par le contribuable aux journaleux employés par M. Pinault, pour ses campagnes ultralibérales et ses attaques féroces contre la « pleutrerie bonasse » de l’Etat dépensier.

    Nous avons, en entame de nos propos, donner la liste de quelques grands patrons de la presse. Ils sont subventionnés par l’Etat pour dispenser la pensée unique du libéralisme et en faire l’idéologie dominante, selon laquelle « on ne prête qu’aux riches ». En outre, on connaît la puissance de la presse et l’utilisation qui en est faite par une autre puissance, celle de l’argent. On peut s’attendre à un déferlement d’attaques contre les syndicats et, en particuliers, ceux qui ont boycotté la conférence ou ont quitté les lieux avant son terme.

    Aujourd’hui, nous apprenons que le syndicat FSU a quitté la conférence sociale et que le socialistes atterrés s’abstiendront pour le vote à l’assemblée nationale du dernier budget rectificatif qui fait de nouveaux cadeaux fiscaux au patronat, sans contrôle et sans contre partie, dans le droit fil de cette conférence antisociale, premier grand fiasco de Manuel Vals .

    Une journaliste, dans un commentaire, a estimé que ce dernier se prenait pour le Président de la république, en préconisant une politique à long terme, pendant que François Hollande répondait aux urgences comme un premier ministre. C’est une impression partagée par beaucoup. Le Chef de l’Etat apparaît de plus en plus comme le « Flamby d’une gauche molle fabriqué dans un moule de droite ». Valls n’en a fait qu’une bouchée.  Les prochaines primaires socialistes s’annoncent houleuses. Sera-ce, pour Manuel Valls, une victoire à la Pyrrhus suivie d’une défaite aux élections présidentielles ? Il reste à savoir qui, l’arrivée en vue, plantera un poignard dans le dos de l’autre ? Cette même presse patronale, qui soutient la politique libérale,  se chargera de fournir le poignard, les centristes fermeront les yeux, la droite se réjouira, le FN sera en embuscade et la majorité des électeurs boycotteront les urnes.

    Fucone

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