• Ou l'art de la compromission

    Valls_city

    Manuel Valls dit à qui veut l’entendre qu’il est socialiste. Et il s’efforce de le prouver à chaque instant. Mais de quel socialisme parle-t-il ? De celui qui combat le capitalisme, la finance et veut changer le monde, dans l’intérêt du plus grand nombre ? Ou bien de ce socialisme mou, revu et corrigé à la mode Blair, Schroeder et compagnie, à la solde du capitalisme ? Il y a une réalité et notre premier ministre ne peut plus la nier. Il n’est pas socialiste. L’a-t-il été un jour ? Comme d’ailleurs un grand nombre de caciques du Parti socialiste. Il est bon de rappeler quelques exemples significatifs. Manuel Valls n’a jamais caché son attirance pour le social-libéralisme. Il s’est même prononcé pour la transformation du parti en Parti démocrate à la sauce américaine ou renzienne, mieux adapté – selon lui – aux réalités de notre temps. Depuis qu’il est à la tête du gouvernement, il multiple les déclarations qui ne laissent aucun doute sur sa vraie nature et ses ambitions. Ainsi, il s’en est allé à l’Université d’été du Medef à Jouy en Jojas où il a reçu une fantastique ovation. Et les félicitations de Pierre Gattaz, tout ravi. A Berlin, il a présenté sa copie au professeur Merkel pour y obtenir une bonne note. Ou encore, il s’est fendu d’un « Ich liebe die underehmen », « J’aime l’entreprise » devant les représentants de la puissante fédération patronale de l’industrie. Le dernier exemple vaut son pesant d’or. Pas plus tard que ce lundi 6 octobre, il a visité le temple de la finance européenne, voire mondiale : la City à Londres. Là, notre premier ministre a prononcé un discours dans la meilleure tradition des laudateurs de l’ultra-libéralisme. Il s’est exclamé, sans rire : « My gouvernment is pro-business ! » On a envie de crier : « Il est devenu fou. Jaurès revient ! » Il ne reste plus qu’à notre homme d’aller à Wall Street pour y trouver sa consécration : celle du meilleur fayot de service.

    Devant une telle pantalonnade, on a envie de crier : « Ca suffit ». Un tel comportement et la politique d’austérité et de régression sociale qu’il mène sous la baguette de François Hollande jettent un peu plus le discrédit sur l’ensemble de la gauche, y compris sur le Front de gauche, au grand ravissement de la droite, pourtant empêtrée dans les affaires et du Front national. Cette situation devient insupportable. Il faut plus que jamais dénoncer cette mascarade mortelle et proposer aux Français une vraie alternative de gauche, avec des propositions de gauche, avec de vrais gens de gauche. Que tout ce beau monde dégage.

    Maria Maddalena Lanteri

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  • Agitons l'épouvantail FN

     

    Après son allégeance au patronat à Jouy-en-Jojas, lors de l’Université d’été du Medef et ses imprécations lancées à la gauche, à l’Université d’été du Parti socialiste, à la Rochelle, notre premier ministre s’en est allé chercher du réconfort et un soutien à Bologne. Là, il a participé à la Fête de l’Unità, journal fondé par Antonio Gramsci. Entre parenthèses, ce célèbre journal qui a marqué l’Histoire du mouvement  ouvrier italien, pendant des décennies, ne paraît plus aujourd’hui. Quant à la Fête, elle a perdu de son éclat, de son enthousiasme, depuis pas mal de temps. Le rouge, couleur dominante, la chaleur populaire ont laissé la place au rose bien pâle, sinon au blanc et à une atmosphère bien tristounette. Donc, Manuel Valls a rencontré, lors de cette Fête, son homologue italien, Matteo Renzisconi, grand matamore devant l’éternel qui se faisait fort de rétablir la confiance et la croissance dans le pays, en moins de cent jours ! Le nouveau secrétaire du Parti socialiste espagnol, un certain PedroSanchez était également de la partie. Les trois larrons ont vanté, sans sourciller, les vertus de la social-démocratie, pour ne pas dire du social-libéralisme. Tous les trois se déclarent pour une nouvelle gauche, moderne ! Leur credo : poursuivre et accentuer une politique basée sur des réformes structurelles et une réduction drastique des dépenses publiques. Sans oublier une certaine remise en cause des acquis sociaux, au nom de la sacro-sainte compétitivité. Au grand ravissement de tous les laudateurs du libéralisme.

    Notre premier ministre a poussé la plaisanterie en lançant un cri pathétique devant un auditoire à la fois amusé, surpris et étonné : « Aidez-moi ! ». En outre, il en a profité pour ressortir les bons vieux arguments qui s’appuient allègrement sur la peur. Du genre vote utile (Voir les dernières élections présidentielles et législatives), avec les ravages que cela a causé à la vraie gauche et en particulier au Front de gauche. Ou encore le danger FN. Le parti de Marine Le Pen, selon Valls, serait « aux portes du pouvoir ». Alors, il faut serrer les rangs derrière le président de la République, le gouvernement et le Parti socialiste. Hors cette configuration politique, point de salut. Génial comme argument. Comme par hasard, une presse bien-pensante s’est emparée de l’argument et a fait une publicité d’enfer au Front national. D’ailleurs, notre égérie du château de Montredout ne s’y est pas trompée. Elle a enfoncé le clou, avec délectation, en affichant ses prétentions, celle, entre autres, de prendre le pouvoir. Rien que ça !

    Agiter l’épouvantail FN, ne sert à rien. La peur ne fera qu’amplifier la désespérance, la résignation, le désarroi de larges couches sociales du pays. Il est grand temps de changer de politique, de rejeter toutes ces politiques d’austérité et de régression sociale qui frappent désormais tous les pays européens, y compris l’Allemagne. Le Front de gauche est plus que jamais face à ses responsabilités. Il est grand temps pour lui et toutes les forces sociales et progressistes de s’unir et de formuler des propositions concrètes, crédibles et surtout audibles pour sortir enfin le pays de la crise. Il est urgent de cesser les polémiques et les débats internes stériles qui traversent actuellement le Front de gauche. Il en  va de son rôle historique.

    Maria Maddalena Lanteri

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  • Manuel Valls a effectué une petite descente à l’université d’été du Medef, ce mercredi 27 août 2014. D’aucuns pourraient nous rétorquer : et alors ? Alors, un c’é mica problemu. Pas de problème a priori. Un premier ministre de la République peut en effet se rendre là où il le souhaite pour y exposer les orientations de son gouvernement. C’était le cas chez les patrons. Là où ça coince et où ça pose problème, c’est le contenu des déclarations de Valls. Les masques sont tombés définitivement pour ceux qui se faisaient encore quelques vaines illusions sur le caractère socialiste du pouvoir en place. On est loin « du changement c’est maintenant », de « l’ennemi c’est la finance » et autres déclarations tonitruantes du candidat Hollande, lors de la campagne des présidentielles. Les participants à l’université du Medef ne s’y sont pas trompés, en réservant à notre premier ministre une longue ovation, debout comme un seul homme. Bigre ! Pierre Gattaz, président de l’organisation patronale, a cru devoir en rajouter une louche en se précipitant à la tribune pour féliciter son hôte. Le ravissement était à son comble. Il ne manquait qu’un baiser à la cosaque. C’eût été l’apothéose.

    Qu’a dit en substance monsieur Valls ? La politique du gouvernement sera poursuivie, amplifiée. Pas question de changer de cap, malgré tous les clignotants dans le rouge, une croissance en berne et une envolée du chômage. On persiste et on signe. Messieurs Hollande et Valls semblent ne pas comprendre ce qui est en train de se passer dans le pays. Donc, ils continuent une politique qui s’appuie sur l’austérité et la régression sociale, à l’instar d’un grand nombre de pays européens, en particulier ceux du Sud, avec les résultats catastrophiques qu’on connaît. Le premier ministre veut même accélérer la cadence. Il faut de nouvelles réformes structurelles conformément aux exigences de la Troïka et des marchés financiers. Les dépenses publiques devront baisser drastiquement. Entre parenthèses, certains patrons présents dans la salle auraient dû moins se réjouir en entendant de tels propos, surtout ceux des travaux publics. Certaines de ces dépenses sont sous forme d’investissement. D’où une baisse d’activités et du chômage supplémentaire en perspective. En outre, monsieur Valls a confirmé son intention de favoriser les entreprises, sans aucune contrepartie. Le code du travail sera « allégé », doux euphémisme. Une fois de plus le pouvoir dit socialiste qui a largement contribué à discréditer la notion de gauche cède encore aux desiderata du Medef. Il tourne définitivement le dos aux intérêts des salariés et d’une large partie de la population française. La nomination d’Emmanuel Macron au Ministère de l’économie, venant de chez Rothschild, farouche partisan du social libéralisme et de « l’assouplissement de 35 heures », n’est pas fait pour rassurer, y compris dans le landernau socialiste.

    Donc, il n’y a plus rien à attendre de ce gouvernement. Il faut le combattre sans complaisance.

    Il faut réagir, réhabiliter la notion de vraie gauche, construire cette force sociale et politique alternative à gauche, plus que jamais nécessaire, indispensable, afin de regagner la confiance de millions et de millions de Français qui se sont réfugiés dans la résignation, l’abstention ou encore - et c’est plus grave - dans les bras du Front national. Cessons les vaines querelles d’intérêts partisans, rejetons les ego et autres ambitions personnelles. Le syndrome italien est à nos portes. Attenzione. Vingt ans de berlusconisme, de dévoiement du Parti démocrate et d’incessantes querelles à gauche se sont traduits par le laminage de cette même gauche.

    Maria Maddalena Lanteri

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    SNCM_coq
    Le coq n’a pas chanté ce matin

    Cela n’a pas empêché le secrétaire d’Etat aux transports Frédéric Cuvillier de renier ses paroles et ses engagements. Dans une déclaration faite au journal la Provence, en date du 4 juillet 2014, notre homme s’est prononcé pour le redressement judiciaire de la Sncm, à l’instar du patron de Transdev, principal actionnaire de la compagnie maritime ! Cela signifie-il la fin de cette dernière ?

    Notre secrétaire d’Etat, qui par ailleurs vient de se distinguer en refusant de s’appliquer la loi sur le non cumul des mandats, s’assoie allègrement et sans vergogne sur les engagements officiels de l’Etat, entre autres, sur la mise en œuvre du plan industriel de redressement de la Sncm, pourtant signé avec l’ensemble des partenaires sociaux, y compris les marins Cgt. Au prix – il faut le souligner – de lourds sacrifices consentis, par exemple la suppression de 500 emplois. L’objectif était de sauver l’entreprise, mais aussi de préserver les activités sociales et économiques dépendantes de la compagnie maritime, dans la région marseillaise et en Corse. Transdev a remis en cause l’accord et s’est prononcée pour la liquidation de la Sncm. Les syndicats dans leur ensemble ont appelé à une grève reconductible à compter du 24 juin, à l’exception du Stc qui a préféré faire cavalier seul et se réfugier dans une conception identitaire de l’économie. Bonjour la solidarité entre travailleurs ! Cette grève occasionne beaucoup de perturbations et suscite de nombreuses réactions. Mais y avait-il pour les salariés de la compagnie une autre alternative ? Certains socio-professionnels de l’île ont organisé dans plusieurs villes de Corse des manifestations de protestation. C’est leur droit. Mais dans cette affaire, il ne faut pas se tromper de cible. D’aucuns ont cru devoir s’en prendre aux marins, de préférence syndiqués à la Cgt, responsables à leurs yeux de tous les maux. Ils se sont même livrés à des actes inqualifiables, comme sur le port de Porto-Vecchio. Des lascars, pas tous considérés comme étant des socio-professionnels, ont attaqué le Jean Nicoli, à coups de pierres et autres objets, inscrits sur les flancs du navire tout une série de graffiti et de mots obscènes. Les plus téméraires ont entrepris de brûler les amarres, obligeant le commandant à lever l’ancre afin d’éviter une catastrophe dans le port.

    Ce qu’il y a de plus répugnant dans ces actions, c’est le fait que ces lascars se sont aussi attaqués à un symbole. Ils ont peut-être oublié qui était Jean Nicoli, résistant communiste, assassiné par les fascistes italiens. Vergogna.

    Tous ces actes s’inscrivent dans une longue campagne de dénigrement lancée et activée par une presse bien-pensante contre la Sncm, ses salariés et ses syndicats. Campagne qui a contribué à créer un climat de haine. Curieusement ces mêmes media sont restés d’une grande discrétion sur le comportement de Corsicaferries, sa structure très opaque, sur ses pratiques, sur l’utilisation de personnel sous-payés, extracommunautaires, etc.

    Les socio-professionnels corses seraient mieux inspirés à s’en prendre aux vrais responsables : Transdev et le gouvernement de Manuel Valls, et, à prendre fait et cause pour les salariés de la compagnie maritime en très grand danger. En outre, n’oublions pas que la Sncm injecte plus de 25 millions d’euros par an dans l’économie insulaire et y génère plusieurs centaines d’emplois.

    Le gouvernement dit socialiste et dit de gauche, une fois de plus, se discrédite et continue de s’agenouiller devant le Medef et les marchés financiers. Il multiple les reculades et les trahisons. La dernière en date, le renoncement au critère de pénibilité pour les futurs retraités. Croît-il apaiser les ardeurs du Medef et de la Troïka ? L’un et l’autre exigent toujours plus de sacrifices. Il se goure superbement. Il est en train de donner le coup de grâce à la Sncm, avec à la clef : des milliers d’emplois supprimés et le champ libre à la Corsicaferries qui saura très rapidement user et abuser de sa future situation de monopole.

    Les salariés de la Sncm sont à la croisée du chemin. La lutte continue. Ils ont tout notre soutien. 

    Le coq n’a pas chanté ce matin. Le pouvoir dit socialiste va vers des lendemains qui déchantent.

     

    Jean-Antoine Mariani

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  • De brillants économistes, analystes financiers et autres spécialistes de la pensée  unique se succèdent avec frénésie sur les media pour nous expliquer quotidiennement que l’austérité est un mal nécessaire, qu’il n’y a pas d’autre voie que l’ultralibéralisme  et qu’il faut se débarrasser des « canards boiteux », genre Sncm.

    Tout ce beau monde est, hélas, relayé par des petites mains qui déversent, sans précaution, leur haine de la compagnie maritime, de ses salariés et surtout des marins Cgt. Il suffit d’aller faire un tour, par exemple, sur le site de Corse-Matin pour apprécier leur littérature à rendre jaloux nos meilleurs agrégés de lettres. Un quarteron de penseurs de haut niveau, toujours les mêmes, s’en donnent à cœur joie. Un vrai florilège. La Cgt est responsable de tous les maux, les marins sont des branleurs, des profiteurs. Il faut liquider cette entreprise trop coûteuse, la remplacer par une compagnie régionale, expurgée bien évidemment des salariés non résidants en Corse ou encore laisser la place à Corsicaferries, société opaque, bénéficiant d’aides publiques, ne respectant pas  la législation du travail de notre pays, surexploitant ses salariés, pour la plupart extracommunautaires. Et pour couronner le tout, un quidam propose carrément d’envoyer la troupe, la Légion étrangère, le Gign pour déloger ces affreux grévistes ! Chapeau.

    Que penser de ces petites mains qui passent leur temps à éructer, à déverser leurs miasmes sur ce site ? Rien, sinon qu’ils ne font que traduire avec leurs mots ce que pensent les actionnaires majoritaires de la Sncm, certains élus politiques insulaires et non des moindres, prêts à sacrifier 5000 personnes et leurs familles, des pans entiers des économies de la Corse et de la région marseillaise, pour des raisons bassement électoralistes. Un dernier mot à propos de ces roquets. Nous leur proposons d’aller faire un petit stage en salle des machines d’un bateau de la Sncm pour apprécier les joies de la navigation. Quant au site hébergeur, nous lui adressons toutes nos félicitations. Le rôle de tout media est avant tout de permettre des débats, même contradictoires, argumentés et non de laisser la place à l’insulte, à l’ignominie.

    Pour notre part, nous continuerons, avec nos moyens, à expliciter l’importance du dossier Sncm, ses enjeux sociaux et économiques et à montrer les causes et les vrais responsables de la situation actuelle. Le pouvoir dit socialiste a la clé pour résoudre le problème. Il lui faut la tourner dans le bon sens.

    Pour terminer, nous sommes aux côtés des salariés de la Sncm, en grève, pour la sauvegarde de leur entreprise.

    Maria Maddalena Lanteri

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  • Il sorpasso (Le fanfaron)

    C’est le titre d’un très beau film de Dino Risi, de la période du néo-réalisme italien, sorti en 1962. On y voit, côte à côte, le sublime Vittorio Gassman et Jean-Louis Trintignant. Le premier, la quarantaine, joue le rôle d’un fantasque, imbu de sa personne, un m’as-tu vu et quelque peu fanfaron sur les bords. L’autre, un étudiant, est dans la peau d’un timide, introverti, réservé, ne pensant qu’à ses études. Tout sépare les deux hommes. Néanmoins, Trintignant finit par céder au charme de Gassman et accepte de monter dans la Lancia de son nouvel ami. Tous les deux vont faire une virée sur les routes italiennes, sans but précis. Gassman parle, une vraie logorrhée, fait le beau, tout au long de leur voyage. Ce personnage nous fait penser à un ministre du gouvernement dit socialiste, Arnaud Montebourg, en précisant toutefois que ce dernier n’a pas le brio d’un Gassman. Montebourg parle beaucoup, promet, offre même généreusement des croissants à des ouvriers en lutte pour la survie de leur entreprise. Il jure de les aider. En réalité les gesticulations et les interventions du personnage ne sont que du brassage de vent. Les exemples sont nombreux. Citons en trois : Arcelor-Mittal, Peugeot et récemment Alsthom. Mais le fanfaron peut se révéler être un couard, comme dans le film. C’est le cas dans le dossier de la Sncm, dossier particulièrement brûlant et qui concerne plus de 4000 salariés, sans compter leurs familles. La compagnie de navigation est au bord du gouffre à cause d’actionnaires peu scrupleux, plus soucieux de rentabilité financière et de gabegie, de gestion irresponsable que de répondre aux obligations de services publics entre la Corse et le continent. Que fait Montebourg ? Il a accepté de rencontrer les représentants syndicaux de la Sncm, une toute petite demi-heure, à la préfecture des Bouches-du-Rhône, à Marseille, ce lundi 2 juin. En guise de réponse aux graves préoccupations des salariés, il s’est contenté de dire qu’il les comprenait, mais que le dossier ne relevait pas de sa compétence. On appelle cela de la couardise. Peu glorieux pour un ministre qui se vante de travailler au redressement productif de la France.

    Au cours de leurs pérégrinations sur les routes de Toscane, nos deux compères finissent dans un ravin, tués sur le coup. Comme quoi, fanfaronnade et couardise peuvent nous conduire à une triste fin.

    Maria Maddalena Lanteri

    Séance cinéma

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  • François Hollande s’est fendu d’une intervention télévisée au lendemain des élections européennes. Une intervention rapide. Cinq minutes chronomètre en main. L’exercice fut pour lui difficile, mais peu convaincant. Aurait-il pu en être autrement ? Notre président admet la défaite cuisante du parti socialiste. Une de plus, en peu de temps. Il a parlé « d’une triste vérité douloureuse ». Il déplore la montée du Front national, devenu pour la circonstance premier parti de France. Mais au-delà du constat, il a totalement occulté ses propres responsabilités dans le résultat des élections. C’est la faute à la crise, aux autres, à ceux qui ont sévi au pouvoir avant lui. Rien sur sa politique d’austérité grandement inspirée par les marchés financiers et la Merkel. Rien sur ses effets négatifs sur la vie de la majorité des Français. Rien sur la nature ultra libérale de l’Europe actuelle, sur son mode de fonctionnement. Rien.

    Notre président continue de penser et à dire que sa politique est la bonne. Il n’y a pas d’autre alternative. Tôt ou tard, elle produira enfin des effets positifs pour la France. Donc, on continue. Discours dérisoire, complètement déconnecté de la réalité. Discours qui sent le déni à plein nez. La roche tarpeienne n’est pas loin du Capitole.

    Maria Maddalena Lanteri.

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  • Dans un précédent billet d’humeur, nous évoquions la lumineuse idée développée par le patron des patrons, Pierre Gattaz, fils d’Yvon Gattaz, président du Cnpf de 1981 à 1986. Notre homme, Pdg de la société Radiall qui affiche des résultats très positifs, proposait très généreusement et sans rire l’installation d’un Smic jeune, en dessous du Smic officiel (1445 euros bruts par mois). D’autres esprits tout autant éclairés, genre Pascal Lamy, ancien directeur de l’Omc, Hubert Vedrine, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, tous deux éminents socialistes, formulaient des propositions semblables. Ils étaient relayés par de grands penseurs économistes, comme Philippe Aghion, Gilbert Cette et l’inévitable Elie Cohen, conseillers de François Hollande. Tous trois socialistes ou socialisants, partisans eux aussi d’un petit quelque chose pour les jeunes afin de mieux favoriser leur insertion  dans le monde du travail. Nous avons là l’exemple même d'union sacrée qui pense très fort à l’avenir de notre jeunesse. Il vaut mieux payer, même à coup de lance-pierre nos jeunes, plutôt que de les laisser traîner dans la rue, au risque de développer chez eux de mauvaises pensées. Il fallait y penser. Merci patron. Merci messieurs.

    Pierre Gattaz s’étaient également distingué en lançant à la cantonade son fameux slogan : « le patronat se fait fort de créer un million d’emplois nouveaux, à condition de baisser encore plus les charges des entreprises. » Tartarin de Tarascon en pâlirait de jalousie. Il approuvait bien évidemment des mains et des pieds le pacte d’irresponsabilité et anti solidarité du pouvoir dit socialiste. Et pour cause. Dans le même temps, notre Pdg s’octroyait en 2013 une confortable rallonge de 29% sur ses rémunérations (bonus compris). D’un côté on demande aux manants de se serrer la ceinture et d’accepter l’inacceptable, d’un autre côté on se fait une grande gâterie ! Saine conception de la bonne répartition des richesses créées par les entreprises. Certains fayots de service – malheureusement trop nombreux – surtout parmi les experts en économie qui emboucanent les media, disent et clament que cette gâterie est normale. Pierre Gattaz a beaucoup travaillé pour sa société laquelle fait depuis plusieurs années pas mal de bénéfices. Donc, rien à redire. On pourrait rétorquer à ces laudateurs de la pensée unique ultralibérale que les richesses créées sont aussi et surtout le fait du Travail. L’accumulation de capital n’est pas un don du ciel. Il est produit par le Travail. Sans exploitation parfois outrancière des salariés, point de dividendes. Alors on peut dire en outre à Pierre Gattaz, « Monsieur un peu de pudeur, moins de conseils. » Il est bon aussi de lui rappeler que les dividendes versés en 2013 aux actionnaires de la société Radiall, soit 646.843 euros proviennent pour l’essentiel du fameux crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) concocté par François Hollande et le gouvernement Ayrault. Combien d’emplois Pierre Gattaz a-t-il réellement créés dans son entreprise ? Si l’on en croit certaines sources, seulement 24 salariés en CDI, 40 intérimaires et 5 CDD en 2013. Il y a là manifestement un détournement intolérable de l’argent public.

    Maria Maddalena Lanteri

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  • Le Président du Medef vient de se surpasser dans le domaine de la plaisanterie de mauvais goût. Après avoir dit tout le bien qu’il pensait du pacte de responsabilité concocté par le pouvoir dit socialiste, tout en profitant au passage pour réclamer de nouvelles exonérations de cotisations patronales, le voilà qui récidive et comme dirait ma grand-mère : « Il fait fort le lascar ». Pierre Gattaz nous balance une gracieuseté en proposant d’instaurer un salaire intermédiaire pour les jeunes, inférieur au Smic ! Lumineuse idée. Parce que voyez-vous, braves gens, le Smic actuel (1445 euros bruts mensuels) est trop élevé ! Donc, pour intégrer plus facilement des jeunes dans les entreprises payons-les moins chers. Il vaut mieux des gens sous-payés, que des gens livrés à eux-mêmes, en proie à la désespérance et à l’oisiveté. Fabuleuse logique.

    Alors, bien évidemment, de nombreuses réactions se sont fait entendre. Presque tout le monde fustige l’honnête proposition de Pierre Gattaz, y compris Laurence Parisot qui se fend d’une belle déclaration : « Proposer un salaire en dessous du Smic, s’apparente à une logique esclavagiste. » Bravo, on approuve. Mais cette déclaration est-elle sincère, ne procède-t-elle pas d’un règlement de compte avec son successeur à la tête du Medef ? Laurence Parisot n’aurait-elle pas digéré son éviction, elle qui caressait le rêve d’un troisième mandat ? Pour leur part, les syndicats des salariés se sont déclarés contre une telle ineptie, contreproductive, qui consiste  à tirer les salaires vers le bas et qui risque de nous précipiter un peu plus vite dans cette logique infernale expérimentée, entre autres, par les Grecs et les Espagnols. Les alliés politiques et naturels du Medef, la droite, le Front national, n’ont pas osé reprendre à leur compte la proposition, même s’ils n’en pensent pas moins.

    Une question se pose. Est-ce que la saillie de Gattaz est une simple plaisanterie, une provocation ? C’est peu probable. Cela ressemble plutôt à un test, à un ballon d’essai. Cette idée de Smic jeune n’est pas nouvelle, rappelons-nous les fameux Cpe. Récemment, on a pu entendre deux éminents socialistes, Pascal Lamy, ancien directeur général de l’Omc et Hubert Vedrine, ancien ministre des Affaires étrangères de Mitterrand, formuler des propositions comparables. Il est probable qu’on y pense dans les services de l’Elysée et de Matignon.  D’ailleurs, pour information, François Hollande a reçu à déjeuner trois « éminents économistes » – pas ceux des Economistes atterrés – bien dans la ligne ultralibérale, Gilbert Cette, Philippe Aghion et l’indicible Elie Cohen. Ainsi par exemple Gilbert Cette a laissé entendre que « rien ne doit être tabou », en matière de bas salaires.

    Cette inadmissible prétention du patronat, qui si elle était appliquée, contribuerait à une paupérisation accélérée d’une majorité des salariés dans notre pays. Les syndicats de salariés, le Front de gauche et toutes les forces de progrès devront s’opposer avec force contre une logique sociale et économique qui nous mène à la catastrophe. Une autre voie est possible.

    Maria Maddalena Lanteri

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  • Il y a quelque chose d’indécent dans le discours actuel des dirigeants occidentaux à propos des événements qui secouent  l’Est de l’Ukraine. Le pompon revenant à notre ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, toujours prompt à suivre docilement les grands frères de l’Otan et d’en rajouter une louche. Que disent nos démocrates ? Les occupations de commissariats de police, d’établissements publics dans certaines villes russophones, sont illégales, inadmissibles, condamnables. Et d’y voir bien évidemment, non plus l’œil, mais la main de Moscou. Cela prêterait à sourire si la situation n’était pas pleine de danger. Mais qu’ont-ils faits tous ces démocrates patentés, lors des événements de la place Maïdan, à Kiev, au mois de mars ? Ils ont tout simplement applaudi, appuyé les manifestants, pas toujours très pacifiques, suscité et peut-être inspiré le coup d’Etat qui a renversé le président Viktor Yanukovytch, pourtant élu par une majorité d’Ukrainiens ? Que disaient-ils des massacres de dizaines de personnes, sur cette même place et des exactions des milices fascistes qui ont tenu le pavé et les barricades pendant des semaines ? Pour autant, doit-on pleurer sur le sort de Yanukovytch et de sa clique ? Certainement pas. L’individu est un pur produit d’un régime oligarchique, mis en place après la chute de l’Urss et son démantèlement. Où corruption rimait avec autoritarisme. Mais il faut aussi s’interroger sur les putschistes et les membres du nouveau gouvernement provisoire ukrainien. Ils sont issus, comme les sortants du même système, du même moule.

    Donc, aujourd’hui on assiste à un scenario à peu près comparable, mais à l’envers. Ce n’est plus la place Maïdan, mais plusieurs villes de l’Est du pays. Des milliers de pro-russes ou russophones descendent à leur tour dans la rue, occupent des bâtiments publics, érigent des barricades, et réclament soit le rattachement à la Russie, à l’instar de la Crimée, soit la création d’un Etat fédéral, avec une large autonomie pour les différentes régions. Qu’en pensent nos occidentaux ? Ce qui était bon à Maïdan, ne l’est plus à Donetsk ou à Kramatorsk ?

    Face à une telle situation, Kiev menace d’intervenir militairement contre les manifestants. Déjà, on compte plusieurs morts. Le risque d’une guerre civile est grand, aux conséquences dramatiques pour l’Ukraine. Il est temps de  dire assez à cette escalade de la violence, aux diverses manipulations, aux interventions extérieurs, y compris de nos bons occidentaux dont on peut mesurer par ailleurs leurs exploits en Syrie, en Libye, en Irak ou en Afghanistan. Rappelons pour mémoire la manière dont a été gérée la crise dans les Balkans et son terrible bilan. L’Ukraine ne doit devenir un champ de bataille dans lequel s’affronteraient des intérêts contraires à ceux de ses habitants, quelles que soient leurs origines. La solution du problème ne peut être que politique et doit être trouvée par les Ukrainiens eux-mêmes.

    Jean Antoine Mariani

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