• Le Prix du menteur en politique a été créé à l’initiative de Thomas Guénolé le 19 janvier 2015. Cette distinction sera décernée « avec humour » pour inciter la classe politique à moins mentir, pour sensibiliser le journalisme politique à l’importance du fact-checking, et pour encourager le grand public à vérifier la véracité de ce que dit le personnel politique. Le prix est destiné à être proclamé chaque début d’année, pour les mensonges politiques de l’année précédente. Le Prix 2014 sera ainsi décerné en février 2015. Le jury du prix est composé de journalistes, notamment spécialisés en fact-checking politique.

    La vérification par les faits (ou revérification, en anglais fact checking) désigne une démarche visant à valider l’exactitude des chiffres rapportés, d'affirmations, d'informations, ou de faits allégués dans un texte ou discours. Cette pratique s’applique le plus souvent aux déclarations des hommes politiques, et de plus en plus des experts (en économie, santé publique, environnement, sociologie, etc.) et de manière générale aux partenaires sociaux. Il s'agit souvent d'affirmations produites par des personnalités à la radio, la télévision, dans des discours publics, ou d'affirmations publiées dans des rapports, périodiques, dont la véracité ou l'exactitude pourrait être mise en doute.

    point_menteurSi on consulte les nominés, ils sont  une dizaine dont Nicolas Sarkozy pour ses dix-sept mensonges en boucle pendant sa campagne de réélection à la tête de l’UMP. Toutefois, bien que Sarkozy semble détenir déjà la palme en matière de manipulation des chiffres,  c’est Jean-Luc Mélenchon qui est mis en photo d’illustration par le journal Le POINT pour s’être défendu des accusations d’absentéisme au parlement européen sur les chiffres fournis par la presse. Voilà une façon d’utiliser l’humour de Thomas Guénelé pour cibler le Front de gauche. 

    Dans le jury de ce pseudo-ptrix, il n’y a pas de journaliste du POINT. On sait déjà pour qui son rédacteur en chef aurait voté.  On se demande ce que Jean-Luc Mélenchon fait dans les nominés en regard de ce qui lui est reproché abusivement. Nous verrons le 8 février qui remportera le prix et qui sera mis en photo pour annoncer le résultat. Son qualificatif « humoristique » apparaît comme un cache-sexe politique. « Cette distinction est décernée avec humour pour inciter la classe politique à moins mentir, pour sensibiliser le journalisme politique à l'importance du fact-checking, et pour encourager le grand public à vérifier la véracité de ce que dit le personnel politique ».  On aimerait le croire. Même pas drôle ! Nous décernons à son organisateur la noix d’honneur et le Gérard du journalisme humoristique.

    Thomas Guénelé se présente comme conseiller politique indépendant. Il écrit des chroniques politiques dans le Nouvel Obs et parfois dans Libération, Atlantico et Huffington Post. Il est l’auteur d’un petit guide du mensonge en politique. Son prix est une façon de faire parler de lui. Ne doutons pas que le résultat sera repris par tous les médias auxquels il contribue.  

    Pour consulter les renseignements sur ce prix cliquer ICI. 

    Il est étonnant de ne trouver le nom d’aucun journaliste et commentateur politique dans la liste des nominés. Sans aucun doute ils sont trop nombreux et leurs mensonges innombrables ? On peut y ajouter la manipulation des sondages effectués par des officines à la demande des uns et des autres. Le mensonge fait partie de la liberté d’expression. On a le droit de mentir à condition de ne pas se faire prendre.

    Parlons-en de la liberté d’expression ! La presse française s’est largement mobilisée pour défendre celle de Charlie Hebdo mais elle ne défend même plus celle des grands médias. Un banquier à la tête de « L’Express » et « Libération » et cela se fait dans les coulisses des capitaux de Mag & News Co, le groupe de presse constitué par Patrick Drahi, qui regroupe Libération, L'Express, la chaîne d'information basée en Israël "i24", ainsi que les titres de Marc Laufer, comme 01net. Ce dernier va d’ailleurs devenir le directeur général du nouvel ensemble. L’ordre règne dans le monde médiatique. Les grands patrons de presse sont à la baguette de tous les grands médias. Les chaînes publiques sont entre les mains de quelques clans qui se mettent au service des plus puissants à l’affut du vent qui risque de tourner. Dans le gotha de la presse écrite, les subventions permettent la survie des grands titres au détriment de la création de nouveau journaux qui doivent se battre seuls pour exister.

    Monsieur Guénolé et son équipe de journalistes font le tri sélectif des mensonges chez les politiciens. Il ferait bien de s’intéresser à ceux de ses amis et/ou clients dont il est le conseiller et/ou le commentateur politique. En dehors des titres déjà cités plus haut, il serait régulièrement consulté dans les médias, notamment par France 3, France 24, France Culture, France info, Europe1, Lemonde.fr, Lepoint.fr ou Lefigaro.fr. Cela en dit long sur la diversité d’opinions de tous ces médias et les compétences de ce politologue très médiatisé jouant l’humoriste sur son site personnel. Il ne faudrait pas que son prix du menteur en politique soit lui-même un gros mensonge politique, après des articles comme celui du POINT. En politologue avisé, il doit savoir qu’en politique l’humour peut tuer.  

    U barbutu

     

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  • troïka_merkel« Nous avons à nouveau un problème grec qui est grave, qui est très grave, mais qui n'est pas totalement dramatique », avait dit Claude Trichet ancien président de la BCE sur Europe 1, à trois semaines d'un scrutin qui inquiète les dirigeants libéraux des pays membres de l'euro et la Troïka.

    Pas totalement dramatique ? Cet homme n’a pas dû aller faire un tour en Grèce et ne doit fréquenter que le gratin libéral de la société grecque, responsable de la situation qui est « totalement dramatique » pour ceux qui la vivent. Nous n’allons pas revenir sur le fort taux de chômage, la baisse drastique du pouvoir d’achat, l’accroissement de la dette publique due à la « soit disant aide » financière apportée par les pays riches de la communauté européenne, la politique d’austérité qui a plombé la croissance… La Grèce a été paupérisée et plongée dans le marasme économique, ce qui a eu des conséquences gravissimes sur la vie quotidienne des Grecs, sur leur système de santé, sur leur nourriture, leur chauffage, leurs déplacements, sur l’émigration, sur le taux de suicides…Suite à la grave récession et la cure drastique d’austérité, des milliers de Grecs sont exclus des soins médicaux, le taux de pauvreté a atteint une augmentation record ainsi que le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale chez les enfants de moins de 18 ans. La pauvreté infantile des moins de 18 ans est en augmentation constante depuis 2010. Des milliers d’entreprises et de commerces ont fermé.

    Plutôt que de voir l’état économique et social réel de ce pays appartenant à la communauté européenne, d’aucuns préfèrent jouer les Cassandre en stigmatisant le peuple grec. Alors que les dernières élections lui ont redonné l’espoir, le nouveau gouvernement formé par Alexis Tsipras serait monté dans un Cheval de Troie pour livrer une guerre à la communauté européenne, alors que si l’on parle de guerre économique et sociale, elle sera livrée contre le club des Trois de la Troïka : la BCE, le FMI et la commission européenne. Un cheval enfourché par Angela Merkel dans le manège européen. C’est la Troïka et ses vassaux qui ont déclenché une guerre économique et sociale qui prive les européens de la maîtrise de leur avenir commun. C’est eux qui font usage de violence économique sur les peuples et le plus atteint est le peuple grec, atteint jusque dans sa dignité.

    Ceux qui reprochent aujourd’hui aux Grecs d’être de mauvais contribuables et des profiteurs de l’aide européenne, sont ceux qui soutenaient hier un gouvernement de droite corrompu qui n’a rien fait pour taxer les riches, en premier lieu le clergé grec et les armateurs. Nous avons même lu une citation en relation avec le cheval de Troie dans l’Enéide : « Timeo Danaos et Dona Ferentes[1] ».  Le cadeau grec ! Comme s’ils avaient encore quelque chose à offrir ne serait-ce qu’un cheval de bois pour gangréner l’Europe. Nous imaginons que ceux qui reprennent de façon malveillante cette citation feraient rire le cheval de bois qui leur flanquerait  le coup de pied de l’âne. L’usage abusif de ce mythe rapporté par Virgile dans l’Enéide montre l’intention de marginaliser les Grecs comme si, avec Syriza, ils allaient investir sournoisement et attaquer de l’intérieur une communauté européenne unie et trop généreuse à leur égard.

    Une Europe généreuse ? A quoi ont servi les prêts à fort taux d’intérêt qui n’ont fait qu’alourdir la dette publique sans la moindre amélioration de la vie économique et sociale de ce pays. Bien au contraire, la situation n’a fait que se détériorer. Alors, on peut se demander à qui la faute ? Qui a payé pour que les Grecs dansent le sirtaki de l’austérité ? Quels sont ceux toujours prêts à danser ?  La corruption est celle des membres du parlement et du gouvernement de l’ancienne coalition des « voulettes » qui ont étouffé l’économie et saigner le peuple sous la houlette de la Troïka. Pendant des décennies ils ont bénéficié des largesses de nombreuses multinationales françaises, américaines, anglaises et allemandes trempant dans des scandales comme celui du contrat de sous-marins à plusieurs milliards d’euros de la firme allemande Siemens. De même, des entreprises comme Carrefour, British Petroleum, Shell, Unilever, Coca Cola, Nestlé et bien d’autres ont été impliqué dans des affaires scandaleuses parfois condamnées par la justice pour ententes illicites, pratiques illégales, positions dominantes voire même corruption. La Troïka, malgré les milliards d’euros versés, n’a pas aidé véritablement la Grèce. Pas un seul euro n’est arrivé dans la poche des Grecs. Il s’agit en réalité d’un immense marché de dupes car les euros versés sont retournés directement dans la poche des créanciers dont les banques. Rappelons que la dette publique grecque n’a fait qu’augmenter alors que les investissements ont baissé de 60% en trois ans. Il ne reste plus qu’à vendre la Grèce à la découpe.

    On ne peut pas ignorer la campagne de presse déclenchée contre Syriza, Alkexis Tsipras, le peuple grec  et le Front de gauche. Ce que l’on veut tuer, après les résultats des dernières élections législatives grecques, c’est l’espoir que suscite le nouveau programme gouvernemental porté par Alexis Tsipras, pas seulement l’espoir renaissant des Grecs mais celui des autres peuples européens. La presse de la doxa libérale se permet tous les coups bas repris par les réactionnaires de tous poils qui n’ont qu’une ligne de pensée : casser la gauche. Les Solfériniens prennent une grande part dans la propagande anti Syriza et anti Front de gauche. Ils craignent de subir le même sort que le parti socialiste grec qui n’a plus grand-chose de socialiste comme eux. Malgré cet avertissement venu du pays qui a vu naître la démocratie, Hollande et Valls foncent dans le mur pendant que quelques commentateurs affiliés expliquent qu’il n’y aura pas d’effet Syriza en France. Il faut qu’ils en aient peur pour tenter l’exorcisme politique. Quant à l’effet du 11 janvier que François Hollande essaie d’exploiter pour faire monter sa côte de popularité, il est plutôt à craindre que, à la prochaine échéance électorale, il favorise la droite et l’extrême-droite, faute de politique sociale déconnectée de l’austérité imposée par la Troïka et Angela Merkel.

    Pidone



    [1] Je crains les Grecs, même ceux apportant des cadeaux.

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  • tsipras_éluLes élections en Grèce ont été l’occasion d’observer le déchaînement de propagande anti-gauche sur certaines chaînes de télévision. BFMTV a occupé les premiers rangs avec ses journalistes-présentateurs et ses chroniqueurs propagandistes. Un festival d’hypocrisie et de manipulation de l’information. Cette chaîne était déjà au premier rang de ce qu’il ne faut pas faire pendant la cavale des frères Kouachi et la prise d’otages dans le supermarché kacher à Paris. Elle s’est encore distingué dimanche avec l’interview de Jean-Luc Mélenchon face à des harpies plus que des journalistes. Et dire que l’on veut faire passer ce porte-parole du Front de gauche pour un caractériel !  N’importe quel autre  homme (ou femme) politique de droite ou socialiste aurait sans aucun doute disjoncté devant l’agressivité et la mauvaise fois d’Apolline de Malherbe, qui n’a fait aucun effort pour cacher son animosité envers Jean-Luc Mélenchon, resté souriant malgré tout. Cette dame tient un discours sous des questions biaisées qui s’apparentent plus à un débat droite-gauche qu’à un entretien journalistique. Nous vous mettons l’interview en ligne pour en juger.

    Sur la même chaîne, nous avons eu droit à Christophe Hondelatte qui a dit (avec la même moue dégoûtée que d’autres sur cette chaîne dès qu’il est question de la gauche) qu’Alexis Tsipras avait milité au parti communiste. Il est allé chercher le deuxième prénom  d’un des fils du leader de Syriza « Ernesto » pour révéler, ou plutôt dénoncer, qu’il s’agissait d’une marque d’admiration pour Ché Guévara. Sans aucun doute, deux tares pour ce présentateur journaleux auquel est venu se joindre un chroniqueur politique de la chaîne, propagandiste patenté du sarkozysme, le haineux Eric  Brunet qui a dénoncé la lâcheté de la Grèce. Nous vous proposons de voir ou revoir le direct pour mesurer toute la perversion de l’animateur et de certains intervenants. Pour Christophe Hondelatte, Alexis Tsipras est un bolchévique le couteau entre les dents. 

    La victoire de Syriza est chargée d’espoir. Malgré des déclarations politiques hypocritement favorables, cet espoir dérange et fait peur à la doxa libérale qui a lancé une charia journalistique contre la gauche dite radicale. Il faut s’attendre à de nouvelles campagnes de presse agressives. L’hypocrisie s’est affichée dans la classe politique. Certains se sont montrés consensuels pour, sans doute, dénoncer ensuite la radicalité de Syriza. D’autres continuent à faire du populisme sur le dos du peuple grec. En France, l’accession de Syriza aux affaires met François Hollande au pied du mur. Vat-t-il, après les félicitations officielles, hurler avec la meute libérale ? Ou bien va-t-il avoir le courage politique d’affronter Angela Merkel aux côtés de Syriza ? Nicolas Sarkozy s’est fendu d’un communiqué verbal pour ne rien dire, tout en faisant l’éloge de Samaras, avant de courir en Allemagne discuter avec la chancelière. On a l’impression que l’ancien Président de la république battu en 2012 et nouveau président UMP profite d’une union républicaine qu’il a déjà pourtant fragilisée, pour inventer une coprésidence avec François Hollande. C’est déjà insupportable et cela risque de durer encore deux ans.

    Ne vous laissez pas manipuler par les chiens de garde du libéralisme, ceux qui dénoncent les Grecs comme de mauvais contribuables en usant d’un amalgame honteux lorsque l’on sait que les mauvais contribuables sont les riches armateurs et le clergé dans ce pays ruiné par l’Euro et la dette publique. On se souvient aussi de Christine Lagarde qui avait incité les Grecs à payer les impôts. Quel cynisme alors qu’elle ne paie pas elle-même d’impôts et de taxes sur les gros revenus de son poste au FMI. Ceux qui dénoncent les mauvais contribuables grecs sont ceux qui râlent le plus contre la fiscalité en France tout en usant de toutes les niches fiscales et, pour certains, en ayant recours à la fraude. Certains commentateurs sont allés jusqu’à expliquer que les Français allaient payer la dette publique grecque… dans un scénario catastrophe. Voici ce que nous avons lu : «  À quelle hauteur est exposée la France? La France a déboursé 9 milliards d'euros dans le cadre du premier plan d'aide et 31 milliards d'euros à travers le FESF, soit un total de 40 milliards d'euros. En cas de défaut de la Grèce, cela ferait autant de recettes budgétaires en moins, soit une ardoise de 615 euros par Français ». (Le Figaro - Fabrice Nodé-Langlois Mis à jour le 26/01/2015 à 09:16 Publié le 23/01/2015 à 19:33). Un calcul irréaliste publié pour faire peur à deux jours des élections grecques. Des propos irresponsables lorsque l’on prend en compte la situation économique et sociale de la Grèce. Même des membres du FMI ont reconnu que l’austérité imposée aux Grecs n’a fait qu’aggraver la situation et la dette publique. La politique d’austérité conduit la Grèce à ne plus pouvoir rembourser une dette devenue insupportable. La seule issue est celle portée par Syriza et même les financiers savent que c’est celle qui leur laisse la possibilité d’un remboursement échelonné, à condition de renégocier les intérêts et d’échelonner les remboursements. Pour cela il faut redonner du pouvoir d’achat aux Grecs, redynamiser le marché intérieur pour produire et créer des emplois. Il faut aussi des reformes structurelles que seul Alexis Tsipras a proposées, créer un cadastre, taxer le clergé qui possède la moitié de l’immobilier grec mais aussi procéder à une réforme fiscale trop favorable aux plus riches. Des commentateurs tentent de substituer à la victoire de Syriza la mise en accusation des contribuables grecs.

    L’express a titré « Syriza est-il possible en France ? ». Bien évidemment Christophe Barbier répond que non. Alors on pourrait lui rétorquer que le Front de gauche est possible si Syriza ne l’est pas. Son discours est porté par d’autres (y compris Appoline de Malherbes) qui ont décrété que le Front de gauche ne dépassera jamais les 10% de suffrages. Ils s’y emploient activement mais la majorité des Français a compris que l’Europe de la Finance s’est faite sans eux, contre leur volonté exprimée dans un référendum transgressé, et que les politiques d’austérité les broient.

    Syriza en Gréce, Podemos en Espagne et le Front de gauche en France vont être la cible d’une guerre médiatique dont on a pu mesurer la violence avant, pendant et après les élections grecques qui, malgré la propagande libérale, a donné une large victoire à Syriza. Il faut rester mobilisés plus que jamais contre les politiques d’austérité et les régressions sociales, au moment ou l’assemblée nationale discute de la scélérate loi Macron, un packaging libéral dont on connaît les perversités. On peut citer le travail du dimanche, par exemple mais aussi un projet moins commenté concernant la vente à la découpe d’immeubles vidés de leurs locataires. Jusqu’à la loi Macron, le locataire avait un délai de trois ans pour quitter son logement. Avec Macron, les locataires en fin de bail seront immédiatement expulsés. Tout cela pour créer soit disant des biens locatifs alors qu’on les supprime par spéculation immobilière et financière, en jetant des locataires à la rue. Voilà le type de projet d’un ministre de l’économie qui est un financier de formation et d’expérience à la Banque Rothschild . Quelle honte pour le parti socialiste !     

    Le pouvoir n’est plus qu’une alternance libérale en France. La propagande diffusée sur la plupart des chaînes de télévision ne garantit plus la diversité des opinions. Le PAF est occupé par des présentateurs, journalistes, chroniqueurs, experts et autres intervenants qui, tout en participant au dénigrement systématique des fonctionnaires, occupent des postes qui sont des rentes de situation. Nous sommes attachés à la liberté d’expression qui malheureusement est monopolisée par la classe dominante. Il reste toutefois possible de créer un observatoire de l’audio-visuel auquel remonteraient les manques habituels de neutralité. Ce serait une sorte de contre-poison aux Think-tanks libéraux et autres observatoires d’idées toutes faites qui envoient leurs pseudo-experts à la télévision sur des chaînes complaisantes.

    La neutralité est le corollaire de l’objectivité. Toutes les personnalités politiques doivent être traitées de la même façon. Cela n’exclue pas les questions gênantes dans la mesure où elles ne sont pas de l’ordre de la propagande partisane avec des jugements de valeur à l’emporte-pièce comme c’est souvent le cas. Lorsque l’on fait un métier journalistique ou médiatique, on a un devoir de vérité, de neutralité qui interdit la désinformation, l’information tronquée, l’omission intentionnelle, la fausse information parfois du niveau de l’Hoax sur le Net, c’est-à-dire, la généralisation d’une propagande agressive utilisée pour manipuler l’auditeur.

    Fucone

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  • manif_Charlie2

    Et si le slogan « Je suis Charlie » ne servait à rien au bout des émotions ? On aimerait penser que 4 millions d’individus seraient capables de se mobiliser pour le peule kurde, pour le peuple palestinien, pour les syriens, les irakiens,  pour tous ces peuples arabes ou africains qui n’ont le choix qu’entre l’asservissement, la conversion ou la mort. On aimerait penser que des millions d’humanistes se mobilisent contre tous les négationnismes en cette année de la commémoration du génocide arménien. On aimerait penser que les acheteurs du numéro spécial de Charlie Hebdo puissent contribuer à des causes humanitaires. On aimerait penser que la communauté internationale et en particulier la communauté européenne ne retombent pas dans leur honteuse inertie avant le génocide arménien,  la Shoah et d’autres crimes contre l’humanité qui auraient pu être arrêtés ou limité.

    devise_républicaine1Les fanatiques et les barbares ont des ficelles dans le dos. Ils servent des luttes d’accession et de conservation du pouvoir. La religion n’en est que l’instrument idéologique et manipulateur. Devant cela, les silences et les inerties sont des lâchetés ou des complicités coupables. Il faut aller chercher les responsabilités dans cet ordre mondial basé sur l’économie du profit et une géopolitique qui a ses chefs d’orchestre. Comment expliquer qu’un khalifat se soit installé en Irak pendant la présence américaine et à la frontière de la Turquie ? Et pourtant c’est ce qui s’est passé et cela a donné Daech qui a profité du retrait des Américains en Irak et de la guerre civile syrienne pour s’étendre avec toutes les conséquences que l’on connaît. Le même processus a été enrayé au Mali avec la France en première ligne. Aujourd’hui un autre groupe barbare kidnappe et tue au Niger et le Cameroun est menacé. L’Egypte est instable et retombe dans une dictature militaire. Pour le moment deux pays s’en sortent encore bien : la Tunisie et l'Algérie. En Afghanistan, rien n’est réglé et, au Pakistan, la braise islamiste s’enflamme régulièrement. 

    Le terrorisme jihadiste est présent partout dans le monde. Quels sont les états arabes stables. On peut en citer deux L’Arabie Saoudite et le Qatar, ceux avec qui l’occident capitaliste entretient des relations commerciales, ceux qui financent des clubs de foot, ceux chez qui un ancien président de la république française va donner des conférences grassement payées… ceux qui financeraient le terrorisme islamiste et qui montent les musulmans les uns contre les autres. Des supporters du club SC Bastia ont déployé à Furiani une banderole dénonçant que « Le Qatar finance le PSG… et le terrorisme ».  Le Club parisien s’est offusqué mais n’a pas déposé plainte. C’est la Ligue professionnelle du Football qui se chargera de punir le club, la même ligue qui a contribué à la désignation du Qatar pour une future coupe du  monde. Pourtant la question la plus importante n’est-elle pas « Le Qatar finance-t-il Daech et d’autres jihadistes ». D’autres question restent posées comme « Peut-on continuer à entretenir des relations diplomatiques et commerciales avec des pays islamistes qui appliquent la charia, violent, lapident, flagellent, pendent, égorgent pour des raisons religieuses ? Doit-on tourner la tête de l’autre côté lorsque ce sont des Musulmans, des Kurdes, des Arméniens, des Africains, des Arabes… qui sont asservis, violés, lapidés, flagellés, pendus, égorgés, décapités… ?

    La Syrie et l’Irak sont des champs de bataille entre Sunnites et Chiites. Comment expliquer que l’Iran, aux côtés de la Russie, est dans le camp d’El Assad, alors que la Turquie a choisi celui des islamistes sunnites, tout en restant dans une neutralité ambigüe ? Comment expliquer que l’Occident se soit élevé contre Al Assad, sans pouvoir aider efficacement les démocrates, les Kurdes, les Chrétiens de Syrie et d’Irak ? La Syrie et l’Irak sont victimes d’enjeux stratégiques et de haines religieuses.  C’est cela la réalité. Et puis il y a le drame du peuple palestinien sans fin  avec des périodes toujours plus tragiques qui ne font qu’alimenter l’antisémitisme.

    Le terrorisme a frappé la France et déclenché des polémiques stériles entre lâchetés, idéologies et haines. Il ne sert à rien de céder de façon ridicule à l’obscurantisme comme ces Britanniques voulant supprimer les porcs dans les livres scolaires, de cochons dessinés en personnages et non pas de la viande de porc. En outre, pourquoi nier que l’Europe a des racines judéo-chrétiennes, lorsque les Jihadistes instrumentalisent un verset du Coran appelant à combattre les judéo-croisés pour menacer d’envahir l’Europe, de convertir et de tuer ?   

    Les lâchetés intellectuelles ne font que renforcer l’islamophobie, l’antisémitisme et le racisme. Ce sont des marques de faiblesse face au prosélytisme religieux et à l’intégrisme. Accepter la remise en cause de la laïcité enferme peu à peu des Français de confession musulmane dans le communautarisme et les place sus la coupe de petits chefs, de tuteurs religieux souvent recrutés dans la délinquance. Il ne s’agit plus d’accepter le voile, le tchador puis le niqab, la burka,  la viande hallal dans nos écoles… mais de protéger aussi les Français musulmans respectueux de la laïcité, refusant le voile comme le premier pas avant le niqab et la burka. Des français musulmans non pratiquants ou des athées d'origine maghrebine mangent de la viande non hallal et même du porc, et apprécient le vin ou d’autres alcools. Seule la laïcité les protège contre l’intimidation et les représailles venant des Islamistes. Chaque coup donné à la laïcité est un coup donné aux libertés de tous. Le voile, le tchador, le niqab et la burka sont des habits d’asservissement, de provocation et d’intimidation, comme les tenues et la barbe arborées par les Islamistes pas seulement dans des mosquées. Ce sont des pieds de nez à la laïcité et des instruments pour faire peur aux non-musulmans, diviser les Français Musulmans du reste de la population et entre eux.  Des intellectuels musulmans portent une autre parole que celles des Islamistes et de la peur…

    Si l’on ne peut éluder les causes qui président à l’obscurantisme, il reste la pire réponse à ces causes, l’histoire de la deuxième guerre mondiale devrait constamment nous le rappeler. Les pires ennemis de l’humanité sont les obscurantismes religieux et politiques. Aujourd’hui ils se nourrissent l’un de l’autre. Alors, si les luttes sociales doivent continuer, si nous devons continuer à dénoncer les méfaits de la colonisation et du néo-colonialisme économique, nous devons aussi tous lutter contre tous les obscurantismes qui veulent replonger le monde dans le Moyen-âge. On ne peut accepter et excuser la barbarie au nom d’une pseudo-morale religieuse pour qui tuer ouvre les portes d’un paradis aux allures de lupanar. Si je suis Charlie, c’est pour cela et rien d’autre… Je n’ai pas fait de Charlie Hebdo un nouveau dieu mais je considère le slogan « Je suis Charlie » comme le symbole d’une liberté à ne pas perdre et d’une laïcité à faire admettre à tous. Je fais le vœu « pieux et impie » qu’il n’y ait plus de victimes innocentes, assassinés pour avoir cru en une religion ou ne pas croire, assassinés pour avoir usé d’une liberté, pour une moquerie ou un mot plus haut que l’autre.

    La tragédie provoquée par les terroristes jihadistes est épouvantable et les conséquences n’en sont pas encore mesurées. En ce qui concerne les récupérations politiques, elles vont de la débilité des théories du complot alimentées par de fausses informations à la haine des racistes de tous poils. Jean-Marie Le Pen joue sur les deux registres : la théorie du complot et la haine.

    Pour notre avenir, un croyant dirait « Que Dieu nous garde ! », un athée  « Gardons-nous de Dieu ! ». Il y a un mot qui nous gardera de tous les fanaitismes religieux : laïcité.  C’est le seul qui accorde la liberté aux croyants de toutes les religions, aux agnostiques et aux athées. Ensuite, à chaque religion de sortir de ses archaïsmes pour faire respecter la vie, en premier lieu les religions du livre. Tout n’est pas écrit. L’histoire de l’humanité reste encore à écrire et elle ne doit plus s’écrire dans le sang. La barbarie ne doit pas servir comme filtre des exégèses théologiques qui justifient l’injustifiable, l’intolérable, l’inhumain déifié.  

    U barbutu

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  • Manifparis_14

    L’union républicaine a été celle des citoyens en France. En ce qui concerne les politiques nous avons assisté hier à quelques manœuvres de communication dont certaines sont apparues affligeantes comme celle de Nicolas Sarkozy se glissant au premier rang des chefs d’états et de leurs représentants. Cela a été révélé par Paris Match. On réalise que son seul souci aura été d’être sur la photo. Il n’avait qu’un seul slogan « Je suis Sarkozy ». Il a réussi à déclencher une polémique entre journalistes. Les Inrocks ont révélé à leur tour que Paris Match aurait modifié son premier article pour expliquer que Nicolas Sarkozy ne s’est pas glissé mais a été propulsé par la foule… au point de passer le deuxième rang des gardes du corps pour passer du troisième au premier. On se souvient que Sarko avait fait virer un journaliste de Paris Match au début de son quinquennat. Celui qui a passé le premier article le ridiculisant doit s’être fait souffler dans les bronches. Nous sommes loin de l’esprit « Charlie » qui aurait dû présider la manif d’hier.

    Un pigeon est venu dire à sa façon « Je suis Charlie » en lâchant une fiente irrespectueuse sur François Hollande en représentation. Ce fût le plus bel hommage aux créateurs de Charly Hebdo qui n’ont cessé de mettre leur plume à tous les cultes, y compris celui de la personnalité.  Bien sûr, chacun y est allé de sa petite phrase mais ce sera aux survivants de Charlie d’avoir le dernier mot ( ou dessin) mercredi prochain pour la parution du nouveau numéro de l’hebdomadaire. Quel courage !

    Aujourd’hui, les vannes politiques se son ouvertes sans retenue. La Droite pseudo-républicaine prévient qu’il faudrait renoncer à des libertés pour lutter contre le terrorisme. Des anciens ministres de l’Intérieur, comme Claude Guéant, viennent donner leurs remèdes de cheval pour tuer la maladie et le malade. Pour défendre la liberté, une seule solution : sa mort lente ! Nous avons dénoncé la récupération de l’émotion. Elle va se déployer maintenant. L’extrême-droite n’a pas tardé à lancer des messages appelant discrètement par des emails à la guerre civile en chantant une Marseillaise détournée de sa signification historique.

    L’émotion légitime va maintenant être instrumentalisée dans un esprit guerrier et liberticide. Les libertés sont des entraves au fanatisme, certes. Elles gênent aussi l’exploitation capitaliste du Monde. Terroristes et capitalistes se rejoignent sur un point : asseoir un nouvel ordre mondial dont ils seraient les tenants. Les uns veulent établir un ordre religieux (du moins en apparence) et les autres un ordre économique à leurs seuls profits.

    Nos politicards, cumulards de mandats et de retraites, portent une part de responsabilité dans la montée des intolérances et des intégrismes en France. L’intégrisme religieux  est une réalité que connaissent les enseignants.

    La laïcité est constamment menacée jusque dans nos établissements scolaires et cette menace ne doit pas atteindre les libertés fondamentales. La laïcité est une des garanties de la liberté de pensée et de la liberté d’expression. L’intégrisme religieux  colonise les consciences dès l’enfance et a déjà fabriqué des générations intolérantes.  Des jeunes enfants ont dit à des enseignants que les dessinateurs de Charlie Hebdo n’avaient pas le « droit » de caricaturer le prophète et qu’ils en avaient été avertis. Les victimes de l’obscurantisme seraient donc responsables de leurs propres morts comme un élève puni pour ne pas avoir obéi au règlement intérieur d’un établissement scolaire. Quel échec pédagogique ! Quelle constatation de l’endoctrinement familial dont ils font l’objet ! Va-t-on, pour autant, les traîner devant la justice pour apologie du terrorisme ? N’y a-t-il pas un travail pédagogique à faire avec l’aide des Imams respectueux des libertés républicaines et de la laïcité ? Des responsables religieux ont eu des discours exemplaires ces derniers jours. N’y a-t-il pas aussi un gros effort solidaire à faire dans nos cités dites « difficiles », abandonnées  à leur sort ? N’y a-t-il pas un travail à faire sur les causes de l’immigration, sur la gestion humanitaire des millions de désespérés livrés à des filières mafieuses ? Comment contenir le jihadisme international sans l’arrêt des guerres au Moyen-Orient, en Afrique et sans donner au conflit israélo-palestinien une fin équitable pour sortir un peuple du parc humain où ils sont maintenus enfermés?

    Lorsqu’un problème est complexe et prend de l’ampleur, la réponse la plus simple est souvent la plus dangereuse. L’émotion multiplie la peur. Malgré la tragédie récente et certains commentaires extrémistes, nous restons persuadés que l’intégrisme est largement minoritaire chez les Français musulmans.

    Que faire alors ? Tout dépendra de la capacité qu’auront les autorités à trouver de vraies solutions dans le cadre de la république et de la démocratie, non pas dans l’instauration d’un régime policier et judiciaire qui battrait en brèches nos libertés. Cela voudrait dire que les barbares ont gagné. Cela voudrait dire que l’extrême-droite a déjà gagné et que l’amalgame entre barbares et musulmans est partagé par l’Etat. Cela servirait d’abord  le capitalisme mondial qui nous conduit à l’affrontement, aux guerres sous la bannière de la paix et de l’humanisme.  Refusons toute atteinte à nos libertés fondamentales pour que, si un despote entre un jour à l’Elysée, il ne dispose pas des armes législatives pour asseoir durablement la dictature.

    La solution ne viendra pas des idéologies religieuses ou économico-politiques mais de notre capacité de résistance aux ennemis des libertés individuelles, quels qu’ils soient. La défense des libertés demande du courage et n’est pas une preuve de faiblesse. La tolérance n’est pas la vertu du faible, comme cela est écrit par le Marquis de Sade dans « Justine », alors que son athéisme et ses écrits érotiques l’ont voué à l’anathème des intolérants.  Au sens moral, la tolérance est la vertu qui porte à respecter ce que l'on n'accepterait pas spontanément, par exemple lorsque cela va à l'encontre de ses propres convictions. C'est aussi la vertu qui porte à se montrer vigilant tant envers l'intolérance qu'envers l'intolérable. Toute liberté ou tout droit implique nécessairement, pour s'exercer complètement, un devoir de tolérance. La tolérance n’est pas une résignation à accepter la barbarie. Si la liberté des cultes a besoin de tolérance, elle ne peut s’exercer que dans un état laïc qui respecte aussi la liberté de ne pas croire et la liberté d’expression. Il n’y a pas de tolérance dans les sociétés sans laïcité.  

    La défense des acquis sociaux demande aussi du courage. Il n’est donc pas étonnant que ceux qui défendent les libertés et la laïcité, défendent aussi les acquis sociaux contre une autre violence, la violence économique qui veut les asservir à la croissance, à la compétitivité, aux seuls profits de quelques uns.

    Sur la page Facebook de « Manca alternativa », un commentaire reprend une citation de Karl Marx : « La tradition de toutes les générations mortes pèse d'un poids très lourd sur le cerveau des vivants. »  L’alternance politique dans laquelle vivent les nouvelles générations illustre ce qu’a écrit Marx. Elle illustre aussi le slogan trompeur du candidat Hollande « Le changement, c’est maintenant » pour, après son élection, poursuivre la même politique que ses prédécesseurs vivants ou morts.

    Pour l’avenir, nous sommes au vingt-et-une siècle, les générations vivantes doivent faire face à un autre monde que celui des siècles précédents. Elles auront besoin de valeurs communes et de solidarité.

    Que restera-t-il des grandes manifs autour de la liberté d’expression? Celle d’hier sera peut-être un repère affectif. Elle aura été une journée de tolérance lorsque les gens sont allés les uns vers les autres. Il y avait trop de participants à Paris et la plupart sont restés immobiles place de la République. Ils ont pu converser. Demain d’autres commenteront encore. Est-ce cela fera bouger les choses ?

    Pour changer les choses, il faudra du temps et c’est à l’Internaute qui a cité Karl Marx que nous donnerons le dernier mot par une autre de ses citations, celle-ci de Jean Jaurès dans son célèbre « Discours à la jeunesse » : « L'histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l'invincible espoir ».

    Fucone

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  • hugo_rep6

    Alors que des maires interdisent de bancs publics des SDF dont certains sont morts dans nos rues et que l’un de ces élus  a refusé, à l’insu de son plein gré, une sépulture à un bébé rom sur sa commune, il nous semble nécessaire de publier à notre tour le « discours sur la misère » prononcé par Victor Hugo le 9 juillet 1849 devant l’assemblée nationale…

    Victor Hugo « discours sur la misère » à l’Assemblée Nationale le 9 juillet 1849

    «Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli.

    La misère, Messieurs, j’aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?

    Mon Dieu, je n’hésite pas à les citer, ces faits. Ils sont tristes, mais nécessaires à révéler ; et tenez, s’il faut dire toute ma pensée, je voudrais qu’il sortît de cette assemblée, et au besoin j’en ferai la proposition formelle, une grande et solennelle enquête sur la situation vraie des classes laborieuses et souffrantes en France. Je voudrais que tous les faits éclatassent au grand jour. Comment veut-on guérir le mal si l’on ne sonde pas les plaies ?

    Voici donc ces faits :

    Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l’émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n’ayant pour lits, n’ayant pour couvertures, j’ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures humaines s’enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l’hiver. Voilà un fait. En voici d’autres : Ces jours derniers, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n’épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l’on a constaté après sa mort qu’il n’avait pas mangé depuis six jours. Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon!

    Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société toute entière ; que je m’en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l’homme, que ce sont des crimes envers Dieu !

    Voilà pourquoi je suis pénétré, voilà pourquoi je voudrais pénétrer tous ceux qui m’écoutent de la haute importance de la proposition qui vous est soumise. Ce n’est qu’un premier pas, mais il est décisif. Je voudrais que cette assemblée, majorité et minorité, n’importe, je ne connais pas, moi de majorité et de minorité en de telles questions ; je voudrais que cette assemblée n’eût qu’une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce but magnifique, à ce but sublime, l’abolition de la misère!

    Et, messieurs, je ne m’adresse pas seulement à votre générosité, je m’adresse à ce qu’il y a de plus sérieux dans le sentiment politique d’une assemblée de législateurs ! Et à ce sujet, un dernier mot : je terminerai là.

    Messieurs, comme je vous le disais tout à l’heure, vous venez avec le concours de la garde nationale, de l’armée et de toutes les forces vives du pays, vous venez de raffermir l’Etat ébranlé encore une fois. Vous n’avez reculé devant aucun péril, vous n’avez hésité devant aucun devoir. Vous avez sauvé la société régulière, le gouvernement légal, les institutions, la paix publique, la civilisation même. Vous avez fait une chose considérable… Eh bien ! Vous n’avez rien fait !

    Vous n’avez rien fait, j’insiste sur ce point, tant que l’ordre matériel raffermi n’a point pour base l’ordre moral consolidé ! Vous n’avez rien fait tant que le peuple souffre ! Vous n’avez rien fait tant qu’il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! Vous n’avez rien fait, tant que ceux qui sont dans la force de l’âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! Tant que ceux qui sont vieux et ont travaillé peuvent être sans asile ! Tant que l’usure dévore nos campagnes, tant qu’on meurt de faim dans nos villes tant qu’il n’y a pas des lois fraternelles, des lois évangéliques qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! Vous n’avez rien fait, tant que l’esprit de révolution a pour auxiliaire la souffrance publique ! Vous n’avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l’homme méchant a pour collaborateur fatal l’homme malheureux!»

     

    sdf_corse1

    Deux siècles plus tard, où en sommes-nous ? Pendant que des familles sont dans la misère, des sophistes nés le cul dans le gâteau, des journaleux de l’audiovisuel surpayés, des politicards cumulards, des individualistes dont on ne sait par qui ils sont arrivés viennent nous expliquer à la radio et à la télévision qu’il faut en finir avec l’Etat-providence, que les acquis sociaux sont des freins à la compétitivité et à la sacro-sainte croissance économique. Pendant que d’aucuns occupent des logements sociaux auxquels ils n’ont pas droit, des familles attendent d’être logées.

    Deux siècles après le discours de Victor Hugo, ce sont toujours des associations caritatives et la charité privée qui aident les plus démunis. Quand aux plus riches, ils appliquent toujours le même principe disant que « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Il suffit de connaître les chiffres astronomiques de la fraude fiscale pour comprendre l’acharnement qu’ils mettent à ne pas contribuer justement à l’effort national tout en bénéficiant de tout et en voulant supprimer tous les acquis sociaux. La fraude détectée par les douanes a fortement augmenté en 2013 pour atteindre 403,7 millions d'euros, contre 366,5 millions l'année précédente. Ce n’est que la partie détectée par l’administration. « 60 à 80 milliards d'euros », c'est le montant de la perte fiscale que coûte chaque année la fraude, soit une bonne partie de notre déficit public qui a atteint 98,2 milliards d'euros en 2012. Pourquoi continuer à faire peser la pression fiscale sur les ménages, alors que "60 Etats voyous sont en train de pomper la richesse mondiale"?

    Les chiens de garde du libéralisme et de la rente préfèrent insister sur la fraude sociale alors qu’un grande partie de cette fraude (50%) est due aux pourvoyeurs de travail au noir qui se soustraient aux cotisations de l’Urssaf (308,8 millions d'euros) et si l’on regarde l’autre moitié, voici la répartition : Infirmiers  18,3 millions, Transporteurs 17,6  millions, Généralistes 6,1 millions, Chirurgiens dentistes 4,7 millions, Kinésithérapeutes   3 millions, Etablissements de santé :  65, 8 millions. Et les assurés ? 19, 7 millions sur 636,1 millions d'euros. La fraude des assurés aux prestations de maladie représente le 1/32ème de la fraude et c’est aux assurés que l’on fait porter le poids du déficit de la sécurité sociale. C’est eux qui doivent renoncer à la généralisation du tiers-payant.

    Des médecins font grève contre lé généralisation du tiers payant sous prétexte que les assurés abuseraient de la gratuité des soins. De quels abus parlent-ils, lorsqu’un bon nombre d’entre eux pratiquent des dépassements d’honoraires ?  De quel abus parlent-ils lorsqu’un grand nombre de malades renoncent à se soigner pour des raisons financières ? De quel abus parlent-ils lorsqu’il faut bien gagner sa vie pour n’être pas un « sans-dent » et un « mal voyant » ? Les médecins gagnent bien leur vie et les moins consciencieux la gagne plus que les médecins humanistes en chronométrant les visites pour faire plus de « clients » et donc plus d’honoraires. Sans doute représentent-ils la majorité des mécontents, ceux pour qui le serment d’Hippocrate est un serment d’hypocrite.

    Le quinquennat de Sarkozy et la suite donnée par Hollande n’ont fait que dissoudre le lien social, ancrer l’individualisme et l’affairisme. Les profiteurs de cette évolution égoïste de la société française sont les plus riches qui n’ont plus de limite depuis que la droite s’est décomplexée et le parti socialiste s’est désocialisé. Il serait temps de revenir à une valeur commune : la solidarité. Il est temps démystifier les mystificateurs économiques qui régentent tout et de revenir aux valeurs de la république, à une démocratie dans laquelle le peuple retrouve sa voix et sa place. Il est temps de faire de la lutte contre la misère une priorité et de l’associer à la lutte contre le chômage, contre la précarité et la paupérisation.  Tant que l’usure et la rente enrichiront les rentiers, les capitalistes et les banques, tant que l’alternance politique libérale permettra cela, la misère et le chômage s’installeront durablement.

    Deux siècles nous séparent du discours de Victor Hugo, deux siècles de lutte sociale incarnée par la gauche pour en arriver où ? A la paupérisation des populations européennes, au naufrage du Quart-monde,  à la régression sociale, au racisme, à la xénophobie,  à des guerres de religion et à un monde inhumain sous l’œil d’un Big Brother archi-milliardaire, financier et chef de toutes les armées ? Autant  en emporte le vent de l’Otan ! Autant en emporte l’usure du temps ! Sans solidarité, nul salut ! Sans justice social, nul espoir d’une société apaisée et fraternelle ! Ceux qui pratiquent aujourd’hui la lutte des classes, ce sont les riches tout en la taxant d’être une invention marxiste. D’aucuns pensent  qu’ils l’on gagnée.

    Rappelez-vous la dernière phrase du discours de Victor Hugo : « Vous n’avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l’homme méchant a pour collaborateur fatal l’homme malheureux ». Il disait que « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ». Voulez-vous continuer à être cet homme malheureux et que vos enfants le soient ? L’enfer des uns doit-il assurer le paradis de quelques autres ? Chacun de nous, comme l’auteur des Misérables, devrait se dire : « …. Et c’est là, pour ma part, le but auquel je tendrai toujours, extinction de la misère au dedans, extinction de la guerre au dehors. » Il faut aussi rappeler aux élus que " la misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli. "

    U barbutu

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  • ... et socialise les pertes!

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    Les 100 plus grosses fortunes de France ont accumulé une fortune de 257 milliards d'euros en 2014 ! En pleine crise économique, cette somme est en progression de 10% par rapport à 2013. Pour illustrer ces inégalités croissantes qui traversent la société et pour leur donner une dimension spatiale, voici donc la carte des départements moins riches que nos riches. Pour cela, j'ai comparé le PIB départemental (richesse produite sur une année) et la richesse accumulé par les 4 plus grandes fortunes de France. Si cette carte est discutable sur le plan méthodologique, puisqu'elle met en relation un flux (la production de richesse par les départements au cours d'une année) et un stock (le patrimoine des 4 plus grandes fortunes françaises), elle illustre néanmoins efficacement la captation de richesses démesurée par quelques uns au détriment du plus grand nombre. Ceci confirme la prémonition piquante du milliardaire Warren Buffet qui, interviewé en 2005 sur CNN, déclarait : «Il y a une lutte des classes, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette lutte, et nous sommes en train de la gagner». A méditer...

    Ce constat est fait par Nicolas Lambert, chercheur, ingénieur au CNRS, sur son blog de « Serial mapper » qui propose  sa cartographie radicale, en  créant «  des cartes obus » pour «  susciter du débat et de la confrontation, impliquer le citoyen par des processus participatifs et déclencher des actions politiques concrètes ». Et il ajoute : « C'est une cartographie engagée et militante, un outil de contestation et de reconquête d'un pouvoir confisqué ».

    Que nous apprennent ses cartes sur les quatre plus grosses fortunes de France sur les 100 dont le patrimoine s’est accru de 10% en 2014 ?

    La famille Mulliez (Auchan, 37,88 milliards d’euros) est plus riche que 83 départements français, Liliane Bettencourt (L’Oréal, 23,03 milliards) que 73, Bernard Arnault ( Vuitton et Moët Hennessy, 19, 69 milliards) que 71 et Alex Dumas (Hermès, 18, 59 milliards)  que 65.

    La bande des quatre cumule donc 99, 19 milliards d’euros, lorsque l’Etat prévoit un plan d’austérité de 50 milliards d’euros, en sachant que leurs entreprises ont bénéficié du CICE et vont bénéficier du pacte de responsabilité. Non seulement la crise profite aux grandes fortunes mais on la fait payer au peuple. Nous sommes dans un système qui socialise les pertes et privatise les profits. On l’a vu avec la recapitalisation des banques pour régler la crise financière et la généralisation de l’austérité à tous les peuples européens pour sortir de la crise économique.

    99.190.000.000 euros ! Cela représente environ 68.512.000 SMIC mensuels bruts et 5.710.000 années de SMIC mensuels bruts. De quoi verser un SMIC mensuel brut pendant 40 ans à 142.734 personnes. L'an prochain, le service de la dette, c'est-à-dire le paiement par la France des intérêts à ses créanciers, atteindra 44,34 milliards d'euros, contre 46,65 milliards cette année. Les quatre plus grandes fortunes sont égales au montant total des intérêts de la dette de la France pour 2014 et 2015. Si on prend en compte les 100 plus grosses fortunes et leur 257 milliards, ils correspondant au 1/8ème du  PIB de la France de  2 114 milliards d’euros en 2013. On pourrait pousser plus loin les comparaisons mais finalement les chiffres se suffisent à eux-mêmes.

    François Hollande n’a pas lancé une grande réforme fiscale et son projet de taxation à 75% des hauts revenus s’est traduit par une loi qui ne les atteint pas. Le Medef réclame la suppression de l’ISF que Nicolas Sarkozy a déjà promise en attendant que Manuel Valls le propose un jour ou l’autre. Certes les petits revenus seront exonérés en 2015 d’une fiscalisation qu’il n’aurait pas dû subir mais les retraités voient leur CSG augmenter notablement et divers tarifs subissent des hausses régulièrement. On donne d’une main ce que l’on retire de l’autre et on retire toujours davantage que l’on donne aux petits revenus et aux classes moyennes, pour préserver les privilèges des plus riches. Manuel Valls a promis plusieurs années de sacrifices. De combien les grosses fortunes vont encore augmenter leurs patrimoines en 2015 et 2016? Il sera intéressant de le savoir  pour 2017.

    A force de dire le SMIC en utilisant simplement l’acronyme, on en oublie la signification « Salaire minimum interprofessionnel de croissance ». On ne retient que « salaire minimum » le plus souvent et on oublie le mot-clé  « croissance ». C’est la croissance économique qui régit tout et, sans croissance, tous les revenus stagnent ou baissent sauf les gros revenus. Pour que le SMIC augmente, il faut que les gros revenus augmentent. À la différence du SMIG basé sur l'inflation, le SMIC est revalorisé au minimum à hauteur de la moitié de l’augmentation du pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO). Il peut bénéficier de hausses supplémentaires de la part du gouvernement. Pour janvier 2015, le gouvernement a appliqué une hausse de 0 ,8% alors que les grandes fortunes ont progressé de 10%. Si l’on prend seulement l’indice de référence des loyers, il est monté de 0,69 % en 2013. Les prix de la consommation ont augmenté de 0,3%. Ainsi, depuis 2011, pendant que les riches se sont un peu plus enrichis,  le smic horaire est passé de 9€ à 9,53 €, soit en trois ans 53 centimes de plus. Il passe à 9,61 euros en 2015, soit 8 centimes de plus. Le SMIC mensuel brut vient de passer de 1445 à 1457 euros, soit 12 euros de plus auxquels il faut déduire la part de charges salariales. En 2014 le SMIC net pour 35 heures par mois était de 1128,70 euros.  Si on prend l’évolution du Smic annuel  (2013, 17 162 euros ; 2014 : 17 345 euros ;  2015 : 17 490 euros), il aura évolué en trois ans de 328 € en 3 ans, mais nous ne savons pas ce que réserve l’année 2015 en matière de hausses des prix.

    Ce que l’on donne à Jean, on le prend à Paul. L’aumône donnée aux smicards est à rapprocher du sacrifice demandé aux retraités dont le taux de CSG passe de 3,8% à 6,6%. Amputant ainsi leurs revenus mensuels de 42 euros pour un retraité gagnant 1 500 euros, de 56 euros pour une retraite de 2 000 euros et de 84 euros pour une retraite de 3 000 euros. Une mesure qui s’ajoute à celle mise en place au 1er avril 2013 : 56% des retraités qui acquittent une CSG à taux plein (6,6 %) sont redevables d’une nouvelle taxe (de 0,3 %), appelée Casa (contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie). D’autres mesures fiscales visent des catégories de retraités et sont annoncées dans un article du Journal « L’Humanité ».

    Et puis va venir s’ajouter le pacte de responsabilité et  la loi Macron avec le travail le dimanche qui permettra d’augmenter le chiffre d’affaires de Auchan, de L’Oréal, de Hermes, de Vuitton… et bien d’autres mesures antisociales présentées comme nécessaire à la compétitivité des entreprises française et à la croissance économique.

    U barbutu

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  • Les médias promeuvent une fausse alternative avec le bleu Marine, cache sexe de l’extrême-droite, et diffusent  la peur du lendemain pour grignoter les droits acquis. Pour les quelques milliers de personne qui vivent de ces flux de milliards, nous ne sommes qu'une donnée technique. Condoleezza Rice disant lors du conflit en Irak, a considéré ouvertement qu’une opinion publique ça se dirige. Il n’est pas étonnant que les analyses simplistes et haineuses d’un Zemmour puissent convaincre ceux qui vivent dans l'angoisse et la peur.

    Nous subissons une évolution sur le modèle anglo-saxon (Américains et britanniques) où deux partis subsistent qui conduisent globalement la même politique au service des donneurs d'ordre du capital qui ne s'est jamais aussi bien porté, au point d'être aveuglé par son arrogance et s’accommoderait avec l’extrême-droite.

    A l’orée de l’année 2015, nous revenons sur un ouvrage intitulé « La deuxième droite ».

    Le 10 mai 1981, François Mitterrand devient président de la République. Les illusions de la gauche tiennent jusqu'au fameux "tournant de la rigueur" en 1983. Dès 1981, Jean-Pierre Garnier et Louis Janover faisaient partis des sceptiques sur la volonté de changement de cap. En 1986, ils coécrivent "La deuxième droite" pour répondre à ceux qui s'autoproclamaient "deuxième gauche", une gauche moderne, entrepreneuriale. Jean-Pierre Garnier est au moins d'accord sur un point avec Manuel Valls : il faut changer le nom du parti socialiste. J-P Garnier propose de le rebaptiser : le Parti de Solférino. Après le retour aux affaires du PS, après le retour d'un François au château, l'analyse de J-P Garnier sonne comme un claquement de fouet... ça réveille !

    Fin 2013, à l'occasion de la sortie de la nouvelle édition du livre "La deuxième droite" chez les éditions Agone (http://atheles.org/agone/contrefeux/l...), et du retour aux affaires du Parti Solférinien, Les Mutins de  Pangée avaient mis à disposition, en libre circulation, une vidéo réalisée dans la série des entretiens mutins (contre la pensée tiède). Pour ceux qui ne l’auraient pas vue, la voici…  

    Depuis la parution de ce livre, un an a passé. Force est de constater qu’il nous livre une analyse de cette réalité qui veut nous ramener au bipartisme, à l’alternance d’une même politique, avec  la fausse alternative médiatisée du Lepénisme.  Les commentateurs, les experts, les politiciens de droite et de cette « deuxième droite » s’évertuent à jeter les idéaux de gauche aux orties comme étant passéistes. C’est pourtant leur œuvre qui est conservatrice des privilèges et du capitalisme. L’extrême-droite en profite et récupère des idéaux de gauche à des fins purement électorales tout en exploitant l’angoisse et la peur.

    Voilà où nous en sommes. Ce qui devait être la victoire de la gauche en 2012 n’a été qu’une mascarade dont la conséquence pourrait être le retour de Sarkozy associé à une Marine Le Pen galvanisée par la complaisance médiatique dont elle fait l’objet et la conjoncture favorable à la xénophobie et au racisme. On nous prépare du « supersarkozisme ». On a beaucoup parlé d’Eric Zemmour parce qu’il fait partie de la propagande. Il est un produit médiatique qui s’est bien vendu. Son omniprésence n’est pas due à un quelconque talent. Il tient un discours pseudo-intellectuel xénophobe qui éloigne les électeurs de la gauche et sert les politiciens  dans leurs calculs électoraux. Zemmour n’est qu’un des fondés de pouvoir de la droite dont la maison-mère est le Figaro.

    Les Hollande, Valls, Sapin et compagnie sont des élus de gauche et des politiciens de cette « deuxième droite » qui s’est mise en place en 1983. Ce sont leurs électeurs qui sont socialistes et à gauche, pas eux. Ils ont fait du parti socialiste le « parti de Solférino ».  Ils portent toute la responsabilité du déclin de la gauche dont ils sont les pires détracteurs. Ils ont déplacé les lignes et se situent à la gauche de la droite, aux côtés des centristes. Ils ont tiré une ligne rouge à ne plus franchir. Du côté interdit, la Gauche avec un grand « G » est devenue à leurs yeux archaïque et passéiste, jusqu’à vouloir se défaire du mot « socialisme », comme Marine veut se défaire du patronyme Le Pen et Sarkozy de l’UMP.  Ils vont tous finir par trouver une appellation commune, ce qui clarifierait leur communauté d’idéologie libérale et leur politique de droite. Malgré ses simagrées électorales, nul ne peut penser que Marine Le Pen reprendra le socialisme à son compte. Ajouter à Front National, cela rappellerait des temps tragiques.

    Plus que jamais, les démocrates républicains de gauche ne doivent pas laisser jeter les idéaux de gauche dans les poubelles de la république. L’année 2015  va être l’occasion de le manifester et les occasions ne manqueront pas lorsque l’on connaît les intentions du gouvernement et du Chef de l’Etat à travers le pacte de responsabilité et les différents bouchons médiatiques jetés par des ministres pour préparer des réformes antisociales : remise en cause des 35 heures, recul de l’âge légal de la retraite, abandon d’u CDI dans sa forme actuelle… etc.

    La gauche progressiste existe. Elle fait front ! Elle est toujours là avec son histoire, ses réformes sociales, ses valeurs et ses luttes. Que vaut le progrès s’il n’est pas d’abord social, s’il ne profite pas à tout le monde ? Ne vous laissez plus manipuler en pensant que, si le parti socialiste perd le pouvoir, c’est la « vraiedroite » qui revient ? Hollande, Valls et les Solfériniens ne sont même pas la gauche mais la « deuxième droite » aussi vraie que la vraie.  La Gauche ne se situe pas sur la moitié d’un hémicycle avec une majorité qui vote des lois antisociales. La gauche ne renie pas le socialisme. La gauche n’est pas le parti de Solferino.

    Noël est passé pour le patronat. En 2015, nous serons plus nombreux pour lesquels la politique place « L’humain d’abord ! ». Nous serons toujours plus nombreux à refuser la propagande néolibérale et le modèle politique anglo-saxon qui veut mettre les valeurs de gauche sous l’éteignoir.  Nous serons toujours plus nombreux à refuser « la domination de l’empire américain et du capitalisme dont il est le cœur battant » pour reprendre la formule d’un ami corse.

    Restons solidaires et motivés ! Nous vous souhaitons un bon Capu d’Annu, un bon bout d’An !

    Pidone

     

    CAPUDANNU_modifié-2
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  • mélenchon_zemmour

     

    Eric Zemmour n’en est pas à un mensonge près lorsqu’il se lance dans de grandes démonstrations qui s’adressent à une opinion publique déboussolée par la crise, terrorisée par le terrorisme des djihadistes. Sur RTL, il est venu refaire le monde face à Jean-Luc Mélenchon. Il faut dire que l’animateur de l’émission a préparé le terrain, dès qu'il fut à l'antenne, avec l’affaire des crèches interdites

    Eric zemmour, en bonimenteur patenté du PAF, a raconté une anecdote qui devait toucher, selon lui, Jean-Luc Mélenchon et, bien sûr, le Front de gauche. Une mère de famille voilée ne pourrait pas accompagner sa fille dans une école de Bagnolet. Elle s’en serait ouverte auprès d’une élue, en arguant de sa nationalité française et se serait vu répondre  par l’élue locale agacée: "Eh bien, ça ne se voit pas que vous êtes française avec votre voile !". Maintenant le suspense, Eric Zemmour clôt son histoire comme un coup de théâtre (et l’air goguenard) en citant l’élue : "Cette dame s’appelle Karine Lombardo et elle est élue Front de gauche. Elle est maire adjointe à l’Éducation ". Ne connaissant pas cette élue, Jean-Luc Mélenchon fut d’abord surpris et le bonimenteur d’extrême-droite a enfoncé le clou : "cette réaction de quelqu’un de chez vous, c’est la réaction de la France". La manœuvre est grossière et, vérification faite, Jean-Luc Mélenchon revient (à 30 mn25 de l’enregistrement) sur le mensonge :

    "J’ai une mise au point à faire. Karine Lombardo qui a été évoquée tout à l’heure comme élue de Bagnolet n’est pas Front de gauche mais socialiste." Et Zemmour relit sa fiche et son traquenard : "Moi, c’est écrit Front de gauche" répond Zemmour qui s'en fiche. Bernard Poirette, l’animateur de RTL, sent l’embrouille et bredouille :"Il y a une erreur quelque part"  Bien sûr ce dernier enchaîne sur d’autres questions pour ne pas trop s’attarder sur un mensonge éventé en direct.  Si Eric Zemmour a appelé jadis Jean-Luc Mélenchon « le tigre de papier », ce coq d’opérette a toutefois reçu un coup de griffe qui a fait perdre quelques plumes à son panache de polémiste.

    Une fois encore, Eric Zemmour  a bénéficié de la complaisance de ses confrères pour faire preuve de culot et déformer la réalité d’une anecdote pour déstabiliser son interlocuteur et gagner les auditeurs à son idéologie xénophobe et islamophobe tout en voulant décrédibiliser le front de gauche. Il a voulu démontrer que le voile exaspère aussi des élues du Front de gauche. Il n’a même pas vérifié son information tant elle correspondait à ce qu’il voulait démontrer. Pourtant Madame Karine Lombardo est la quatorzième adjointe sur la liste PS de Tony di Martino, maire de Bagnolet et ce n’est pas une information difficile à obtenir.

    Éric Zemmour, qui met toujours en avant son éthique de journaliste, prend pour argent comptant des mensonges. Qui peut encore penser qu’il est crédible ? Jean-Luc Mélenchon n’a pas été décrédibilisé. Au contraire, cela l’a galvanisé et il a su trouvé quelques belles phrases reprise sur Twitter à l’adresse de Zemmour comme : "Ce que vous n'aimez pas dans l'Europe Libérale, c'est l'Europe ? Et bien moi, c'est le Libéralisme ! "

    Bien sûr ce n’était pas le premier mensonge de Zemmour. Il avait déjà relayé la fausse rumeur de la théorie du genre à l’école sur i>TELE .  On sait que l’une de ses sources est Alain Soral. Nous ne reviendrons pas sur son best seller politique qui est une injure à la philosophie et à la littérature. Il faut s’appeler Eric Zemmour et bénéficié de nombreuses complaisance pour réhabiliter Pétain en sauveur de Juifs et plaider pour la misogynie et l’islamophobie. Pour la misogynie, rappelons qu’en dehors des idées qu’il partage avec l’islamiste turc Erdogan sur la place de la femme dans la société (à la maison évidemment), il fait partie des 343 signataires (salauds et contents de le faire savoir) d’une pétition contre la pénalisation des clients de prostituées. Pour la xénophobie et l’islamophobie, il propage la peur du « grand remplacement », thèse de l’idéologue d’extrême droite Renaud Camus, reprise par tous les groupuscules de l’extrême-droite européenne dernièrement lors d’un meeting à Nanterre ( le 22 novembre dernier). Il a dit à Mélenchon : « de plus en plus de Français ont le sentiment de ne pas être en France ».

    A force de mensonges pour démontrer l’indémontrable et distiller ses idées nauséabondes, il finira par prêcher dans le désert. La meilleure façon de le faire disparaître du PAF sera de boycotter les émissions qui l’accueillent régulièrement comme le messie. Ce bonimenteur va finir par se prendre pour un dieu de l’audimat.

    Battone


    Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon : le débat... par rtl-fr

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    http://www.mancalternativa.com/actualites/petain-voila-zemmour,a5275560.html

    http://www.mancalternativa.com/puttaghji/le-cynique-bonimenteur,a5196100.html

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  • valls_loimacron

    Manuel Valls a choisi la fondation Jean Jaurès pour défendre hier la loi Macron avalisée par son gouvernement avant le débat à l’Assemblée nationale. La loi sur « la croissance et l’activité » doit libérer l’économie française. La fondation Jean Jaurès est proche du parti socialiste et les intervenants devaient débattre sur le thème de l’égalité. Mais Manuel Valls a parlé de libéralisme avec des phrases lancées comme des slogans : « sortir du logiciel des trente glorieuses », « ne pas aller chercher les réponses de demain dans les armoires du passé et les archives de l’histoire ».  On sait qu’il veut supprimer le socialisme du parti socialiste et, hier, il fustigeait encore une gauche qu’il qualifie de « passéiste » sous l’effigie de Jean Jaurès.  Il persiste et signe dans sa politique libérale qui divise la gauche et le parti socialiste. Il est un psychorigide et tout le montre chez lui. Il parle beaucoup de concertation sociale. Il dit qu’il écoute mais n’infléchit en rien sa politique. Les critiques et les revendications lui rentrent par une oreille et ressortent par l’autre. Il s’est mis sur des rails, terminus les Présidentielles. Dans une vision néo-gaullienne des Français, il voudrait que nous regardions passer son train de réformes comme les veaux le font près de la voie ferrée. De la métaphore des rails, passons naturellement à celle des droites parallèles. Le premier ministre met le dialogue social en parallèle avec son monologue libéral selon une géométrie politique qui fait qu’ils ne se rejoignent jamais. Trêve de métaphores ! Ne nous  lançons pas aussi dans l’anaphore, figure de style dévoyée par les promesses non tenues de François Hollande qui use et abuse de toutes les ficelles de la rhétorique dans ses discours.

    Sans doute la rumeur de son départ du gouvernement après les élections de mars 2015 explique-t-elle le soin que Manuel Valls met à donner des signes de force et de cohérence. Il essaie de rassembler autour de lui tous ceux qui ne sont pas encore ouvertement frondeurs. Il a réuni récemment des parlementaires socialistes triés sur le volet autour d’un « apéritif amical » et le voilà hier à la fondation Jean Jaurès où il devait parler de l’égalité et où il a parlé surtout de « libéralisme ». Qu’a-t-il dit sur le thème du jour :  « Pour beaucoup de nos concitoyens, l'égalité est devenue un mythe, un mirage, une promesse non tenue de la République » pour ajouter ensuite que, à cause de cela, la gauche, s’est rendue « inaudible » et doit « changer », reprenant ce qu’il avait déjà dit en août, lors de son discours de clôture de l'université d'été du PS à La Rochelle, puis le 16 septembre devant l'Assemblée nationale, lors de sa seconde déclaration de politique générale.

    Donc le « changement maintenant », ce n’est plus le changement de politique annoncé par François Hollande en 2012 mais le changement de la gauche qui doit contribuer à la pérennité d’une alternance libérale en  se désocialisant. La gauche doit se réinventer, selon Manuel Valls et il explique : « L'idéal de l'égalité est éternel, mais nous devons envisager de nouveaux moyens, de nouvelles façons d'agir pour l'atteindre ». Il a même trouvé un nom de remède-miracle : la « pré-distribution ». Il la définit ainsi : « Alors que la redistribution se contente de revenir a posteriori sur les inégalités, je crois que nous devons orienter notre modèle vers la pré-distribution, c'est-à-dire : prévenir les inégalités ».  Le concept a fondé par un think tank britannique en 2011, il est aujourd'hui porté principalement en Europe par Ed Miliband, le chef du parti travailliste britannique (Labour).  Donc « mieux vaut prévenir que guérir ».  On peut difficilement aller plus loin dans le cynisme d’un conservateur déguisé en progressiste. Il sait que les inégalités se sont aggravées avec la crise. L’écart s’est creusé entre les riches et les pauvres. Il ne faut donc pas revenir sur les inégalités et simplement prévenir qu’elles ne s’aggravent pas davantage.

    Manuel Valls ne s’attaque pas aux privilèges et aux monopoles mais veut les figer, les contenir par le jeu de la concurrence, si nous comprenons bien sa pré-distribution. C’est sans doute ce qu’Emmanuel Macron a voulu concrétiser en élargissant l’accès à certaines professions réglementées comme celles d’avocats, de notaires, d’huissier et de commissaires-priseurs. Dans ces secteurs, l’idée n’est pas idiote en elle-même mais c’est oublier le caractère fortement corporatif de ces professions libérales lucratives qui ne veulent pas trop de concurrence dans leurs secteurs respectifs. Finalement, dans un régime libéral, la dérégulation c’est pour les salariés mais surtout pas pour les professions réglementées qui votent en majorité à droite. Le train de vie dans toutes ces professions est lié à une sorte de numérus clausus que l’on retrouve aussi dans les études médicales : en limitant le nombre de réussites et donc le nombre de nouveaux médecins, les mandarins préservent leur pré gardé. Voilà une mesure libérale qui n’ira pas à son terme.

    Le projet de loi doit «redonner de la vitalité à l'économie française» et «n'enlève rien à personne», a assuré Macron, qui a martelé être guidé par le «pragmatisme». Articulé en trois chapitres – «libérer», «investir» et «travailler» – il entend, en vrac, baisser les tarifs des notaires, permettre de traverser la France en bus, ouvrir davantage de commerces le dimanche, soutenir les start-up, accélérer les procédures aux prud'hommes, mettre plus de concurrence dans la grande distribution ou encore s'attaquer aux délais pour passer le permis de conduire. La loi Macron est une sorte d’inventaire à la Prévert de mesures tous azimuts parmi lesquelles un assouplissement de l’interdiction du travail dominical qui divise un peu plus le parti socialiste. Martine Aubry est sortie de sa réserve pour critiquer vivement ce renoncement à ce que le parti socialiste avait combattu sous le quinquennat de Sarkozy. A l’époque une dizaine des ministres actuels s’étaient élevé contre une telle idée et pas des moindres puisqu’on y trouve Rebsamen, actuel ministre du travail. Ce dernier, agacé par le rappel de sa position antérieure,  a expliqué devant une caméra, sans rien expliquer, que le projet socialiste était différent de celui qu’il avait jadis rejeté… une pirouette et puis s’en va ! Voici ce que Martine Aubry a dit : «Ce n'est pas une réforme subalterne, c'est un moment de vérité autour de la seule question qui vaille : dans quelle société voulons-nous vivre ? Veut-on faire de la consommation - encore plus qu'aujourd'hui - l'alpha et l'oméga de notre société ? La gauche n'a-t-elle désormais à proposer comme organisation de la vie que la promenade du dimanche au centre commercial et l'accumulation de biens de grande consommation ? Le dimanche doit être un temps réservé pour soi et pour les autres». Elle ajoutait : «Je me suis toujours engagée pour un dimanche réservé à la vie : vie personnelle, vie collective. Aujourd'hui, je suis fermement opposée au passage de 5 à 12 dimanches ouverts par an. Je combattrai cette régression pour notre société au niveau national, comme dans ma ville». C’est clair et cohérent avec ses prises de position antérieures, ce qui n’est pas le cas pour des membres du gouvernement associés à cette régression.

    On se demande ce qu’il va rester de la loi Macron au bout du compte… sans doute pas grand-chose et surtout pas ce qu’il pouvait y avoir de bon. A Matignon, c’est un peu comme dans un mauvais restaurant, on vous présente un menu et puis on vous sert à la carte des plats indigestes. De toute façon, on sait que le gouvernement actuel ne combat pas les inégalités et qu’il ne changera pas de cap. Quant à la croissance, l’austérité ne fait que la freiner et, si l’on en croît l’augmentation importante des dividendes distribués aux actionnaires en 2014, les crédits d’impôts au patronat n’auront  aucun effet sur le chômage qui continue à s’aggraver. La précarité est devenue la règle dans la réalité des emplois offerts puisque l’on ne recense que 20% de CDI en moyenne. C’est pour cela que le Medef refuse toute contrepartie en emplois et fait monter les enchères en expliquant que les milliards consacrés aux entreprises sont insuffisants et qu’il faut encore plus de dérégulation.

    Les provocations de Pierre Gattaz (dont la dernière est la demande de supprimer l’ISF) s’inscrivent dans une stratégie patronale favorisée par la politique menée sous la pression du patronat et de la chancelière allemande au sein de l’Europe.  Après en avoir bu la moitié, le patronat voit toujours son verre à moitié vide et tous les gouvernements les resservent au nom du libéralisme, de la compétitivité et de la croissance qui sont les remèdes toujours inefficaces à un chômage devenu endémique en devenant un objet de chantage social. Alors Manuel Valls nous dit qu’il faut sortir du logiciel des trente glorieuses. Il répète ainsi ce que dit la droite depuis longtemps pour signifier la fin de l’état-providence, qui ressemble plus à une volonté d’euthanasier la gauche. Manuel Valls et Emmanuel Macron font échos aux phrases toutes faites, qui tournent en boucle dans les médias ou émaillent les discours de la plupart des ministres et dirigeants patronaux. Ces « vérités » pointant les pseudo-rigidités du marché du travail ou les lourdeurs de la France servent à légitimer les coups de boutoir libéraux.

    U barbutu  

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