• Quoi de neuf sur le front des Municipales ?

     

    Aux dernières nouvelles, les différents camps en présence affûtent leurs armes et s’élancent déjà dans la mêlée, même si les listes annoncées ne sont pas encore toutes bouclées. D’ailleurs, les consultations se poursuivent sur fond de marchandage. La campagne s’annonce rude et il est à redouter que les coups pleuvront comme à Gravelotte et que les uns et les autres excelleront dans l’art de l’insulte. Il est à parier également que les candidats s’évertueront à proclamer « leur amour pour la ville et ses habitants », sans pour autant proposer des programmes répondant aux vrais besoins des Ajacciennes et des Ajacciens. On assistera vraisemblablement à une lutte entre égo, per e pultrone, pour les places. C’est regrettable. Ce genre de scenario s’inscrit dans une logique politicienne que la Corse connaît depuis des lustres. Celle de la pulitichella et des magouilles en tout genre. L’absence d’une liste du Front de gauche aggravera encore plus la situation. En découlera chez de nombreux électeurs un sentiment de rejet et de désillusion. D’aucuns ont une part importante de responsabilité dans cette absence. Il faut le dire sans ambiguïté. Doit-on sacrifier le devenir de la vraie gauche pour quelques strapontins ? En tout cas Manca alternativa, pour sa part, formulera pendant cette campagne électorale des propositions concrètes pour la ville et ses habitants (transports publics gratuits, régie publique de l’eau, lutte contre la spéculation foncière et immobilière, développement de la culture à Ajaccio, environnement, promotion de l’économie solidaire, etc.). De même Manca alternativa continuera à montrer et à dénoncer les effets négatifs sur la ville de la politique d’austérité et de régression menée par le gouvernement dit socialiste.

    Maria Maddalena Lanteri

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  • Belgrade

    la faculté de philosophie  est en résistance

     

    Le 20 octobre dernier, nous étions de passage à Belgrade dans le cadre d'un séjour solidaire. A deux pas de la principale rue piétonne, coeur économique et touristique de la ville, les étudiants de la faculté de philosophie protestaient et occupaient les locaux. Un mois plus tard, le 20 novembre, ces mêmes  étudiants sont toujours présents dans l'action et ils contrôlent leur université, devenant ainsi un lieu de revendication et de lutte contre la paupérisation qui les menace.  

    Tout semble figé.

    Sur le parvis de l'université les banderoles, les affiches et les inscriptions sont toujours là. Elles informent et appellent à la solidarité étudiante, mais aussi la solidarité du monde du travail. Une volonté de passerelle entre ces deux mondes qui souffrent aujourd'hui en Serbie. Mais surtout une volonté d'en sortir, de trouver une issue à un conflit qui s'enlise et qui dure.  

    Probablement, qu'ici comme ailleurs, les autorités espèrent avec le temps qui passe, obtenir la résignation des étudiants, le pourrissement du conflit et ainsi, faire passer leur politique austéritaire, cause du conflit. 

    A proximité de la faculté, sur les murs se trouvent apposées des affiches de Poutine le président Russe qui nous rappellent son passage éclair il y a peu en Serbie,  mais aussi une certaine sympathie de la part du pouvoir de Belgrade pour l'homme fort de Russie.  Il faut savoir que la Serbie est aujourd'hui dirigée par un régime de centre droit, nationaliste, qui applique avec zèle une politique libérale, dont les recettes anti sociales font des ravages dans de nombreux autres pays. Cette politique n'est pas seulement l'apanage de la droite, les "gauches" au pouvoir en France et en Europe ont aujourd'hui adopté ces thèses libérales avec toutes les conséquences néfastes pour les populations.

    La Serbie espère entrer dans l'Union Européenne dans un avenir proche et c'est ainsi, que pour une part, l'Europe et le FMI ne sont pas étrangers aux directives de déréglementation des universités serbes qui ont pris modèle sur les politiques européennes en la matière. 

    Mais les étudiants de philosophie à Belgrade sont en résistance contre cette politique de restrictions budgétaires qui en demande toujours plus et qui met en danger l'éducation, l'égalité des chances, la cohésion et le lien social dans le pays. 

    Le salaire moyen dans le pays est d'environ 250 euros et les frais d'inscription à la faculté de philosophie sont approximativement de 1000 euros aujourd'hui. En cause, la baisse du budget des facultés imposée par le gouvernement pour faire des économies. 

    Dans ces conditions et quand on est issu d'une famille modeste, comment espérer faire des études dans des conditions normales.  La ségrégation sociale est ainsi de mise dans un pays encore marqué par l'ancienne Yougoslavie où la question de l'éducation était primordiale et gratuite, tout comme la santé. 

    En Serbie comme dans les autres pays des Balkans, le taux de chômage atteint des plafonds et beaucoup de jeunes vivent avec l'idée de l'exil faute de débouchés sur place.

    Des populations entières vivent en dessous du seuil de pauvreté, et depuis ce mois de novembre, une batterie de mesures anti sociales est mise en œuvre et touche de nombreuses catégories.  

    Les salaires dans la fonction publique vont être amputés de près de 10% pendant que les retraités vont, quant à eux, subir une ponction de leur pension entre 6 et 11%. 

    Après deux décennies de conflits et guerres, qui ont vu l'éclatement de la Yougoslavie, une certaine lassitude semble s'être  installée, une résignation conduisant à une sorte de repli, voire individualisme et parallèlement à une certaine nostalgie du passé.  

    Dans ces circonstances, la lutte des étudiants n'est pas seulement exemplaire par sa longévité, elle porte en elle l'émergence d'une autre politique, plus humaine, plus sociale, solidaire.

    Toutes ces mesures de restrictions financières vont permettre au gouvernement serbe d'économiser plusieurs milliards de dinars, 1,5 % du produit intérieur brut du pays. 

    La Serbie n'est pas encore entrée dans l'Union Européenne, mais déjà elle applique les mesures anti sociales préconisées par celle-ci et les technocrates européens. 

    Jacques Casamarta

     

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  • logo_sncm

    Nous savions que l’état de cessation de paiement était justifié (officiellement et hypocritement) par les 103 millions d’euros produits par Transdev et les 14 millions par Véolia. La nouvelle surprise a été l’attitude de l’exécutif corse qui s’est livré à une manœuvre de dernière minute en produisant une créance de 198 millions d’euros, faisant ainsi le choix d’appuyer l’initiative des actionnaires.  L’exécutif corse participe  à la manipulation qui prépare le démantèlement de la SNCM.  Cette décision est d’autant plus révoltante que la Collectivité Territoriale Corse avait renouvelé la DSP à la SNCM avant que le président de l’exécutif ne change son fusil d’épaule pour tirer sur la SNCM. La production de la créance de 198 millions d’euros correspond à des restitutions d’aides financières et pourrait jouer le signal à une curie fatale des créanciers, fatale pour la SNCM qui ne disposerait d’une trésorerie suffisante que jusqu’en janvier prochain. Cela pourrait accélérer la liquidation qui semble programmée.

    La décision du tribunal sera rendue demain 28 novembre : une mise en redressement judiciaire avec une période d’observation de six mois et une audience intérimaire à deux mois pour faire le point sur la situation. Si aucun projet industriel viable n’est apporté, à la période d’observation prolongée ou pas fera suite une liquidation judiciaire.

    Dans la gestion de la SNCM, nous avons assisté à des péripéties qui n’ont fait que reculer cette échéance. Elle semble avoir été la seule perspective de l’actionnaire Transdev/Véolia avant de recevoir l’aval de l’Etat devenu passif et le concours de l’Exécutif corse en la personne de Paul Giacobbi, député PRG et président du Conseil exécutif de Corse.

    L’Office des transports de la Corse (OTC) aurait anticipé une nouvelle grève des salariés de la SNCM  en louant 15000 € par jour un cargo amarré dans le port de Marseille. Cette mesure antigrève coûteuse, si elle est confirmée, montrerait la détermination à licencier de façon drastique au sein de la SNCM en enlevant aux salariés tout moyen de lutte.

    Si, comme c’est prévisible, le tribunal de commerce annonce la mise en redressement judiciaire pour une période de 6 mois, la SNCM ne peut assumer financièrement que les deux prochains mois… Un nouveau rendez-vous sera donc à attendre en janvier 2015 pour savoir si l’actionnaire Transdev/Véolia et l’Etat donneront les moyens d’aller jusqu’au bout de la période d’observation pour envisager une suite heureuse à ce qui apparaît comme une mort lente mais déjà décidée. La créance produite par l’Exécutif corse risque de peser lourd sur l’avenir de la SNCM.

    Les salariés de la SNCM ont reçu le soutien de la CGT et du Front de gauche. Depuis l’annonce de la procédure collective devant le Tribunal de commerce, les partis politiques se sont faits discrets. Il faut dire que les élections municipales sont passées. La catastrophe économique et humaine peut arriver dans l’indifférence. Se pose la question d’une faillite organisée avec la bénédiction et le concours de différentes instances publiques, à Bruxelles, au niveau national et en Corse.

    Le dossier SNCM est un scandale d’Etat dont la genèse remonte aux conditions déjà scandaleuses de sa privatisation sous la présidence de Jacques Chirac et le gouvernement de Dominique de Villepin. Par la suite, sa gestion n’a été qu’une suite de mensonges et de campagnes de presse pour faire porter à la CGT la responsabilité d’une déconfiture orchestrée. Nous assistons au dernier épisode d’un feuilleton politico-financier suivi par le journaliste indépendant Alain Verdi sur son blog « péricoloso sporgersi » sur lequel vous pouvez revivre toutes les péripéties par lesquelles les salariés sont passés.

    Matelone 

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  •       POUR LA PAIX, SOUVENIRS DES BALKANS

    « Un peuple qui ne connaît pas son passé est un arbre sans racines. » Marcus Garvey



    Mardi 11 Novembre, journée de souvenirs, devoir de mémoire, mais au-delà, de découvertes. Découvrir ce passé longtemps oublié, découvrir notre histoire, notre véritable histoire, bien commun de notre humanité, loin de toute manipulation de média et d’historiens peu scrupuleux. Tel était le thème de cette soirée si spéciale, organisé par l’association « Per a Pace », à l’Aghja en ce 11 novembre 2014
    .

    Regards_1418

    14/18, regards sur la Corse et les Balkans, tel est le thème de la manifestation retracée dans une exposition en 12 toiles.
    Nous commençons notre immersion dans le passé par la visite du cimetière de «  l’Armée d’Orient », à Bitola (ex-Monastir) en république de Macédoine (ex-Yougoslavie)  ou reposent de nombreux Corses, par un court métrage de Laurent Santoni qui nous rappelle l’engagement des enfants de notre région dans ces combats lointains en 14/18.
    Combattre loin de sa terre, loin des siens, pour une cause qui dépasse l’entendement de beaucoup, mais dont la fureur des combats résonne encore en nous. Le réalisateur Franco-algérien  Medhi Lallaoui, porteur, à travers ces documentaires et ouvrages, depuis longtemps du message de paix et fraternité, nous le fait ressentir grâce à son film documentaire « Les poilus d’ailleurs».
    Ce film documentaire nous présente, sous un jour nouveau, les visages de ces hommes venus d’un ailleurs, souvent « exotique », pour ses contemporain, de ces colonies où vivent ces sujets de la France qui constituent un réservoir inépuisable de matière humaine.
    « Les races supérieures ont un droit sur les races inférieures » nous disait Jules Ferry, dans son discours sur la « juste cause » de la colonisation, devant les députés.
    Quel poids immense pèsera cette idéologie monstrueuse, dans l’esprit du commun de ce début de vingtième siècle….
    Témoignages poignants d’anciens héros, délaissés dans le dénuement le plus total par cette France officielle qui, à jamais, aurait dû les honorer. Medhi nous démontre, si encore il en était besoin, les horreurs de l’exploitation de l’humain par l’humain et la lâche entreprise qui conduit ces malheureux à leur triste sort.
    La guerre, toujours la guerre….
    Notre regard se tourne ensuite vers les Balkans où tout commença, et où la furie meurtrière se déchaîna plus que nulle part ailleurs.
    Dans cette grande Serbie où 30% de la population a été décimée.
    De ce passé, l’historien Serbe Zoran Radovanovic, nous ramène une histoire, commune a nos deux terres méditerranéennes, l’histoire de la rencontre de deux peuples, que rien ne prédisposait à rapprocher et qui se montreront solidaires dans la misère.
    A l’occasion d’un voyage solidaire et culturel à Sabac en ex Yougoslavie, l’équipe de « Per a Pace », lors d’une visite fortuite dans un musée crut reconnaître des paysages de notre île sur d’anciennes toiles de peintre. Qu’elle ne fut pas leurs surprises d’entendre ces récits parlant de la Corse, terre d’asile, avec amour et reconnaissance par leurs amis Serbes.
    De cette rencontre Zoran Radovanovic déroula le fil d’Ariane afin de nous conter à travers un magnifique ouvrage, ce pan méconnu de l’histoire insulaire (pour l’instant malheureusement en langue Serbe mais qui ne devrait pas tarder à être traduit).
    Fin 1915, le besoin d’accueillir les Serbes réfugiés en Grèce se fait sentir, leur sort étant rendu difficile dans les camps mis à leurs dispositions, ainsi que par l’ignorance des populations, qui voyaient en eux uniquement des intrus à nourrir et que la rumeur tenait porteur de maladies.
    Après négociations avec le gouvernement français et dans le cadre des accords franco-serbes,  la Corse fut choisie pour les accueillir, et au printemps 1916 déjà, cinq mille réfugiés serbes vivaient parmi nous, essentiellement dans les villes d’Ajaccio et Bastia, ainsi que les villages de Bocognano, Ucciani et pour un petit nombre à Chiavari.
    Les réfugiés furent accueillis avec respect et la population donna le meilleur d’elle-même, pour faire en sorte que nos frères venus de Serbie soient, malgré les circonstances, le plus vite intégrés dans la société.
    Très vite, une fois la petite communauté établie et organisée, le besoin de scolariser ces enfants (parfois orphelins) se fit sentir et ils intégrèrent nos écoles. La scolarisation de ces enfants marquera de son empreinte la pensée serbe de l’entre-deux guerres.
    C’est l’écrivain Serbe Miahilo M. Djokic qui en parle le mieux dans son livre de 1923 intitulés « L’honneur aux fils de la Corse » : « Dans les pires jours que le peuple serbe a connu, quand les deux empires qui avaient plus de soldats que la Serbie ne comptait d’habitants, se précipitait, avec toute leur puissance sur elle, et quand l’hostile Bulgarie l’attaquait dans le dos, dans ce temps hostile, la Serbie a succombé et le peuple a reculé devant l’ennemi qui détruisait et brûlait les villages, les églises, torturait sauvagement et abusait des plus vulnérables. Une partie de notre peuple, exilé de sa patrie, errant dans les mers infinies à travers le monde a trouvé refuge, sur cette magnifique et belle île de la Corse.
    Durant ces jours difficiles, l’amour et la serviabilité des fils de la Corse ont été grands et sans limites. Au cours de ces trois années, tout le monde essayait d’être le plus grand samaritain. Cet amour ne peut être détruit par le temps. Cela ne s’oublie jamais…. »
    Voila « notre » histoire, contée par le peuple serbe, une histoire qui ne nous était pas inconnue, mais le livre de Zoran a le mérite de nous restituer un siècle après.
    Comment ne pas avoir, sinon une pensée, un sursaut de prise de conscience en regardant les images de populations rom, exclut de la société roumaine, et qui viennent chercher pour leurs enfants un meilleurs avenir en France. Entre 15 et 20 000 présents sur l’ensemble du territoire  à comparer aux 5000 Serbes que la population Corse a accueilli en 14/18.
    Des enfants que l’on refuse de scolariser, car de "mauvaises compagnie" pour les fils de France, 53 % d’entre eux non pas accès à l’enseignement primaire.

    Stéphane Leroy

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  • On revote à Ajaccio

    Le premier tour des élections municipales à Ajaccio, après invalidation par le tribunal administratif de Bastia, se tiendra fin janvier 2015.

    S'agira-t-il d'une simple bataille d'hommes ou plutôt d'une élection au cours de laquelle les différentes listes  confronteront leurs programmes avec la préoccupation de répondre aux besoins réels de la population ajaccienne? Tel est l'enjeu de ces élections. Il faut en finir avec les ambitions personnelles, le clientélisme et la pulitichela qui ont coûté si cher à la Corse.

    Nous reproduisons l'interview que David Frau, membre de Manca alternativa/Ensemble a accordée à Alta Frequenza.

    Ecouter en cliquant ici

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  • ulevante_logo

    L’association U Levante, depuis 1986, n’a cessé de mener des actions en faveur de la protection de l’environnement et participe à de très nombreuses enquêtes publiques (PLU, cartes communales, servitude du sentier du littoral, installations classées…). Il s’agit d’une association agréée de protection de l’environnement (loi 1901), totalement indépendante, ne faisant aucun bénéfice et ne percevant aucune subvention. Sa direction est collégiale, composée de quatorze militants bénévoles. En collaboration avec le Collectif pour la loi Littoral en Corse, elle mène de nombreuses actions en vue du maintien de la protection des espaces remarquables de l’île (nombreuses conférences) et refuse le projet tout tourisme tel que le proposait le dernier Padduc. Elle a donc suivi avec vigilance l’élaboration du nouveau Padduc et, entre autres informations, a publié sur son site une analyse relative à son application sur la commune d’Ajaccio/Aiacciu. Nous vous la livrons mais vous pouvez aller sur le site de l’association pour davantage d’informations sur d’autres communes et pour suivre l’actualité des actions menées par U Levante.

    Aiacciu/Ajaccio : la cartographie du Padduc “éclairée” par les projets de constructions

    Le padduc a créé des espaces mutables et des espaces remarquables inconstructibles mais aux contours  effaçables sur une largeur de 100 mètres. Cette cartographie est source d’inquiétudes : épouse-t-elle des projets déjà ficelés?

    Maria Guidicelli, Conseillère exécutive en charge du Padduc, vient-elle de répondre (Corse Matin du 11/11/2014) à cette question en s’appuyant sur un quartier d’Aiacciu : le quartier de Stiletto?

    Pour elle, les cartes du Padduc ne sont pas un frein à la construction du nouvel hôpital et à l’extension de la nouvelle grande structure sportive et de spectacles “U Palatinu”.

    U Levante apporte quelques précisions  cartographiques sur la commune d’Ajaccio…

    POUR CONSULTER L'ARTICLE CLIQUER ICI

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  • corse_nice-matin

    Les sorts séparés de Nice-Matin et Corse-Matin sont scellés avec, comme personnage important au milieu des tractations Bernard Tapie, principal actionnaire de « La Provence ». Le Tribunal de commerce de Nice a choisi, vendredi dernier,  la solution de la coopérative et la reprise de Corse-Matin par  Tapie/La Provence. Nice-Matin continuera à paraître sous la gestion d’une société coopérative fondée par les salariés qui conservent ainsi des emplois, malgré 159 licenciements (14% des effectifs) alors que d’autres offres en prévoyaient davantage jusqu’à 376. Cela n’a pu se faire qu’avec l’aide financière de la Provence qui, dans les arrangements contractés, a acheté les 50% d’actions détenues par Nice-Matin au capital de Corse-Matin, devenue filiale de la Provence qui détenait déjà les autres 50%. Le coût du rachat pour le journal marseillais est de 4 millions d’Euros, ce qui correspond au bénéfice du journal insulaire en 2013 (selon Bernard Tapie). C’est une bonne affaire pour Bernard Tapie, même s’il annonce qu’en 2014 le bilan de Corse-Matin ne sera qu’en équilibre. Du côté de Nice-Matin, la vente des actions de Corse-Matin a fait entrer en trésorerie les 4 millions d’euros plus 4 autres millions versés par La Provence sous forme d’avance remboursable en contrepartie de promesses de cession d’actifs immobiliers et des murs d’agence. En outre, Bernard Tapie espère une collaboration entre la Provence et Nice-Matin par le biais d’une régie de publicité commune pour les annonceurs nationaux et internationaux.

    En ce qui concerne Corse-Matin[1], il a déclaré dans une interview donnée au journal Les échos : «  De tous les titres de presse régionale, c’est celui qui a le plus de chance de durer. Les enfants corses apprennent à lire dans ce journal, il y a un attachement fort. Quand on a mon tempérament, on ne peut pas ne pas aimer les Corses. J’ajoute que j’ai augmenté l’autonomie du journal, qui s’est fait plumer de 30 millions en 10 ans par ses anciens propriétaires ». Il n’a pas épargné le groupe de Philippe Hersant qui a fait appel à lui qui est entré au capital en janvier 2013 à hauteur de 50 % en apportant 25 millions d’euros. Il reste à savoir quelles seront les conséquences de l’instruction judiciaire dans laquelle il fait partie des mis en cause et relative à l’arbitrage qui lui a permis d’encaisser plus de 400 millions d’euros réglés par Le Crédit lyonnais rebaptisé CLC en dédommagement de la vente d’Adidas. La question est posée : a-t-il tordu le nez à la justice en bande organisée ?

    Dans l’interview donnée à Nicolas Madelaine du journal Les échos, l’homme d’affaires s’est présenté comme le sauveur des emplois de Nice-Matin. Il aurait ainsi préféré la solution de la coopérative qui lui paraît viable plutôt qu’une reprise un temps envisagée mais avec 296 licenciements. On retrouve là le Bernard Tapie spécialiste des reprises de sociétés en dépôt de bilan et la liste[2] est longue de celles au sein desquelles les salariés licenciés ont déchanté après son passage.  Finalement, on peut penser que Bernard Tapie a grand intérêt à réussir dans la presse. On peut rêver qu’il arrivera à valoriser la Provence et Corse-Matin comme il l’a fait pour Adidas. L’évocation d’autres entreprises comme Téraillon, Testut, La vie claire, Wonder… nous laisse dubitatif.

    Au sein de la rédaction de la Provence, il a déjà fait l’objet de quelques broncas.  Des journalistes  n’ont pas apprécié qu’il dise à la télévision qu’ils étaient en grande majorité de gauche sur une chaîne de télévision. La plupart des journalistes se souviennent qu’il avait dit, comme une fanfaronnade, qu’il n’avait pas besoin d’acheter un journal car un journaliste coûte moins cher. On ne peut pas dire que les rapports de ce nouveau patron de presse soient des plus cordiaux avec le monde journalistique qui reconnaît toutefois que Nanard fait de l’audimat.

    En Corse, une grande partie des salariés a ressenti la solution Tapie comme un arrangement avec les salariés de Nice-Matin sur leur dos. Certains préféraient l’offre du groupe Rossel. Le STC s’est montré farouchement opposé à la mainmise de Tapie/La Provence sur Corse-Matin. D’autres, selon France3 Corse Via Stella sont sereins et soulagés de mettre fin à la double gouvernance Hersant / Tapie, dénoncée comme un frein aux projets de développement du titre.

    Nous verrons à l’usage si Corse-Matin aura plus d’autonomie dans sa gestion et si les journalistes feront leur métier librement sans être accusé d’être de gauche comme un reproche de ne pas être de droite. Espérons que tous les emplois seront sauvegardés puisque le journal insulaire n’est pas déficitaire et génère même des bénéfices. Et puis rêvons un peu en comptant sur de nouvelles créations d’emplois dans une île qui en manque cruellement, de développer l’impression numérique  et à terme d’imprimer en Corse certains quotidiens nationaux. Simu à sicura ! L’imbusche so ind’u cappellu. Mais n’oublions pas que, avec Tapie, Hè argentu cacatu da u ventu.

    Battone


    [1] Corse Matin en chiffres

    - 40 000 exemplaires

    - Chiffre d’Affaire : 23, 5 millions d’euros

    - Résultat net d’exploitation en 2013 : 1.2 millions d'euros

    - 220 salariés

    [2]Ses sociétés les plus connues sont Terraillon (rachetée 1 franc en 1981, revendue 125 millions de francs en 1986 à l'américain Measurement Specialities) ; Look (rachetée 1F en 1983, revendue pour 260 millions de francs en 1988 au propriétaire des montres suisses Ebel), La Vie claire (rachetée 1F en 1980, revendue à Distriborg par le CDR en 1995) ; Testut (rachetée 1F en 1983, revendue par le CDR en 1999 au groupe américano-suisse Mettler Toledo) ; Wonder (rachetée 1F en 1984, revendue pour 470 millions de francs en 1988 à l'américain Ralston) ; Donnay (rachetée 1F en 1988, revendue pour 100 millions de francs en 1991 à la région Wallonne).

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  • monticello004

    Que représente la guerre de 14/18 ? Des millions de morts, un premier génocide, celui des Arméniens en Turquie, l’’enrichissement des marchands de canons, les destructions, les privations… Il suffit d’aller lire les noms et les âges de morts pour la France (du moins on le leur a fait croire) pour comprendre l’ampleur de la tragédie qu’a été cette guerre mondiale. En Corse qui n’a pas eu un grand-père tué ou disparu ? Le 11 novembre 1918, c’était la signature de l’armistice. Combien ne sont jamais revenus ? Combien ont été marqués dans leur chair et dans leur esprit. Elle devait être la der des ders… et puis il y a eu le nazisme en Allemagne et le fascisme en Italie. Qui a financé la montée des barbares en Allemagne et en Italie ? On commémore l’armistice mais il n’a pas empêché une autre guerre. Que reste-t-il de la deuxième guerre mondiale ? Le nazisme et le fascisme ont toujours des activistes un peu partout dans le monde. Les nationalismes s’exacerbent. Des conflits éclatent un peu partout ou sont larvés.

    Alors, déposer une gerbe sur la tombe du soldat inconnu et organiser des commémorations, c’est un devoir de mémoire pour les morts. C’est aussi l’occasion de dénoncer les marchands de canons, les chefs militaires et tous les complots géopolitiques qui envoient au casse-pipe de la chair à canon. Les morts méritent tout le respect qu’on leur doit mais ce respect ne se limite pas à des simagrées pour flatter le patriotisme. Le respect implique de tirer les leçons de l’histoire, de dire la vérité historique pour que des millions de vies voilées n’aient pas été inutiles.

    François Hollande a rendu hommage aux morts de la guerre 14/18 en y associant les soldats français morts dans des conflits actuels loin de la France. Sont-ils morts pour de bonnes raisons humanitaires ? La question est difficile à trancher lorsque l’on nous montre les exactions commises par des terroristes islamiques. Toutefois, les raisons humanitaires ne doivent pas cacher les intérêts en jeu et les responsabilités anciennes lorsqu’il s’agit d’anciennes colonies. Bien sûr, les responsables ne sont pas nos gouvernants contemporains et les soldats envoyés dans ces contrées lointaines, mais l’on constate que l’action dite humanitaire est d’autant plus vite déclenchée quand des intérêts économiques sont à défendre. Cette action semble le prolongement d’une néo-colonisation à laquelle on a même donné un nom : la Françafrique.

    Le patriotisme est un sentiment légitime, mais l’usage politique qui en est fait soulève des questions qu’il serait bon de se poser à chaque commémoration de guerres dont on ne semble tirer aucune leçon. Le 11 novembre, n'est pas un jour de fête mais jour de deuil. Demain sera un autre jour et des ombres des morts devraient surgir quelques lumières si tant est qu’on mesure la vérité historique et sociale des grandes tragédies. C’est cela le devoir de mémoire et non pas un roulement de tambour et le son d’une trompette devant le drapeau tricolore.

    En Corse les guerres de 14/18 et de 39/40 sont aussi nos guerres car nous y avons laissé un très grand nombre de nos aïeux traités comme des sous-citoyens. Par contre les raisons de ces guerres ne sont pas les nôtres, comme elles ne sont pas celles de tous les soldats morts au combat. Ils ne sont pas tous des soldats inconnus. Alors je vais en citer un parmi les autres : Pierre-Laurent Fabiani de Monticellu, Soldat au 42ème Régiment d'Infanterie Coloniale (42RIC). Mort pour la France (des suites de ses blessures), en Serbie, en 1917. Il avait 30 ans et laissait une femme et deux fillettes, l’une âgée de deux ans et l’autre qu’il n’a pas eu le temps de voir naître. Il est mort après une permission et, malgré la demande de son épouse, n’a pas voulu déserter, comme un de ses voisins, pour ne pas déshonorer sa famille. Il travaillait sur les bateaux des Messageries maritimes.  Des histoires, comme celle-là, il y en a d’autres et ce ne sont pas celles d’un soldat sans nom, sans métier, sans généalogie, sans descendance et sans racine. Cene sont pas des abstractions symboliques. C’est à lui tout particulièrement que nous pensons tous les 11 novembre et non pas à l’armistice, car il fait partie de la foule de ceux qui ne sont pas revenus. Il fait partie des victimes des marchands de canons et des bellicistes. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Monticellu et il repose au carré militaire du cimetière Siant-Pierre à Marseille.  

    Matteu d'Aïtone

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  • logo_regards1418

    Cent ans après la fin de la Grande Guerre que reste-il dans notre mémoire collective et dans l’espace public de l’histoire de ces centaines de milliers d’hommes d’au-delà des mers venus pour contribuer à la libération de la France dont ils étaient sujets et non citoyens ? Quels furent leur itinéraire, leur histoire et leur destinée ?

    Ils sont venus de tous les coins du monde, de gré ou de force, pour soutenir, contre la Triple Alliance de 1914, le pays qui les avait colonisés. La plupart sont oubliés car leur histoire a été volontairement gommée malgré l'importance de leurs sacrifices. Le réalisateur Mehdi Lallaoui leur consacre un livre et un film dont l'avant-première aura lieu le 7 novembre à Paris.

    Le 11 novembre prochain, à l’occasion de l’anniversaire de l’armistice signé en 1918 et de la fin de la deuxième guerre mondiale, le film de Mehdi Lallaoui sera projeté à l’Aghja dans le cadre d’une manifestation intitulée « 14/18 REGARDS SUR LA CORSE ET LES BALKANS ». Le même jour, sera projeté d'un court métrage (4 min) de Laurent Santoni sur le "Cimetière de l'armée d'Orient à Bitola" où reposent de nombreux Corses et Poilus d'ailleurs. Le soir, Groupe TOKA MAN qui interprétera des chants de l'époque et la journée se terminera avec un buffet.

    Des conférences et des débats sont au programme du 11 au 15 novembre 2014, notamment le 11 novembre à 18h30 ( après les projections) le débat 14/18 REGARDS SUR LA CORSEET LES BALKANS, avec des historiens Corses et un historien Serbe, auteur d'un ouvrage qui traite de la présence de 5000 réfugiés Serbes en Corse entre 1915 et 1918.  Le 12 et le 13 novembre,  deux représentations théâtrales sont au programme : "14/18 Lettres des Balkans" mise en scène de Francis Aiqui de Théâtre Point.

    Cette manifestation se terminera le 15 novembre à la mairie de Bocognano, sur les traces des Serbes de Bocognano. (Près de 1000 serbes résidaient pendant la première guerre à Bocognano et alentours). Réception à la mairie et prises de paroles.

    L’ensemble de la manifestation a obtenu le label national «14/18 commémoration du centième anniversaire» de la déclaration de cette guerre en 1914. Qu’elle est lieu à partir du 11 novembre, jour de paix, est à souligner. 

     

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  • Conférence de presse

    Ajaccio, jeudi 25 septembre 2014

    Après diverses actions et manifestations qui ont eu lieu tout au long de l’année écoulée  et face à l’aggravation de la situation en juillet et août dernier qui s’est traduite par plus de 2000 morts civils Palestiniens dans la bande de GAZA  en Palestine, le collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, émanation de la société civile, a décidé d’organiser une nouvelle action de sensibilisation sur l’ensemble du territoire de l’île.

    Considérant que le processus de guerre est un échec et que  la voie pacifique et celle du droit doivent être privilégiées, le collectif a décidé de s’adresser aux collectivités, (maires, conseillers généraux et territoriaux de Corse) parce que leur engagement pour la Paix peut s’avérer essentiel.

    Pour cela le collectif va adresser à tous les élus  de Corse une proposition de délibération (voir ci-dessous) pour que la question de la paix entre Palestiniens et Israéliens soit au centre des débats des prochains conseils municipaux, généraux et territoriaux.

    L’objectif étant d’alerter et de sensibiliser davantage encore la communauté internationale sur la nécessité de mettre un terme à ce conflit et d’aboutir à une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, de lever le blocus de Gaza, de demander à Israël de respecter le droit international et les résolutions de l’ONU et enfin, d’aboutir à la création d’un Etat Palestinien.

     

    Courrier à l’attention des élus  de Corse

     

    Madame, Monsieur,

    Le Collectif pour une Paix Juste et Durable en Palestine, regroupant près de vingt associations, syndicats et partis politiques*, vous sollicite aujourd’hui à la suite des récents et dramatiques événements de juillet et août 2014 sur le territoire palestinien.

    Nous considérons que chacun doit apporter sa contribution à une solution politique juste et durable au Proche Orient. Dans ce sens, l’engagement des élus est essentiel.

    Nous soumettons donc à votre approbation un projet de délibération à adresser à la communauté internationale.

    Nous vous serions extrêmement reconnaissants de mettre cette proposition de délibération en débat lors de votre prochaine session du conseil municipal et de nous en adresser copie à l’adresse ci-dessous.

    Assurés de votre engagement pour la Paix, recevez, Madame, Monsieur le Maire, nos plus cordiales salutations.

                                                                        

    *Ava Basta, Association Populaire des Tunisiens de Corse, Corsica Palestina, Corsica Doc, Diritti Paisanu Utopia, EELV Corse, FSU 2A, FSU 2B, I Verdi Corsi, Manca Alternativa/Ensemble, Parti de Gauche, PCF 2A, PCF 2B, PER A PACE, Secours Populaire 2A, UD CGT 2A, MJCF .

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